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	<title>Vigile.net - Civique vs ethnique</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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		<title>PQ just can't resist beating the tribal drums</title>
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		<dc:date>2009-11-21T19:14:42Z</dc:date>
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		<description>The Gazette et l'humour canadian La Gazette voit du &quot;tribalisme&quot; dans la d&#233;fense du fran&#231;ais, langue nationale et officielle. Une perspective canadian, du pur cr&#233;tinisme ! Quebecers know that when the winning conditions for sovereignty are not present, the Parti Qu&#233;b&#233;cois can be (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;The Gazette et l'humour canadian La Gazette voit du &quot;tribalisme&quot; dans la d&#233;fense du fran&#231;ais, langue nationale et officielle. Une perspective canadian, du pur cr&#233;tinisme ! Quebecers know that when the winning conditions for sovereignty are not present, the Parti Qu&#233;b&#233;cois can be relied upon to try to churn up francophones' (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/PQ-just-can-t-resist-beating-the"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title> La R&#233;publique du Qu&#233;bec assurera enfin la coh&#233;sion nationale et la paix sociale</title>
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		<dc:creator>&#201;ric Tremblay - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Pour qui veut-on r&#233;aliser l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec ? Pour NOUS, vraiment ? Selon les civiques, il faut croire que nous nous battons aussi pour les pauvres Anglais et immigrants du Qu&#233;bec, m&#234;me si ces derniers sont si peu nombreux &#224; s'identifier &#224; NOUS comme le d&#233;montre clairement un (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour qui veut-on r&#233;aliser l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec ? Pour NOUS, vraiment ? Selon les civiques, il faut croire que nous nous battons aussi pour les pauvres Anglais et immigrants du Qu&#233;bec, m&#234;me si ces derniers sont si peu nombreux &#224; s'identifier &#224; NOUS comme le d&#233;montre clairement un r&#233;cent sondage o&#249; l'on apprend que 97% des Anglais et 93% des membres des communaut&#233;s ethnoculturelles allophones sont contre notre ind&#233;pendance nationale. Voil&#224; o&#249; nous ont men&#233;s 14 ans d'auto-flagellation identitaire &#224; la sauce civique depuis les paroles vraies de Parizeau le soir du 30 octobre 1995, alors que notre Nation appuie toujours majoritairement (+ ou &#8211; 60% selon de r&#233;cents sondages) l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les Anglais et les communaut&#233;s ethnoculturelles allophones faisaient vraiment partie de notre Nation qu&#233;b&#233;coise (unit&#233; de langue, de culture et d'histoire sur le territoire qu&#233;b&#233;cois ; rien &#224; voir avec le sang ou la race) qui descend des Canadiens (1608 &#8211; 1760) et des Canadiens fran&#231;ais (1760 &#8211; fin des ann&#233;es 1960), ils appuieraient le projet ind&#233;pendantiste &#224; la m&#234;me hauteur que NOUS. Force est de constater qu'il n'en n'est rien, et c'est normal. Malgr&#233; les quelques exceptions qui confirment la r&#232;gle et le discours culpabilisateur des provincialistes civiques : les Anglais sont des Canadians et les immigrants qui s'installent &#224; 90% &#224; Montreal, Canada, gardent l'identit&#233; de leur pays d'origine, vivent selon la culture et les valeurs de leur pays d'origine gr&#226;ce au multiculturalisme, peuvent ne pas apprendre le fran&#231;ais se contentant de l'anglais pour am&#233;liorer leur qualit&#233; de vie en comparaison de ce qu'ils vivaient dans leur pays d'origine et obtiennent la citoyennet&#233; canadian s'ils en font la demande. Assister &#224; une c&#233;r&#233;monie d'octroi de la citoyennet&#233; canadian dans un h&#244;tel de Montr&#233;al devrait suffire &#224; nous convaincre, dans le contexte actuel, que tr&#232;s peu d'immigrants deviendront des Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que fait l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois ? Il entretient, tant sous les gouvernements lib&#233;raux que p&#233;quistes, ce syst&#232;me canadian au Qu&#233;bec qui menace &#224; terme l'existence m&#234;me de notre Nation en appliquant une politique d'immigration massive, contr&#244;l&#233;e &#224; moiti&#233; par Ottawa, qui majoritairement s'int&#232;gre &#224; la portion de la nation canadian en sol qu&#233;b&#233;cois, en offrant des services en anglais aux immigrants, en donnant des cours d'anglais (pas de fran&#231;ais) aux immigrants pour favoriser leur insertion au march&#233; du travail montr&#233;alais, en finan&#231;ant un syst&#232;me public d'&#233;ducation anglais des CPE &#224; l'universit&#233; tout en refusant d'appliquer ce qui reste de la Loi 101 au c&#233;gep et un syst&#232;me public de sant&#233; anglais (2 CHU, un fran&#231;ais et un anglais, financ&#233;s &#224; parts &#233;gales alors que les Anglais ne forment qu'au plus 5% de la population qu&#233;b&#233;coise), en intensifiant l'enseignement de l'anglais d&#232;s la 1&#232;re ann&#233;e du primaire (un certain parti songe m&#234;me &#224; implanter l'immersion anglaise d&#232;s la 4e ann&#233;e du primaire s'il prenait le pouvoir), en d&#233;nationalisant le cours d'histoire du Qu&#233;bec et du Canada offert en 4e ann&#233;e du secondaire plut&#244;t que d'instaurer un vrai cours d'histoire nationale qu&#233;b&#233;coise d&#232;s le primaire, en obligeant tous les enfants qu&#233;b&#233;cois &#224; suivre d&#232;s le primaire, au nom de la n&#233;cessaire ouverture (comprenons : NOUS sommes ferm&#233;s) le cours d'&#233;thique et cultures religieuses qui est proprement &#233;tranger &#224; notre culture nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, surtout depuis l'ench&#226;ssement de la Charte canadian des droits et libert&#233;s dans la Constitution canadian lors du rapatriement unilat&#233;ral de 1982 qui a eu notamment pour effet de constitutionnaliser les principes du multiculturalisme et du bilinguisme officiel canadiens, en bonne province subordonn&#233;e &#224; l'autorit&#233; d'Ottawa et du gouvernement des juges de la Cour supr&#234;me du Canada, participe volontairement &#224; la multiculturalisation et &#224; la bilinguisation (comprenons : anglicisation) de notre Nation. Apr&#232;s tout, on est civique ou on ne l'est pas. Il ne faudrait pas oublier que n'eut &#233;t&#233; de l'ent&#234;tement de Camille Laurin, p&#232;re de la Loi 101, cette derni&#232;re n'aurait jamais &#233;t&#233; adopt&#233;e, Ren&#233; L&#233;vesque &#233;tant contre. D'ailleurs, la version &#233;dulcor&#233;e qui fut adopt&#233;e, laissait une large place &#224; l'anglais au Qu&#233;bec. Le fran&#231;ais, seule langue officielle du Qu&#233;bec, vraiment ? En observant Montr&#233;al s'angliciser &#224; vitesse grand V et &#233;chapper au contr&#244;le de notre Nation, on voit bien que c'est faux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voulons-nous faire l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec pour en faire un Petit Canada multiculturel (interculturel) bilingue avec une m&#233;tropole balkanis&#233;e anglaise ? La lutte de lib&#233;ration nationale du Peuple qu&#233;b&#233;cois ne viserait-elle qu'un pur changement de cadre administratif, un simple changement de statut juridique de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois ne renversant pas les rapports de domination actuels au nom des droits acquis et le syst&#232;me de valeurs civiques promu par Trudeau, le digne successeur de Durham qui disait de NOUS que nous &#233;tions un peuple sans culture et sans histoire ? Le Qu&#233;bec aux Anglais et aux communaut&#233;s ethnoculturelles ghetto&#239;s&#233;es ! C'est ce que voulais dire le fameux &#171; Ma&#238;tres chez nous ! &#187; ? En avant l'auto-assimilation ! C'est pour cela que Champlain a fond&#233; la ville de Qu&#233;bec, acte qui marqua la naissance de notre Nation en terre d'Am&#233;rique il y a de cela 401 ans ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; lire et entendre les civiques, pour qui &#171; Tous ceux qui vivent au Qu&#233;bec sont des Qu&#233;b&#233;cois &#187;, &#171; La nation qu&#233;b&#233;coise est compos&#233;e de tous les citoyens du Qu&#233;bec &#187; et &#171; La nation qu&#233;b&#233;coise est majoritairement francophone &#187;, l'on pourrait croire que les Anglais et les immigrants, tout comme NOUS, ont &#233;t&#233; conquis en 1760 et annex&#233;s de force en 1840. Quelle pirouette intellectuelle formidable, mais fallacieuse. On ne peut pas refaire l'histoire, bien que plusieurs aiment la r&#233;viser. &#192; persister dans la n&#233;gation du NOUS, Nation qu&#233;b&#233;coise, il se pourrait bien que la vision de Trudeau finisse par faire du Qu&#233;bec une province canadian comme les autres en effa&#231;ant notre Nation dans le grand tout civique multiculturel faussement bilingue (comprenons : anglais) canadian, tout comme ce fut le cas pour nos fr&#232;res hors-Qu&#233;bec qui ont &#233;t&#233; victimes d'un v&#233;ritable g&#233;nocide culturel aux mains des descendants de Durham. Adieu libert&#233; nationale et &#201;tat-Nation du Qu&#233;bec fort, libre et ind&#233;pendant se joignant au concert des nations libres de la Terre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le fond, ce concept de nation civique qu&#233;b&#233;coise n'est-il pas l'explication de la stagnation des appuis au projet d'ind&#233;pendance chez notre Nation, le NOUS tant rejet&#233;, combattu et ni&#233; depuis le soir du 30 octobre 1995 ? Apr&#232;s tout, tant qu'&#224; r&#233;aliser l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec pour en faire un Petit Canada &#224; la sauce civique multiculturelle bilingue, aussi bien de vivre pleinement la r&#233;alit&#233; qui est de toute fa&#231;on la n&#244;tre : la Province of Quebec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec n'est pas un laboratoire en temps r&#233;el et NOUS ne sommes pas des cobayes, n'en d&#233;plaise aux civiques. Contrairement &#224; G&#233;rard Bouchard, un des deux commissaires de la Commission Bouchard-Taylor qui ont r&#233;dig&#233; un rapport insultant &#224; l'&#233;gard de notre Nation, nous ne croyons pas que c'est en jetant nos souches dans les feux de la St-Jean que nous ferons l'ind&#233;pendance. NOUS existons et nous sommes la Nation qu&#233;b&#233;coise quoiqu'en pensent les provincialistes civiques qu&#233;b&#233;cois et les f&#233;d&#233;ralistes civiques canadians.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La seule solution qui pourrait permettre de renverser notre sort de minoritaires domin&#233;s en voie d'assimilation, car NOUS sommes bel et bien minoritaires au Canada, c'est de d&#233;clarer unilat&#233;ralement l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec d&#232;s la prise de pouvoir d'une majorit&#233; d'ind&#233;pendantistes &#224; l'Assembl&#233;e Nationale. Ainsi, nous ferons du Qu&#233;bec une R&#233;publique libre et ind&#233;pendante, un &#201;tat-Nation de langue fran&#231;aise en terre d'Am&#233;rique. La Constitution de la R&#233;publique qu&#233;b&#233;coise fera du fran&#231;ais la seule langue officielle du Qu&#233;bec, et ce, dans tous les domaines de la vie collective (fini le bilinguisme institutionnel et administratif, l'anglais, langue de travail, l'affichage bilingue, etc.) gr&#226;ce &#224; la mise en place d'un am&#233;nagement linguistique territorial. Le Qu&#233;bec sera aussi fran&#231;ais que le canton de Gen&#232;ve. Cette Constitution r&#233;publicaine garantira la libert&#233;, la fraternit&#233;, la justice, l'&#233;quit&#233; et l'&#233;galit&#233; des droits des citoyens. Pour en devenir citoyen, le candidat &#224; la citoyennet&#233; devra ma&#238;triser le fran&#231;ais et respecter les autres valeurs fondamentales &#233;nonc&#233;es par la Constitution : s&#233;paration de l'&#201;tat et du Religieux ; la&#239;cit&#233; des institutions publics et de l'espace public qui ne remet pas en cause le patrimoine religieux chr&#233;tien du Qu&#233;bec (l'&#201;tat est la&#239;c, mais la terre qu&#233;b&#233;coise est chr&#233;tienne) ; &#233;galit&#233; des hommes et des femmes, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;publique du Qu&#233;bec assurera enfin la coh&#233;sion nationale et la paix sociale en facilitant l'int&#233;gration des Anglais et des immigrants &#224; notre Nation gr&#226;ce &#224; l'abolition du communautarisme multiculturel. Alors, les Qu&#233;b&#233;cois seront tous des citoyens de la R&#233;publique &#233;gaux devant la loi. La R&#233;publique du Qu&#233;bec, non pas contre EUX, mais pour NOUS.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;ric Tremblay
Chef du Parti ind&#233;pendantiste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Oh ! Canada Oh ! Qu&#233;bec</title>
		<link>http://www.vigile.net/Oh-Canada-Oh-Quebec</link>
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		<dc:date>2009-07-28T20:13:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Raymond Poulin - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>La discussion entre les tenants des appellations Canadien fran&#231;ais et Qu&#233;b&#233;cois (incluant Qu&#233;b&#233;cois de souche et Qu&#233;b&#233;cois d'origine fran&#231;aise) a donn&#233; lieu &#224; plusieurs tribunes et commentaires dans Vigile. On peut en tirer pour le moment quelques certitudes et constats. (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La discussion entre les tenants des appellations Canadien fran&#231;ais et Qu&#233;b&#233;cois (incluant Qu&#233;b&#233;cois de souche et Qu&#233;b&#233;cois d'origine fran&#231;aise) a donn&#233; lieu &#224; plusieurs tribunes et commentaires dans Vigile. On peut en tirer pour le moment quelques certitudes et constats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'appellation Canadien fran&#231;ais serait n&#233;e vers 1867, en tout cas certainement pas avant la fin du r&#233;gime de l'Union. Elle n'est pas surgie spontan&#233;ment chez les descendants des colons de la Nouvelle-France, qui ont plut&#244;t repris (et, le plus souvent, int&#233;rioris&#233;) l'expression par laquelle les Canadians les d&#233;signaient pour s'en d&#233;marquer. Cette d&#233;signation s'appliquait &#224; tous les descendants de la colonie fran&#231;aise et assimil&#233;s, o&#249; qu'ils se trouvent sur le territoire du Dominion of Canada et m&#234;me des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le seul endroit o&#249; les dits Canadiens fran&#231;ais, incluant les M&#233;tis de langue fran&#231;aise, sont demeur&#233;s majoritaires depuis la fin du XIXe si&#232;cle est le territoire du Qu&#233;bec. &#192; compter du moment o&#249; les dits Canadiens fran&#231;ais du Qu&#233;bec ont pris conscience qu'il pouvaient bien davantage ma&#238;triser leur destin collectif &#224; partir de leur propre gouvernement, f&#251;t-il provincial, qu'&#224; partir d'Ottawa et qu'ils s'identifiaient avant tout &#224; leur territoire, le langage a suivi : ils se sont progressivement mais rapidement d&#233;sign&#233;s en tant que Qu&#233;b&#233;cois, de mani&#232;re exclusive chez ceux qui aspiraient d&#233;j&#224; &#224; un destin national, de mani&#232;re pr&#233;f&#233;rentielle chez oresque tous les autres. On aura beau dire ce qu'on voudra de cette appellation, de la tendance politique ou des motivations des premiers qui l'ont utilis&#233;e publiquement, elle s'est r&#233;pandue spontan&#233;ment et, pourrait-on dire, universellement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aucune nation au monde ne peut avoir prise sur son destin collectif si elle ne forme pas la majorit&#233; sur un territoire d&#233;termin&#233; et qu'elle ne dispose pas des attributs de la souverainet&#233; sur ce territoire ; c'est non seulement une donn&#233;e g&#233;opolitique incontournable mais la premi&#232;re condition &#224; la reconnaissance d'un &#201;tat-nation. Que nous n'en soyons pas encore l&#224; n'&#233;vacue pas cette donn&#233;e essentielle : les descendants de la Nouvelle-France ne seront plus jamais majoritaires ailleurs qu'au Qu&#233;bec. Ne pas reconna&#238;tre ce fait patent constitue un d&#233;ni de la r&#233;alit&#233; m&#234;me lorsqu'il origine d'esprits sinc&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'exise aucune possibilit&#233; pour les descendants de la Nouvelle-France et assimil&#233;s d'accomplir une destin&#233;e nationale sur l'ensemble du territoire actuel du Canada. Deux nations souveraines ne peuvent coexister en tant que telles sous une m&#234;me juridiction territoriale, m&#234;me en pr&#233;sumant la bonne volont&#233; de tous, ou alors au moins l'une des deux ne peut exercer sa souverainet&#233;. Cela va sans dire, mais encore mieux en le disant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nation civique ou ethnique ? Le Qu&#233;bec compte actuellement environ 1 700 000 habitants, sur un peu plus de 7 700 000, d'une origine autre que la Nouvelle-France. Une partie d'entre eux s'est assimil&#233;e &#224; la majorit&#233;, s'y identifie ou s'y int&#232;gre. Une majorit&#233; d'entre eux s'est assimil&#233;e &#224; la minorit&#233; d'origine britannique (elle-m&#234;me ne repr&#233;sentant r&#233;ellement qu'environ 5% de la population totale), s'y identifie ou s'y int&#232;gre et en a en tout cas adopt&#233; la langue et la culture ; nous connaissons tous les raisons de cette situation. Par n&#233;cessit&#233;, le Qu&#233;bec continuera d'accueillir des immigrants. La majorit&#233; d'ascendance et de langue fran&#231;aises n'a pas le choix de reconna&#238;tre comme citoyens les habitants naturalis&#233;s qui n'en font pas partie. Elle dispose cependant du pouvoir, une fois le Qu&#233;bec ind&#233;pendant et m&#234;me avant dans certains cas, d'imposer sa langue et sa vision des choses &#224; tous sur le plan public, quitte &#224; reconna&#238;tre &#224; la minorit&#233; de langue anglaise existant au moment de l'ind&#233;pendance des droits particuliers, tant que ces droits ne nuisent pas &#224; la p&#233;rennit&#233; du caract&#232;re fran&#231;ais du Qu&#233;bec et &#224; l'universalit&#233; de sa culture sur la totalit&#233; du territoire. Il ne s'agit pas l&#224; du mod&#232;le d'une nation civique ni, au sens pl&#233;nier, d'une nation ethnique, &#224; moins de limiter le sens d'ethnicit&#233; &#224; la langue de m&#234;me qu'&#224; la culture, au sens englobant et non &#233;litaire.
Il ne s'agit pas non plus d'un mod&#232;le multiculturel ou interculturel. Qu'on cesse de vouloir nous enfermer dans ces cat&#233;gories.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pr&#233;f&#233;rence exclusive pour l'appellation Canadien fran&#231;ais rel&#232;ve de motivations qu'on ne retrouve pas toutes chez tous ceux qui s'en r&#233;clament : l'attachement sentimental &#224; un terme auquel on est habitu&#233; depuis sa naissance ; la manifestation de ce qu'on ressent comme son identit&#233; propre et exclusive, surtout chez les descendants de Nouvelle-France n&#233;s hors du Qu&#233;bec (et de l'Acadie, probablement), habitant &#224; demeure hors Qu&#233;bec, et apparemment chez beaucoup de M&#233;tis d'o&#249; qu'ils soient ; chez certains f&#233;d&#233;ralistes (et conf&#233;d&#233;ralistes ?) qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains soup&#231;onnent une fraction des d&#233;fenseurs du terme d'&#234;tre des agents provocateurs se drapant dans l'appartenance canadienne-fran&#231;aise afin de susciter la bisbille chez les ind&#233;pendantistes (ou souverainistes). On ne peut pas en exclure la probabilit&#233; &#224; moins d'ignorer la virtuosit&#233; des officines f&#233;d&#233;rales. On peut m&#234;me &#233;prouver une certaine suspicion &#224; la lecture de certains textes, y compris dans Vigile, mais, quant &#224; moi, je me garderais bien d'accuser qui que ce soit, m&#234;me mentalement, sans preuves irr&#233;cusables. J'ai d&#233;j&#224;, dans un autre contexte, &#233;t&#233; accus&#233; &#224; tort d'un m&#233;fait qui tirait &#224; cons&#233;quence et je ne souhaite cela &#224; personne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il se peut que le d&#233;bat continue, peut-&#234;tre jusqu'&#224; ce que l'actualit&#233; politique se l&#232;ve de son hamac. Je doute cependant qu'on puisse lire autre chose sur le sujet que des redites. Pour ma part, je ne me sens pas attir&#233; par le statut d'autochtone canadien &#224; propos duquel j'ai, sans jeu de mot, de s&#233;rieuses r&#233;serves, tout en souhaitant bien du bonheur &#224; ceux qui s'en contenteraient. Quant aux autres, si on en revenait un peu &#224; l'union des forces ind&#233;pendantistes, il me semble que l'&#233;t&#233; serait plus frais. Pour paraphraser Miron : tant que [l'union] n'est pas faite, elle reste &#224; faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Pierre Falardeau : la libert&#233; et rien d'autre</title>
		<link>http://www.vigile.net/Pierre-Falardeau-la-liberte-et</link>
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		<dc:date>2009-04-18T16:35:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Quand Falardeau affirme que &#171; 60 % des Qu&#233;b&#233;cois ont dit Oui &#187; en 1995, certains crient au racisme. Le pamphl&#233;taire, pourtant, ne joue pas sur ce terrain. Il met plut&#244;t en avant une conception culturelle de la nation, semblable &#224; celle de Fernand Dumont, selon laquelle, pour &#234;tre Qu&#233;b&#233;cois, il (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Quand Falardeau affirme que &#171; 60 % des Qu&#233;b&#233;cois ont dit Oui &#187; en 1995, certains crient au racisme. Le pamphl&#233;taire, pourtant, ne joue pas sur ce terrain. Il met plut&#244;t en avant une conception culturelle de la nation, semblable &#224; celle de Fernand Dumont, selon laquelle, pour &#234;tre Qu&#233;b&#233;cois, il s'agit de d&#233;cider de l'&#234;tre en (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Pierre-Falardeau-la-liberte-et"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Quel mandat pour la Caisse ? </title>
		<link>http://www.vigile.net/Quel-mandat-pour-la-Caisse,18941</link>
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		<dc:date>2009-03-31T00:52:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator> Robert Chevalier de Beauchesne (pseudo) - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Il faut se f&#233;liciter d'avoir encore en cette province des historiens tels qu'&#201;ric B&#233;dard. Il est un des rares &#224; conna&#238;tre, &#224; reconna&#238;tre surtout, la valeur de cette &#171; longue histoire de r&#233;sistance et de combats &#187; que fut celle des Canadiens-Fran&#231;ais. Malheureusement, comme chaque (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut se f&#233;liciter d'avoir encore en cette province des historiens tels qu'&#201;ric B&#233;dard. Il est un des rares &#224; conna&#238;tre, &#224; reconna&#238;tre surtout, la valeur de cette &#171; longue histoire de r&#233;sistance et de combats &#187; que fut celle des Canadiens-Fran&#231;ais. Malheureusement, comme chaque fois qu'il tente de juger les temps pr&#233;sents &#224; l'aune de cette histoire, qu'il esp&#232;re nous en faire tirer le&#231;on, son discours tombe &#224; plat : &lt;a href=&quot;http://vigile.net/Quel-mandat-pour-la-Caisse&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#201;ric B&#233;dard, le sp&#233;cialiste du conservatisme canadien-fran&#231;ais&lt;/a&gt;, n'arrive pas &#224; assumer les cons&#233;quences du changement identitaire survenu depuis la R&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car, &#171; les Canadiens fran&#231;ais devenus Qu&#233;b&#233;cois &#187; n'ont pas chang&#233; que leur nom, ils ont troqu&#233; leur identit&#233;. D'une nation ethnique, d&#233;finie par le sol, l'histoire et la culture, ils sont pass&#233;s &#224; une nation civique dont l'appartenance est d&#233;termin&#233;e administrativement par l'&#201;tat. D'une nation se consid&#233;rant titulaire d'une patrie (le Qu&#233;bec) et co-fondatrice d'un pays (le Canada), on a fait une nation dont la souverainet&#233; et la l&#233;gitimit&#233; reposent sur celles d'un simple &#201;tat provincial. Le d&#233;ficit identitaire est tel, que la filiation entre Qu&#233;b&#233;cois et Canadiens-Fran&#231;ais s'en est trouv&#233;e r&#233;duite quasi &#224; n&#233;ant. Et le peu qui reste r&#233;f&#232;re &#224; un pass&#233; devenant de plus en plus &#233;tranger, souvent m&#234;me consid&#233;r&#233; comme honteux. On peut bien le d&#233;plorer, ne pas &#234;tre d'accord, &#231;a ne change rien &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce contexte, l'historien a beau, pour mieux questionner l'actuelle gouvernance de la Caisse, rappeler &#224; grands traits la lib&#233;ration &#233;conomique des Canadiens-Fran&#231;ais et ses principaux h&#233;ros, le souvenir de cette lutte et de ces gens ne faisant plus &#233;cho &#224; notre r&#233;alit&#233; nationale, ce ne sont l&#224; que vaines paroles. Un constat certes troublant, car pour qui a l'honn&#234;tet&#233; de se souvenir, la R&#233;volution tranquille ne devait pas pr&#233;luder &#224; la naissance d'une nouvelle nation, mais bien plut&#244;t concourir au plein accomplissement des Canadiens-Fran&#231;ais. C'est pourquoi la Caisse fut fond&#233;e, c'est pourquoi elle devait favoriser le d&#233;veloppement du Qu&#233;bec et c'est pourquoi la Caisse se devait d'&#234;tre dirig&#233;e par un Canadien-Fran&#231;ais...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est &#233;videmment plus le cas aujourd'hui, mais apr&#232;s quarante ans de nationalisme qu&#233;b&#233;cois, qui donc oserait s'en &#233;tonner ? Michael Sabia est peut-&#234;tre &#171; &#233;tranger aux int&#233;r&#234;ts du Qu&#233;bec inc. &#187;, il est Qu&#233;b&#233;cois et le Gouvernement du Qu&#233;bec lui fait confiance. Que peut-on bien vouloir de plus ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que nos nationalistes, historiens ou pas, cessent de jouer au plus fin. Le devenir &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt; de L&#233;vesque s'av&#232;re &#224; l'usage une &#171; d&#233;nationalisation &#187;, une rupture tout aussi d&#233;finitive que le devenir &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Canadian&lt;/i&gt; de Trudeau. Il nous pousse all&#232;grement vers les bayous. Monsieur B&#233;dard, c'est bien plus de l'av&#232;nement du Qu&#233;b&#233;cois dont on pourrait parier &#171; que le cartel financier d'autrefois serait bien fier &#187;, car c'est lui et lui seul qui a permis la nomination de Michael Sabia...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si on n'a pas le courage de d&#233;noncer l'imposture, l'&#171; oeuvre de sape &#187; que repr&#233;sente le nationalisme qu&#233;b&#233;cois, si on n'a pas la force d'admettre qu'il a tu&#233; en nous toute r&#233;silience, qu'on cesse donc de se plaindre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car comme on fait son lit, on se couche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Les cryptofascistes. Sur la peur du nationalisme</title>
		<link>http://www.vigile.net/Les-cryptofascistes-Sur-la-peur-du</link>
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		<dc:date>2008-12-01T15:54:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Il convient de relever en conclusion que les id&#233;ologues, ceux qui ont r&#233;pandu le discours multiculturel et vant&#233; les identit&#233;s multiples, ont frapp&#233; juste : ils ont r&#233;ussi &#224; inhiber un bon nombre de Qu&#233;b&#233;cois. Ceux-ci ne sont plus en mesure de dire avec assurance d'o&#249; ils viennent. Ils ne (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Il convient de relever en conclusion que les id&#233;ologues, ceux qui ont r&#233;pandu le discours multiculturel et vant&#233; les identit&#233;s multiples, ont frapp&#233; juste : ils ont r&#233;ussi &#224; inhiber un bon nombre de Qu&#233;b&#233;cois. Ceux-ci ne sont plus en mesure de dire avec assurance d'o&#249; ils viennent. Ils ne peuvent plus parler du Qu&#233;bec haut et fort et se (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Les-cryptofascistes-Sur-la-peur-du"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Promotion de l'identit&#233; nationale qu&#233;b&#233;coise</title>
		<link>http://www.vigile.net/Promotion-de-l-identite-nationale</link>
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		<dc:date>2008-11-10T14:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>L&#233;once Naud - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Le Qu&#233;bec se veut une nation civique et politique et non une nation &#224; caract&#232;re ou fondement ethnique. Il s'agit par cons&#233;quent d'une de ces nations qui sont des constructions volontaires, c'est-&#224;-dire des nations moins h&#233;rit&#233;es que fabriqu&#233;es, &#224; l'instar de la France ou (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec se veut une nation civique et politique et non une nation &#224; caract&#232;re ou fondement ethnique. Il s'agit par cons&#233;quent d'une de ces nations qui sont des constructions volontaires, c'est-&#224;-dire des nations moins h&#233;rit&#233;es que fabriqu&#233;es, &#224; l'instar de la France ou des &#201;tats-Unis. Certes, il existe dans ce type de pays une r&#233;f&#233;rence ethnique plus ou moins lointaine, des groupes ou peuples fondateurs auxquels se sont joints ensuite d'autres apports, g&#233;n&#233;ralement par immigration ou invasion. Dans le cas d'une nation dont l'identit&#233; nationale est avant tout civique et politique, le plus important n'est pas la composition ethnique de la nation mais la dynamique qui la regroupe, la force d'agglom&#233;ration qui la garde unie, l'unit&#233; qui d&#233;coule de ses actions ainsi que d'une histoire partag&#233;e et de projets d'avenir communs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pourquoi la plupart des nations civiques proc&#232;dent &#224; un constant travail de mise en valeur de leur identit&#233; civique et nationale, en particulier si elles connaissent un important ph&#233;nom&#232;ne d'immigration, ce qui est le cas du Qu&#233;bec. La nation civique ou politique r&#233;sultant d'une construction de la volont&#233;, le vouloir vivre ensemble doit sans cesse &#234;tre confort&#233; par des rappels aux raisons et fondements de l'aventure collective.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'historien Michelet soulignait tr&#232;s justement que &#171; la France est un travail de soi sur soi &#187;. En quoi il saisissait bien le caract&#232;re non pas naturel mais construit de toutes pi&#232;ces de la nation fran&#231;aise (Paul Thibaud, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt;, 35). Ce n'est nullement par hasard que l'on r&#233;serve &#224; la carte de France une place d'honneur sur un mur, face aux &#233;l&#232;ves, dans les salles de classes des &#233;coles de la R&#233;publique. Ce n'est pas non plus par hasard que cette nation a d&#233;cid&#233; de se charger elle-m&#234;me de l'&#233;ducation nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un autre cas de nation civique &#8211; la nation am&#233;ricaine &#8211;, il ne se passe pas une journ&#233;e sans que l'on rappelle au peuple am&#233;ricain que le pays trouve sa coh&#233;sion dans le respect voire dans un v&#233;ritable culte de sa Constitution, texte sacr&#233; l&#233;gu&#233; par les P&#232;res Fondateurs. Innombrables et fort co&#251;teux sont les moyens d&#233;ploy&#233;s et les slogans martel&#233;s pour conforter sans cesse la fiert&#233; et l'identit&#233; nationale des citoyens des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique ainsi que leur coh&#233;sion autour de la personne du Pr&#233;sident, commandant supr&#234;me politique et militaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada n'a pas le choix : il doit solidifier son identit&#233; nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le gouvernement f&#233;d&#233;ral du Canada, suite &#224; la grande frayeur r&#233;f&#233;rendaire de 1995, a pris davantage conscience de l'&#233;tat exsangue de l'identit&#233; nationale canadienne. Le Canada est fr&#233;quemment d&#233;crit comme &#171; a country without a nation &#187;. De plus, le d&#233;ferlement de l'identit&#233; am&#233;ricaine et l'apport d'une population issue de l'immigration laminent le vieux fonds identitaire britannique, socle traditionnel de l'identit&#233; Canadian. Ayant obtenu graduellement (tiens, tiens&#8230;) son ind&#233;pendance de l'Empire britannique, d&#233;sormais priv&#233; de la protection de la flotte de la Royal Navy, l'ancien Dominion of Canada cherche &#224; &#233;viter l'engloutissement dans l'empire am&#233;ricain, dont ne le s&#233;pare cette fois aucun oc&#233;an providentiel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le gouvernement f&#233;d&#233;ral s'est donc lanc&#233; dans la construction d'une identit&#233; nationale Canadian, comptant r&#233;gler du m&#234;me coup le probl&#232;me que pose l'identit&#233; nationale qu&#233;b&#233;coise pour l'unit&#233; canadienne. Aucun &#201;tat normal ne peut en effet tol&#233;rer ind&#233;finiment l'existence de deux identit&#233;s nationales dans un seul pays. Enferm&#233;e &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res du Canada, &#233;limin&#233;e de la sc&#232;ne internationale, l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise est destin&#233;e &#224; perdre graduellement son caract&#232;re national pour devenir &#224; terme l'expression d'une ethnie. Les canadiens francophones constitueront &#224; moyen terme une communaut&#233; d'origine et de langue plut&#244;t qu'une communaut&#233; de territoire, de projets et de d&#233;cisions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ouvriers besogneux de ces luttes identitaires, des fonctionnaires f&#233;d&#233;raux permanents (et non des personnels de cabinets politiques) ainsi que des agents sp&#233;cialis&#233;s dans la guerre de l'information (Information Warfare), jouissant de budgets publics de centaines de millions de dollars, oeuvrent &#224; miner lentement et m&#233;thodiquement les fondements m&#234;mes de l'identit&#233; nationale qu&#233;b&#233;coise. Cette identit&#233;, qui a vu le jour il y a quelques dizaines d'ann&#233;es &#224; peine, s'av&#232;re fragile en comparaison de l'ancienne identit&#233; canadienne fran&#231;aise, carapace solide quasi inentamable qui a assur&#233; la survie de notre nationalit&#233; jusque dans les ann&#233;es soixante, avant que nous ne la d&#233;laissions nous-m&#234;mes &#224; l'&#233;poque de la R&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Compte tenu des moyens que prennent la plupart des nations civiques et politiques pour maintenir leur cristallisation identitaire et durer dans le temps (ceci est moins crucial pour des nations dont la coh&#233;sion nationale repose sur l'ethnie, par exemple le Japon), il est non seulement l&#233;gitime mais encore d'une absolue n&#233;cessit&#233; qu'une nation politique et civique comme veut l'&#234;tre le Qu&#233;bec &#8211; extr&#234;mement minoritaire au nord-est d'un continent et voisine du plus grand empire mondial &#8211; mobilise &#224; la fois de bons esprits ainsi que des moyens financiers cons&#233;quents pour que des strat&#233;gies, des politiques et des d&#233;cisions visent express&#233;ment la promotion de l'identit&#233; nationale qu&#233;b&#233;coise, confortent les institutions collectives de la nation et assurent la ma&#238;trise effective du territoire qui est encore le sien en terre d'Am&#233;rique. Faute de quoi le Qu&#233;bec s'acheminera vers une d&#233;sint&#233;gration nationale multiforme, y compris territoriale. Le mot de Val&#233;ry ne fait pas exception pour le Qu&#233;bec : &#171; Nous autres civilisations savons d&#233;sormais que nous sommes mortelles. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ce d&#233;but du 21e si&#232;cle, les Qu&#233;b&#233;cois doivent retrouver chez leurs repr&#233;sentants cet esprit de force et de conqu&#234;te qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; port&#233; en Am&#233;rique avec une telle vaillance d'abord par les Anciens Canadiens puis par les Canadiens fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&#233;once Naud, g&#233;ographe&lt;br&gt;
Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



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		<title>Amarr&#233;, prenant l'eau, le bateau coule</title>
		<link>http://www.vigile.net/Amarre-prenant-l-eau-le-bateau</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Amarre-prenant-l-eau-le-bateau</guid>
		<dc:date>2008-06-28T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fernand Couturier - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Si la nation qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise avait pr&#233;sent&#233; un &#233;tat de sant&#233; nationale normale et plus alerte, jamais le Rapport Bouchard-Taylor n'aurait vu le jour. Prendre acte. Maintenant qu'il est l&#224;, laisserons-nous triompher son interculturalisme d&#233;sint&#233;grateur (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis la parution du Rapport de la Commission Bouchard-Taylor, le premier
des commissaires dans l'ordre alphab&#233;tique a &#233;t&#233; nomm&#233;ment rabrou&#233;,
copieusement flingu&#233; de critiques sifflant de toutes parts. Alors que
l'autre commissaire se tient &#224; l'&#233;cart comme une v&#233;n&#233;rable ic&#244;ne intouch&#233;e.
Il doit bien y avoir des raisons &#224; cela. Comme celle-ci, par exemple,
formul&#233;e par la fondation Inamori lui accordant le prestigieux prix Kyoto,
et reprise ce 20 juin dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soleil&lt;/i&gt; : Charles Taylor aurait mis au point
une &#171; philosophie &#233;clair&#233;e qui permet aux gens de traditions et de cultures
diff&#233;rentes de pr&#233;server leur identit&#233; tout en coexistant pacifiquement. &#187;
Philosophie universellement valable ? Convenant &#224; toute situation nationale ?
Il faut voir. Pour ma part, je m'en tiendrai &#224; la seule litt&#233;rature de la
Commission. Je mentionnerai le Document de consultation (DC), la version
int&#233;grale du Rapport (RI) et sa version abr&#233;g&#233;e (RA).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; du 10 juin publiait : &lt;a href=&quot;http://vigile.net/Le-debat-prend-une-tournure&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; G&#233;rard Bouchard r&#233;plique &#224;
ses d&#233;tracteurs. &#187;&lt;/a&gt; Ce texte transpirant la d&#233;ception, l'inqui&#233;tude et la
morosit&#233; tente de ramasser la situation ainsi : &#171; En d&#233;finitive, la question
fondamentale qui se pose est la suivante : si on rejette
l'interculturalisme comme mod&#232;le de gestion des rapports interethniques au
Qu&#233;bec, quelle formule d&#233;mocratique reste-t-il pour assurer &#224; la fois
l'avenir de la francophonie qu&#233;b&#233;coise et le respect de la diversit&#233; ? O&#249;
sont les contre-propositions r&#233;alistes et acceptables au regard du droit,
de l'&#233;thique publique et de nos traditions ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi l'auteur invite &#224; poursuivre le d&#233;bat. Je vais tenter d'esquisser
des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse &#224; ses questions. Le plus bri&#232;vement possible. Il ne
faudrait pas qu'il s'inqui&#232;te s'il per&#231;oit dans mes propos un d&#233;saccord
profond avec les siens et la philosophie de Charles Taylor qui transpire
dans le Rapport.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, pour d&#233;marquer les positions, deux tableaux. Le premier essaie de
sch&#233;matiser l'architecture conceptuelle du Rapport de la Commission en
s'inspirant du texte m&#234;me. Et le second pr&#233;sentera l'articulation de ce qui
pourrait &#234;tre une contre-proposition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Premier tableau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;a. &#192; l'avant-plan, il y a la nation civique. D&#233;j&#224; le Document de
consultation, &#224; la page 43, en donnait une d&#233;finition : &#171; Mod&#232;le de soci&#233;t&#233;
qui fonde la vie collective sur les droits en rel&#233;guant &#224; l'arri&#232;re-plan la
dynamique identitaire et tout ce qui se rapporte &#224; l'identit&#233; (sentiment
d'appartenance, m&#233;moire collective, mythes nationaux&#8230; &#187;. On trouve ici, en
clair, les plans constitutifs du tableau. Et le Rapport int&#233;gral, page 288,
dit de la nation civique : &#171; Conception de la nation qui fonde son unit&#233;
uniquement sur des principes, des droits et des normes civiques plut&#244;t que
sur une culture ou une ethnicit&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; deux d&#233;finitions qui disent &#224; la fois ce qu'est la nation civique et
ce qu'elle n'est pas. Elle est le lieu des r&#232;gles d'une vie citoyenne
abstraite de la culture : structure et exigences de la d&#233;mocratie lib&#233;rale,
codes et documents d&#233;finissant lois et normes, droits et libert&#233;s, et la
langue fran&#231;aise comme langue commune ou &#171; cadre de communication et
d'&#233;changes pour la soci&#233;t&#233; &#187;. C'est &#224; ce niveau que se fonde l'unit&#233; de la
vie collective, de la soci&#233;t&#233;. Voil&#224; ce qu'est la nation civique. Et ce
qu'elle n'est pas ? C'est tout l'arri&#232;re-plan du tableau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;b. En arri&#232;re-plan, il y a la culture et l'ethnicit&#233;. Tout ce qui se
rapporte &#224; l'identit&#233; comme le sentiment d'appartenance, la m&#233;moire
collective, les mythes nationaux, et, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la culture.
L'emploi fr&#233;quent de l'adjectif ethnoculturel identifie ou rapproche tr&#232;s
&#233;troitement ethnicit&#233; et culture. C'est dans cet espace que joue la
dynamique identitaire. Et cette dynamique est r&#233;gie par
l'interculturalisme. Pourquoi ? Parce qu'il y a l&#224; une multitude d'ethnies
et/ou de cultures avec lesquelles il faut composer. Ici, il faut lire la
cinqui&#232;me des onze propositions qui tentent de d&#233;finir cet
interculturalisme : &#171; Le principe des identit&#233;s multiples est reconnu, de
m&#234;me que le droit de pr&#233;server l'appartenance &#224; son groupe ethnique. &#187; (RA,
p. 43) Ainsi cet espace du tableau est peupl&#233; de groupes ethniques ou
ethnoculturels parmi lesquels se trouve le groupe ethnoculturel majoritaire
d'ascendance canadienne-fran&#231;aise. Et ce qui est vis&#233; dans la dynamique,
dans le fonctionnement interculturel, c'est l'int&#233;gration. Car, pour une
petite nation comme le Qu&#233;bec toujours pr&#233;occup&#233;e de son avenir, comme le
dit encore le Rapport, &#171; l'int&#233;gration repr&#233;sente &#8230; une condition de son
d&#233;veloppement, voire de sa survie. &#187; (RA, p.42) Int&#233;gration qui, de son
c&#244;t&#233;, s'effectue par le fran&#231;ais, langue commune de communication ou &#171; cadre
de communication et d'&#233;changes &#187; (RA p.42). Mais cette int&#233;gration, faut-il
observer, n'aurait pas pour objectif l'unit&#233; de la nation. Cette unit&#233;,
selon la d&#233;finition m&#234;me de la nation civique, ne relevant que des &#233;l&#233;ments
purement civiques tels que pr&#233;sent&#233;s ci-haut.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;c. Et pour son avenir, quel devrait &#234;tre le fonctionnement de cette
r&#233;alit&#233; nationale d&#233;coup&#233;e ? La proposition 9 sur l'interculturalisme le
r&#233;sume : &#171; Les constantes interactions entre citoyens d'origines diverses
m&#232;nent au d&#233;veloppement d'une nouvelle identit&#233; et d'une nouvelle culture.
C'est ce qui se passe au Qu&#233;bec depuis quelques d&#233;cennies, sans que cela
alt&#232;re la position culturelle du groupe majoritaire ni ne porte atteinte &#224;
la culture des groupes minoritaires. &#187; (RA p. 44) Autrement dit, une
multitude d'identit&#233;s, de groupes ethnoculturels se juxtaposent, se
croisent, se heurtent, dialoguent dans l'espace d'arri&#232;re-plan du tableau
figuratif du Rapport. Aussi c'est dans cet espace d'arri&#232;re-plan
qu'interviennent les probl&#232;mes ou exigences d'accommodements et
d'harmonisations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s lors on peut se demander ce qu'il advient de l'int&#233;gration recherch&#233;e.
Se r&#233;alise-t-elle dans la nouvelle identit&#233; qui est cens&#233;e se forger ? Si
c'est le cas, comment va-t-elle composer avec la multiplicit&#233; des autres
identit&#233;s qui l'entourent et qui demeurent inalt&#233;r&#233;es ? N'y a-t-il pas l&#224; au
moins une apparence de contradiction, ou un aveu implicite
d'incompossibilit&#233; ? Et n'y a-t-il pas l&#224; porte ouverte pour une
amplification des r&#233;clamations d'accommodements peu ou prou raisonnables,
mais allant plut&#244;t dans le sens d'&#233;riger des cl&#244;tures symboliques ou
r&#233;elles entre les groupes tous aussi motiv&#233;s les uns que les autres &#224;
d&#233;velopper et d&#233;fendre leur identit&#233; respective ? N'y a-t-il pas l&#224;
&#233;galement une mani&#232;re indirecte d'entretenir au Qu&#233;bec, volontairement ou
non, le mod&#232;le de soci&#233;t&#233; multiculturaliste canadien ? Mod&#232;le qu'on estime
inad&#233;quat pour la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et que l'interculturalisme est cens&#233;
remplacer&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et maintenant, il faut lire la proposition 7 que l'ordre interculturaliste
consacre &#224; la langue : &#171; Le plurilinguisme est encourag&#233;, parall&#232;lement au
fran&#231;ais comme langue publique commune. Le d&#233;bat qui oppose la langue
identitaire &#224; la langue v&#233;hiculaire (comme simple outil de communication)
est peu f&#233;cond. Ce qui importe d'abord, c'est la diffusion la plus large
possible du fran&#231;ais, que ce soit sous une forme ou sous une autre. &#187; Le
fran&#231;ais, langue publique commune ou cadre de communication et d'&#233;changes,
assure la coh&#233;sion sociale en permettant de participer &#224; la d&#233;lib&#233;ration
publique. Il y a beaucoup &#224; dire sur cette proposition &#233;trange. Nous y
reviendrons apr&#232;s la pr&#233;sentation du deuxi&#232;me tableau. Mais, quand m&#234;me,
sugg&#233;rons tout de suite que, dans l'hypoth&#232;se o&#249; le fran&#231;ais serait
uniquement ou avant tout un simple cadre de communication, on ne voit pas
pourquoi on le privil&#233;gierait &#224; l'anglais qui, &#224; cet &#233;gard, pr&#233;vaut
universellement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. Deuxi&#232;me tableau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, &#224; la rigueur, il n'y a pas d'avant- ni d'arri&#232;re-plan au sens spatial
des termes. Car il s'agit plut&#244;t de pr&#233;sence et de profondeur historique.
Mais le temps et l'espace &#233;tant difficilement tout &#224; fait s&#233;parables,
essayons de poursuivre en recourant &#224; la m&#234;me repr&#233;sentation picturale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;a. La nation qu&#233;b&#233;coise actuelle, dans sa concr&#233;tude et son int&#233;gralit&#233;,
occupe tout l'espace du tableau. Cet espace est celui du Qu&#233;bec concret
g&#233;ographiquement et climatiquement d&#233;termin&#233;. Espace habit&#233; par une nation
distribu&#233;e en agglom&#233;rations citadines diversifi&#233;es, en villages parsem&#233;s
dans des r&#233;gions aux visages multiples et diff&#233;renci&#233;s selon les
caract&#233;ristiques et les traits du territoire dans son ensemble. C'est la
nation telle qu'elle s'est d&#233;velopp&#233;e au fil du temps et prend place ou
appara&#238;t dans le pr&#233;sent de l'histoire. Cette nation, elle est n&#233;e et a
grandi dans la langue fran&#231;aise. C'est dans cette langue fran&#231;aise que
cette soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise s'est structur&#233;e en un monde sur le territoire du
Qu&#233;bec g&#233;ographique ; c'est dans cette langue qu'elle s'est constitu&#233; une
culture, s'est d&#233;fini un ensemble de lois, de normes r&#233;gissant la vie en
commun dont, entre autres, l'&#233;galit&#233; entre homme et femme et la la&#239;cit&#233; de
l'&#201;tat ; c'est encore en elle qu'ont &#233;t&#233; d&#233;finis et &#233;tablis les &#233;l&#233;ments
d'une structure &#233;tatique pour sa gouvernance. C'est en tout cela, dans
cette nationalit&#233; int&#233;grale et concr&#232;te que r&#233;side l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise.
Identit&#233; comprenant les Qu&#233;b&#233;cois de souche fran&#231;aise et tous ceux qui,
d'autres provenances, se sont joints &#224; eux au cours des ans pour devenir
ensemble un seul peuple qu&#233;b&#233;cois, une seule nation qu&#233;b&#233;coise, ici
pr&#233;sente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;b. Comme on le voit, il n'y a pas de place dans cette repr&#233;sentation pour
un arri&#232;re-plan proprement dit, comme c'est le cas dans le tableau sugg&#233;r&#233;
par le Rapport. Mais il y a profondeur historique. La nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise maintenant pr&#233;sente est une aire vitale qui tire son &#233;nergie de
sources profondes. Milieu unique pour tous les citoyens, pour tous les
Qu&#233;b&#233;cois. La nation qu&#233;b&#233;coise de langue fran&#231;aise est une r&#233;alit&#233;
concr&#232;te. Une r&#233;alit&#233; qui a son identit&#233; propre. Une r&#233;alit&#233; nationale qui
fonde et d&#233;veloppe sans cesse son identit&#233;. Cette approche, on le voit,
n'institutionnalise pas l'existence de groupes ethnoculturels ayant chacun
sa propre identit&#233;. Ce qui la diff&#233;rencie fondamentalement de la position
du Rapport. Mais la diversit&#233; est quand m&#234;me bienvenue. Elle est re&#231;ue de
multiples fa&#231;ons. En effet, les Qu&#233;b&#233;cois ne se privent pas et ne se sont
jamais priv&#233; d'aller voir ailleurs, d'aller puiser et emprunter ailleurs ;
tout comme ils ont toujours accueilli et accueillent encore ceux qui de
l'ext&#233;rieur d&#233;sirent se joindre &#224; eux et partager des ressources.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;c. Et comment cette nation qu&#233;b&#233;coise envisage-t-elle son d&#233;veloppement ?
Comment pense-t-elle pouvoir s'&#233;panouir ? Qu'entrevoit-elle comme projet
d'avenir ? Relativement &#224; la probl&#233;matique qui a donn&#233; lieu &#224; la
constitution de la Commission Bouchard-Taylor, la nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise se veut une soci&#233;t&#233; d'accueil bienveillante pour les immigrants.
Et c'est en son sein, en son int&#233;rieur que doit avoir cours l'int&#233;gration.
L'int&#233;gration &#224; cette r&#233;alit&#233; nationale concr&#232;te prise dans son int&#233;gralit&#233;
et non pas en une partie d'elle-m&#234;me &#233;mond&#233;e, clarifi&#233;e, d&#233;gag&#233;e, purifi&#233;e
de tout accent ou dimension ethnique ou culturel. La nation qu&#233;b&#233;coise
con&#231;oit l'int&#233;gration des immigrants comme absolument n&#233;cessaire &#224; son
unit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et de quelle int&#233;gration s'agit-il ? Processus d&#233;licat et complexe entre
tous ; mais n&#233;anmoins quelques mots pour tenter de le caract&#233;riser. En gros
traits, disons que l'int&#233;gration envisag&#233;e veut se diff&#233;rencier de
l'assimilation. Celle-ci aurait des connotations de d&#233;pouillement. Elle
signifierait pour l'immigrant une perte, un abandon de ses traits
identificateurs par contrainte ou par indiff&#233;rence. L'int&#233;gration, par
contre, rel&#232;verait pleinement de la libert&#233;. Par choix d&#233;lib&#233;r&#233; les
immigrants acceptent de participer &#224; la vie commune telle que comprise par
la soci&#233;t&#233; d'accueil. Ils acceptent de venir partager cette vie. Et il est
dans l'ordre des choses que la soci&#233;t&#233; d'accueil demande une telle
participation et un tel partage. Dans la mesure, bien s&#251;r, o&#249; les droits
proprement ou fondamentalement humains sont respect&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci &#233;tant, il est clair que l'immigrant ne peut transporter avec lui ce
qui le distinguait strictement comme membre d'une autre nation et qui
emp&#234;cherait l'inclusion normale (et norm&#233;e) aux mani&#232;res de vivre et d'&#234;tre
des gens chez qui il veut venir s'&#233;tablir. Un visiteur convi&#233; change-t-il
les us et coutumes de ses h&#244;tes en passant le seuil de leur maison ?
L'immigrant n'emm&#232;ne pas avec lui une autre nation, c'est-&#224;-dire qu'il ne
transporte pas dans ses bagages ce qui d&#233;finit en propre la nation dont il
est issu. Mais il est clair aussi que l'essentiel de ce qu'il est devenu
ailleurs comme humain demeure et doit &#234;tre respect&#233;. Cependant il doit
quand m&#234;me devenir assez semblable aux gens qui l'accueillent pour qu'il
puisse d&#233;velopper avec eux un v&#233;ritable sentiment d'appartenance. Sentiment
d'appartenance devant pouvoir &#234;tre partag&#233; par les membres de la soci&#233;t&#233;
d'accueil. Et celle-ci, de son c&#244;t&#233;, doit mettre en &#339;uvre les m&#233;canismes et
les services n&#233;cessaires pour qu'il y ait accueil efficace et chaleureux.
Elle doit aussi reconna&#238;tre et m&#234;me rechercher les apports positifs des
nouveaux arrivants qui lui permettent de changer, d'&#233;voluer favorablement
tout en demeurant fondamentalement elle-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais on entend une objection se formuler : Cette int&#233;gration n'est qu'un
r&#234;ve impossible, utopique. Car il y a dans la r&#233;alit&#233;, il existe de fait
des groupes ethnoculturels, des identit&#233;s multiples au sein de la soci&#233;t&#233;
qu&#233;b&#233;coise, particuli&#232;rement &#224; Montr&#233;al, groupes qui attirent d'embl&#233;e les
immigrants et &#224; qui il para&#238;t tout naturel de s'int&#233;grer. Oui, c'est vrai.
Et c'est dans notre nation les marques &#233;videntes d'une appartenance au
Canada multiculturaliste. C'est chez nous l'implantation non recherch&#233;e du
multiculturalisme canadien, mod&#232;le de soci&#233;t&#233; imprudemment entretenu par un
interculturalisme d&#233;j&#224; existant et dont le Rapport souhaiterait
l'institutionnalisation l&#233;gale ou constitutionnelle (RA, p. 45). Ce Rapport
tente de penser le devenir de la nation qu&#233;b&#233;coise en tablant sur les
vertus de l'interculturalisme qui conduit de fait au multiculturalisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais nous proposons une autre approche pour l'avenir de notre nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que les nouveaux arrivants s'int&#232;grent &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise concr&#232;te, il faut que se fasse aussi l'int&#233;gration des personnes
impliqu&#233;es dans les regroupements ethnoculturels d&#233;j&#224; form&#233;s ou communaut&#233;s
ethniques d&#233;j&#224; existantes. Cette int&#233;gration doit se faire graduellement,
progressivement. Ces groupes doivent d'eux-m&#234;mes, en gestes libres comme le
r&#233;clame l'int&#233;gration, abandonner tout mode d'existence qui les
juxtapose, les s&#233;pare et, &#224; la limite, les ghetto&#239;se sur le
territoire du Qu&#233;bec. Mais cela n'arrivera que si la nation qu&#233;b&#233;coise
s'affirme sans &#233;quivoque dans son identit&#233; int&#233;grale. Une telle affirmation
imposera le respect. Et un message clair &#224; cet effet fera que les nouveaux
arrivants entreront d'embl&#233;e dans le processus d'int&#233;gration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une telle affirmation est-elle possible ? Oui. Mais il faut d'abord que
tout le peuple voit la n&#233;cessit&#233; de parachever son identit&#233;, son &#234;tre de
nation, jusque dans les derni&#232;res sph&#232;res de la souverainet&#233; politique et
de gouvernance. Condition essentielle pour &#234;tre ma&#238;tre de son
d&#233;veloppement, de son avenir. Car dans les conditions pr&#233;sentes de la
Constitution canadienne, les forces adverses auront toujours gain de cause.
Mais l&#224;, dans la population qu&#233;b&#233;coise, il y a manque. L&#224;, il y a
incompr&#233;hension. L&#224;, il y a n&#233;gligence et indiff&#233;rence. L&#224;, il y a
lassitude. L&#224;, il y a aussi d&#233;mission. Que faire alors ? Pour arriver &#224; la
maturit&#233; identitaire n&#233;cessaire, il faut d'abord bien saisir les enjeux
impliqu&#233;s dans la langue commune, dans la langue fran&#231;aise. Car il semble
bien que, malgr&#233; tout, ce soit le bien auquel une grande majorit&#233; de
Qu&#233;b&#233;cois tiennent le plus. Alors, il est temps, comme annonc&#233; plus haut,
de revenir &#224; l'&#233;trange septi&#232;me proposition sur l'interculturalisme qui
traite de la langue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On y dit, comme on la vu, que le plurilinguisme doit &#234;tre encourag&#233; en
parall&#232;le avec le fran&#231;ais comme langue commune. On y dit aussi que le
d&#233;bat opposant la langue identitaire et la langue v&#233;hiculaire est peu
f&#233;cond. Que ce qui compte, en bout de piste, c'est la diffusion la plus
grande possible du fran&#231;ais sous l'une ou l'autre de ces formes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fort bien, en apparence, Car comment se repr&#233;senter concr&#232;tement cette
division de la langue, identitaire et v&#233;hiculaire, pour pouvoir &#233;tablir des
programmes de diffusion diff&#233;rents ? Et qu'arrive-t-il si en pratique, comme
le texte du Rapport le laisse souvent entendre, on r&#233;duit la langue
fran&#231;aise &#224; sa seule dimension v&#233;hiculaire, simple instrument neutre ou
cadre de communication et d'&#233;changes ? Qu'advient-il si on ne voit pas la
port&#233;e identitaire de la langue ? Et, tout d'abord, que peut bien signifier
langue identitaire ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut oser une tentative d'explicitation. &#192; la rigueur, langue
identitaire est un pl&#233;onasme. Parce que c'est le propre de la langue
d'identifier. En effet, c'est dans la langue qu'une chose se manifeste
comme ce qu'elle est, que son identit&#233; est d&#233;voil&#233;e. Mieux encore :
l'identit&#233; est langagi&#232;re, parce que &#234;tre, c'est &#234;tre manifeste en langage.
Po&#232;tes et philosophes ont fait cette exp&#233;rience fondamentale du langage.
Mais essayons d'&#233;lucider ceci simplement &#224; partir du langage lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a souvent parl&#233; du g&#233;nie de la langue. Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;g&#233;nie de&lt;/i&gt;, comme expression,
peut signifier l'ensemble des caract&#232;res distinctifs qui forment la nature
propre d'une chose, d'une r&#233;alit&#233; vivante ; ensemble de caract&#233;ristiques qui
d&#233;terminent son originalit&#233;, son individualit&#233;, c'est-&#224;-dire son identit&#233;.
C'est ce que dit le dictionnaire. Ainsi, attribu&#233; &#224; langue, g&#233;nie peut
signifier les particularit&#233;s d'une langue, son identit&#233;, ce qui la
diff&#233;rencie des autres. Le g&#233;nie de la langue fran&#231;aise, par exemple, est
ce qui la distingue de l'allemand, de l'italien, de l'arabe, de l'anglais,
et ainsi de suite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;g&#233;nie&lt;/i&gt; renvoie aussi &#224; gen&#232;se, production, capacit&#233; de cr&#233;er,
d'inventer. Alors g&#233;nie peut signifier le propre de la langue en g&#233;n&#233;ral,
de toute langue. Dans ce sens, la langue cr&#233;e, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pro-duit&lt;/i&gt;, am&#232;ne en avant,
dans la manifestation, fait appara&#238;tre. Elle est gen&#232;se. Et en ce sens,
donc, elle conf&#232;re l'&#234;tre, l'&#234;tre dans ses d&#233;terminations. &#202;tre, on ne le
dira jamais assez, c'est pour quelque chose &#234;tre manifeste en ce qui le
d&#233;termine, l'individualise. Manifeste en ses &#233;l&#233;ments constitutifs, en son
individualit&#233;. En son identit&#233;. C'est ainsi qu'on peut parler de langue
identitaire. Ce n'est pas un concept creux. C'est dire comment, en quoi,
toute chose arrive au jour ou acc&#232;de &#224; l'&#234;tre. Et puis, c'est pr&#233;cis&#233;ment
parce que la langue manifeste ainsi les choses, qu'elle permet &#224; ses
locuteurs de communiquer entre eux, de communiquer &#224; propos de tout ce qui
peut leur appara&#238;tre gr&#226;ce &#224; elle. Communiquer &#224; propos d'eux-m&#234;mes aussi,
bien &#233;videmment. En disant les choses, on se dit toujours soi-m&#234;me
implicitement. &#192; la rigueur et en v&#233;rit&#233;, l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ips&#233;it&#233;&lt;/i&gt; et l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;alt&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; sont
contemporaines dans l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;appara&#238;tre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est de cette mani&#232;re que le fran&#231;ais est langue identitaire pour la
nation qu&#233;b&#233;coise. La nation qu&#233;b&#233;coise acc&#232;de historiquement &#224; son &#234;tre en
fran&#231;ais. Historiquement : cela veut dire que sa gen&#232;se, son d&#233;ploiement
embrassant son pass&#233;, son pr&#233;sent et son avenir, se &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pro-duit&lt;/i&gt; en fran&#231;ais.
Il n'y a pas d'histoire en dehors du langage. Ainsi ce qu'il y a de
proprement national dans notre histoire est l'&#233;l&#233;ment langagier fran&#231;ais.
Sous peine de sombrer dans le nationalisme raciste, il faut r&#233;cuser sans
m&#233;nagement pour l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise tout recours &#224; un quelconque ADN
biologique. L'&#233;l&#233;ment langagier fran&#231;ais est &#224; la racine de notre nation ou
est l'ADN m&#233;taphorique de notre &#234;tre national. C'est de cela qu'il faut
prendre acte pour arriver &#224; la compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233; d'affirmer
clairement notre identit&#233; nationale fran&#231;aise afin de favoriser
l'int&#233;gration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le g&#233;nie du fran&#231;ais au Qu&#233;bec, fran&#231;ais qui se particularise en se
nourrissant de terre et de mer, comme dit le po&#232;te, est de conf&#233;rer
naissance et d&#233;ploiement &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise telle qu'elle prend place
dans le pr&#233;sent historique et telle qu'elle veut devenir. C'est le fran&#231;ais
en qui s'est structur&#233; le monde de cette nation, un monde particulier aux
traits europ&#233;ens, am&#233;rindiens, am&#233;ricains ; en qui s'est d&#233;velopp&#233;e sa
culture, &#8212; monde et culture ouverts aux &#233;changes, comme peut le signifier
magnifiquement le grand fleuve qui traverse le territoire &#8212;, en qui
&#233;galement se sont &#233;labor&#233;es les lois et les structures d'un &#201;tat. Une
langue concr&#232;te, une langue parl&#233;e par une nation n'est pas ou bien
identitaire ou bien v&#233;hiculaire. Elle est les deux &#224; la fois et
indissolublement. Introduire cette distinction pour favoriser dans les
faits l'une ou l'autre partie ou pour engendrer des statuts et traitements
diff&#233;rents pour l'une et l'autre est violence inflig&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233;. C'est
pourtant ce que fait le Rapport en instituant le fran&#231;ais comme &#171; cadre de
communication et d'&#233;change &#187; abstrait de l'identit&#233; culturelle, et
fonctionnant ind&#233;pendamment d'elle comme m&#233;canisme neutre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Difficult&#233;s, adversit&#233;s, intemp&#233;ries et turbulences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On dira que cette contre-proposition n'est pas r&#233;aliste. On soutiendra
aussi, pour employer les termes de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;plique&lt;/i&gt;, qu'elle n'est pas
&#171; acceptable au regard du droit, de l'&#233;thique et de nos traditions &#187;.
Effectivement, il y a des difficult&#233;s, tout ne tourne pas rond. Les voies
ne sont pas parfaitement libres. Le ciel n'est pas uniform&#233;ment azur&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, on doit souligner que la contre-proposition pr&#233;sent&#233;e ne veut
pas escamoter le caract&#232;re laborieux, sinueux, voire conflictuel du
d&#233;veloppement de la nation qu&#233;b&#233;coise. Elle ne veut pas non plus laisser
croire que cette nation est en pleine possession d'elle-m&#234;me, parfaitement
achev&#233;e, m&#234;me si elle donne l'impression d'en parler comme d'un voilier s&#251;r
de son gr&#233;ement, vent en poupe et filant sur une onde favorable. Cette
contre-proposition pr&#233;sente plut&#244;t ce qui devrait &#234;tre normalement, ce vers
quoi on devrait tendre. Car il faut prendre acte qu'il y a encore beaucoup
de Qu&#233;b&#233;cois qui ne voient pas la n&#233;cessit&#233; ni l'urgence ni la normalit&#233; de
s'affirmer comme nation souveraine et ind&#233;pendante. Envisag&#233;e dans une
approche d&#233;mocratique, comme c'est ici le cas, une telle affirmation est
pourtant un geste l&#233;gitime, &#233;thique et tout &#224; fait conforme au droit
international. Tant d'autres petits peuples se sont d&#233;clar&#233;s souverains et
ind&#233;pendants depuis quelques d&#233;cennies et ont &#233;t&#233; reconnus comme tels par
les Nations-Unies ! Difficile de comprendre cette h&#233;sitation qu&#233;b&#233;coise. Il
se pourrait peut-&#234;tre que ce soit une attitude conditionn&#233;e par un contexte
structurel prolongeant sous des traits moins abrupts et plus sinueux la
dominance colonisatrice anglaise. On s'est peut-&#234;tre habitu&#233; &#224; un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;modus
vivendi&lt;/i&gt; confortable situ&#233; entre l'indigence morale de la compl&#232;te
soumission et la prise en main responsable d'une libert&#233; nationale adulte.
&#192; cet &#233;gard, juste quelques exemples.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Depuis bient&#244;t trois d&#233;cennies, le Qu&#233;bec accepte de fonctionner &#224;
l'int&#233;rieur d'une Constitution f&#233;d&#233;rale qu'il n'a pourtant pas sign&#233;e et
qui vise l'&#233;touffement de ses pr&#233;tentions identitaires et de ses vell&#233;it&#233;s
souverainistes ou ind&#233;pendantistes. Et cela malgr&#233; les naufrages de deux
tentatives majeures de renouveler le f&#233;d&#233;ralisme &#224; la satisfaction du
Qu&#233;bec. &#201;nigme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Le gouvernement du Qu&#233;bec confie la copr&#233;sidence de la Commission de
consultation sur les pratiques d'accommodement reli&#233;es aux diff&#233;rences
culturelles &#224; deux personnes : l'une repr&#233;sentant la communaut&#233; anglophone
comptant pour 9% de la population, et l'autre repr&#233;sentant le groupe
majoritaire ethnoculturel francophone comptant pour quelque 80% de la
population. Les Qu&#233;b&#233;cois acceptent sans mot dire ce genre d'in&#233;galit&#233;. Ils
semblent habitu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Dans la perspective d'une int&#233;gration normale &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise, il appara&#238;t &#233;trange aux nouveaux arrivants que la communaut&#233;
anglophone poss&#232;de &#224; Montr&#233;al des r&#233;seaux d'&#233;coles et d'h&#244;pitaux
disproportionn&#233;s en importance par rapport &#224; la population repr&#233;sent&#233;e.
Mais le cadre constitutionnel, sanctionnant certains d&#233;veloppements
historiques, le veut ainsi. C'est comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Il appara&#238;t &#233;galement &#233;trange, voire in&#233;quitable aux yeux de plusieurs
francophones que le Gouvernement s'appr&#234;te &#224; construire un grand centre
hospitalier anglophone pareil au CHUM et &#224; c&#244;t&#233; de lui. Mais la population
acceptera que ce doublet s'&#233;rige malgr&#233; l'in&#233;galit&#233; en nombre des citoyens
&#224; desservir. On laissera faire aussi l'int&#233;gration de l'H&#244;pital francophone
de Lachine au r&#233;seau hospitalier anglophone montr&#233;alais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; La population qu&#233;b&#233;coise regimbe quelque peu devant l'anglicisation
progressive de Montr&#233;al, semble aussi s'&#233;mouvoir quelques instants devant
les statistiques montrant le passage des immigrants &#224; l'usage de l'anglais
et la descente de la proportion des Montr&#233;alais de langue maternelle
fran&#231;aise sous la barre des 50%, mais elle semble n&#233;anmoins, foi de
sondages, se satisfaire d'un gouvernement qui n'entreprend rien qui vaille
pour contrer ces tendances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Il s'en trouve pour d&#233;plorer la qualit&#233; de notre parler fran&#231;ais et la
facilit&#233; des francophones &#224; s'accommoder de l'anglais dans la vie publique
et priv&#233;e, mais la population qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise dans son ensemble ne
para&#238;t pas dispos&#233;e &#224; donner les coups de barre politiques qui s'imposent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Les souverainistes et ind&#233;pendantistes peinent &#224; s'entendre entre eux.
Ils s'&#233;parpillent en partis politiques diff&#233;rents et oppos&#233;s. Ce faisant,
ils comblent de bonheur les partis d&#233;fendant un f&#233;d&#233;ralisme d&#233;sint&#233;grateur
des &#233;l&#233;ments identitaires de notre nation, se discr&#233;ditent aupr&#232;s de la
population qui, perplexe, accorde ses faveurs &#224; ceux-l&#224; m&#234;me qui la
maintiennent dans un statut de minoritaire content.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout compte fait, la situation concr&#232;te est loin d'&#234;tre rose. Dans ces
circonstances, la perspective ouverte par la contre-proposition peut
sembler une r&#234;vasserie id&#233;aliste d&#233;sincarn&#233;e. Un voyage en bateau digne
d'une chasse-galerie. Pourtant, on est en manque de r&#234;ve. Car dans son &#233;tat
actuel, la nation qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise offre bien l'image d'un bateau
amarr&#233;, prenant l'eau et coulant sur place. Piteusement. Et en attendant de
dispara&#238;tre compl&#232;tement dans les abysses de l'anonymat, le groupe
majoritaire ethnoculturel d'origine canadienne-fran&#231;aise, pour emprunter le
langage du Rapport, charcut&#233; dans son identit&#233; au profit d'une nation
civique abstraite, se retrouve &#224; n'avoir comme r&#233;alit&#233; nationale que
l'&#233;pinglette-nation vot&#233;e cyniquement par le ratoureux gouvernement Harper.
&#201;pinglette qu'il peut porter, comme &#231;a lui chante, &#224; la boutonni&#232;re de ses
fringues multiculturalistes canadiennes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la nation qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise avait pr&#233;sent&#233; un &#233;tat de sant&#233;
nationale normale et plus alerte, jamais le Rapport Bouchard-Taylor
n'aurait vu le jour. Prendre acte. Maintenant qu'il est l&#224;, laisserons-nous
triompher son interculturalisme d&#233;sint&#233;grateur ? Peut-on esp&#233;rer que les
accents de ferveur et de fiert&#233; c&#233;l&#233;brant la langue fran&#231;ais lors de la
F&#234;te nationale du 400e soient de bon augure pour l'avenir ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fernand Couturier&lt;br&gt;
25 juin 2008&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Le lugubre message du rapport Bouchard-Taylor </title>
		<link>http://www.vigile.net/Contradiction-des-partis</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Contradiction-des-partis</guid>
		<dc:date>2008-06-02T20:03:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fernand Couturier - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


[()


		<description>Ces partis politiques se trouvent &#224; charrier une contradiction interne n&#233;faste. Sous couvert de tol&#233;rance et d'ouverture, acceptant les r&#232;gles de l'interculturalisme sur le terrain de jeu de la nation civique, les partis souverainistes m&#232;nent la cause de la nationalit&#233; qu&#233;b&#233;coise (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans vouloir jouer les devins, j'ai quand m&#234;me l'impression que
l'attention va se d&#233;tourner du rapport Bouchard-Taylor et que la vie va
continuer comme avant. On peut bien tabletter ce document, mais il ne faut
justement pas que la vie continue comme avant. Et voici pourquoi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interculturalisme, position de repli&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec a commenc&#233; de mettre l'emphase sur l'interculturalisme dans les
ann&#233;es 1970 en r&#233;action &#224; la politique trudeauiste du multiculturalisme.
Politique qui r&#233;cusait toute culture nationale pour le Canada et faisait de
ce pays un agglom&#233;rat de groupes culturels de diff&#233;rentes grosseurs et
pouvant entrer en interaction gr&#226;ce au bilinguisme anglais-fran&#231;ais. Mais
le Qu&#233;bec, soucieux d'affirmer et de conserver son identit&#233; fran&#231;aise,
voulut se distinguer de ce mod&#232;le canadien et s'orienta vers la position de
repli appel&#233;e interculturalisme. Un isme contre un autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Vers la nation civique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le fonctionnement m&#234;me de l'interculturalisme, se nourrissant des
diff&#233;rences particuli&#232;res &#224; chacun des groupes ethnoculturels, groupes
mutant avec le temps en communaut&#233;s culturelles, devait entra&#238;ner une
modification de la compr&#233;hension habituelle de la nation. Modification qui
fut une r&#233;duction substantielle. Il fallait en effet que le concept de
nation se d&#233;leste de sa dimension ethnoculturelle et ne retienne que les
&#233;l&#233;ments soi-disant culturellement neutres. Ce qui donna comme r&#233;sultat la
nation civique. Celle-ci int&#232;gre ses membres uniquement par ce qui est de
l'ordre du droit, de la politique et des structures &#233;tatiques. C'est &#224; ce
niveau que se r&#233;alise l'unit&#233; des citoyens. C'est l&#224; le fondement de
l'identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Terrain de jeu de l'interculturalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi la nation civique appara&#238;t-elle comme cette aire, cet espace o&#249; les
diff&#233;rentes communaut&#233;s culturelles peuvent &#233;voluer dans le cadre
particulier de leurs caract&#233;ristiques propres et proc&#233;der &#224; des &#233;changes
culturels entre elles. La nation civique est en quelque sorte le terrain de
jeu n&#233;cessaire &#224; l'interculturalisme. L'ar&#232;ne de son fonctionnement ou de
ses &#233;volutions, de son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Retomb&#233;e dans le multiculturalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais cette plateforme soi-disant culturellement neutre qu'est la nation
civique ram&#232;ne en r&#233;alit&#233; dans le mod&#232;le du multiculturalisme. En effet,
l'unit&#233; ou l'identit&#233; de la nation r&#233;sidant &#224; un niveau de r&#233;alit&#233; se
voulant libre de connotations ethnoculturelles, les communaut&#233;s culturelles
sont alors libres de vivre et de se d&#233;velopper &#224; leur aise dans leurs
propres cadres ethniques. Tout en ayant la droite conscience d'&#234;tre en
r&#232;gle avec les exigences de citoyennet&#233;. Et c'est exactement ce qui d&#233;finit
la soci&#233;t&#233; canadienne multiculturaliste. Mod&#232;le, pourtant, auquel on
voulait &#233;chapper au d&#233;part. Justement parce que ne convenant pas &#224; la
nation qu&#233;b&#233;coise historiquement de langue et de culture fran&#231;aises.
Identit&#233; qu'il s'agissait d'affirmer, de pr&#233;server et de d&#233;velopper.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;De terrain de jeu &#224; champ de bataille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais curieuse ironie du sort, les partis politiques si&#233;geant &#224; Qu&#233;bec et &#224;
Ottawa qui pr&#244;nent la souverainet&#233; et l'ind&#233;pendance de la nation
qu&#233;b&#233;coise, justement pour lui permettre d'assumer politiquement
l'int&#233;gralit&#233; de son identit&#233; culturelle fran&#231;aise, carburent tous &#224;
l'interculturalisme, et proclament tous la nation civique pour se montrer
conciliants et ouverts aux alt&#233;rit&#233;s ethnoculturelles. Ces partis
politiques se trouvent &#224; charrier une contradiction interne n&#233;faste. Sous
couvert de tol&#233;rance et d'ouverture, acceptant les r&#232;gles de
l'interculturalisme sur le terrain de jeu de la nation civique, les partis
souverainistes m&#232;nent la cause de la nationalit&#233; qu&#233;b&#233;coise historiquement
et culturellement fran&#231;aise vers une d&#233;faite certaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car, pour revenir aux formulations et consid&#233;rations du rapport
Bouchard-Taylor, le groupe majoritaire ethnoculturel d'origine
canadienne-fran&#231;aise ne fera pas le poids longtemps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son enfermement dans le cadre multiculturel canadien et anglais, sa condition d'infime minorit&#233;
dans le grand contexte nord-am&#233;ricain anglophone, sa soumission aux
exigences d'une mondialisation marchande anglicisante guid&#233;e par les seules
lois de la productivit&#233; et de la comp&#233;titivit&#233;, tout cela va &#233;roder ses
traits culturels fran&#231;ais et entra&#238;ner une inanition identitaire l&#233;tale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que ne pr&#233;side plus l'appartenance salutaire fond&#233;e sur une histoire
partag&#233;e. Parce que s'amenuise peu &#224; peu mais fatalement l'appartenance &#224;
une nation concr&#232;te, une nation avec toutes ses composantes : langagi&#232;re
fran&#231;aise, culturelle, territoriale, politique et &#233;tatique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pri&#232;re aux partis souverainistes d'entendre le lugubre message du rapport
Bouchard-Taylor : l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise va tomber sur &quot;Les Plaines d'Abraham&quot;
de la nation civique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fernand Couturier&lt;br&gt;
1 juin 2008&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
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	</item>



	<item>
		<title>De la nation &#224; la consommation, l'illusion de la libert&#233;</title>
		<link>http://www.vigile.net/De-la-nation-a-la-consommation-l</link>
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		<dc:date>2008-05-05T13:04:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Lapointe - Billet de Louis Lapointe</dc:creator>
		


[()


		<description>En faisant clairement le choix du pays, le d&#233;bat sur le nationalisme devient d&#232;s lors secondaire, et peut-&#234;tre m&#234;me obsol&#232;te, dans la mesure o&#249; nous aurions alors atteint une certaine maturit&#233; collective. N'ayant plus besoin de nous affirmer, nous serions... Si le nationalisme est un lieu (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'origine, mon article &#171; &lt;a href=&quot;http://vigile.net/Tout-oppose-nationalisme-et&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Tout oppose nationalisme et ind&#233;pendantisme&lt;/a&gt; &#187;
s'appelait &#171; De la paroisse au pays &#187;, un titre emprunt&#233; &#224; Fernand Dumont et
que les &#233;diteurs ont chang&#233;, m&#234;me s'il avait le grand avantage de pr&#233;senter
une vision plus dynamique du pays et moins critique de la nation. La
nation, sans y &#234;tre nomm&#233;e, &#233;tant d'abord per&#231;ue comme le lieu de passage
vers un objectif plus grand, le pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce texte visait essentiellement &#224; contester la th&#232;se de la
&lt;a href=&quot;http://vigile.net/Le-manque-d-epaisseur-de-la-nation&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;d&#233;nationalisation tranquille&lt;/a&gt; de Mathieu Bock-C&#244;t&#233; qui d&#233;crit la nation
ethnique comme une fin en soi. Mon postulat &#233;tant qu'en contexte canadien,
le nationalisme qu&#233;b&#233;cois est st&#233;rile s'il ne vise pas la cr&#233;ation du pays,
un peu comme des racines sans arbre qui pourrissent dans le sol. S'il est
un moyen, il ne peut &#234;tre un objectif, le simple &#233;loge de la nation ayant
le grand d&#233;faut de ne pas faire avancer le d&#233;bat sur le pays, en nous
faisant miroiter l'illusion de la s&#233;curit&#233; que nous procure notre petit
univers juste &#224; nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r, j'ai pris quelques raccourcis, puisque je ne peux nier qu'il
existe &#233;galement un nationalisme civique, mais m&#234;me celui-l&#224; est st&#233;rile
s'il ne conduit pas au pays. Je crois que mon texte &lt;a href=&quot;http://vigile.net/Le-mensonge-des-chartes&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; Le mensonge des
chartes &#187;&lt;/a&gt; expose bien cette urgence de faire l'ind&#233;pendance si nous ne
voulons pas demeurer une minorit&#233; en p&#233;ril. Pour des raisons
essentiellement juridiques et parce qu'elles sont des outils de
normalisation, les chartes ne peuvent tout simplement pas prot&#233;ger ni notre
langue, ni notre nation. Il n'y a pas de majorit&#233; fran&#231;aise en Am&#233;rique parce qu'il n'y a pas de pays pour l'accueillir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec n'est pas une nation, c'est une province du Canada. Dire le
contraire est un mensonge, une absurdit&#233; et une insulte pour
l'intelligence. Pourtant, nos interminables d&#233;bats constitutionnels nous
ont amen&#233;s &#224; croire au fil des ann&#233;es que le Qu&#233;bec &#233;tait une soci&#233;t&#233;
distincte ou peut-&#234;tre m&#234;me une nation au sein du Canada uni sans pour
autant que cela ait un iota de cons&#233;quences juridiques. De faux d&#233;bats
qu'entretiennent &#224; dessein nos &#233;lites politiques et qui ne font qu'ajouter
&#224; la confusion qui r&#232;gne au sujet de l'identit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois, alors qu'il
s'agit d'abord d'une question de souverainet&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La vraie question nationale vise donc moins &#224; savoir si nous sommes des
nationalistes ethniques ou civiques, mais nous incite plut&#244;t &#224; choisir :
accepter notre sort de minorit&#233; au sein du Canada ou fonder un pays o&#249; nous
deviendrons clairement une majorit&#233;. Opposer la vision ethnique &#224; la vision
civique, comme le propose Bock-C&#244;t&#233;, est donc un sophisme dont le premier
r&#233;sultat ne peut &#234;tre que la division. Une division entre ceux qui voient
le Qu&#233;bec comme une soci&#233;t&#233; et ceux qui le per&#231;oivent comme une nation, une
inutile distinction et une source suppl&#233;mentaire de confusion dans le d&#233;bat
national. Tant que les Qu&#233;b&#233;cois n'auront pas accept&#233; leur sort de minorit&#233;
en p&#233;ril, ils n'auront aucun int&#233;r&#234;t &#224; faire l'ind&#233;pendance. On comprend
d&#232;s lors pourquoi cet interminable d&#233;bat sur l'identit&#233; ne conna&#238;t jamais
de conclusion. Il favorise le statu quo.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; cet &#233;gard, les nationalistes souhaitent d'abord s'affirmer comme
majorit&#233; face &#224; une autre majorit&#233;, sans n&#233;cessairement faire de
l'ind&#233;pendance une priorit&#233;. Qu'il soit ethnique ou civique, le
nationalisme entretient donc une ambigu&#239;t&#233; malsaine aupr&#232;s du peuple
lorsqu'on pose la question de l'ind&#233;pendance. Il sugg&#232;re que nous pourrions
choisir entre l'un ou l'autre sans que cela ait des cons&#233;quences sur notre
survie, alors que ces deux nationalismes conduisent tous les deux au m&#234;me
r&#233;sultat : notre lente assimilation et notre in&#233;luctable disparition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En faisant clairement le choix du pays, le d&#233;bat sur le nationalisme
devient d&#232;s lors secondaire, et peut-&#234;tre m&#234;me obsol&#232;te, dans la mesure o&#249;
nous aurions alors atteint une certaine maturit&#233; collective. N'ayant plus
besoin de nous affirmer, nous serions... Si le nationalisme est un lieu de
passage oblig&#233;, il ne peut &#234;tre un port d'attache. Nous ne saurions donc
faire son apologie sans risquer d'y perdre quelques marins indispensables &#224;
la longue travers&#233;e qui m&#232;ne au pays, justement ceux qui languissent dans
les cales de l'ADQ. Nous le voyons bien, d&#233;battre de la nation est une dangereuse diversion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, un des dangers qui nous guette, si nous demeurons une minorit&#233; au sein
d'un Canada uni, est qu'en continuant de croire que nous sommes une nation
majoritaire, nous interpr&#233;tions les ph&#233;nom&#232;nes d'effritement de notre
soci&#233;t&#233;, de notre langue et de notre &#233;conomie comme normaux en contexte
mondial, alors que dans le cas sp&#233;cifique du Qu&#233;bec, ces ph&#233;nom&#232;nes sont
exacerb&#233;s par l'insidieux colonialisme canadien. Un discours soutenu avec
vigueur par des m&#233;dias comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; qui encourage la normalisation de la
soci&#233;t&#233;, le bilinguisme et d&#233;localisation de nos principaux leviers
&#233;conomiques sous pr&#233;texte de la mondialisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un autre grand danger qui nous guette, c'est cet individualisme nourri par
un capitalisme qui procure &#224; l'individu un faux sentiment de s&#233;curit&#233;,
celui o&#249; le citoyen est remplac&#233; par le consommateur. L'argent achetant
tout, les Qu&#233;b&#233;cois seraient libres, dans l'absolu, de tout consommer : la
sant&#233; publique ou priv&#233;e, l'&#233;cole publique ou priv&#233;e, la religion, le
fran&#231;ais, l'anglais, le nationalisme, le f&#233;d&#233;ralisme ou l'ind&#233;pendantisme.
Une vision que d&#233;fendent avec acharnement plusieurs groupes d'intellectuels
de droite comme le CIRANO et l' IEDM, Joseph Facal &#233;tant le plus flamboyant
porte-&#233;tendard de ce courant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette illusion de libert&#233; individuelle que procure notre pouvoir d'achat
sans fin, soutenu par de nombreuses sources de cr&#233;dits, ferait alors
&#233;clater d&#233;finitivement les liens qui nous unissent comme minorit&#233; nationale
et plus largement comme soci&#233;t&#233;. Gr&#226;ce &#224; cette libert&#233; individuelle de
consommer des id&#233;es, de la culture et des aspirations, comme on consomme des
bo&#238;tes de conserve ou des t&#233;l&#233;viseurs, nous deviendrions alors l&#233;gers,
d&#233;pouill&#233;s du poids de l'h&#233;ritage et des r&#234;ves de nos anc&#234;tres, l'argent
devenant alors la seule source de libert&#233;, car il peut tout payer, m&#234;me
l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une telle perspective, l'ind&#233;pendance ne serait plus une urgence ou
un enjeu collectif, mais bien le r&#233;sultat d'un choix individuel comme peut
l'&#234;tre tout autre objet de consommation que nous serions libres de
consommer. Un peu comme Sisyphe, nous pousserions alors notre pierre sans
rel&#226;che, sachant qu'une fois au sommet, elle roulerait invariablement vers
le bas. Nous serions libres d'accomplir une d&#233;marche dont la libert&#233; ne
serait jamais le r&#233;sultat, l'ind&#233;pendance devenant une gymnastique
individuelle &#224; laquelle seuls les initi&#233;s se livreraient, &#224; l'image de ceux
qui pratiquent le ta&#239;-chi ou le yoga.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#202;tre ind&#233;pendantiste serait alors un luxe bien &#224; nous, comme d'autres
s'ach&#232;tent des billets &#224; 200$ pour aller voir le Canadien jouer au centre
Bell, pouvant m&#234;me nous payer occasionnellement quelques bains de foule
pour f&#234;ter nos victoires morales de plus en plus rares, sachant que le
lendemain nous aurions le loisir de gagner l'argent n&#233;cessaire pour nous
payer quelques plaisirs &#233;ph&#233;m&#232;res afin de noyer nos peines de patriotes
d&#233;chus : cin&#233;ma, th&#233;&#226;tre, jeux vid&#233;o et peut-&#234;tre m&#234;me des vacances dans le
sud.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme le dirait certainement Christiane Charrette - cette grande pr&#234;tresse
du relativisme radio canadien - &#224; sa cour o&#249; foisonnent de nombreux ducs et
duchesses de toute all&#233;geance : vous avez le droit d'&#234;tre ind&#233;pendantistes
&#224; la condition de respecter le droit des autres d'&#234;tre f&#233;d&#233;ralistes et cela
sans dire de gros mots ! Ainsi, nos &#233;lites culturelles et intellectuelles
pourraient demeurer ind&#233;finiment dans le meilleur pays au monde et
continuer de recevoir leurs g&#233;n&#233;reux cachets pour d&#233;battre poliment et en
fran&#231;ais de notre avenir comme on parle du dernier film.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Gr&#226;ce au relativisme des chartes, nous serions alors pass&#233;s de la nation &#224;
la consommation, vivant d&#233;sormais dans le meilleur des mondes. Un univers
o&#249; nous serions enfin majoritaires, &#233;tant tous devenus des consommateurs !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Louis Lapointe&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Brossard&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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]

		

	</item>



	<item>
		<title>15 ans d'espoir, 25 ans de d&#233;rive</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/04/25/commentaires/0804250635468.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.ledevoir.com/2008/04/25/commentaires/0804250635468.html</guid>
		<dc:date>2008-04-25T14:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jacques No&#235;l - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Hier encore, un Qu&#233;b&#233;cois c'&#233;tait nous autres. Les Tremblay du Saguenay et les Lavoie de Ste-Foy, les Dumont de Rosemont et les Landry de Gasp&#233;sie. C'&#233;tait le &quot;viens icite chose&quot; sous la Tour Effel et le &quot;ayoye tab...&quot; sur un tesson de bouteille &#224; Acapulco. C'&#233;tait nous avec (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Hier encore, un Qu&#233;b&#233;cois c'&#233;tait nous autres. Les Tremblay du Saguenay et les Lavoie de Ste-Foy, les Dumont de Rosemont et les Landry de Gasp&#233;sie. C'&#233;tait le &quot;viens icite chose&quot; sous la Tour Effel et le &quot;ayoye tab...&quot; sur un tesson de bouteille &#224; Acapulco. C'&#233;tait nous avec nos grandeurs et nos mis&#232;res, notre naturel (...) - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2008/04/25/commentaires/0804250635468.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Nous et eux</title>
		<link>http://www.cyberpresse.ca/article/20080414/CPOPINIONS03/804140645/6742/CPOPINIONS</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.cyberpresse.ca/article/20080414/CPOPINIONS03/804140645/6742/CPOPINIONS</guid>
		<dc:date>2008-04-14T14:38:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Mario Roy - &#201;ditorial - La Presse</dc:creator>
		


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		<description>L'appartenance ethnique a jou&#233; au si&#232;cle dernier un r&#244;le plus grand que celui qui lui est en g&#233;n&#233;ral attribu&#233;. Et, tout comme l'appartenance religieuse, elle sera un moteur d&#233;terminant de la g&#233;opolitique au cours du si&#232;cle qui vient de d&#233;buter. L'&#233;crivain et homme politique (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;L'appartenance ethnique a jou&#233; au si&#232;cle dernier un r&#244;le plus grand que celui qui lui est en g&#233;n&#233;ral attribu&#233;. Et, tout comme l'appartenance religieuse, elle sera un moteur d&#233;terminant de la g&#233;opolitique au cours du si&#232;cle qui vient de d&#233;buter. L'&#233;crivain et homme politique Andr&#233; Malraux parlait d'un XXIe si&#232;cle &#171; (...) - &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080414/CPOPINIONS03/804140645/6742/CPOPINIONS"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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]

		

	</item>



	<item>
		<title>Il n'y a que deux conditions gagnantes : d&#233;battre collectivement et voter majoritairement</title>
		<link>http://www.vigile.net/Il-n-y-a-que-deux-conditions</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Il-n-y-a-que-deux-conditions</guid>
		<dc:date>2008-03-10T15:41:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Lapointe - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Pour cette raison, nous n'avons surtout pas besoin du dangereux exemple du Kosovo, du vote sur la reconnaissance de la Nation qu&#233;b&#233;coise et de la Cour Supr&#234;me pour conqu&#233;rir notre propre ind&#233;pendance. Nous avons juste besoin d'une majorit&#233; absolue de votes &#224; l'occasion (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un r&#233;cent texte publi&#233; dans le Devoir du 6 mars, s'appuyant sur une
d&#233;cision de la Cour Supr&#234;me du Canada, Louis Bernard nous entretenait au
sujet de &lt;a href=&quot;http://vigile.net/La-vraie-lecon-du-Kosovo&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; La vraie le&#231;on du Kosovo &#187;&lt;/a&gt; que le Qu&#233;bec devrait retenir. Une
comparaison dangereuse et un pari risqu&#233;, compte tenu de la feuille de
route de la Cour Supr&#234;me en mati&#232;re de droit constitutionnel. Subordonner
l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec &#224; une reconnaissance de l'ONU et d'autres pays sur
la base de l'obligation ou du refus du Canada de n&#233;gocier de bonne foi avec
le Qu&#233;bec, tel que reconnu par la Cour Supr&#234;me du Canada, est une question
secondaire qui risque davantage de m&#234;ler les cartes et de jeter la
confusion que de faire avancer le d&#233;bat sur l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Cela
me fait un peu penser &#224; ce fameux budget de l'an 1 de Jacques Parizeau qui
a fait mordre la poussi&#232;re au PQ en 1973. L'accession &#224; l'ind&#233;pendance
rel&#232;ve d'abord de la souverainet&#233; du peuple et de ses institutions &#233;lues
d&#233;mocratiquement. Pour que ce soit clair, la population doit d'abord &#234;tre
convaincue que cette d&#233;cision ne peut &#234;tre que la sienne. &#192; ce titre,
l&#8216;exemple du Kosovo n'a rien de tr&#232;s limpide, il est plut&#244;t source de
confusion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, citer le cas du Kosovo &#224; tout vent risque davantage d'&#234;tre porteur
d'insoup&#231;onn&#233;s effets papillon ou boomerangs par ceux qui l'invoquent
imprudemment et ce cas ne peut surtout pas &#234;tre r&#233;duit &#224; ce qu'il n'est
pas. En fait, lorsqu'on parle de l'ind&#233;pendance du Kosovo, c'est de
partition ethnique dont on discute, cela ne saurait donc servir de mod&#232;le
pour le projet ind&#233;pendantiste des Qu&#233;b&#233;cois qui est civique. Le Qu&#233;bec
s'est d&#233;j&#224; vu amputer d'une partie de son territoire par le pass&#233;, plus
pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'occasion de l'entr&#233;e de Terre-Neuve dans la Conf&#233;d&#233;ration
canadienne, sans qu'il n'ait eu un seul mot &#224; dire ; nous nous souvenons
tous du Labrador. Il ne faudrait tout de m&#234;me pas, en plus, emmener l'eau
au moulin des nombreux partitionnistes de l'ouest du Qu&#233;bec et de Montr&#233;al
en sugg&#233;rant qu'on peut partitionner le Canada sur la base du mod&#232;le
ethnique du Kosovo. Ce serait comme ouvrir nous-m&#234;mes la porte &#224; la
partition du Qu&#233;bec sans qu'on nous l'ait demand&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand on a v&#233;cu l'exp&#233;rience de la nuit des longs couteaux et qu'on sait
que la Cour Supr&#234;me n'applique jamais la r&#232;gle de droit en mati&#232;re
constitutionnelle, mais invente constamment de nouvelles th&#233;ories
constitutionnelles pour renforcer le Canada et le centraliser au nom de la
th&#233;orie de la &#171; Nation Building &#187; &#224; l'encontre du Qu&#233;bec, en particulier
depuis l'abolition de tout recours au Conseil priv&#233; de Londres, il est pour
le moins irresponsable de r&#233;f&#233;rer aux d&#233;cisions de cette cour pour
justifier une d&#233;marche ind&#233;pendantiste, sachant que nous aurons toujours
tort devant cette cour, les d&#233;s &#233;tant d&#233;j&#224; pip&#233;s par sa nature m&#234;me et le
mode de nomination des juges qui y si&#232;gent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#232;gle de la centralisation constitutionnelle est une r&#232;gle que suit et
applique invariablement la majorit&#233; des juges de la Cour Supr&#234;me lorsque
vient le moment de d&#233;cider de questions portant sur le partage des pouvoirs
entre les provinces et le gouvernement f&#233;d&#233;ral. Dans une telle perspective,
si nous utilisons le pr&#233;c&#233;dent du Kosovo et la d&#233;cision de la Cour Supr&#234;me
sur la s&#233;cession pour justifier notre d&#233;marche ind&#233;pendantiste, c'est que
nous acceptons d'embl&#233;e que l'on puisse se soumettre aux dictats des juges
de cette cour ; c'est que nous acceptons qu'elle puisse d&#233;cider de la
partition du territoire du Qu&#233;bec sur une base ethnique alors que le projet
qu&#233;b&#233;cois est avant tout civique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette attitude de la part d'ind&#233;pendantistes convaincus est pour le moins
suicidaire, puisqu'elle conc&#232;de &#224; la Cour Supr&#234;me la l&#233;gitimit&#233; n&#233;cessaire
pour nous imposer sa propre vision du Canada en utilisant le vote sur
reconnaissance de la nation Qu&#233;b&#233;coise par le Parlement f&#233;d&#233;ral qui avait
d&#233;j&#224; une forte saveur ethnique et l'exemple du Kosovo comme pr&#233;textes pour
reconna&#238;tre le principe que l'on puisse morceler un territoire sur une base
ethnique. En invoquant le Kosovo, on souffle d'avance &#224; l'oreille des juges
les motifs de leur d&#233;cision.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La s&#233;paration du Qu&#233;bec de la Conf&#233;d&#233;ration canadienne ne peut &#234;tre
d&#233;cid&#233;e que par un vote majoritaire des citoyens du Qu&#233;bec et de
l'Assembl&#233;e Nationale. Oublions le Kosovo ! L'accession &#224; l'ind&#233;pendance
est l'expression ultime de la souverainet&#233; du peuple par le peuple et ses
institutions &#233;lues d&#233;mocratiquement, elle n'a pas &#224; &#234;tre soumise aux
dictats des juges nomm&#233;s par un premier ministre lui-m&#234;me nomm&#233; par un
repr&#233;sentant de la Reine. Comme si ceux qui se nomment entre eux &#224;
l'int&#233;rieur d'un petit club herm&#233;tique avaient un droit de veto sur
l'expression d&#233;mocratique et majoritaire du peuple. Nous devons nous
souvenir que le Canada est d'abord une monarchie constitutionnelle avant
d'&#234;tre une Conf&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour cette raison, nous n'avons surtout pas besoin du dangereux exemple du
Kosovo, du vote sur la reconnaissance de la Nation qu&#233;b&#233;coise et de la Cour
Supr&#234;me pour conqu&#233;rir notre propre ind&#233;pendance. Nous avons juste besoin
d'une majorit&#233; absolue de votes &#224; l'occasion d'une &#233;lection ou d'un
r&#233;f&#233;rendum pour enclencher le processus d'accession &#224; l'ind&#233;pendance par
l'Assembl&#233;e nationale pour quitter la monarchie constitutionnelle du
Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais auparavant, il faudra d'abord parler de ce projet &#224; nos concitoyens,
en discuter, ne pas avoir peur de le d&#233;fendre, car qui sinon nous,
ind&#233;pendantistes, pouvons porter ce projet. Il faut abandonner cette langue
de bois qui ridiculise notre projet au lieu de le faire avancer. &#192; force
d'inventer des stratag&#232;mes, des expressions tordues, nous donnons
l'impression &#224; nos compatriotes qui ne partagent pas totalement notre point
de vue, que nous souhaitons les rouler dans la farine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre projet n'a pas chang&#233;, il est toujours le m&#234;me, celui de se donner
un pays. Il est l&#233;gitime. Pour qu'il soit mieux compris, nous devons juste
le pr&#233;ciser davantage, pas le noyer dans une mer de conversations
nationales. Pour qu'il r&#233;ussisse, il doit &#234;tre soumis &#224; une consultation
populaire, pas &#224; une succession de gestes de souverainet&#233; qui risquent de
semer la confusion sur ce qu'est la vraie nature de l'ind&#233;pendance. En un
mot, il faut fuir le terrain de l'ambigu&#239;t&#233;. Et pour que cela advienne, il
ne faut que deux conditions : en parler ouvertement et se d&#233;cider
majoritairement. Si nous votons sans en parler, nous ne pouvons esp&#233;rer une
plus grande adh&#233;sion &#224; notre projet de pays et si nous en parlons sans
voter sur cette question, toutes nos conversations demeureront vaines et
inutiles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous n'avons pas besoin de la d&#233;cision des tribunaux, pas plus que de la
le&#231;on des autres, m&#234;me si nous admirons leur courage, pour d&#233;cider de ce
qui rel&#232;ve d'abord de notre propre souverainet&#233; collective. Parler de
l'ind&#233;pendance et voter majoritairement en sa faveur, c'est de cette fa&#231;on
que s'exprimera et s'affirmera notre souverainet&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour cette raison, il ne peut y avoir que deux conditions gagnantes :
d&#233;battre et voter. Toute notre action doit donc porter sur ces deux ultimes
gestes de souverainet&#233;, tout le reste n'est que palabres et diversions,
conversations et gestes sans cons&#233;quence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Louis Lapointe&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Brossard&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le Qu&#233;bec : une nation vuln&#233;rable dans un monde instable</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Quebec-une-nation-vulnerable</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-Quebec-une-nation-vulnerable</guid>
		<dc:date>2008-02-19T14:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		
		


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		<description></description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La m&#233;canique &#233;lectorale bourr&#233;e de &#171; si &#187; que &lt;a href=&quot;http://vigile.net/Pour-un-pacte-electoral&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;propose M. Gilbert Paquette&lt;/a&gt;
n'est rien d'autre qu'une variante &#233;sot&#233;rique de la cage &#224; homard de
Jacques Parizeau. &#192; la question : &#171; Quel est le chemin vers
l'ind&#233;pendance ? &#187; il faut r&#233;pondre : &#171; Le chemin de la rigueur et du respect
de la population &#187;. Voici pourquoi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec : une nation vuln&#233;rable dans un monde instable&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s 30 ans de d&#233;bats sur la souverainet&#233;, 18 ans de pouvoir pour les
souverainistes et 2 r&#233;f&#233;rendums, le Qu&#233;bec n'a jamais &#233;t&#233; aussi mal pr&#233;par&#233;
pour faire la souverainet&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;tat :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La dette &#224; $120 milliards est tr&#232;s &#233;lev&#233;e et elle augmente, les finances
publiques en d&#233;ficit de $5 milliards, le syst&#232;me de sant&#233; est encore tr&#232;s
malade, les services sociaux sont d&#233;bord&#233;s surtout la DPJ et les CHSLD, le
syst&#232;me d'&#233;ducation est en d&#233;sarroi et les enseignants &#233;puis&#233;s, le syst&#232;me
routier est d&#233;labr&#233;, la pauvret&#233; et l'itin&#233;rance s'aggravent, les
universit&#233;s sont sous-financ&#233;es et elles se complaisent &#224; patauger dans le
b&#233;ton au lieu de rehausser la qualit&#233; de la formation, la fonction publique
est toujours aussi ob&#232;se et inefficace et enfin le parlement se compose
d'improvisateurs m&#233;diocres (gouvernement et opposition) sans vision, sans
volont&#233; politique et sans une perception claire des enjeux politiques,
&#233;conomiques, sociaux et environnementaux r&#233;sultant de la mondialisation, du
r&#233;chauffement de la plan&#232;te et du vieillissement de la population. De
v&#233;ritables dinosaures politiques et &#233;conomiques. Le programme de r&#233;fection
routier de la Ministre Julie Boulet qui favorise l'automobile &#224; Montr&#233;al en
est un exemple patent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;conomie :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'industrie manufacturi&#232;re, l'a&#233;ronautique et les services informatiques
sont d&#233;port&#233;s en Asie et au Mexique, l'industrie foresti&#232;re n'est plus
comp&#233;titive apr&#232;s avoir dilapid&#233; nos ressources (nous payons pour donner
notre bois), les scieries et les usines de p&#226;te et papier ferment.
L'industrie de la p&#234;che est en sursis en raison de l'&#233;puisement des stocks
de poisson et l'agriculture est d&#233;pass&#233;e et de moins en moins comp&#233;titive
malgr&#233; les millions de l'&#233;tat. Incapable de s'adapter au d&#233;veloppement
durable, le milieu des affaires est d&#233;pass&#233; et il continue de proposer des
projets non prioritaires, polluants, mal pr&#233;par&#233;s et parasites de fonds
publics. Les syndicats sont fonctionnaris&#233;s &#224; l'os et fig&#233;s comme des
chevreuils surpris par les phares de la mondialisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La population :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;pargne personnelle est &#224; un bas niveau record et l'endettement
personnel est au maximum, les emplois pr&#233;caires augmentent au d&#233;triment des
emplois permanents, le stress professionnel et la course au standing de vie
entra&#238;nent l'&#233;puisement, la d&#233;pression, le burnout, les probl&#232;mes affectifs
et scolaires des enfants. Le manque de temps et le cynisme politique ont eu
pour effet de d&#233;politiser la population, une population ignorante des
enjeux politiques, &#233;conomiques, sociaux et environnementaux r&#233;sultant de la
mondialisation, du r&#233;chauffement de la plan&#232;te et du vieillissement de la
population. Le vote des jeunes est au plus bas. La manifestation monstre &#224;
Qu&#233;bec pour Jeff Fillion et le peu de mobilisation contre le projet Rabaska
et la poursuite abusive contre l'AQLPA, montre combien la population est
ignorante des enjeux importants. L'absence de mobilisation et de solidarit&#233;
des fermiers de la Gasp&#233;sie et du Bas St-Laurent bern&#233; par l'industrie
&#233;olienne de l'Ontario est un autre exemple d'une population ignorante,
na&#239;ve et tr&#232;s vuln&#233;rable. Enfin la commission Bouchard-Taylor &#224; montr&#233; que
les Qu&#233;b&#233;cois sont incapable de se tenir debout. Ils s'aplatissent devant
des demandes d'accommodements religieux d&#233;raisonnables et ils ne d&#233;fendent
pas leur langue en pr&#233;sence d'un unilingue anglophone.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mouvement souverainiste :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour b&#226;tir leur cr&#233;dibilit&#233; et se gagner la confiance de la population
qu&#233;b&#233;coise, les souverainistes se devaient de d&#233;montrer une capacit&#233; &#224;
gouverner sup&#233;rieure &#224; celle du Parti Lib&#233;ral du Qu&#233;bec. Malheureusement
les souverainistes ont toujours affich&#233;e une attitude de braillards contre
Ottawa au lieu de se comporter comme des esprits ind&#233;pendants capable de
r&#233;gler les probl&#232;mes relevant de leurs comp&#233;tences et pr&#233;parer avec rigueur
la souverainet&#233;. Ils n'ont pas su r&#233;gler les grands probl&#232;mes de l'&#233;tat
Qu&#233;b&#233;cois soit les finances publiques, la sant&#233;, l'&#233;ducation et
l'entretien des routes. Ces probl&#232;mes se pointaient d&#233;j&#224; au d&#233;but des
ann&#233;es 1980. Au lieu de commencer &#224; les r&#233;soudre, ils ont accumul&#233;s les
d&#233;ficits, gonfl&#233; la dette publique et nous ont servi la valse des ministres
de l'&#233;ducation tous aussi impuissants les uns que les autres &#224; r&#233;former le
syst&#232;me et &#224; r&#233;duire l'&#233;norme bureaucratique de ce minist&#232;re. Finalement
ils ont bousill&#233; le syst&#232;me de sant&#233; en favorisant la retraite anticip&#233;e de
trop de m&#233;decins et d'infirmi&#232;res au lieu de d&#233;manteler la monstrueuse
bureaucratie du minist&#232;re de la sant&#233; qui compte toujours plus de
fonctionnaires que de soignants. Dans leur dernier mandat les
souverainistes ont laiss&#233; faire les aventuriers de la Caisse de D&#233;p&#244;t qui
ont risqu&#233;s et perdus plus de dix milliards de l'argent de nos fonds de
pension dans l'aventure Vid&#233;otron et dans l'effondrement des titres
technologiques en bourse. Malgr&#233; les nombreux avertissements de Stephen
Jarislowsky dans les mois pr&#233;c&#233;dents, Bernard Landry n'a rien fait. Il y a
eu aussi les $500 millions de fonds publics gaspill&#233;s dans la moribonde
Soci&#233;t&#233; Nationale des Chevaux de Course (SONACC), la faillite de M&#233;taforia
($25 millions) et l'horrible cafouillage de la Gasp&#233;sia ($100 millions).
Depuis sa d&#233;faite 2003, le PQ patauge dans l'id&#233;ologie entre la vision
radicale du SPQ libre et celle de centre-droite d'Andr&#233; Boisclair et de
Pauline Marois. Le PQ &#224; aussi perdu une partie de son membership de la
gauche &#224; la faveur de Qu&#233;bec Solidaire. &#192; part les r&#233;f&#233;rendums poker, un
projet de constitution de colonis&#233; ou une citoyennet&#233; de Monopoly, rien de
nouveau et de stimulant n'&#233;mane du PQ depuis le programme irr&#233;aliste et
th&#233;orique de juin 2005. L'argumentaire souverainiste est compl&#232;tement
p&#233;rim&#233; et d&#233;sorient&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ind&#233;pendance d'esprit d'abord :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pitoyables ces souverainistes pendus aux l&#232;vres de Stephen Harper
attendant qu'il prononce le mot nation. M&#233;diocres ces souverainistes qui
passent d'un pr&#233;texte &#224; l'autre pour justifier l'accession du Qu&#233;bec &#224; la
souverainet&#233;. Apr&#232;s le fran&#231;ais, ce fut l'empi&#232;tement du f&#233;d&#233;ral et le
d&#233;s&#233;quilibre fiscal, maintenant c'est l'&#233;ducation et l'environnement. Qui
veut faire l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec avec ces handicap&#233;s de l'autonomie
intellectuelle qui ne peuvent agir sans s'appuyer sur une b&#233;quille ? Le jour
ou les leaders souverainistes s'affranchiront des pr&#233;textes b&#233;quilles, du
braillage contre Ottawa et du chantage des multinationales
(emplois-fermetures), la population reconna&#238;tra la force de leur
ind&#233;pendance d'esprit et pourra commencer l'affranchissement de sa propre
d&#233;pendance. Tous comprendront alors que la souverainet&#233; c'est tout
simplement d'&#234;tres ma&#238;tres chez nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La souverainet&#233; ne solutionnera rien :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;sum&#233; le Qu&#233;bec n'a jamais &#233;t&#233; aussi mal pr&#233;par&#233; &#224; faire la
souverainet&#233; parce que l'&#233;tat est d&#233;sorganis&#233; et sans vision, son &#233;conomie
n'est pas favorable, la population n'est pas pr&#234;te et le mouvement
souverainiste est d&#233;motiv&#233;, d&#233;mobilis&#233;, d&#233;solidaris&#233;, d&#233;sorganis&#233; et son
argumentaire est p&#233;rim&#233;. Il serait irresponsable pour le PQ de continuer &#224;
vouloir faire basculer le Qu&#233;bec dans le vide sans parachute. Avec une
performance plut&#244;t m&#233;diocre et des d&#233;clarations aberrantes depuis son
entr&#233;e &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, Pauline Marois n'est vraiment pas la
personne de la situation. Elle n'a pas l'audace et l'ind&#233;pendance d'esprit
d'un vrai chef souverainiste. Malgr&#233; les quelques secteurs d'exception o&#249;
c'a va bien, globalement le Qu&#233;bec est dans un &#233;tat de fragilit&#233; et de
pr&#233;carit&#233; inqui&#233;tants. Dans ces conditions, l'aventure de la souverainet&#233;
serait suicidaire. Les soubresauts de l'apr&#232;s ind&#233;pendance de Mme Marois
deviendraient des secousses de 7.5 &#224; l'&#233;chelle de Richter. Face &#224; ce
constat alarmant, les Qu&#233;b&#233;cois doivent absolument mettre la souverainet&#233;
en veilleuse tant et aussi longtemps qu'ils ne pourront compter sur un
mouvement souverainiste uni, form&#233; de gens responsables et comp&#233;tents,
capable de repr&#233;parer avec rigueur l'&#233;tat, l'&#233;conomie et la population en
vue de l'accession &#224; l'ind&#233;pendance politique du Qu&#233;bec. Tout comme on se
met en forme pour faire du sport et pas le contraire, le Qu&#233;bec doit se
remettre en forme pour faire la souverainet&#233;. La pr&#233;tention du contraire
par le PQ est une d&#233;sinformation aux cons&#233;quences graves et p&#233;nibles pour
la population.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rester vigilants et s'adapter au plus vite :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'intervalle les Qu&#233;b&#233;cois doivent demeurer vigilants pour rappeler
leur gouvernement &#224; l'ordre d'un d&#233;veloppement &#233;conomique qui soit
&#233;cologique et durable. Vigilants pour contrer les d&#233;tournement de fonds
publics vers les multinationales multimilliardaire, Les Qu&#233;b&#233;cois doivent
aussi demeurer vigilants pour forcer le milieu des affaires &#224; devenir plus
comp&#233;titif face &#224; l'ouverture des march&#233;s et &#224; &#233;laborer des projets de
d&#233;veloppements qui soient socialement, &#233;cologiquement et &#233;conomiquement viables et utiles &#224; la soci&#233;t&#233;. Des projets financ&#233;s par le priv&#233; pour
&#233;viter d'endetter inutilement les g&#233;n&#233;rations futures. Les Qu&#233;b&#233;cois se
doivent enfin de supporter les partis aux niveaux f&#233;d&#233;ral et provincial
dont la vision politique correspond exactement &#224; ce que le Qu&#233;bec a besoin
pour s'adapter &#224; la mondialisation et aux changements climatiques. Des
partis nouveaux avec de nouvelles id&#233;es pour remplacer les vieux partis
d&#233;suets contr&#244;l&#233;s par les int&#233;r&#234;ts du capitalisme sauvage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Albert Bertrand BSpEP&lt;br&gt;
Mont St-Hilaire, Qc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Deux voies pour le mouvement national</title>
		<link>http://www.vigile.net/Deux-voies-pour-le-mouvement</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Deux-voies-pour-le-mouvement</guid>
		<dc:date>2008-02-03T14:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Pierre Dubuc - L'Aut'Journal - www.lautjournal.info</dc:creator>
		


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		<description>Quel est l'&#233;tat du nationalisme ? Quel est l'&#233;tat du mouvement national ? Constatons d'abord un tournant majeur avec le retour attendu du &#171; Nous &#187;. Cependant, comme toujours avec la question nationale, rien ne sera simple. En fait, le virage repr&#233;sente un d&#233;fi (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quel est l'&#233;tat du nationalisme ? Quel est l'&#233;tat du mouvement national ? Constatons d'abord un tournant majeur avec le retour attendu du &#171; Nous &#187;. Cependant, comme toujours avec la question nationale, rien ne sera simple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_1543 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:199px;'&gt;
&lt;img src='http://vigile.net/IMG/jpg_3-bock-cote.jpg' width=&quot;199&quot; height=&quot;134&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;En fait, le virage repr&#233;sente un d&#233;fi extraordinairement important pour les forces progressistes, car la droite, pouss&#233;e par l'air du temps, est en train de s'y engouffrer all&#232;grement comme en t&#233;moigne l'accueil que certains milieux nationalistes r&#233;servent &#224; la publication de La d&#233;nationalisation tranquille de Mathieu Bock-C&#244;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un coup fatal port&#233; au nationalisme civique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;chec retentissant lors du dernier scrutin du Parti Qu&#233;b&#233;cois d'Andr&#233; Boisclair et les succ&#232;s de l'Action d&#233;mocratique de Mario Dumont ont port&#233; un coup fatal aux partisans du nationalisme civique et ont contribu&#233; &#224; la r&#233;habilitation d'un nationalisme retrouvant ses racines linguistique, culturelle et nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme civique incarnait la r&#233;action d'un important courant nationaliste &#224; la d&#233;claration de Jacques Parizeau le soir du r&#233;f&#233;rendum sur les &#171; votes ethniques &#187; et aux propos de Yves Michaud devant la Commission Larose sur le vote ethnique de la communaut&#233; juive.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les promoteurs du nationalisme civique ont pr&#233;sent&#233; leurs conceptions dans un manifeste paru dans Le Devoir du 9 janvier 2001, sign&#233; par quinze personnes, se pr&#233;sentant comme des jeunes de moins de 35 ans rassembl&#233;s autour d'Andr&#233; Boisclair, et endoss&#233; une semaine plus tard par plus de mille personnes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Intitul&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vigile.net/Pour-en-finir-avec-l-affaire&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Pour en finir avec l'affaire Michaud&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#8211; Le temps est venu de remettre en question le nationalisme canadien-fran&#231;ais, les signataires, se pr&#233;sentant comme des &#171; modernistes &#187;, opposaient &#224; la nation &#171; ethnique &#187; ce qu'ils appelaient &#171; la nation politique anim&#233;e par l'id&#233;e que la nation est fond&#233;e sur l'association d&#233;mocratique des citoyens dans un &#201;tat donn&#233; &#187;. Ce nationalisme &#171; nouveau &#187;, rapidement qualifi&#233; par les m&#233;dias de &#171; nationalisme civique et inclusif &#187; reposait, &#233;crivait-on, sur &#171; la volont&#233; des individus de la collectivit&#233; plut&#244;t que sur les d&#233;terminants ethniques &#187; et nous permettait &#171; de ne plus &#234;tre prisonniers de la question identitaire &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une telle approche, qui s'appuyait, selon les signataires du manifeste, avant tout sur &#171; la Charte des droits et libert&#233;s de la personne &#187; du Qu&#233;bec, permettait un &#171; dialogue ouvert &#187; de tous les citoyens, &#171; peu importe leur origine &#187;. On pourrait ainsi, affirmait-on, &#171; d&#233;ethniser &#187; le d&#233;bat, et mettre de c&#244;t&#233; &#171; l'attitude de victime et chasser l'intol&#233;rance &#187; envers les autres Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques mois plus tard, les m&#234;mes concepts se retrouvaient dans les rapports pr&#233;liminaire et final de la Commission Larose. Les commissaires nous invitaient &#171; &#224; rompre d&#233;finitivement avec l'approche historique canadienne qui divise l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise suivant une ligne ethnique : la canadienne-fran&#231;aise et la canadienne-anglaise &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons &#233;t&#233; parmi les premiers &#224; critiquer cette approche. D'abord dans un texte paru imm&#233;diatement apr&#232;s le Manifeste des &#171; civiques &#187; et intitul&#233; &#171; &lt;a href=&quot;http://vigile.net/archives/ds-michaud/docs/01-2-12-dubuc.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le nationalisme civique, cheval de Troie de la mondialisation&lt;/a&gt; &#187;. Le texte a &#233;t&#233; reproduit dans le tome 2 des Grands textes ind&#233;pendantistes. (Typo 2004).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1542 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:134px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://vigile.net/archives/ds-langue/index-larose.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://vigile.net/IMG/jpg_3-larose.jpg' width=&quot;134&quot; height=&quot;229&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Puis, nous avons &#224; nouveau abord&#233; le sujet dans &lt;a href=&quot;http://vigile.net/archives/ds-langue/index-larose.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Larose n'est pas Larousse&lt;/a&gt; (&#201;ditions Trois-Pistoles, 2002), un recueil d'articles consacr&#233;s &#224; la critique de la Commission Larose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, nous sommes revenu sur la question de fa&#231;on beaucoup plus &#233;labor&#233;e dans &lt;a href=&quot;http://vigile.net/Sans-nous-qui-est-Quebecois&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; Sans nous qui est Qu&#233;b&#233;cois ?&lt;/a&gt; &#187;, un dossier paru dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Apostrophe&lt;/i&gt; (automne 2002), la revue de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'aut'journal&lt;/i&gt;. Nous avons poursuivi cette critique lors de la course &#224; la chefferie du Parti Qu&#233;b&#233;cois o&#249; nous avons &#233;t&#233; candidat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une critique commune du nationalisme civique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_1544 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:130px;'&gt;
&lt;img src='http://vigile.net/IMG/jpg_3-denationalisation.jpg' width=&quot;130&quot; height=&quot;198&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;Cependant, notre critique du &#171; nationalisme civique &#187; est tomb&#233; un peu &#224; plat parce qu'elle allait &#224; contre-courant des id&#233;es dominantes &#224; ce moment-l&#224; dans le mouvement nationaliste et dans la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral. La d&#233;route &#233;lectorale des partisans du nationalisme civique avec Andr&#233; Boisclair &#224; leur t&#234;te allait compl&#232;tement chambouler le paysage politique et l'ouvrage de Mathieu Bock-C&#244;t&#233; a l'avantage de para&#238;tre au bon moment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous partageons l'essentiel des critiques du nationalisme civique qu'on retrouve dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;nationalisation tranquille&lt;/i&gt;. La critique du &#171; chartisme &#187;, de l'approche habermassienne, du multiculturalisme, nous l'avions d&#233;j&#224; formul&#233;e dans les ouvrages pr&#233;cit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son livre, Mathieu Bock-C&#244;t&#233; cite d'ailleurs en l'endossant notre d&#233;finition de la nation qu&#233;b&#233;coise, c'est-&#224;-dire &#171; une communaut&#233; historiquement constitu&#233;e, puisant ses origines en Nouvelle-France et ayant assimil&#233; au cours des si&#232;cles des gens de diff&#233;rentes origines. Une nation, &#233;crivions-nous, n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne &#233;ph&#233;m&#232;re, mais bien le r&#233;sultat de relations durables et r&#233;guli&#232;res r&#233;sultant d'une vie commune de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes &#233;galement d'accord avec Mathieu Bock-C&#244;t&#233; pour voir dans la floraison des recherches en sciences sociales sur les &#171; identit&#233;s &#187; (femmes, jeunes, gays et lesbiennes, minorit&#233;s ethniques) et leur transposition au plan politique, avec l'utilisation des chartes des droits, une offensive contre le concept de nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais il n'y a pas que le concept de nation qui s'est retrouv&#233; dans l'angle de tir des chartistes dans cette &#171; cultural war &#187;. Le concept de classe sociale et plus particuli&#232;rement celui de classe ouvri&#232;re a &#233;galement fait l'objet de leurs feux crois&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mathieu Bock-C&#244;t&#233; n'est pas sans le savoir. Il cite Marc Crapez qui note que &#171; les recherches d'histoire sociale portant sur le mouvement ouvrier se sont d'ailleurs brutalement taries au profit de th&#232;ses centr&#233;es sur des probl&#232;mes d'exclusion ou de d&#233;viance &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais Bock-C&#244;t&#233; s'empresse de l'ignorer. Plus encore, il cherche &#224; attribuer &#224; la gauche cette n&#233;gation de la question nationale. Cela n'est pas fait sans arri&#232;re-pens&#233;e. En fait, Mathieu Bock-C&#244;t&#233; se sert de sa critique du nationalisme civique pour introduire ses conceptions, son programme et sa strat&#233;gie de droite. C'est l&#224; que nos points de vue divergent fondamentalement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une association erron&#233;e : nationalisme civique et social-d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mathieu Bock-C&#244;t&#233; essaie d'associer le nationalisme civique &#224; la gauche. Que des auteurs de la gauche &#171; post-marxiste &#187; comme &#201;tienne Balibar ou anti-marxiste comme Alain Touraine se soient faits les promoteurs de conceptions anti-nationales et anti-classe ouvri&#232;re est bien connu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que Bock-C&#244;t&#233;, s'appuyant sur des auteurs comme John Fonte, r&#233;duise le &#171; sch&#232;me marxiste fondamental &#187; &#224; de simples rapports de domination entre groupes dominants et groupes domin&#233;s est une pure mystification qui ne fait qu'illustrer leur compr&#233;hension caricaturale du marxisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec ces tours de passe-passe, Mathieu Bock-C&#244;t&#233; essaie de peindre Andr&#233; Boisclair comme un chef de fil du progressisme. La mati&#232;re sur laquelle s'appuyer est mince et Bock-C&#244;t&#233; ne peut que citer la d&#233;claration paniqu&#233;e de fin de campagne de Boisclair dans laquelle il appelait &#171; les progressistes, les f&#233;ministes, les &#233;cologistes et les altermondialistes &#187; &#224; rejoindre le Parti Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mathieu Bock-C&#244;t&#233; est mieux inspir&#233; quand il trouve une affiliation entre Boisclair et Anthony Giddens, le politicologue attitr&#233; du Parti travailliste anglais de Tony Blair, qui &#171; posait la question de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise sur le mode d'une alternative : le cosmopolitisme progressiste ou le nationalisme de fermeture &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le blairisme n'est pas la gauche. Au contraire, la gauche p&#233;quiste, regroup&#233;e dans le club politique Syndicalistes et progressistes pour un Qu&#233;bec libre (SPQ Libre), s'en est pris vertement &#224; Boisclair pour ses tentatives de provoquer, comme Tony Blair l'a fait dans le Parti travailliste, une crise et une rupture avec le mouvement syndical.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le SPQ Libre est mont&#233; aux barricades lorsque Boisclair a exprim&#233; son intention, s'il acc&#233;dait au pouvoir, de &#171; soulager le capital &#187; et de &#171; mettre fin aux d&#238;ners bien arros&#233;s avec les chefs syndicaux &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le v&#233;ritable programme de Boisclair a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;, au lendemain de l'&#233;lection, par son principal conseiller dans un article du magazine &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'actualit&#233;&lt;/i&gt;. Dans ses &lt;a href=&quot;http://vigile.net/15-idees-pour-un-Quebec-fort&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; 15 propositions pour un Qu&#233;bec fort &#187;&lt;/a&gt;, Daniel Audet proposait rien de moins que la privatisation d'Hydro-Qu&#233;bec, l'&#233;limination de la fiscalit&#233; des entreprises, la l&#233;galisation de l'assurance priv&#233;e en sant&#233; et la fin de la s&#233;curit&#233; d'emploi dans la fonction publique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est peut-&#234;tre l&#224; un programme acceptable pour ceux qui s'inspirent du &#171; New Labour &#187;, mais s&#251;rement pas pour la gauche qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est cependant ind&#233;niable qu'une certaine &#171; nouvelle gauche &#187;, qualifi&#233;e en France de &#171; gauche-caviar &#187;, s'est employ&#233;e au cours des derni&#232;res d&#233;cennies &#224; transformer les lignes de d&#233;marcations traditionnelles entre la gauche et la droite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#202;tre de gauche n'&#233;tait plus s'identifier au mouvement ouvrier, mais soutenir les droits des minorit&#233;s identitaires en s'appuyant sur les chartes des droits. C'est ainsi que la richissime et anti-syndicaliste Belinda Stronach est pr&#233;sent&#233;e par les m&#233;dias comme &#233;tant &#171; de gauche &#187; parce qu'elle appuie les mariages gays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les conceptions chartistes de cette &#171; nouvelle gauche &#187; servent &#224; merveille les vis&#233;es de Mathieu Bock-C&#244;t&#233;. Elles lui permettent de charger &#224; fond contre la gauche et promouvoir ses conceptions de droite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il se sent tout &#224; fait autoriser &#224; s'appuyer sur des auteurs de droite comme Louis Pauwels &#8211; &#171; l'esprit social a fini par d&#233;vorer l'esprit national &#187; &#8211; et Samuel P. Huntington, l'auteur du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Choc des civilisations&lt;/i&gt; et de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Who are We ?&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une conception &#233;troite du nationalisme qu&#233;b&#233;cois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bock-C&#244;t&#233; cherche &#224; associer chartisme et social-d&#233;mocratie, &#224; jumeler les valeurs progressistes du peuple qu&#233;b&#233;cois au nationalisme civique. &#171; &#192; l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise, on a substitu&#233; les &#8220; valeurs qu&#233;b&#233;coises &#8221; &#187;, &#233;crit-il avec d&#233;rision et il proclame que &#171; l'alliage du nationalisme et du conservatisme est un des plus solides partout en Occident, le Qu&#233;bec n'&#233;tant pas ici appel&#233; &#224; faire exception &#187;. (&lt;a href=&quot;http://vigile.net/Pour-sortir-du-coma-ideologique&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Pour sortir du coma id&#233;ologique. Trois constats sur le d&#233;clin du souverainisme progressiste&lt;/a&gt;, Le Devoir, 4 avril 2007).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son biais id&#233;ologique est manifeste lorsqu'il revisite la R&#233;volution tranquille, qu'il qualifie pourtant d'acte fondateur du nationalisme moderne. Il ne retient de la R&#233;volution tranquille que les lois linguistiques et l'importance du r&#244;le de l'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rien sur les l&#233;gislations favorisant la syndicalisation massive, imposant la s&#233;curit&#233;-sant&#233; au travail, emp&#234;chant l'utilisation de briseurs de gr&#232;ve. Rien sur les dizaines de lois progressistes qui ont ralli&#233; le mouvement ouvrier et populaire &#224; la cause ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mathieu Bock-C&#244;t&#233; r&#233;sume l'inspiration de la R&#233;volution tranquille aux travaux de Maurice S&#233;guin et aux autres historiens de l'&#201;cole de Montr&#233;al. Il ne mentionne que du bout des l&#232;vres l'influence du mouvement des droits civiques des Noirs am&#233;ricains et du mouvement de d&#233;colonisation qui balayait alors le monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce sont pourtant ces deux mouvement qui ont r&#233;g&#233;n&#233;r&#233; le vieux mouvement nationaliste qu&#233;b&#233;cois. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;N&#232;gres blancs d'Am&#233;rique&lt;/i&gt; de Pierre Valli&#232;res a inspir&#233; toute une g&#233;n&#233;ration de militants parce qu'il traduisait la prise de conscience de son statut d'exploit&#233; d'un peuple prol&#233;taire &#8211; d'une &#171; classe-ethnie &#187; comme l'appelait Marcel Rioux &#8211; qui vivait dans un pays o&#249; tous les dirigeants du contrema&#238;tre en montant &#233;taient anglophones.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bock-C&#244;t&#233; semble ignorer que le livre d'Andr&#233; D'Allemagne, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le colonialisme au Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, a servi de fondement id&#233;ologique au RIN. La biographie de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vigile.net/Pierre-Bourgault-homme-de-theatre&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Pierre Bourgault&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; par Jean-Fran&#231;ois Nadeau en t&#233;moigne &#233;loquemment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous aimerions &#233;galement faire remarquer &#224; Mathieu Bock-C&#244;t&#233; que le &#171; Vive le Qu&#233;bec libre &#187; de son h&#233;ros, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, est issu du m&#234;me mouvement de lib&#233;ration nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De Gaulle a lib&#233;r&#233; avec les forces alli&#233;es la France de l'occupation fasciste et a compris le sens du mouvement mondial de son &#233;poque en accordant l'ind&#233;pendance &#224; l'Alg&#233;rie et aux colonies fran&#231;aises d'Afrique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dant son voyage au Qu&#233;bec, il avait effectu&#233; une tourn&#233;e triomphale des principaux pays d'Am&#233;rique latine en attisant le sentiment d'affranchissement &#224; l'&#233;gard de la domination am&#233;ricaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Petite nation d'un point de vue d&#233;mographique, le Qu&#233;bec subit toujours l'influence des grands courants id&#233;ologiques et politiques mondiaux. La R&#233;volution tranquille en est un exemple patent, tout comme le mouvement des Patriotes de 1837-1838 qui s'inscrivait dans le grand courant des ind&#233;pendances nationales qui touchait l'Am&#233;rique latine et l'Europe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que le Qu&#233;bec ne soit pas aujourd'hui &#224; l'abri des bourrasques du conservatisme dominant en Am&#233;rique du Nord ne doit pas nous surprendre. Mais ce serait une erreur impardonnable que d'y voir un atout pour notre mouvement de lib&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'identit&#233; de &#171; classe &#187; attaqu&#233;e comme l'identit&#233; nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;volution tranquille a d&#233;barrass&#233; le Qu&#233;bec de ses vieilles structures religieuses d'inspiration f&#233;odales et l'a dot&#233; d'un &#201;tat moderne. La R&#233;volution tranquille est le triomphe, plus d'un si&#232;cle plus tard, du mouvement des Patriotes. C'est notre 1789, notre r&#233;volution d&#233;mocratique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, c'est une r&#233;volution incompl&#232;te, parce qu'elle n'a pas r&#233;ussi &#224; affranchir le Qu&#233;bec de la tutelle de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral. Cette t&#226;che reste &#224; accomplir et sa r&#233;alisation viendrait bouleverser, avec le d&#233;mant&#232;lement d'un pays du G-8, les structures d'oppression dominantes en Am&#233;rique du Nord et serait une source d'inspiration pour les peuples opprim&#233;s du continent et d'ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;volution tranquille n'aurait pas eu lieu sans l'appui militant du mouvement ouvrier et il en ira de m&#234;me de la conqu&#234;te de l'ind&#233;pendance nationale du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pour cette raison que le mouvement ouvrier et syndical est la cible de pr&#233;dilection des f&#233;d&#233;ralistes. Il est la cible d'attaques frontales comme les politiques, les d&#233;crets et les lois sp&#233;ciales du gouvernement Charest, mais aussi de coups plus vicieux qui visent &#224; miner son moral, &#224; attaquer son &#171; identit&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La campagne de d&#233;moralisation n'est pas particuli&#232;re au Qu&#233;bec. Elle est mondiale. Elle s'appuie sur la dissolution de l'Union sovi&#233;tique que les capitalistes ont c&#233;l&#233;br&#233; comme une victoire d&#233;cisive et sans appel sur l'ensemble du mouvement ouvrier international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'&#233;tait la &#171; fin de l'Histoire &#187; ont proclam&#233; ses id&#233;ologues. D&#233;sormais, le socialisme est discart&#233;, peu importe sa coloration. La social-d&#233;mocratie n'est tol&#233;r&#233;e que sous la forme de variantes du &#171; New Labour &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme dans le cas du concept de nation, les id&#233;ologues des sciences sociales ont consacr&#233; beaucoup d'argent et d'efforts &#224; d&#233;construire le concept de classe sociale. La classe ouvri&#232;re est dissoute &#224; un pole dans sa fonction consommatrice &#8211; les classes moyennes &#8211; et, &#224; l'autre, dans l'exclusion, la marginalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le plus ironique est que cette disparition annonc&#233;e de la classe ouvri&#232;re survient au moment o&#249; elle n'a jamais &#233;t&#233; aussi importante num&#233;riquement &#224; l'&#233;chelle du monde, avec l'industrialisation de la Chine, de l'Inde, du Br&#233;sil et de nombreux autres pays dits &#171; &#233;mergents &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux &#201;tats-Unis, la classe ouvri&#232;re se retrouve aujourd'hui en grande partie disloqu&#233;e avec la d&#233;localisation des entreprises dans les &#201;tats aux l&#233;gislations anti-syndicales du sud ou dans d'autres pays, avec la g&#233;n&#233;ralisation de la sous-traitance et le recours syst&#233;matique aux agences de placement. En trente ans, le taux de syndicalisation a chut&#233; de plus de moiti&#233;, passant de plus de 30% &#224; moins de 12%.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si le Qu&#233;bec a pu pr&#233;server un taux de syndicalisation de pr&#232;s de 40%, c'est d&#251; en grande partie &#224; l'importance du secteur public, fortement syndiqu&#233;. C'est l&#224; une particularit&#233; nationale qui devrait r&#233;jouir tous ceux qui, comme Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, d&#233;fendent la singularit&#233; du destin national qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet h&#233;ritage de la R&#233;volution tranquille est aujourd'hui menac&#233;, bien entendu par l'arsenal des l&#233;gislations anti-syndicales, mais plus tra&#238;treusement par la pr&#233;carisation du travail. Plus de 30% de la main-d'&#339;uvre occupe des emplois atypiques, qui &#233;chappent en grande partie aux efforts de syndicalisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;chec de la gauche altermondialiste face &#224; la question nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au plan politique, la mondialisation s'est attaqu&#233;e aux fondements m&#234;mes des concepts de nation et de classe sociale avec la &#171; R&#233;volution des droits &#187; et son corollaire le triomphe de l'individualisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malheureusement, il faut reconna&#238;tre que la gauche n'a pas &#233;t&#233; &#224; la hauteur du d&#233;fi pos&#233; par la mondialisation. Le triomphe en apparence sans partage de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain au lendemain de la chute du mur de Berlin a vu r&#233;appara&#238;tre les vieilles th&#233;ories du super-imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; un monde en apparence totalement domin&#233; par les &#201;tats-Unis, la gauche a voulu opposer un &#171; autre monde &#187; tout aussi global. &#192; cet imp&#233;rialisme unique, on ne pouvait, croyait-on, qu'opposer une &#171; r&#233;volution mondiale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'appellation &#171; altermondialiste &#187; l'illustre bien. Elle a d&#233;log&#233; le terme &#171; internationaliste &#187; dans le discours de la gauche, &#233;vacuant sans qu'on y prenne garde le concept de nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne, comme en t&#233;moigne le parcours &#224; ce titre exemplaire du plus important mouvement de revendications de la fin du XXe si&#232;cle, le mouvement des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s la Marche du pain et des roses de 1994, ses dirigeantes ont propos&#233; rien de moins qu'une &#171; marche mondiale &#187; des femmes plut&#244;t que d'inscrire leur mouvement dans le cadre national qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s ce tour de piste international, elles ont &#233;t&#233; contraintes de revenir au cadre national d'abord avec Option citoyenne &#8211; et plus tard Qu&#233;bec solidaire &#8211; mais non sans avoir dispers&#233; dans l'aventure &#171; mondiale &#187; une grande partie de son momentum.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le reclassement des mouvements altermondialistes dans des cadres nationaux n'est pas particulier au Qu&#233;bec. Il r&#233;sulte de la prise de conscience du cul-de-sac de la d&#233;marche de la &#171; r&#233;volution mondiale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en bonne partie la cons&#233;quence de l'&#233;clatement de la th&#233;orie du super-imp&#233;rialisme. Avec la mont&#233;e en puissance de la Chine, de la Russie, de l'Inde et de plusieurs autres pays, l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine est aujourd'hui contest&#233;e sur la sc&#232;ne mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;veloppement des luttes d'&#233;mancipation des pays d'Am&#233;rique latine face au g&#233;ant am&#233;ricain a aussi offert une nouvelle perspective &#224; la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, malgr&#233; son insertion r&#233;cente dans le cadre politique qu&#233;b&#233;cois avec Qu&#233;bec solidaire, le mouvement altermondialiste est encore marqu&#233; par l'id&#233;ologie chartiste, sa base sociale &#233;tant en grande partie constitu&#233;e de groupes identitaires (femmes, gays et lesbiennes, exclus, etc) &#224; la p&#233;riph&#233;rie du mouvement ouvrier proprement dit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours sous l'emprise de l'id&#233;ologie chartiste, le potentiel politique et mobilisateur de la question nationale leur &#233;chappe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;bat sur les valeurs qu&#233;b&#233;coises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mathieu Bock-C&#244;t&#233; oppose les valeurs progressistes au projet national qu&#233;b&#233;cois. Il a tort. Elles sont la chair sur le squelette. Alors que le projet politique des altermondialistes est sans squelette, Bock-C&#244;t&#233; ne consid&#232;re que le squelette.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, le formidable potentiel de mobilisation que repr&#233;sente la cause environnementale se dissipera dans la stratosph&#232;re s'il ne se structure pas autour de la question nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Parti Qu&#233;b&#233;cois a amorc&#233; une r&#233;flexion essentielle en proposant la r&#233;duction de notre d&#233;pendance aux produits p&#233;troliers. Le d&#233;veloppement logique de cette analyse conduit &#224; la mise en &#339;uvre d'un vaste projet de construction de syst&#232;mes de transport en commun urbains et interurbains mus &#224; l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec son riche potentiel hydro-&#233;lectrique et &#233;olien, sa production d'aluminium, son expertise en mati&#232;re de mat&#233;riel roulant, le Qu&#233;bec pourrait &#233;tendre sur l'ensemble de son territoire une vaste toile de lignes de communication et r&#233;animer ses r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques dont certaines sont pr&#233;sentement aux soins palliatifs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nationalisation de l'&#233;olien &#8211; vot&#233; aux deux tiers par un Conseil national du Parti Qu&#233;b&#233;cois mais reni&#233; le jour m&#234;me par le &#171; progressiste &#187; Andr&#233; Boisclair &#8211; pourrait r&#233;actualiser la campagne &#171; Ma&#238;tres chez nous &#187; qui a men&#233; la nationalisation de l'&#233;lectricit&#233; et a donn&#233; son &#233;lan au mouvement souverainiste des ann&#233;es 1960-1970.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pacifisme est une autre valeur progressiste qu&#233;b&#233;coise qui peut servir de levier important &#224; la cause nationale, particuli&#232;rement dans le contexte de la guerre en Afghanistan o&#249; le Canada risque de s'embourber pour de longues ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-il besoin de rappeler que lors de la crise de la conscription en 1917, le d&#233;put&#233; J.N. Francoeur d&#233;posa &#224; l'Assembl&#233;e l&#233;gislative du Qu&#233;bec une motion qui stipulait que le &#171; Qu&#233;bec serait dispos&#233; &#224; accepter la rupture du pacte f&#233;d&#233;ratif de 1867 &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'opposition &#224; la guerre en Irak avait cr&#233;&#233; des conditions extr&#234;mement favorables &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec si le Canada &#233;tait entr&#233; en guerre aux c&#244;t&#233;s des &#201;tats-unis, avec des manifestations de centaines de milliers de personnes o&#249; fraternisaient des Qu&#233;b&#233;coises et des Qu&#233;b&#233;coises de toutes origines ethniques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne semblable, quoique de moins grande ampleur, est survenu lors de la guerre du Liban &#224; l'&#233;t&#233; 2006. Que ce soit imm&#233;diatement apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements que les m&#233;dias aient mont&#233; en &#233;pingle la question des &#171; accommodements raisonnables &#187; avec pour r&#233;sultat d'attiser les antagonismes entre la communaut&#233; musulmane et les Qu&#233;b&#233;cois de souche n'est sans doute pas le fruit du hasard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est pas que Mathieu Bock-C&#244;t&#233; sous-estime le pacifisme du peuple qu&#233;b&#233;cois. Il le m&#233;prise. Il consid&#232;re qu'il &#171; s'est m&#233;tamorphos&#233; au cours de l'histoire &#187; et il le qualifie d'&#171; isolationnisme ne consid&#233;rant plus la politique &#233;trang&#232;re que du point de vue de l'humanitarisme onusien &#187;. Une position partag&#233;e par Andr&#233; Pratte, l'&#233;ditorialiste en chef de La Presse (L'isolationnisme qu&#233;b&#233;cois, La Presse, 23 juin 2007).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'un f&#233;d&#233;raliste comme Andr&#233; Pratte souhaite que le peuple qu&#233;b&#233;cois appuie la politique pro-am&#233;ricaine du gouvernement Harper est compr&#233;hensible. Mais qu'est-ce qu'un ind&#233;pendantiste compte en tirer ? Un appui am&#233;ricain &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les partisans du libre-&#233;change fondaient de pareils espoirs. Mais le pr&#233;sident Clinton est venu remettre les pendules &#224; l'heure dans un c&#233;l&#232;bre discours en faveur de l'unit&#233; canadienne quelques jours avant le r&#233;f&#233;rendum de 1995.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question du pacifisme d&#233;montre que les &#171; valeurs progressistes qu&#233;b&#233;coises &#187; n'indiff&#232;rent pas Bock-C&#244;t&#233;. Il s'y oppose carr&#233;ment. Pour Bock-C&#244;t&#233;, les succ&#232;s &#233;lectoraux de Stephen Harper sont la preuve qu'une &#171; portion significative de notre soci&#233;t&#233; ne souscrit aucunement aux &#8220; valeurs qu&#233;b&#233;coises &#8221; que son &#233;lite a voulu lui faire accepter de force &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s avoir senti &#171; une sympathie des classes moyennes pour le discours des Lucides &#187; et un &#171; d&#233;sir latent d'un retour aux affaires publiques de Lucien Bouchard &#187; &#8211; deux affirmations contredites par les sondages &#8211; Bock-C&#244;t&#233; d&#233;cr&#232;te qu'il existe au Qu&#233;bec &#171; une majorit&#233; de sens commun qui pr&#233;f&#232;re la loi et l'ordre &#224; la complaisance envers les d&#233;linquants, qui ne se glorifie pas de ses imp&#244;ts &#233;lev&#233;s, qui ne tol&#232;re plus l'h&#233;g&#233;monie sur l'&#233;cole d'un p&#233;dagogisme d&#233;bilitant, qui ne supporte pas le ralliement de l'intelligentsia &#224; la vulgate altermondiale-&#233;cologiste, qui croit n&#233;cessaire de restaurer le m&#233;rite individuel contre la syst&#233;matisation d'une culture de l'irresponsabilit&#233; et surtout qui se d&#233;sole de la faible repr&#233;sentation d'un certain bon sens dans le discours public. &#187; (&lt;a href=&quot;http://vigile.net/Harper-guide-pour-les&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Harper, un guide pour les souverainistes ?&lt;/a&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 28 d&#233;cembre 2006).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224;, ma foi, tout un programme politique ! Bock-C&#244;t&#233; le compl&#232;tera quelques mois plus tard en pr&#244;nant que le nationalisme se d&#233;prenne de son &#171; cul-de-sac progressiste &#187; en teintant de &#171; son essentielle couleur des questions comme la natalit&#233;, la famille, l'&#233;cole, le multiculturalisme et l'immigration &#187; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La religion, composante essentielle de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un contexte mondial o&#249; la lutte pour le socialisme a &#233;t&#233; d&#233;class&#233;e par suite de l'effondrement du bloc sovi&#233;tique, l'opposition &#224; la mondialisation a pris la forme dans plusieurs pays du fondamentalisme religieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'imp&#233;rialisme, on n'oppose plus la promesse d'un monde socialiste, mais un retour en arri&#232;re au f&#233;odalisme. La roue de l'Histoire fait marche arri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son c&#233;l&#232;bre livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Choc des civilisations&lt;/i&gt;, l'am&#233;ricain Samuel P. Huntington a avanc&#233; l'id&#233;e que &#8211; l'opposition entre le socialisme et le capitalisme ayant disparu avec la victoire de ce dernier &#8211; le monde serait d&#233;sormais r&#233;gi par des guerres de religion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La droite religieuse am&#233;ricaine au pouvoir &#224; Washington avec le pr&#233;sident Bush s'est empar&#233;e avec enthousiasme de cette id&#233;e pour justifier au lendemain du 11 septembre une croisade contre &#171; l'islamo-fascisme &#187;, l&#233;gitimant par le fait m&#234;me le caract&#232;re religieux de l'opposition &#224; l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Samuel P. Huntington a publi&#233; quelques ann&#233;es plus tard un autre volume (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Who Are We ? The Challenges to America's National Identity&lt;/i&gt;) dont on retrouve l'influence dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La D&#233;nationalisation tranquille&lt;/i&gt; de Mathieu Bock-C&#244;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce livre, Huntington critique le cosmopolitisme de l'&#233;lite am&#233;ricaine, le &#171; nationalisme civique &#187; bas&#233; sur la Constitution et le Bill of Rights ; il s'en prend &#224; l'&#339;uvre de d&#233;construction de la nation men&#233;e par les mouvements identitaires (raciaux, ethniques et de genre) et la nouvelle immigration hispanique qui ne se fond pas dans le melting-pot am&#233;ricain comme les immigrations pass&#233;es. Huntington pr&#244;ne le r&#233;tablissement de l'identit&#233; am&#233;ricaine avec &#8211; &#244; surprise &#8211; la religion comme &#233;l&#233;ment central.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La D&#233;nationalisation tranquille&lt;/i&gt; et ses autres textes port&#233;s &#224; notre connaissance, nous n'avons pas not&#233; de prises de position de Mathieu Bock-C&#244;t&#233; pla&#231;ant la religion au c&#339;ur de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais toutes les valeurs qu'il pr&#244;ne sont les valeurs de la droite religieuse am&#233;ricaine et canadienne-anglaise. Si Bock-C&#244;t&#233; n'a pas franchi ce pas de r&#233;tablir la religion au c&#339;ur de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise, d'autres l'ont fait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un texte intitul&#233; &lt;a href=&quot;http://vigile.net/Au-nom-des-incommodes&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; Au nom des incommod&#233;s &#187;&lt;/a&gt; qu'il a fait para&#238;tre sur le site Internet du magazine &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'actualit&#233;&lt;/i&gt;, Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e &#233;crit que &#171; La religion, c'est le c&#339;ur de l'affaire au Qu&#233;bec, comme sur la plan&#232;te en 2007 &#187;. Il pr&#233;cise que &#171; la majorit&#233; franco-qu&#233;b&#233;coise doit donc r&#233;affirmer ses rep&#232;res et en &#233;tablir la pr&#233;dominance sur ces trois plans : l'histoire, la langue et la religion &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'extraordinaire recul historique qu'il nous invite &#224; faire en proposant la religion comme &#171; point de rep&#232;re &#187; de notre identit&#233; est une n&#233;gation de la R&#233;volution tranquille, du &#171; Nous &#187; la&#239;que du manifeste Option-Qu&#233;bec de Ren&#233; L&#233;vesque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est l'exclusion de la nation qu&#233;b&#233;coise de tous ces immigrants, ces &#171; enfants de la loi 101 &#187; qui, bien que n'&#233;tant pas de foi chr&#233;tienne, s'int&#232;grent &#224; la majorit&#233; francophone. C'est mettre la table pour un affrontement majeur avec certaines populations issues de l'immigration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plut&#244;t que se d&#233;finir mutuellement par nos croyances religieux comme nous y invite Lis&#233;e, il faudrait en revenir le plus rapidement possible au principe de nationalit&#233;. Plut&#244;t que de qualifier de musulmans les immigrants originaires des pays arabes, comme cela semble &#234;tre devenu la norme, il faudrait plut&#244;t utiliser comme d&#233;nomination leur nationalit&#233; d'origine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'av&#232;nement des nationalit&#233;s a marqu&#233; un progr&#232;s consid&#233;rable dans l'histoire de l'Humanit&#233;. Au moment o&#249; la mondialisation varlope, efface, dissout les nationalit&#233;s, ce serait une honte que de participer &#224; cette trag&#233;die en banalisant les identit&#233;s nationales au profit des identit&#233;s religieuses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De toute &#233;vidence, un courant de droite est en train de se structurer au sein du mouvement national qu&#233;b&#233;cois &#224; la faveur du d&#233;bat sur l'identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusqu'ici le Qu&#233;bec a &#233;chapp&#233; au d&#233;ferlement de la droite religieuse qui domine la politique am&#233;ricaine et s'est install&#233; au pouvoir &#224; Ottawa avec le gouvernement Harper.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des forces puissantes sont &#224; l'oeuvre pour mettre fin, comme le r&#233;clame Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, &#224; cette situation d'un &#171; Qu&#233;bec qui serait &#8220; &#224; gauche &#8221; alors que le Canada serait &#8220; &#224; droite &#8221; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que certains voient dans cette adh&#233;sion du Qu&#233;bec aux valeurs de la droite religieuse canadienne-anglaise et am&#233;ricaine un pr&#233;requis pour l'av&#232;nement de l'ind&#233;pendance nationale a de quoi &#233;tonner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au moment o&#249; le gouvernement Harper reconna&#238;t la &#171; nation qu&#233;b&#233;coise dans un Canada uni &#187;, le retour au vieux nationalisme des ann&#233;es ant&#233;rieures &#224; la R&#233;volution tranquille ne peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une promesse de rupture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pour une perspective internationaliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela nous conduit &#224; un dernier commentaire sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;nationalisation tranquille&lt;/i&gt;. Dans sa critique fort pertinente dans son ensemble des positions de G&#233;rard Bouchard, Mathieu Bock-C&#244;t&#233; marche &#224; l'occasion dans les traces de &lt;a href=&quot;http://vigile.net/archives/ds-souv/docs3/02-6-1-cornellier-americanite.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Joseph Yvon Th&#233;riault&lt;/a&gt;, l'auteur de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Critique de l'am&#233;ricanit&#233;&lt;/i&gt; (Qu&#233;bec Am&#233;rique).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; notre avis, l'erreur de G&#233;rard Bouchard n'est pas de souligner l'am&#233;ricanit&#233; de la nation qu&#233;b&#233;coise, mais de vouloir la pr&#233;senter comme une nation &#171; normale &#187;, semblable aux autres nations &#171; normales &#187; du continent, marginalisant sa singularit&#233; de nation opprim&#233;e, priv&#233;e d'ind&#233;pendance nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le dessein de Joseph Yvon Th&#233;riault par sa critique de l'am&#233;ricanit&#233; est de r&#233;int&#233;grer la nation qu&#233;b&#233;coise dans le Canada fran&#231;ais. En termes politiques, cela signifie dans la &#171; nation qu&#233;b&#233;coise dans un Canada uni &#187; de Stephen Harper.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, notre histoire nous apprend que les moments les plus forts de notre lutte de lib&#233;ration sont survenus lorsque nous nous inscrivions dans les grands mouvements d'&#233;mancipation ayant cours dans les Am&#233;riques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;volution cubaine et le mouvement des droits civiques des Noirs am&#233;ricains ont inspir&#233; les forces responsables de la R&#233;volution tranquille. Papineau et les Patriotes se r&#233;clamaient de la R&#233;volution am&#233;ricaine et du mouvement des ind&#233;pendances des pays latino-am&#233;ricains.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, plut&#244;t que de se r&#233;clamer de Samuel P. Huntington et de la droite religieuse nord-am&#233;ricaine, nous devrions suivre de pr&#232;s le mouvement d'&#233;mancipation en cours en Am&#233;rique latine, ainsi que le mouvement hispanophone dans le sud des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Premier Mai 2006, des centaines de milliers d'hispanophones ont men&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et manifest&#233; dans les rues des principales villes du sud-ouest am&#233;ricain pour protester contre les politiques d'immigration de l'administration Bush.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce mouvement dans lequel s'entrem&#234;laient les organisations nationalistes et syndicales pour une action commune n'&#233;tait pas sans rappeler les grandes actions syndicales et sociales des ann&#233;es 1970 au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'ailleurs, des commentateurs comme Samuel P. Huntington n'ont pas manqu&#233; de tirer la sonnette d'alarme en agitant le spectre d'un &#171; Qu&#233;bec hispanophone &#187; dans le sud des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soulignant l'importance d&#233;mographique de la population hispanophone dans les &#201;tats du sud-ouest, Huntington s'est inqui&#233;t&#233; que &#171; l'immigration mexicaine ne m&#232;ne actuellement &#224; une reconquista d&#233;mographique de territoires que les Am&#233;ricains avaient enlev&#233;s au Mexique par la force et ne conduise &#224; leur mexicanisation. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces d&#233;veloppements politiques devraient &#234;tre une source de r&#233;jouissances pour le mouvement souverainiste qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au plan linguistique, il faut d&#233;sormais cesser de consid&#233;rer les &#201;tats-Unis comme un bloc monolithique anglophone et saluer la pr&#233;sence d'une imposante minorit&#233; hispanophone qui r&#233;siste comme nous &#224; l'anglicisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au plan politique, on ne peut exclure l'exacerbation des contradictions nationales au sein m&#234;me des &#201;tats-Unis avec la pr&#233;sence de ce &#171; Qu&#233;bec hispanophone &#187; de la reconquista. C'est un secret de polichinelle qu'une des raisons de l'opposition de Washington &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec est l'exemple que cela pourrait constituer pour les &#201;tats du sud-ouest o&#249; la population hispanophone sera bient&#244;t majoritaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au terme de sa vie, le chef patriote Louis-Joseph Papineau entrevoyait la m&#233;tamorphose de la nationalit&#233; qu&#233;b&#233;coise en une identit&#233; continentale. Une nouvelle identit&#233; qui ne s'appuierait plus sur la nationalit&#233; ali&#233;nante issue de l'union des deux Canadas, mais sur une &#171; nationalit&#233; colombienne &#187; lib&#233;ratrice qui r&#233;sulterait de la conf&#233;d&#233;ration des &#201;tats des trois Am&#233;riques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Papineau se rapproche alors de l'interam&#233;ricanit&#233; de Simon Bol&#237;var et annonce m&#234;me l'id&#233;e, une fois l'ind&#233;pendance acquise, d'une union des peuples des Am&#233;riques dans le respect de la souverainet&#233; de chacun d'eux. C'est cette perspective internationaliste que nous devons remettre de l'avant pour la renationalisation de la nation qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Paru dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=583&amp;Itemid=0&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;L'Action nationale&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, num&#233;ro sp&#233;cial, 90e anniversaire, D&#233;cembre 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Quebec as an Ethno-State ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Quebec-as-an-Ethno-State</link>
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		<dc:date>2008-02-01T11:17:00Z</dc:date>
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		<description>Voici un exemple de l'image n&#233;gative qu'une certaine presse, canadienne et internationale, tente d'impr&#233;gner, avec un certain doigt&#233; et sournoisement, dans l'esprit de ses lecteurs pour diffamer collectivement les ind&#233;pendantistes qu&#233;b&#233;cois. Quebec is one part of the (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://vigile.net/IMG/arton11538.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;52&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;Voici un exemple de l'image n&#233;gative qu'une certaine presse, canadienne et internationale, tente d'impr&#233;gner, avec un certain doigt&#233; et sournoisement, dans l'esprit de ses lecteurs pour diffamer collectivement les ind&#233;pendantistes qu&#233;b&#233;cois. Quebec is one part of the Occident that has had some chance of developing as (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Quebec-as-an-Ethno-State"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La &#171; nationalisation subtile &#187;</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-nationalisation-subtile</link>
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		<dc:date>2008-01-12T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Cependant, cette nouvelle nationalisation n'est pas la fin du monde. Il y aura un lendemain que l'on peut pr&#233;voir. Toute la difficult&#233; de la pr&#233;vision concerne l'intensit&#233; du sursaut, c'est-&#224;-dire la force du r&#233;veil. Si le sursaut ne dure pas tr&#232;s longtemps ou (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Cependant, cette nouvelle nationalisation n'est pas la fin du monde. Il y aura un lendemain que l'on peut pr&#233;voir. Toute la difficult&#233; de la pr&#233;vision concerne l'intensit&#233; du sursaut, c'est-&#224;-dire la force du r&#233;veil. Si le sursaut ne dure pas tr&#232;s longtemps ou n'est pas assez puissant, les risques de voir le (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-nationalisation-subtile"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>La &quot;nation qu&#233;b&#233;coise&quot;, selon les Trudeau et Dion</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-nation-quebecoise-selon-les</link>
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		<dc:date>2007-12-29T17:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois-Xavier Simard - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>(Texte publi&#233; dans Le Soleil, dimanche 6 janvier 2008) Justin Trudeau a pos&#233;, le 15 d&#233;cembre dernier, la question suivante au sujet de la nation qu&#233;b&#233;coise : &#171; Qui sont les Qu&#233;b&#233;cois &#224; reconna&#238;tre comme nation ? Est-ce toute personne vivant dans la province de Qu&#233;bec ? Est-ce les Qu&#233;b&#233;cois de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(Texte publi&#233; dans &lt;a href=&quot;http://www.cyberpresse.ca/article/20080106/CPSOLEIL/80103116/6732/CPOPINIONS&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;, dimanche 6 janvier 2008&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Justin Trudeau a pos&#233;, le 15 d&#233;cembre dernier, la question suivante au sujet de la nation qu&#233;b&#233;coise : &#171; Qui sont les Qu&#233;b&#233;cois &#224; reconna&#238;tre comme nation ? Est-ce toute personne vivant dans la province de Qu&#233;bec ? Est-ce les Qu&#233;b&#233;cois de souche ? &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nouvelles Park-Extension News&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son p&#232;re se posait une question semblable quelques semaines avant le r&#233;f&#233;rendum de Charlottetown en 1992 : &#171; Mais quel politicien, quel professeur, quel homme d'affaires a su d&#233;finir &quot;la collectivit&#233;&quot; ? S'agit-il de la collectivit&#233; canadienne-fran&#231;aise qui vit dispers&#233;e un peu partout au Canada ? &#201;videmment, non.[&#8230;] S'agit-il plut&#244;t de la collectivit&#233; qu&#233;b&#233;coise toute [sic] enti&#232;re ? Non plus, car cette &quot;collectivit&#233;&quot; s'appelle &quot;province&quot; et ses pouvoirs sont d&#233;j&#224; reconnus explicitement par l'Acte constitutionnel de 1867. Il ne peut dont [sic] s'agir que d'une collectivit&#233; distincte &#224; l'int&#233;rieur du Qu&#233;bec. Certainement pas la collectivit&#233; anglophone, puisque la loi qu&#233;b&#233;coise nie qu'elle puisse avoir des droits collectifs dans certains domaines : l'&#233;cole et l'affichage, par exemple [&#8230;] Lorsque les nationalistes parlent de prot&#233;ger les droits collectifs, ils ne peuvent donc penser qu'aux francophones du Qu&#233;bec. &#187; Pierre Elliott Trudeau se demandait m&#234;me, quelques lignes plus loin, si les &#171; francophones qui parlent &#233;galement d'autres langues ou qui appartiennent &#224; d'autres cultures [&#8230;] les Ha&#239;tiens qu&#233;b&#233;cois, par exemple &#187; ou les &#171; N&#233;o-Canadiens de toutes provenances &#187; pourraient &#171; partager avec les Qu&#233;b&#233;cois &quot;de vieille souche&quot; la protection r&#233;clam&#233;e au nom de la collectivit&#233; ? [&#8230;] Rien n'est s&#251;r. &#187;. (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'actualit&#233;&lt;/i&gt;, Suppl&#233;ment, 1er octobre 1992)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Trudeau p&#232;re ne faisait pas de distinction entre l'ethnie canadienne-fran&#231;aise et la collectivit&#233; territoriale qu&#233;b&#233;coise. Cet amalgame l'a conduit &#224; faire une analyse ethnique de l'&#233;lection du Parti qu&#233;b&#233;cois en 1976 : &#171; Les Canadiens fran&#231;ais du Qu&#233;bec vont maintenant &#234;tre oblig&#233;s de choisir. Ils ont &#233;lu un gouvernement p&#233;quiste. &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;, 22 janvier 1977) Quelques semaines plus tard, il d&#233;finissait m&#234;me son &quot;nous&quot; ethnique : &#171; Il faudra qu'on finisse par reconna&#238;tre, nous Canadiens-fran&#231;ais qu&#233;b&#233;cois, que les gens qu'on envoie &#224; Ottawa [&#8230;] ils nous repr&#233;sentent. &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 10 mars 1977)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1978, le premier ministre du Qu&#233;bec, Ren&#233; L&#233;vesque, avait r&#233;pondu clairement &#224; la question de savoir qui est Qu&#233;b&#233;cois &#171; en d&#233;clarant que toute personne &#233;tablie au Qu&#233;bec et qui y paye ses imp&#244;ts est qu&#233;b&#233;coise de plein droit, quelles que soient sa religion, sa culture ou sa langue d'origine. &#187; (Andr&#233; Burelle : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Elliott Trudeau, l'intellectuel et le politique&lt;/i&gt;, Fides, 2005, p. 76) Le concept territorial et civique de Qu&#233;b&#233;cois inclut tous les citoyens du Qu&#233;bec, les nouveaux autant que les anciens, qui font tous partie de la nation qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la suite des propos de Justin Trudeau &#224; Montr&#233;al, le nouveau chef de son parti, St&#233;phane Dion, a tent&#233; de rectifier le tir : &#171; Selon lui, le Qu&#233;bec est une nation, mais au sens sociologique du terme seulement, et non aux sens &#233;tatique ou ethnique. &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 22 d&#233;cembre 2007) Et le 20 d&#233;cembre &#224; Toronto, le candidat lib&#233;ral Trudeau faisait mine de se conformer &#224; la vision de son chef : &#171; Il a donc toujours &#233;t&#233; &#233;vident pour moi qu'il existe une nation qu&#233;b&#233;coise sociologique. &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 22 d&#233;cembre 2007) Justin Trudeau s'&#233;tait sans doute rappel&#233; le dernier &#233;crit de son p&#232;re : &#171; En sociologie, nation a le sens de groupe ethnique, de groupe tribal, de groupe linguistique, comme lorsque nous parlons de la nation huronne ou de la nation canadienne-fran&#231;aise. &#187; (En collaboration avec Ron Graham : Trudeau, l'essentiel de sa pens&#233;e politique, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Jour&lt;/i&gt;, 1998, p. 103) Il faudrait aussi que St&#233;phane Dion relise les &#233;crits du ma&#238;tre &#224; penser du Parti lib&#233;ral du Canada !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec est une nation &#224; plus d'un titre, comme l'a rappel&#233; Camille Laurin &#224; l'Assembl&#233;e nationale le 19 juillet 1977 lors de la deuxi&#232;me lecture du projet de loi 101, la Charte de la langue fran&#231;aise : &#171; Le Qu&#233;bec est une nation &#224; plus de titres que bien d'autres nations, y compris le Canada, parce qu'il en poss&#232;de depuis longtemps tous les attributs : un territoire, une langue, une culture, des institutions, une histoire et surtout un vouloir-vivre et un projet collectif. &#187; (cit&#233; par Jean-Claude Picard : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Camille Laurin, l'homme debout&lt;/i&gt;, Bor&#233;al, 2003, p. 483)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois-Xavier Simard&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Auteur du livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le vrai visage de Pierre Elliott Trudeau&lt;/i&gt; (Les Intouchables, 2006)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>&#192; propos du &#171; vivre-ensemble &#187;</title>
		<link>http://www.vigile.net/A-propos-du-vivre-ensemble</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/A-propos-du-vivre-ensemble</guid>
		<dc:date>2007-12-13T16:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Pierre Dubuc - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Comme l'&#233;crivait Christian Rioux, &#171; ce fameux vivre-ensemble ne se caract&#233;rise pas tant par ce qu'il veut dire que par ce qu'il semble refuser de nommer &#187;.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Comme l'&#233;crivait Christian Rioux, &#171; ce fameux vivre-ensemble ne se caract&#233;rise pas tant par ce qu'il veut dire que par ce qu'il semble refuser de nommer &#187;. - &lt;a href="http://www.vigile.net/A-propos-du-vivre-ensemble"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
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	</item>



	<item>
		<title>Le nationalisme qu&#233;b&#233;cois</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-nationalisme-quebecois</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-nationalisme-quebecois</guid>
		<dc:date>2007-11-26T10:56:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Bernard Desgagn&#233; - Chronique de Bernard Desgagn&#233;</dc:creator>
		


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		<description>Le probl&#232;me fondamental du Canada ne r&#233;side pas dans l'existence de plusieurs nations auxquelles ses citoyens sont libres d'adh&#233;rer &#224; divers degr&#233;s. Le probl&#232;me est que le Canada est b&#226;ti sur une conqu&#234;te et sur la domination de plusieurs nations, y compris la nation qu&#233;b&#233;coise, par (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En sortant de la p&#233;riode des questions &#224; la Chambre des communes, le 27 novembre 2006, &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2006/11/28/123745.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Michael Chong avait tenu un point de presse pour annoncer qu'il pr&#233;f&#233;rait d&#233;missionner de son poste de ministre au sein du Cabinet Harper plut&#244;t que de voter pour la reconnaissance de la nation qu&#233;b&#233;coise.&lt;/a&gt; La fameuse motion allait &#234;tre adopt&#233;e le jour m&#234;me. Michael Chong avait alors d&#233;clar&#233; ceci : &#171; Je crois en notre grand pays, qui s'appelle le Canada et qui est fond&#233; sur la citoyennet&#233; et non pas sur le nationalisme ethnique. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'occasion du premier anniversaire de l'adoption par la Chambre des communes de la motion reconnaissant l'existence de la nation qu&#233;b&#233;coise, voici la lettre que j'&#233;crivais &#224; Michael Chong le 1er d&#233;cembre 2006 et qui n'avait pas &#233;t&#233; publi&#233;e jusqu'&#224; maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malheureusement, Michael Chong n'a jamais r&#233;pondu &#224; cette lettre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1299 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:178px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2006/11/27/007-vote-nation.shtml&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://vigile.net/IMG/jpg_26-chong-michael-src.jpg' width=&quot;178&quot; height=&quot;132&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Vous avez d&#233;missionn&#233; du gouvernement Harper parce que vous ne vouliez pas appuyer la motion reconnaissant l'existence de la nation qu&#233;b&#233;coise. Sans vouloir vous faire regretter votre d&#233;cision, je crois que vous avez eu tort parce que cette motion ne change absolument rien au Canada. Elle est en fait un hommage au statu quo. Certains disent qu'en droit international, une telle reconnaissance pourrait faciliter l'accession &#233;ventuelle du Qu&#233;bec &#224; la souverainet&#233;, mais concr&#232;tement, dans le contexte du f&#233;d&#233;ralisme canadien, rien ne change. Quoi qu'il en soit, vous semblez avoir de belles qualit&#233;s, alors l'occasion vous sera probablement donn&#233;e plus tard de vous faire valoir encore une fois comme ministre ou dans d'autres fonctions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si je vous &#233;cris, ce n'est pas pour vous parler de la motion qui a provoqu&#233; votre d&#233;mission, mais plut&#244;t du nationalisme ethnique que vous dites craindre de la part des Qu&#233;b&#233;cois. En tant qu'ind&#233;pendantiste qu&#233;b&#233;cois convaincu, je vous soumets en toute amiti&#233; et en toute sinc&#233;rit&#233; mes r&#233;flexions &#224; cet &#233;gard. Quel que soit le destin politique du Canada et du Qu&#233;bec, l'avenir des &#234;tres humains sera collectif. Vous et moi partageons sans doute beaucoup de valeurs, que nous avons en grande partie h&#233;rit&#233;es du jud&#233;o-christianisme et de la tradition d&#233;mocratique occidentale, mais quand il est question de pays, de nation, de peuple, d'ethnie et de langue, c'est comme si nous venions de deux plan&#232;tes diff&#233;rentes. Je fais donc un effort pour que nous nous rapprochions un peu sur ce plan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le m&#233;tissage occidental&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pratiquement toutes les soci&#233;t&#233;s sont aujourd'hui pluriethniques. Le monde entier s'est m&#233;tiss&#233;. Et ce m&#233;tissage ne date pas d'hier. Les Canadiens et les Am&#233;ricains croient parfois qu'ils habitent les seules v&#233;ritables terres d'accueil au monde. Pourtant, bien avant que la population de l'Am&#233;rique ne commence &#224; se diversifier, l'Europe &#233;tait d&#233;j&#224; un v&#233;ritable arc-en-ciel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Prenez mes anc&#234;tres, par exemple, dont certains sont venus de Normandie, une terre conquise, envahie, lib&#233;r&#233;e et assimil&#233;e au fil des si&#232;cles plusieurs fois plut&#244;t qu'une. Est-ce que je descends des Gaulois, des Romains, des Normands ou des Francs ? Est-ce que je descends de mon arri&#232;re-grand-m&#232;re &#233;cossaise ? Qui sait, William Wallace compte peut-&#234;tre parmi mes a&#239;eux. J'en serais bien fier ! Les anc&#234;tres des Qu&#233;b&#233;cois sont d'origines tr&#232;s diverses, et la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise grossissant aujourd'hui surtout gr&#226;ce &#224; l'immigration, il se rajoute chaque jour au Qu&#233;bec des nouveaux venus aux origines tout aussi diverses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Prenez aussi la France, o&#249; le fran&#231;ais n'est devenu la langue commune sur tout le territoire qu'au d&#233;but du XXe si&#232;cle et o&#249; les langues r&#233;gionales &#233;taient encore parl&#233;es &#224; cette &#233;poque. Quand vous comparez l'&#233;quipe de soccer de France &#224; celle du Canada ou des &#201;tats-Unis, laquelle vous parait la plus m&#233;tiss&#233;e ? Il me semble qu'il y a beaucoup plus de Noirs &#8212; et de tous les tons &#8212; dans l'&#233;quipe de France. Le pluralisme racial et ethnique n'est pas du tout l'apanage de l'Am&#233;rique ou du Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le mythe du nationalisme ethnique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'homog&#233;n&#233;it&#233; ethnique n'est qu'un mythe, autant en France et au Qu&#233;bec qu'en Angleterre, au Canada et aux &#201;tats-Unis. Les pays occidentaux sont tous devenus des creusets o&#249; s'associent des gens de diverses origines. Pourquoi donc le Canada s'imagine-t-il que le Qu&#233;bec peut avoir un nationalisme ethnique, alors que les autres provinces ne seraient pas caract&#233;ris&#233;es par un tel nationalisme ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce parce que le Qu&#233;bec a une seule langue officielle alors que le Canada en a deux ? Alors, en toute logique, il faudrait dire que le nationalisme des Anglais et des Am&#233;ricains est ethnique lui aussi, puisqu'ils ont seulement l'anglais comme langue commune. De plus, vous devez admettre que, dans la plus grande partie du Canada, la seule langue vraiment officielle est l'anglais. Comme vous le savez bien, il est impossible de vivre &#224; Toronto, Winnipeg, Saskatoon, Calgary ou Vancouver sans connaitre l'anglais. Le Canada pratique-t-il un nationalisme ethnique parce que les immigr&#233;s doivent apprendre l'anglais pour bien s'int&#233;grer &#224; la soci&#233;t&#233; canadienne ? Bien s&#251;r que non. Et de toute mani&#232;re, on ne peut imaginer une soci&#233;t&#233; fonctionnant sans une langue commune, qui est un facteur d'inclusion, et non d'exclusion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme ethnique que per&#231;oivent les Canadiens chez les Qu&#233;b&#233;cois viendrait-il plut&#244;t de l'existence d'une apparente ethnie qu&#233;b&#233;coise qui se serait fa&#231;onn&#233;e depuis le d&#233;but du XVIIe si&#232;cle, tout en se m&#233;tissant et en s'enrichissant des apports de l'immigration ? C'est possible, mais puisqu'il y a eu m&#233;tissage et que ce m&#233;tissage se poursuit encore aujourd'hui &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233;, il est difficile de parler d'une ethnie v&#233;ritable. Les couleurs des rues de Montr&#233;al en t&#233;moignent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut relire Hubert Aquin. En 1962, ce grand auteur condamnait d&#233;j&#224; la notion d'ethnie &#224; la d&#233;su&#233;tude. Dans &#171; La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais &#187;, Hubert Aquin pr&#233;f&#233;rait parler de &#171; groupe culturel-linguistique homog&#232;ne par la langue &#187;. Aujourd'hui, en 2006, on peut dire que les Qu&#233;b&#233;cois ne forment pas une ethnie, mais une nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'appartenance &#224; la nation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois partagent &#224; divers degr&#233;s une langue, une culture et une histoire. Ils ont des institutions politiques communes et vivent &#224; l'int&#233;rieur d'un territoire bien d&#233;fini. Voil&#224; les caract&#233;ristiques indubitables d'une nation. Tous les Qu&#233;b&#233;cois n'ont pas des anc&#234;tres arriv&#233;s au d&#233;but de la colonisation europ&#233;enne du Qu&#233;bec, mais comme l'histoire s'&#233;crit chaque jour, tous finissent par en avoir v&#233;cu une tranche et par avoir conscience de l'histoire ant&#233;rieure, qu'on leur enseigne notamment &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, l'&#233;cole qu&#233;b&#233;coise enseigne &#224; mes enfants comment les Innus, les Cris, les Algonquiens et les Iroquoiens vivaient au Qu&#233;bec avant l'arriv&#233;e de nos anc&#234;tres europ&#233;ens. Nous d&#233;veloppons de cette mani&#232;re un sentiment d'appartenance envers ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s sur le territoire et qui ont aid&#233; les Europ&#233;ens &#224; s'y installer. Certains descendants de ces premiers occupants consid&#232;rent qu'ils forment encore de petites nations &#224; part, mais nombre d'entre eux se sont fondus &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise, qu'ils ont enrichie de leur culture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et qu'en est-il des nouveaux arrivants ? Ils se disent souvent bien int&#233;gr&#233;s au Qu&#233;bec, mais ils h&#233;sitent &#224; se r&#233;clamer de la nation qu&#233;b&#233;coise. Or, c'est la conscience qui d&#233;termine l'appartenance et non le parcours de la personne ou de ses anc&#234;tres. M&#234;me les Qu&#233;b&#233;cois de souche les plus fiers de leurs racines ancestrales en terre qu&#233;b&#233;coise n'&#233;taient pas pr&#233;sents en 1534, en 1608, en 1760 ou en 1837. Ce sont leurs anc&#234;tres qui y &#233;taient. Si les Qu&#233;b&#233;cois actuels ont une histoire en commun, c'est qu'ils l'ont apprise, et non v&#233;cue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; part la conscience de l'identit&#233; collective et de ce qui s'y rattache (langue, histoire, culture, institutions, territoire), comment pourrait-on d&#233;finir l'appartenance &#224; la nation ? Par la dur&#233;e de pr&#233;sence sur le territoire ? Il faudrait alors baliser la nation. Seraient qu&#233;b&#233;cois ceux dont les anc&#234;tres se seraient &#233;tablis au Qu&#233;bec avant 1763, &#224; condition que ces anc&#234;tres soient venus de France ? Et ceux qui, comme moi, auraient des anc&#234;tres venus plus tard d'&#201;cosse, d'Italie ou d'Irlande en seraient-ils exclus ? Une pareille d&#233;finition renvoie en fin de compte &#224; l'ethnie. Ce n'est pas ainsi que la nation qu&#233;b&#233;coise s'est construite, puisqu'elle s'est enrichie de gens aux origines diverses.
L'appartenance &#224; la nation est une affaire de c&#339;ur et de conscience, et non une affaire d'h&#233;r&#233;dit&#233;. Le Yougoslave ou le Rwandais qui a quitt&#233; son pays en plein d&#233;chirement &#224; la fin du XXe si&#232;cle pour trouver au Qu&#233;bec une terre d'accueil et qui a choisi d'y parler fran&#231;ais, qui y a eu des enfants qu'il envoie &#224; l'&#233;cole qu&#233;b&#233;coise, qui participe &#224; la vie du Qu&#233;bec et qui, ce faisant, a pris conscience de sa culture, de son histoire et de ses institutions, peut tr&#232;s bien appartenir &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise. Le choix lui revient. Au-del&#224; du nationalisme inclusif se trouve le nationalisme librement consenti.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La nation qu&#233;b&#233;coise : une cr&#233;ature du pouvoir britannique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nation qu&#233;b&#233;coise doit son existence au pouvoir britannique. Les nostalgiques de la nation canadienne-fran&#231;aise aimeraient que celle-ci existe toujours au-del&#224; des fronti&#232;res du Qu&#233;bec, mais le pouvoir britannique, auquel a succ&#233;d&#233; le pouvoir f&#233;d&#233;ral, en a d&#233;cid&#233; autrement. M&#234;me apr&#232;s avoir uni le Qu&#233;bec, ou le Bas-Canada, &#224; d'autres territoires, en 1840 et en 1867, les Britanniques lui ont conserv&#233; des fronti&#232;res bien nettes et des institutions politiques distinctes. Ils ont employ&#233; une strat&#233;gie diff&#233;rente d'assimilation des Canadiens fran&#231;ais au Qu&#233;bec, par rapport au reste du Canada, en raison du poids du nombre. Or, la strat&#233;gie d'assimilation employ&#233;e au Qu&#233;bec n'a pas fonctionn&#233; et a donn&#233; tout le contraire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, dans le reste du Canada, les Britanniques et leurs h&#233;ritiers d'Ottawa ont r&#233;ussi en g&#233;n&#233;ral par la force &#224; faire des Canadiens fran&#231;ais de loyaux sujets. Ils ont r&#233;serv&#233; un sort peu enviable aux Canadiens fran&#231;ais qui sont sortis des fronti&#232;res du Qu&#233;bec et qui en ont quitt&#233; les institutions pour vivre ailleurs au Canada. Ils leur ont fait subir un r&#233;gime implacable d'assimilation leur interdisant pendant longtemps l'usage de leur langue et leur imposant des institutions provinciales r&#233;fractaires &#224; leur identit&#233;. En raison de leur faible nombre, les Canadiens fran&#231;ais ont d&#251; courber l'&#233;chine hors du Qu&#233;bec pour survivre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au fil des d&#233;cennies et m&#234;me des si&#232;cles, malgr&#233; un combat h&#233;ro&#239;que pour conserver la langue fran&#231;aise, les Canadiens fran&#231;ais &#233;tablis dans les autres provinces (comme ceux qui se sont expatri&#233;s en Nouvelle-Angleterre) se sont diff&#233;renci&#233;s consid&#233;rablement des Qu&#233;b&#233;cois. Leur culture, leur histoire, leurs institutions et leur territoire ne sont plus les m&#234;mes que ceux des Qu&#233;b&#233;cois. Les liens encore relativement forts au XIXe si&#232;cle sont devenus tr&#232;s t&#233;nus malgr&#233; l'existence d'institutions f&#233;d&#233;rales communes. Quant aux Acadiens, ils forment depuis plusieurs si&#232;cles une nation distincte de la nation qu&#233;b&#233;coise en raison de son histoire, de sa langue et de sa culture particuli&#232;res. Les francophones des autres provinces et les Acadiens sont les cousins des Qu&#233;b&#233;cois par la langue, mais ils sont maintenant pratiquement aussi diff&#233;rents des Qu&#233;b&#233;cois que ceux-ci le sont des Fran&#231;ais. De profondes divergences de vues se manifestent notamment sur le plan politique entre Qu&#233;b&#233;cois et francophones du reste du Canada. Voil&#224; comment les Britanniques ont scind&#233; la nation canadienne-fran&#231;aise et cr&#233;&#233; la nation qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutefois, il faut pr&#233;ciser que, m&#234;me si la nation qu&#233;b&#233;coise doit son existence au pouvoir britannique, cette existence n'est pas tributaire du f&#233;d&#233;ralisme canadien. Ce n'est pas parce que le pouvoir britannique et ses h&#233;ritiers d'Ottawa ont engendr&#233; une nation malgr&#233; eux que ces derniers auraient, au XXIe si&#232;cle, le droit de vie ou de mort sur la nation qu&#233;b&#233;coise et qu'ils pourraient se permettre, par exemple, d'en charcuter le territoire sans devoir subir l'opprobre sur la sc&#232;ne internationale. Le Canada ne peut pas se pr&#233;senter en gardien de la paix, de la justice et de la d&#233;mocratie &#224; l'&#233;tranger et agir chez lui en despote.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le plurinationalisme et l'intol&#233;rable asservissement de la nation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne devrait pas opposer nationalisme ethnique et nationalisme civique au Qu&#233;bec parce que, comme je l'ai dit, l'ethnie qu&#233;b&#233;coise n'existe pas davantage que l'ethnie canadienne-anglaise. L'Occident est aujourd'hui compos&#233; en majeure partie de nations fortement m&#233;tiss&#233;es, dans lesquelles les ethnies se sont largement dissoutes. Chaque personne vivant au sein d'une soci&#233;t&#233; peut &#233;prouver un sentiment d'appartenance plus ou moins fort pour une ou plusieurs nations et, en vertu des principes fondamentaux des d&#233;mocraties occidentales qui prot&#232;gent ses droits et ses libert&#233;s, la personne est tout &#224; fait libre de choisir les nations auxquelles elle veut adh&#233;rer. Donc, une personne peut &#234;tre ambivalente et se sentir habit&#233;e par deux identit&#233;s nationales, comme l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise et l'identit&#233; canadienne-anglaise. Jean Charest et Pierre Elliott Trudeau sont certainement deux beaux exemples d'une ambivalence linguistique et nationale qui explique du reste en partie leur parcours politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me fondamental du Canada ne r&#233;side pas dans l'existence de plusieurs nations auxquelles ses citoyens sont libres d'adh&#233;rer &#224; divers degr&#233;s. Le probl&#232;me est que le Canada est b&#226;ti sur une conqu&#234;te et sur la domination de plusieurs nations, y compris la nation qu&#233;b&#233;coise, par la nation canadienne-anglaise. Le mot oppression est peut-&#234;tre trop fort pour d&#233;signer ce que subit la nation qu&#233;b&#233;coise, mais le mot domination convient parfaitement &#224; la situation. Pour les membres d'une nation qui a conscience d'exister, qui sait qu'elle a les moyens de se gouverner et qui a choisi de s'&#233;panouir, cette domination et cet &#233;tat d'asservissement sont intol&#233;rables.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La concurrence du nationalisme canadien et l'auto-exclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, je devine que ce qui vous pr&#233;occupe encore davantage que l'id&#233;e de nationalisme ethnique elle-m&#234;me, c'est le danger d'exclusion et de discrimination qu'elle sous-tend. Voyons si le Qu&#233;bec risque de sombrer dans les exc&#232;s nationalistes, comme le lui reprochent r&#233;guli&#232;rement &#224; mots plus ou moins couverts certains intellectuels du Canada anglais, que les comparaisons avec les pires horreurs de l'histoire ne semblent pas effrayer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme qu&#233;b&#233;cois ne peut pas &#234;tre qualifi&#233; d'ethnique parce que les Qu&#233;b&#233;cois ne forment pas une ethnie, comme nous l'avons d&#233;j&#224; vu. Mais, les Qu&#233;b&#233;cois sont-ils quand m&#234;me hostiles au pluralisme ? Refusent-ils d'accueillir les nouveaux arrivants ? Je vous dirais qu'une partie importante de la population du Qu&#233;bec est en effet mal int&#233;gr&#233;e &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise parce qu'elle choisit elle-m&#234;me de garder ses distances par rapport &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise. La nation qu&#233;b&#233;coise n'exclut personne. Au contraire, on peut y adh&#233;rer sans trop de difficult&#233; en apprenant la langue fran&#231;aise et en participant &#224; la culture et aux institutions politiques du Qu&#233;bec. Mais certains habitants du Qu&#233;bec s'en excluent eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en choisissant plut&#244;t l'identit&#233; canadienne et la langue anglaise que nombre d'habitants du territoire qu&#233;b&#233;cois s'isolent de la nation qu&#233;b&#233;coise. Ils en ont le droit le plus strict, et la Charte qu&#233;b&#233;coise des droits et libert&#233;s prot&#232;ge ce droit. Toutefois, on ne peut pas reprocher aux Qu&#233;b&#233;cois de ne pas accueillir &#224; bras ouverts les gens qui souhaitent apprendre leur langue et se m&#234;ler &#224; eux, tout en conservant des particularit&#233;s. C'est plut&#244;t la concurrence de l'identit&#233; canadienne sur le territoire m&#234;me du Qu&#233;bec et l'omnipr&#233;sence de la langue anglaise qui sont responsables de ce clivage.
Les Qu&#233;b&#233;cois acceptent mal que plus de la moiti&#233; des immigr&#233;s qui s'&#233;tablissent au Qu&#233;bec choisissent encore aujourd'hui de parler anglais plut&#244;t que fran&#231;ais, m&#234;me apr&#232;s trente ans d'efforts pour que la langue de la majorit&#233; devienne effectivement la langue commune sur le territoire du Qu&#233;bec. Comment r&#233;agiraient les gens de Toronto si les immigr&#233;s s'&#233;tablissant dans cette ville choisissaient de parler fran&#231;ais plut&#244;t qu'anglais ? Comment r&#233;agiraient-ils si la plupart des enfants d'immigr&#233;s, apr&#232;s avoir appris l'anglais &#224; l'&#233;cole, choisissaient de faire leurs &#233;tudes dans des universit&#233;s fran&#231;aises torontoises subventionn&#233;es avec les deniers publics ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aucune charte de la langue anglaise n'existe en Ontario, mais le poids d&#233;mographique &#233;norme de l'Am&#233;rique anglophone cr&#233;e une obligation encore plus grande d'apprendre l'anglais, m&#234;me si elle n'est pas inscrite dans une loi. &lt;a href=&quot;http://vigile.net/_Galganov-Howard_&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Le Canada anglais le sait tr&#232;s bien et fait preuve d'une grande hypocrisie lorsqu'il reproche au Qu&#233;bec ses interventions juridiques dans le domaine linguistique&lt;/a&gt; pour t&#226;cher de mieux int&#233;grer les nouveaux arrivants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La question autochtone et le nationalisme ethnique entretenu par Ottawa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois sont d'une grande tol&#233;rance. Il y a peut-&#234;tre du racisme et d'autres formes de discrimination au Qu&#233;bec, mais certainement pas plus qu'ailleurs et probablement m&#234;me moins que dans la plupart des r&#233;gions du Canada. Cette tol&#233;rance se manifeste particuli&#232;rement &#224; deux &#233;gards : dans le taux de bilinguisme quatre fois plus &#233;lev&#233; parmi les francophones du Qu&#233;bec que parmi les anglophones du reste du Canada ; dans les relations du Qu&#233;bec avec les autochtones. Parlons un peu de ces relations et comparons-les aux relations du Canada avec les autochtones.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a constat&#233; que, dans l'ensemble des provinces canadiennes, c'est au Qu&#233;bec que les autochtones conservent le plus leur langue ancestrale. C'est aussi au Qu&#233;bec que les autochtones ont le revenu par habitant le plus &#233;lev&#233;, m&#234;me si la pauvret&#233; des autochtones y est &#224; d&#233;plorer comme ailleurs au Canada. En signant la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Paix des braves&lt;/i&gt; avec les autochtones, en 2002, le gouvernement ind&#233;pendantiste du Parti qu&#233;b&#233;cois s'est montr&#233; beaucoup plus g&#233;n&#233;reux envers eux que tous les autres gouvernements provinciaux du Canada. Cet accord d&#233;coule en fait des 15 principes qu'avait &#233;nonc&#233;s Ren&#233; L&#233;vesque d&#232;s 1983 et qui comprennent notamment la reconnaissance des droits suivants des autochtones :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226;	le droit &#224; l'autonomie au sein du Qu&#233;bec ; &lt;br&gt;
&#8226;	le droit &#224; leur culture, leur langue, leurs traditions ;&lt;br&gt;
&#8226;	le droit de poss&#233;der et de contr&#244;ler des terres ;&lt;br&gt;
&#8226;	le droit de chasser, p&#234;cher, pi&#233;ger, r&#233;colter et participer &#224; la gestion des ressources fauniques ;&lt;br&gt;
&#8226;	le droit de participer au d&#233;veloppement &#233;conomique du Qu&#233;bec et d'en b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les relations des Qu&#233;b&#233;cois avec les autochtones ne sont certes pas toujours harmonieuses, mais il y a un foss&#233; &#233;norme entre, d'une part, la main tendue du Qu&#233;bec envers les autochtones, qui a donn&#233; lieu par exemple &#224; la Paix des braves et &#224; l'accord de la baie James avec les Cris, et, d'autre part, le paternalisme doubl&#233; d'insensibilit&#233; du pouvoir f&#233;d&#233;ral envers les autochtones. Ce paternalisme a entrain&#233; la cr&#233;ation des r&#233;serves indiennes et du concept d'Indien inscrit, qui r&#233;sultent d'une vision ethnique de la soci&#233;t&#233; canadienne et qui existent encore au XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il y a un cas patent de nationalisme ethnique, intol&#233;rant et exclusif au Canada, ce n'est certainement pas celui du Qu&#233;bec, mais bien celui qu'a cr&#233;&#233; la Loi sur les indiens, qui confine les Premi&#232;res nations du Canada &#224; des r&#233;serves o&#249; les droits ancestraux se transmettent par le sang. Si je voulais m'installer en territoire autochtone et y adopter la langue et les coutumes de ma nouvelle nation, pourrais-je b&#233;n&#233;ficier du m&#234;me traitement que les autres autochtones ? Non, car le droit canadien me le refuserait. Je ne pourrai jamais &#234;tre un &#171; Indien inscrit &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;es, d&#233;poss&#233;d&#233;es et opprim&#233;es pendant des si&#232;cles, les nations autochtones ont &#233;t&#233; oblig&#233;es de s'autoreproduire. Tout m&#233;tissage et tout apport externe leur sont interdits. Cette situation perdure et constitue par le fait m&#234;me un v&#233;ritable scandale dont le Canada doit avoir honte et dont le Qu&#233;bec n'est aucunement responsable. La nation qu&#233;b&#233;coise ne pratique pas le nationalisme ethnique et exclusif, mais la nation canadienne-anglaise ne peut pas en dire autant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Chacun son pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En conclusion, je pense que vous avez tort de craindre un pr&#233;tendu nationalisme ethnique qu&#233;b&#233;cois et surtout d'entretenir cette crainte parmi vos compatriotes en faisant des d&#233;clarations comme celle que vous avez faite lorsque vous avez d&#233;missionn&#233; comme ministre. Les Qu&#233;b&#233;cois veulent simplement se gouverner en tant que nation. Ils ont encore de la difficult&#233; &#224; couper le cordon ombilical avec le Canada, mais le Canada qu'ils ont construit est essentiellement au Qu&#233;bec. S'ils choisissent l'ind&#233;pendance, ils vont emporter avec eux cette partie de la f&#233;d&#233;ration qui leur appartient pour b&#226;tir leur pays &#224; eux. Bien que je comprenne les r&#233;ticences &#224; l'&#233;gard du projet souverainiste et m&#234;me l'attachement irrationnel pour le Canada de certains Qu&#233;b&#233;cois, je m'efforce chaque jour de les aider &#224; cheminer vers l'affranchissement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les aspirations des Qu&#233;b&#233;cois sont les m&#234;mes que celles des autres nations de la terre. Le temps du colonialisme, de l'imp&#233;rialisme, de l'asservissement et de la domination devrait &#234;tre aujourd'hui r&#233;volu, compte tenu des valeurs dominantes en Occident. Le Qu&#233;bec n'a jamais choisi librement de faire partie du Canada et il s'y trouve domin&#233; par une autre nation, de langue anglaise. La nation qu&#233;b&#233;coise n'est pas associ&#233;e d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec la nation canadienne-anglaise. Certains d&#233;plorent que l'on veuille s&#233;parer le Qu&#233;bec du Canada pour recr&#233;er en plus petit le m&#234;me genre de pays que le Canada, fond&#233; sur des valeurs d&#233;mocratiques &#224; peu pr&#232;s semblables. Mais, &#224; partir du moment o&#249; les nations ont conscience de leur identit&#233; collective et elles ont foi en leurs moyens, elles veulent g&#233;n&#233;ralement se d&#233;terminer elles-m&#234;mes. Elles ont plus de chances de s'&#233;panouir librement dans leur propre pays, avec leur propre &#201;tat, que dans un autre pays plus grand o&#249; elles sont minoritaires et domin&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai le sentiment qu'une nette majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois veut aujourd'hui son propre pays. Au fond de lui-m&#234;me, le Qu&#233;bec cherche la m&#234;me autonomie que le Canada ne voudrait jamais abandonner pour devenir, par exemple, une partie des &#201;tats-Unis. Vous &#234;tes sans doute profond&#233;ment attach&#233; &#224; votre pays, le Canada. Les &#201;tats-Unis ne sont pas votre pays et vous ne voudriez pas que votre pays soit aval&#233; par les &#201;tats-Unis, m&#234;me si vous deviez trouver dans une telle fusion un pays beaucoup plus grand et plus puissant, ayant la m&#234;me langue et &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me culture. Pour comprendre le nationalisme qu&#233;b&#233;cois, pensez au d&#233;sir des Canadiens de vivre dans leur pays &#224; eux, m&#234;me s'ils aiment bien les &#201;tats-Uniens. Laissez-moi vivre dans mon pays &#224; moi et restons bons amis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Identit&#233; et int&#233;gration</title>
		<link>http://www.vigile.net/Identite-et-integration</link>
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		<dc:date>2007-11-17T17:22:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fernand Couturier - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Le nous de la nation qu&#233;b&#233;coise n'est pas racial ou ethnique au sens p&#233;joratif du terme. Et il ne se veut pas de cette trempe. Il est le rassemblement m&#234;me, le rassemblement personnalis&#233; en quelque sorte de cette nation telle qu'elle s'est construite au cours des ans, des (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Responsable du site Internet&lt;br&gt;
Commission de consultation sur les&lt;br&gt;
pratiques d'accommodement&lt;br&gt;
reli&#233;es aux diff&#233;rences culturelles&lt;br&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.accommodements.qc.ca&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;www.accommodements.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Remarque pr&#233;liminaire :&lt;br&gt;
Voici un texte &#233;crit &#224; l'intention de la Commission Bouchard-Taylor et envoy&#233; par internet le 17 novembre 2007.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'auteur ne demande pas de se pr&#233;senter en personne devant la Commission.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; peine commenc&#233;e, la Commission Bouchard-Taylor sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;les pratiques d'accommodements reli&#233;es aux diff&#233;rences culturelles&lt;/i&gt; apparut comme le lieu de convergence de manifestations diverses relatives &#224; l'identit&#233; du peuple qu&#233;b&#233;cois et &#224; l'int&#233;gration des immigrants. Nombre de ces manifestations ont comme toile de fond &#224; la fois l'affirmation frileuse de notre identit&#233; nationale et la confusion r&#233;sultant de notre situation au sein de la nation canadienne. D'ailleurs, cette Commission elle-m&#234;me doit son existence &#224; l'incapacit&#233; assez manifeste de l'actuel gouvernement &#224; l'Assembl&#233;e nationale de dire clairement en quoi consiste la nation qu&#233;b&#233;coise chez qui viennent s'installer &#224; demeure des immigrants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On aura remarqu&#233; que d'entr&#233;e de jeu on emploie dans ce texte les mots &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;peuple&lt;/i&gt; et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nation&lt;/i&gt; comme synonymes. Cela est lexicalement justifi&#233;, car sous chacune de ces entr&#233;es au dictionnaire on trouve des significations qui se recoupent. Et l'&#233;tendue de sens qu'ils recevront ici appara&#238;tra au cours de la d&#233;marche. D'ailleurs, la pens&#233;e a encore besoin de quelques efforts de ressourcement pour surmonter le sens p&#233;joratif que le mot nation a h&#233;rit&#233; de nationalismes d&#233;brid&#233;s qui ont s&#233;vi particuli&#232;rement au si&#232;cle dernier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Langage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1265 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:166px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://manuscritdepot.com/a.fernand-couturier.1.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://vigile.net/IMG/png/17-couturier.png' width=&quot;166&quot; height=&quot;314&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Tout d'abord, il convient de prendre acte actuellement que l'&#234;tre d'un peuple, son identit&#233;, se forge au fil du temps dans le langage comme milieu vital, c'est-&#224;-dire milieu d'o&#249; se tire l'origine. Le langage est l'&#233;l&#233;ment primordial en qui na&#238;t et se d&#233;veloppe une nation. Ainsi compris, le langage retrouve ses lettres de noblesse. Car alors on peut percevoir de nouveau, comme ce fut le cas au tout d&#233;but de la pens&#233;e gr&#233;co-romaine, la n&#244;tre, que si le langage peut appara&#238;tre et servir comme moyen d'expression et de communication, c'est qu'il est d'abord constitutif de l'&#234;tre m&#234;me de l'humain. L'humain est le vivant dou&#233; de langage, disait Aristote pour le distinguer essentiellement des autres. Aussi le langage, la langue, contrairement &#224; l'opinion courante, ne doit pas se r&#233;duire &#224; un simple instrument ou outil au service de la pens&#233;e. Bien plut&#244;t la pens&#233;e &#233;clot dans le langage et cro&#238;t langagi&#232;re. Elle est de fond en comble de cette nature. Ainsi le fran&#231;ais, la langue du peuple qu&#233;b&#233;cois, a impr&#233;gn&#233; et doit continuer de d&#233;terminer la culture de ce peuple, de modeler l'&#233;tablissement de son monde sur son territoire, ses mani&#232;res de vivre, ses valeurs ou ses id&#233;aux. Ses id&#233;aux fondamentaux tels que la solidarit&#233; dans la libert&#233;, et encore l'&#233;galit&#233; permettant &#224; tous de se reconna&#238;tre semblables ind&#233;pendamment du sexe ou des origines.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci &#233;tant, il &#233;tait l&#233;gitime et n&#233;cessaire, et &#231;a l'est encore, de d&#233;clarer l&#233;gislativement le fran&#231;ais langue officielle et commune de la nation qu&#233;b&#233;coise. Ce qui ne signifie pas, il faut le dire tout de suite, que les Qu&#233;b&#233;cois peuvent sans inconv&#233;nient s'en tenir &#224; cette seule langue. Pouvoir lire et parler l'espagnol, l'anglais, l'allemand, entre autres exemples, s'av&#232;rent des habilet&#233;s n&#233;cessaires pour participer fructueusement et largement aux mondes du travail et des communications. Et c'est aussi tout simplement une exigence culturelle. Donc le fran&#231;ais, langue commune du peuple qu&#233;b&#233;cois, est avant tout l'&#233;l&#233;ment fondamental, fondateur, de l'&#234;tre de cette nation, de son histoire pass&#233;e, pr&#233;sente et &#224; venir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en effet au cours de 400 ans d'histoire que l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise d'aujourd'hui s'est d&#233;velopp&#233;e dans la langue fran&#231;aise. Beaucoup d'interventions &#224; la Commission Bouchard-Taylor et nombre de commentaires et chroniques dans les journaux laissent percevoir une ambigu&#239;t&#233; constante dans la compr&#233;hension et l'utilisation de l'histoire. Pour les uns, l'histoire veut toujours dire ce qui est arriv&#233; dans le pass&#233;. Et, de son c&#244;t&#233;, la science de l'histoire, telle que d&#233;velopp&#233;e en particulier au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, s'est donn&#233; comme objet l'&#233;tude critique des sources de la connaissance de ce pass&#233;. D'o&#249; les accusations de pass&#233;isme souvent prof&#233;r&#233;es par des politiciens et autres intervenants &#224; l'endroit de ceux qui lient identit&#233; nationale et h&#233;ritage. On devrait plut&#244;t, selon eux, concentrer son regard sur le pr&#233;sent et l'avenir et s'engager dans leur pleine r&#233;alisation ou actualisation sans r&#233;troviseur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais il s'est d&#233;velopp&#233;, au cours du dernier si&#232;cle en particulier, une compr&#233;hension de l'histoire qui, plut&#244;t que de les opposer, int&#232;gre les diff&#233;rents moments de la temporalit&#233; : soit le pass&#233;, l'avenir et le pr&#233;sent. Une compr&#233;hension qui se base sur le ph&#233;nom&#232;ne m&#234;me de l'existence concr&#232;te de l'humain. Voici, trop bri&#232;vement bien s&#251;r, comment, &#224; ce point de vue, se pr&#233;sente l'historicit&#233;. Notre existence ou notre vie quotidienne se d&#233;veloppe essentiellement par projets. Un projet est une avanc&#233;e quelconque, comme aller faire l'&#233;picerie demain matin, labourer la terre cet automne pour les semailles du printemps prochain, pr&#233;parer un voyage pour l'hiver qui vient, s'inscrire &#224; des cours en vue de chanter &#224; l'op&#233;ra, voir &#224; des arrangements fun&#233;raires, planifier une naissance, etc. Chacune de ces avanc&#233;es est un saut dans l'avenir. Mais toujours nous &#233;lan&#231;ons-nous dans ces projets &#224; partir de ce que nous sommes devenus au cours de notre vie. Ce que nous sommes &#224; tout moment est le rassemblement d'un h&#233;ritage parental et de nos acquis d&#233;veloppementaux. Donc un rassemblement du pass&#233;, de notre pass&#233;. Et tout cela est mis en &#339;uvre dans un moment d&#233;termin&#233;, mais fugitif, qu'est le pr&#233;sent. Exister consiste donc &#224; &#339;uvrer sa vie au pr&#233;sent dans une perspective d'avenir, avenir lui-m&#234;me projet&#233; &#224; partir de ce que nous sommes devenus en tenant rassembl&#233; en notre &#234;tre et m&#233;moire le pass&#233; ou l'ensemble de nos h&#233;ritages et de nos acquis. Cette historicit&#233; existentielle est au fondement m&#234;me de l'histoire. Celle-ci ne saurait se r&#233;duire au seul pass&#233;. La consid&#233;rer ainsi constitue une abstraction, privil&#233;gi&#233;e par une certaine science et sans doute n&#233;cessaire pour elle, mais n&#233;faste pour la conduite humaine concr&#232;te tant dans ses dimensions priv&#233;es que publiques. Et, partant, dire que l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise a un fondement historique, qu'elle est h&#233;riti&#232;re, n'a rien &#224; voir avec un quelconque retour &#224; des archa&#239;smes ou avec quelque fixation romantique dans un pass&#233; pr&#233;tendument r&#233;volu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Immigration et int&#233;gration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'historicit&#233; ainsi &#233;tablie dans le ph&#233;nom&#232;ne m&#234;me de l'existence concr&#232;te aide, pour s&#251;r, &#224; comprendre ce que cela signifie quand on dit et r&#233;p&#232;te &#224; tout venant que l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise se fonde sur la langue fran&#231;aise en qui s'est d&#233;velopp&#233;e son histoire depuis 400 ans, et en qui nous souhaitons, encore et toujours, que cette identit&#233; poursuive son chemin pour l'avenir. C'est pr&#233;cis&#233;ment en regard de cette r&#233;alit&#233; historique comme toile de fond que les questions d'immigration et d'int&#233;gration doivent &#234;tre projet&#233;es, d&#233;battues et r&#233;gl&#233;es. Il y a le peuple qu&#233;b&#233;cois, d&#233;j&#224; l&#224;, &#224; qui se sont ajout&#233;s, au fil des ans, de nouveaux arrivants qui tant&#244;t ont d&#233;cid&#233; librement d'&#234;tre pleinement de ce peuple, et tant&#244;t se sont oppos&#233;s &#224; lui ou tenus tout simplement &#224; l'&#233;cart. Le ph&#233;nom&#232;ne de l'immigration du temps pr&#233;sent poursuit ce processus complexe d'accroissement et tend &#224; l'amplifier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la diff&#233;rence de l'assimilation qui peut relever de l'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de ce que l'on est ou encore de la contrainte ext&#233;rieure exerc&#233;e sur quelqu'un ou un groupe, l'int&#233;gration fait plut&#244;t appel &#224; la libert&#233; et &#224; la cr&#233;ativit&#233;. L'int&#233;gration v&#233;ritable &#224; une soci&#233;t&#233; d'accueil n'arrive, il semble bien, que par la d&#233;cision de quelqu'un d'assumer librement le projet m&#234;me de cette soci&#233;t&#233;. Et cela en mettant &#224; contribution les ressources, les moyens et les capacit&#233;s dont chacun dispose en arrivant chez elle. Bien entendu, ces ressources et moyens doivent &#234;tre compatibles avec l'essentiel du projet d'existence de cette soci&#233;t&#233;. On le voit, il s'agit d'assumer de l'int&#233;rieur ce projet. Mais il faut prendre acte que ce projet doit &#234;tre respectueux des droits fondamentaux de l'humain, sinon, en plus d'&#234;tre ill&#233;gitime, il ne susciterait pas d'adh&#233;sion &#233;clair&#233;e et libre. Il pourrait, par ailleurs, comporter quelque obligation particuli&#232;re relevant d'une situation historique d&#233;termin&#233;e. Comme, par exemple, la n&#233;cessit&#233; et l'urgence pour la nation qu&#233;b&#233;coise de formuler des exigences propres concernant la sauvegarde de son patrimoine langagier fran&#231;ais, toujours expos&#233; qu'il est &#224; des infiltrations envahissantes de la part de son immense entourage anglophone. Mais cette obligation ou ces exigences, bien que particuli&#232;res, ne sauraient &#234;tre pr&#233;judiciables &#224; l'humain comme tel. Elles sont inh&#233;rentes au projet concret et l&#233;gitime de la nation qu&#233;b&#233;coise, et elles doivent &#234;tre pr&#233;sent&#233;es comme telles au choix &#233;clair&#233; et libre de l'immigrant. Par ailleurs, la condition m&#234;me de celui-ci implique l'ouverture &#224; ce projet, c'est-&#224;-dire l'intention d&#233;lib&#233;r&#233;e de l'adopter pour sien s'il veut vivre au Qu&#233;bec. L'int&#233;gration vraie n'a rien &#224; voir avec quelque contrainte externe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais il faut ici dire plus : si la nation qu&#233;b&#233;coise veut que l'int&#233;gration des immigrants soit une dimension importante de son devenir, il est n&#233;cessaire et urgent qu'elle remplisse ses devoirs de soci&#233;t&#233; d'accueil. Il est inhumain et condamnable, par exemple, que son gouvernement ne mette pas en place tous les moyens n&#233;cessaires pour aider les arrivants &#224; se familiariser le plus rapidement possible avec la langue commune, le fran&#231;ais ; il est aussi inacceptable qu'il tarde &#224; intervenir pour convaincre divers ordres professionnels de laisser tomber des exigences exag&#233;r&#233;es dans la reconnaissance des dipl&#244;mes et de l'exp&#233;rience des immigrants. Il faut de toute urgence acc&#233;l&#233;rer ce processus de mani&#232;re &#224; ce que les nouveaux venus s'ins&#232;rent rapidement dans le march&#233; du travail et acc&#232;dent ainsi &#224; une autonomie financi&#232;re normale. Et quant aux citoyens eux-m&#234;mes, ils doivent comprendre que la chaleur de leur accueil, signe non &#233;quivoque d'humanit&#233;, est &#233;galement indispensable. Seule la qualit&#233; de l'accueil peut d&#233;gager une atmosph&#232;re qui permette aux arrivants d'exp&#233;rimenter notre soci&#233;t&#233;, &#224; tous les jours, comme un milieu o&#249; il fait bon vivre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que le peuple qu&#233;b&#233;cois puisse demeurer ce qu'il est, tous les citoyens, sans distinction, doivent s'alimenter au m&#234;me flux vital qu'est la langue commune, le fran&#231;ais. C'est dans cette perspective d'essentiel partage que tous les Qu&#233;b&#233;cois peuvent se dire : Nous sommes une nation, un peuple. Ce peuple, cette nation, ce &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nous&lt;/i&gt;, se trouve maintenant dans la situation o&#249; il doit s'expliciter &#224; lui-m&#234;me comment il incombe &#224; tout un chacun d'adh&#233;rer &#224; la vie commune, ou au vivre-ensemble, comme on affectionne de dire maintenant. Ce nous, en son unit&#233; de fait d&#233;j&#224; m&#233;tiss&#233;e biologiquement et culturellement iris&#233;e, doit se dire en toute clart&#233;, franchise et d&#233;termination ce que son existence requiert et ne peut tol&#233;rer. Le peuple qu&#233;b&#233;cois, pour &#234;tre tout simplement, doit reconna&#238;tre son identit&#233;, la d&#233;clarer, l'affirmer et la cultiver. La diversit&#233; des peuples n'est pas une tare de l'humanit&#233;. Celle-ci, normalement, rayonne en la multiplicit&#233; des nations qui sont, il faut le reconna&#238;tre, autant de mani&#232;res pour les humains d'habiter la terre et d'afficher des possibilit&#233;s diff&#233;rentes d'&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le nous et l'histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nous de la nation qu&#233;b&#233;coise pose, ces derniers temps, la question des rapports de l'identit&#233; &#224; l'histoire avec une acuit&#233; particuli&#232;re. Prenons comme exemple le texte &#171; Une loi de la clart&#233; identitaire ? &#187; de &lt;a href=&quot;http://vigile.net/Une-loi-de-la-clarte-identitaire&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;M. Jocelyn L&#233;tourneau, paru dans Le Devoir du 6 novembre dernier&lt;/a&gt;. Ce texte s'en prend &#224; un article de &lt;a href=&quot;http://vigile.net/Quand-les-pequistes-reviennent-au&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;M. Bock-C&#244;t&#233;, publi&#233; dans le m&#234;me journal quelques jours auparavant&lt;/a&gt;, dont il rapporte quelques passages : &#171; &#8230; s'int&#233;grer &#224; une soci&#233;t&#233;, c'est apprendre &#224; dire nous avec elle &#187; et &#171; rejoindre le fait national, c'est adh&#233;rer &#224; un patrimoine historique, &#224; une m&#233;moire et &#224; une identit&#233; substantielle &#187;. Dire des choses semblables, d'apr&#232;s M. L&#233;tourneau, c'est allumer &#171; un briquet &#224; c&#244;t&#233; d'un baril d'essence &#187;. &#171; Je m'&#233;l&#232;ve, &#233;crit encore M. L&#233;tourneau, contre la conception d&#233;fendue par M. Bock-C&#244;t&#233; qui veut qu'il y ait un h&#233;ritage fondateur aux soci&#233;t&#233;s, sorte de substrat immuable et intemporel qui renvoie &#224; l'id&#233;e de peuple &#233;ternel, pour une deuxi&#232;me raison : parce que l'histoire montre qu'il n'en est rien. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que peut-on penser de tout cela ? D'abord que l'emploi du mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;substantielle&lt;/i&gt; pour qualifier l'identit&#233; a r&#233;veill&#233; chez M. L&#233;tourneau la conception m&#233;taphysique platonicienne de l'id&#233;e immuable, intemporelle et donc &#233;ternelle de peuple. H&#233;ritage culturel qui a fa&#231;onn&#233; la pens&#233;e occidentale. - &lt;a href=&quot;http://www.theses.ulaval.ca/2002/20168/20168-Chapitre-7.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;En passant, M. C. Taylor s'&#233;levait aussi, dans le m&#234;me journal quelque temps apr&#232;s 1995, contre tout essentialisme dans la d&#233;termination de l'&#234;tre d'un peuple&lt;/a&gt;. - Voici donc &#224; l'&#339;uvre la vieille opposition entre &#234;tre et devenir, entre le stable et le changeant. Mais la pens&#233;e, au moins depuis les d&#233;buts du si&#232;cle dernier, est en voie de se lib&#233;rer de cette dichotomie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, on peut maintenant parler de substrat, de substance et d'essence sans qu'il soit n&#233;cessairement r&#233;f&#233;r&#233; &#224; une r&#233;alit&#233; &#233;ternelle ou immuable appartenant &#224; un monde non sensible. Et alors on veut tout simplement, par ces mots, signifier un noyau, un fond de r&#233;alit&#233; de quelque chose qui demeure dans et &#224; travers le changement. Par exemple, prenons le soi humain. Chacun a conscience des multiples changements qui l'affectent au cours de son existence, et chacun aussi a conscience qu'il demeure fondamentalement le m&#234;me &#224; travers toute cette &#233;volution et ces modifications. Chacun se r&#233;v&#232;le &#224; lui-m&#234;me comme un soi qui a chang&#233;, qui change, mais qui n&#233;anmoins garde son identit&#233;. De sorte que &#234;tre, c'est &#234;tre en devenir ou &#234;tre devenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout ceci vaut aussi pour un peuple qui n'est, en somme, qu'un ensemble d'humains ayant chacun un soi dont le devenir implique toujours les autres, les semblables. Ces humains ont aussi conscience du devenir de cet &#234;tre-ensemble. Devenir qui n'efface pas la manifestation d'une identit&#233; qui perdure dans les processus de modifications et d'&#233;volutions. Tout ceci appartient au ph&#233;nom&#232;ne de la r&#233;alit&#233; totale et unifi&#233;e de l'humain. De l'humain comme soi individuel et comme nation ou peuple. Essence et substance signifient cette r&#233;alit&#233; changeante, mais perdurant dans le temps, gardant son identit&#233; propre par laquelle cette m&#234;me r&#233;alit&#233; est un quelque chose de d&#233;termin&#233; et reconnaissable comme tel &#224; l'exp&#233;rience. L'essence de l'humain r&#233;side dans son existence, a dit Heidegger en 1927. La pens&#233;e occidentale &#233;tait ainsi invit&#233;e &#224; surmonter ses dichotomies m&#233;taphysiques. Ce n'&#233;tait peut-&#234;tre pas un briquet allum&#233; &#224; c&#244;t&#233; d'un baril d'essence, mais &#224; tout le moins un s&#233;isme de bonne magnitude. Et depuis on a compris lentement que le soi humain n'est pas une particule retranch&#233;e, un ego isol&#233;, mais ouverture, sortie, &#234;tre-dans-le-monde, &#234;tre avec les autres, &#234;tre r&#233;seaux, rapports, cheminements. D'ailleurs, le mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ex-istence&lt;/i&gt; lui-m&#234;me laisse bien entendre cette sorte de sortie ou d'ouverture qui permet justement les diff&#233;rentes manifestations du devenir impliqu&#233; dans &#234;tre. Donc le soi humain est place ouverte, place de clart&#233;, o&#249; s'instaure le temps comme avenir projet&#233; &#224; partir d'un pass&#233; rassembl&#233; en h&#233;ritage et m&#233;moire, et se b&#226;tissant, se mettant en &#339;uvre, s'oeuvrant dans tout pr&#233;sent de la quotidiennet&#233; laborieuse, po&#233;tique et pensante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nous&lt;/i&gt; de la nation qu&#233;b&#233;coise n'est pas racial ou ethnique au sens p&#233;joratif du terme. Et il ne se veut pas de cette trempe. Il est le rassemblement m&#234;me, le rassemblement personnalis&#233; en quelque sorte de cette nation telle qu'elle s'est construite au cours des ans, des si&#232;cles, en int&#233;grant toujours de nouveaux arrivants avec leurs bagages culturels et leur volont&#233; de participer &#224; l'&#233;dification jamais achev&#233;e d'une identit&#233; nationale. Avec des hauts et des bas, faut-il admettre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nation civique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le m&#234;me filon de pens&#233;e, la Commission Bouchard-Taylor a d&#233;j&#224; remis &#224; l'ordre du jour l'id&#233;e de nation civique pour caract&#233;riser l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise. La nation civique, en deux mots, r&#233;sulte en quelque sorte de l'int&#233;gration des membres d'une collectivit&#233; par l'interm&#233;diaire de lois communes et la gouverne d'un &#201;tat. Elle se fonde, en d&#233;finitive, sur une entente contractuelle qui, elle-m&#234;me, a le caract&#232;re d'une convention. Mais, semble-t-il, il faut &#233;carter cette forme de nationalit&#233; comme d&#233;terminant identitaire premier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nation civique n'est qu'un aspect de la nation r&#233;elle. En elle-m&#234;me et prise pour elle-m&#234;me, elle n'est qu'une abstraction en manque de substance. La nationalit&#233; civique est aseptis&#233;e, dess&#233;ch&#233;e, exsangue. Et pri&#232;re de remarquer qu'ici les expressions substance, exsangue, ne renvoient pas &#224; des concepts m&#233;taphysiques traditionnels ni &#224; une quelconque id&#233;ologie raciale, mais signifient m&#233;taphoriquement des dimensions de la r&#233;alit&#233; humaine concr&#232;te, dense et touffue. Les mots du langage ont en effet la pr&#233;cieuse capacit&#233; de ne pas rester prisonniers de directions ou de significations qu'ils ont prises au cours du d&#233;veloppement historique de l'humanit&#233;. Ils peuvent porter au-del&#224;, comme le dit si bien le mot m&#234;me de m&#233;taphore. Et l'humain, tout humain, a la capacit&#233; correspondante d'interpr&#233;ter la signification des mots dans le sens global d'un discours d&#233;termin&#233;. Si seulement il est au fait de ses propres et n&#233;cessaires pr&#233;jug&#233;s - pr&#233;-jugements et pr&#233;-conceptions - et s'il a la moindre disponibilit&#233; pour les remettre en question.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, la nationalit&#233; contenant l'identit&#233; concr&#232;te d'une nation, c'est-t-dire son ethnicit&#233;, pour renvoyer &#224; &lt;a href=&quot;http://vigile.net/_Bouchard-Gerard_&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;un texte de M. G. Bouchard&lt;/a&gt;, publi&#233; aussi dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; quelques temps apr&#232;s 1995, s'av&#232;re plut&#244;t &#224; la fois langagi&#232;re, culturelle, historique, territoriale et civique ou politique. Les nations qui se sont form&#233;es et gardent quelque promesse de durer dans le temps ont tabl&#233; sur autre chose qu'un seul consensus. Elles ont plut&#244;t &#233;t&#233; port&#233;es par un fond d'humanit&#233; concret langagier, historique, culturel, inscrits dans un territoire, dont les forces incitatives et les capacit&#233;s de rassemblement les ont amen&#233;es &#224; se constituer un ensemble de lois et &#224; s'&#233;tablir une autorit&#233; gouvernementale. En somme, la nationalit&#233; civique ne doit pas s'opposer &#224; la nationalit&#233; historique et culturelle, mais constitue tout juste une dimension, si importante soit-elle, de la nationalit&#233; identitaire concr&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nationalit&#233; civique et interculturalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faisons un autre pas. Jusqu'ici, la r&#233;ception &#224; la Commission Bouchard-Taylor des diverses interventions relatives au th&#232;me de l'immigration et des rencontres ou chocs culturels semble avoir &#233;t&#233; faite dans la perspective de l'interculturalisme. Si j'ai bonne souvenance, on s'est mis &#224; parler d'interculturalisme au Qu&#233;bec dans les ann&#233;es 1970. C'&#233;tait, semble-t-il, pour tenter de trouver une position d'ouverture aux alt&#233;rit&#233;s culturelles originale qui prendrait ses distances par rapport au multiculturalisme adopt&#233; par une loi canadienne. C'est que d&#233;j&#224; on soup&#231;onnait ce multiculturalisme de pouvoir diluer l'identit&#233; nationale. Aussi a-t-on reconnu progressivement depuis que cette compr&#233;hension de la coexistence de cultures diff&#233;rentes dans une m&#234;me nation a effectivement la capacit&#233; peu enviable d'atomiser la soci&#233;t&#233; en groupes distincts et de conduire, si on n'y prend garde, &#224; des ghetto&#239;sations n&#233;fastes pour la vie en commun.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum de 1995, comme nous le savons tous, intellectuels et politiciens se sont rabattus sur l'id&#233;e de nationalit&#233; civique pour &#233;chapper aux apparences et reproches d'ethnicisme. Pensant pouvoir ainsi s'afficher sans contredit inclusifs pour les gens d'autres cultures. Et dans la m&#234;me veine, on a &#233;galement, depuis cet &#233;v&#233;nement, revaloris&#233; avec une certaine ferveur l'id&#233;e d'interculturalisme comme alternative &#224; la politique canadienne du multiculturalisme. Ici, deux questions : l'omnipr&#233;sent discours relatifs aux communaut&#233;s se constituant &#224; pleine allure sur certaines parties du territoire ne serait-il pas le signe de la pr&#233;sence effective du multiculturalisme, m&#234;me si on le critique et le rejette en principe ? Y aurait-il l&#224; un embryon de communautarisme emp&#234;chant &#233;ventuellement une v&#233;ritable int&#233;gration des alt&#233;rit&#233;s culturelles ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quoi qu'il en soit, la nationalit&#233; civique, prise comme d&#233;terminant premier ou exclusif de l'identit&#233; nationale, semble &#234;tre le cadre appropri&#233; pour permettre &#224; l'interculturalisme de produire les m&#234;mes effets que le multiculturalisme. En effet, si la nationalit&#233; d'un peuple est r&#233;duite &#224; la seule dimension civique et fait abstraction de sa densit&#233; historique qui est de fond en comble langagi&#232;re, culturelle, territoriale, on ne voit pas comment elle pourrait exercer suffisamment d'attrait pour favoriser une int&#233;gration r&#233;elle et profonde. Cette nationalit&#233;, soi-disant d&#233;barrass&#233;e de toute teneur ethnique, se prive en fait d'un fond humain concret auquel les immigrants, de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, sont invit&#233;s &#224; s'int&#233;grer ou par lequel ils peuvent se sentir convi&#233;s &#224; en faire partie. C'est la vie concr&#232;te en toutes ses modalit&#233;s propres qui peut exercer l'attrait suffisant pour d&#233;clencher chez les gens de l'ext&#233;rieur le d&#233;sir de s'y joindre en permanence. Alors on voit difficilement comment l'ouverture aux alt&#233;rit&#233;s culturelles impliqu&#233;e dans l'interculturalisme, lui-m&#234;me situ&#233; dans le cadre de la nation civique, pourrait ne pas conduire &#224; la constitution de groupes s&#233;par&#233;s peu enclins &#224; s'int&#233;grer au noyau central qu'est la soci&#233;t&#233; d'accueil telle qu'elle se constitue historiquement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, on peut observer que la Charte canadienne des droits et libert&#233;s, telle que formul&#233;e, para&#238;t tout &#224; fait adapt&#233;e &#224; cette id&#233;e de nation civique. En tant que s'int&#233;ressant ou s'adressant d'abord &#224; l'individu, elle est un document fondateur d'un individualisme d'abord soucieux de faire valoir ses droits, et initiateur d'un juridisme &#224; l'avenant. D'o&#249; la confusion sem&#233;e dans l'esprit des immigrants : venant ici, ils ont en t&#234;te ce Canada qui leur a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;, mais il trouve un Qu&#233;bec qui veut pour lui-m&#234;me une nationalit&#233; et un nationalisme diff&#233;rents. Il est vrai que la libert&#233; est un acquis des Temps modernes. Mais tout aussi essentielles et modernes sont l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233;. Ces trois sont inter-reli&#233;es. Laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me, la libert&#233; peut se pr&#233;tendre absolue ; mais l'&#233;galit&#233; est l&#224; pour la temp&#233;rer ; et, de son c&#244;t&#233;, la fraternit&#233; qualifie, caract&#233;rise l'&#233;galit&#233; envisag&#233;e. Puis cette fraternit&#233;, pour sa part et bien comprise, se d&#233;cline tout naturellement comme affinit&#233;, ressemblance, solidarit&#233; et responsabilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nation concr&#232;te en toutes ses dimensions est le milieu d'exercice tout d&#233;sign&#233; pour ces trois p&#244;les ou vecteurs indissociables de la modernit&#233;. Et le nous identitaire, tel que nous l'avons pr&#233;sent&#233;, assumant cette nation concr&#232;te doit int&#233;grer et assumer tous ces &#233;l&#233;ments avec leurs imp&#233;ratifs. Il est vrai et indiscutable, par exemple, que le Chinois du fond de la lointaine Asie est mon &#233;gal. Mais lui comme moi, nous avons bien plus de chance de vivre concr&#232;tement cette &#233;galit&#233; dans toutes ses exigences et ses subtilit&#233;s avec nos concitoyens imm&#233;diats devenus fraternellement des semblables et se reconnaissant une affinit&#233; par et pour le partage de modes de vie particuliers. Il semble bien que la nation concr&#232;te en toute sa densit&#233; d'&#234;tre, si&#232;ge du nous identitaire qui n'exclut personne qui d&#233;sire s'int&#233;grer, soit la place privil&#233;gi&#233;e, sinon la seule, o&#249; peuvent se vivre &#224; plein le fondement de la modernit&#233; qui se d&#233;cline en libert&#233;, &#233;galit&#233; et fraternit&#233;. Et &#224; ce titre la nation serait aussi un legs de la modernit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En somme, la nationalit&#233; civique et l'interculturalisme qui y trouve son terrain de jeu, s'av&#232;rent capables, ensemble, d'&#233;roder ou de rogner avec le temps le substrat langagier, historique, culturel du peuple qu&#233;b&#233;cois. Son identit&#233;, en somme. L'int&#233;gration librement consentie &#224; ce substrat national est seule prometteuse d'avenir. Car alors chacun, quels que soient ses origines et son bagage culturel, fait lui-m&#234;me le tri des apports qui respectent, favorisent et contribuent &#224; l'&#233;dification de l'identit&#233; concr&#232;te de ce peuple. Peuple engag&#233; depuis longtemps dans la poursuite de ce qu'il souhaite comme destin, avec une d&#233;termination variable selon les &#233;poques, avec une conscience variable aussi des apports enrichissants des immigrants int&#233;gr&#233;s, et se voyant lui-m&#234;me changer pour le mieux au fil de ces int&#233;grations r&#233;ussies. Peuple qui n'a pas encore r&#233;ussi &#224; se vouloir r&#233;solument jusqu'&#224; la prise des pleins pouvoirs sur son destin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et c'est, semble-t-il, cette ind&#233;termination qui laisse place &#224; des questions et des probl&#232;mes comme ceux qui ont conduit &#224; la constitution de l'actuelle Commission sur les accommodements raisonnables. &#192; certains &#233;gards, celle-ci est un cataplasme, sans doute utile, voire bienfaisant provisoirement. Tout d&#233;pendra des suites que les autorit&#233;s voudront bien lui donner. Mais on ne peut s'emp&#234;cher d'imaginer qu'on n'aurait assez vraisemblablement m&#234;me pas song&#233; &#224; mettre sur pied une telle Commission dans un autre ordre de choses plus normal et plus satisfaisant pour une nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La&#239;cit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autre part, la la&#239;cit&#233; est apparue depuis quelques temps, &#224; l'occasion de mesures ou d'incidents largement m&#233;diatis&#233;s et, partant, connus d'&#224; peu pr&#232;s tout le monde, comme un &#233;l&#233;ment important de notre conscience identitaire. Il importe pr&#233;sentement de voir que la la&#239;cit&#233; dont se r&#233;clame notre nation n'est pas un &#233;tat parfaitement accompli, mais reste encore un processus. Elle le demeurera sans doute toujours &#233;tant donn&#233; l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne religieux dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette la&#239;cit&#233; &#233;tait en germe depuis fort longtemps quand dans la seconde moiti&#233; du si&#232;cle dernier elle r&#233;ussit &#224; s'affirmer plus express&#233;ment dans une &#233;closion rapide et g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Lorsque, par exemple, la sant&#233; et l'&#233;ducation, qui jusque-l&#224; &#233;taient des domaines d'activit&#233;s relevant en majeure partie des communaut&#233;s religieuses, voire du clerg&#233;, sont devenues des secteurs de la vie publique assum&#233;s par l'&#201;tat et relevant de son autorit&#233;. Le peuple qu&#233;b&#233;cois faisait ainsi un pas important dans la mise en place de la la&#239;cit&#233;. Une d&#233;marche qui ne fut pas sans causer quelques douleurs chez une partie de la population, mais n&#233;cessaire tout de m&#234;me pour une conscience collective devenue de plus en plus au fait des abus d'un moralisme doctrinaire catholique, ainsi que des oppositions et exclusivismes engendr&#233;s par les diverses croyances religieuses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une d&#233;marche qui heureusement put s'accomplir jusqu'&#224; maintenant sans brutalit&#233;, sans que, par exemple, on fit table rase de toute la symbolique chr&#233;tienne. Cette symbolique reste en partie li&#233;e &#224; des acquis culturels &#224; la fois inspir&#233;s du christianisme et refl&#233;tant des aspirations profond&#233;ment humaines de rassemblement, de partage, de lumi&#232;re et de justice. Toutes choses reconnues comme appartenant sans conteste au bagage identitaire de notre nation. L'&#233;glise du village, par exemple, peut encore r&#233;unir diverses dimensions de cette symbolique aux yeux de plusieurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le peuple qu&#233;b&#233;cois est encore &#224; op&#233;rer un tri dans l'ensemble des signes et symboles religieux sem&#233;s un peu partout dans son propre monde et sur son territoire, ou faisant partie de son patrimoine b&#226;ti et culturel. On doit veiller &#224; ce que cette d&#233;marche d&#233;licate soit &#233;pargn&#233;e de bousculades sugg&#233;r&#233;es, entre autres, par un trop grand empressement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors, dans ce contexte, il est compr&#233;hensible que la population &#233;prouve quelques appr&#233;hensions et &#233;mettent des critiques lorsqu'elle voit des citoyens nouvellement arriv&#233;s ou d'autres plus anciens afficher des symboles qui sont en eux-m&#234;mes, ou peuvent le devenir, des signes annonciateurs de mentalit&#233;s et de pratiques qui vont &#224; l'encontre de son projet fondamental. Bien s&#251;r, ces signes et symboles, tout comme ceux de la chr&#233;tient&#233;, peuvent &#234;tre &#224; la fois des marques de croyances religieuses et d'acquis culturels. Mais la nation qu&#233;b&#233;coise ayant elle-m&#234;me &#233;t&#233; aux prises avec son propre int&#233;grisme religieux, d&#233;m&#234;l&#233;s qui ont toujours une certaine actualit&#233; comme en font foi plusieurs interventions &#224; la Commission Bouchard-Taylor, et cette nation &#233;tant &#233;galement au fait, gr&#226;ce &#224; l'universalit&#233; de l'information, des mouvements int&#233;gristes et fondamentalistes religieux s&#233;vissant dans d'autres cultures et civilisations, il appara&#238;t donc compr&#233;hensible et l&#233;gitime qu'elle soit sur ses gardes vis-&#224;-vis d'attitudes et de pratiques qui peuvent entamer ou contredire ses propres fondements, c'est-&#224;-dire des biens ou id&#233;aux essentiels &#224; son projet d'existence tels que la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; de tous, en particulier l'&#233;galit&#233; de l'homme et de la femme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La la&#239;cit&#233; de la nation qu&#233;b&#233;coise veut respecter la libert&#233; de religion. Mais en m&#234;me temps elle r&#233;clame la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat, demande que l'enseignement religieux confessionnel rel&#232;ve de la vie priv&#233;e et soit assum&#233; par les familles, ou soit offert dans les &#233;glises, les temples, les synagogues et les mosqu&#233;es. Elle exige de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale que la religion ne s'affiche pas dans les lieux, instances et organismes publics. Par exemple, elle voit avec une certaine suspicion les pri&#232;res faites avec plus ou moins d'ostentation en des lieux publics. Ironie de la chose : elle a appris du christianisme lui-m&#234;me qu'il est bon de prier son dieu dans le secret !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette la&#239;cit&#233; semble aussi avoir du mal avec le foulard port&#233; par quelques femmes musulmanes. Parce que ce voile para&#238;t &#234;tre, au moins dans certains cas, l'&#233;quivalent d'une pr&#233;dication confessionnelle ou d'un pros&#233;lytisme militant, et qu'il peut signifier une situation d'in&#233;galit&#233; de la femme par rapport &#224; l'homme. La t&#234;te &#233;tant le symbole de la dignit&#233;, de la noblesse, de la libert&#233; et de l'esprit dont participent &#233;galement les deux sexes, ce voile-hidjab peut appara&#238;tre comme un diminutif du nikhab et de la burka qui, eux, repr&#233;sentent tr&#232;s manifestement un enfermement de la femme dans un &#233;tat de soumission et d'inf&#233;riorit&#233;. Il se peut que d'aucuns, &#224; la vue de ses symboles, aient des pouss&#233;es d'urticaire x&#233;nophobes. Mais nos concitoyennes arabo-musulmanes ne doivent pas s'&#233;tonner que des gens de cette nation-ci, de leur nouvelle nation &#224; elles, tout accueillants qu'ils soient pour les immigrants, aient assez de lucidit&#233; pour percevoir les liens entre ces symboles et les &#233;tats d'inf&#233;riorit&#233; f&#233;minine qui s&#233;vissent ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ces conditions, aussi bien les accusations d'int&#233;grisme la&#239;c &#224; l'endroit de ceux qui r&#233;clament r&#233;solument la la&#239;cit&#233; pour la vie publique, que les demandes de ramener l'enseignement religieux confessionnel dans les &#233;coles subventionn&#233;es par l'&#201;tat et les reproches de x&#233;nophobie paraissent-ils non fond&#233;s et irrecevables. La la&#239;cit&#233; qu&#233;b&#233;coise en train de s'&#233;tablir et de se d&#233;finir doit s'opposer r&#233;solument &#224; ces tentatives ressemblant assez bien &#224; des combats d'arri&#232;re-garde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On devrait cesser, entend-on dire ici et l&#224;, de discourir sur l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise et laisser cette soci&#233;t&#233; aller paisiblement, sinon b&#233;atement, son chemin dans la modernit&#233; se mondialisant au gr&#233; des int&#233;r&#234;ts marchands. Car il est difficile sinon impossible, pr&#233;tend-on, de d&#233;finir cette identit&#233;. Oui, c'est difficile, c'est une t&#226;che ardue, doit-on poursuivre, de camper avec justesse l'identit&#233; d'une nation, tout comme il est tr&#232;s difficile, par exemple, de d&#233;finir un visage. Mais, quoiqu'on dise, un visage reste toujours reconnaissable dans la mouvance normale et naturelle de ses traits. Et on peut tenter de le caract&#233;riser, on peut essayer de ne pas l'emp&#234;cher d'appara&#238;tre en sa vitalit&#233; et ses attraits. Ainsi peut-il en aller de la nation. La nation qu&#233;b&#233;coise doit se reconna&#238;tre dans sa complexit&#233;, elle doit faire voir son visage, son vrai visage burin&#233; par des exp&#233;riences multiples d'interactions, un visage plus ou moins affermi et affirm&#233;, un visage quelque peu &#233;nigmatique, mais cherchant de bonne foi un sourire authentique et accueillant pour les alt&#233;rit&#233;s respectueuses de son identit&#233; propre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans cette identit&#233; dont nous avons tent&#233; de dessiner les traits, le devenir de la nation qu&#233;b&#233;coise ressemblerait &#224; une suite de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es, comme des feuilles de papier volant au vent, de&#231;&#224;, del&#224;, ignorantes de leur appartenance originelle &#224; un livre significatif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On est ainsi amen&#233; &#224; H&#233;rouxville. D'aucuns ont lu son code de vie au premier degr&#233; et y ont vu un geste insolite, intempestif. Mais n'est-il pas aussi juste de l'interpr&#233;ter comme une caricature abritant un sens second &#224; d&#233;voiler ? Ce code ne pourrait-il pas &#234;tre tout aussi bien un cri, un cri de frayeur et de d&#233;sarroi au creux d'un ab&#238;me, un ab&#238;me d'incoh&#233;rence et d'irr&#233;solution citoyenne et politique nationalement l&#233;tales ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fernand Couturier&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Doit-on en finir avec l'ind&#233;pendance ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Doit-on-en-finir-avec-l</link>
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		<dc:date>2007-11-15T18:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Daniel Jacques - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Doit-on en finir avec l'ind&#233;pendance ? Telle est la question qui s'impose &#224; nous aujourd'hui et &#224; laquelle nous avons le devoir de nous attaquer. En abordant un tel sujet, il faut d'abord reconna&#238;tre, apr&#232;s deux r&#233;f&#233;rendums successifs sur la souverainet&#233;, (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Doit-on en finir avec l'ind&#233;pendance ? Telle est la question qui s'impose &#224; nous aujourd'hui et &#224; laquelle nous avons le devoir de nous attaquer. En abordant un tel sujet, il faut d'abord reconna&#238;tre, apr&#232;s deux r&#233;f&#233;rendums successifs sur la souverainet&#233;, l'existence de ce que je nommerais, en reprenant certains (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Doit-on-en-finir-avec-l"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Ind&#233;pendantistes et... divis&#233;s !</title>
		<link>http://www.vigile.net/Independantistes-et-divises</link>
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		<dc:date>2007-11-15T12:23:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Nestor Turcotte - Le Soleil (Opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Les journaux rapportent que les ind&#233;pendantistes sont de plus en plus divis&#233;s. Pourquoi le sont-ils ? Et par qui le sont-ils ? La r&#233;ponse est fort simple. Les f&#233;d&#233;ralistes sont-ils divis&#233;s ? La r&#233;ponse est non. Pourquoi ne le sont-ils pas ? Pour la seule et unique raison qu'un citoyen (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Les journaux rapportent que les ind&#233;pendantistes sont de plus en plus divis&#233;s. Pourquoi le sont-ils ? Et par qui le sont-ils ? La r&#233;ponse est fort simple. Les f&#233;d&#233;ralistes sont-ils divis&#233;s ? La r&#233;ponse est non. Pourquoi ne le sont-ils pas ? Pour la seule et unique raison qu'un citoyen f&#233;d&#233;raliste n'est pas ambigu &#224; propos de son (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Independantistes-et-divises"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Colloque du MDS : La souverainet&#233; a-t-elle encore un avenir ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Colloque-du-MDS-La-souverainete-a</link>
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		<dc:date>2007-11-14T16:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		
		


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		<description>Colloque du MDS : La souverainet&#233; a-t-elle encore un avenir ? 1- Les Intellectuels Premi&#232;re s&#233;ance : Qu'en pensent les intellectuels ? avec Jacques Beauchemin, Eric B&#233;dard, Claude B&#233;land, J.-Herman Guay et Diane Lamoureux, sous la pr&#233;sidence de Marc Bri&#232;re (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Colloque du MDS : La souverainet&#233; a-t-elle encore un avenir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1- Les Intellectuels &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;embed style=&quot;width:400px; height:326px;&quot; id=&quot;VideoPlayback&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; src=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=3896670185655089952&amp;hl=fr&quot; flashvars=&quot;&quot;&gt; &lt;/embed&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premi&#232;re s&#233;ance : Qu'en pensent les intellectuels ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;avec Jacques Beauchemin, Eric B&#233;dard, Claude B&#233;land,
J.-Herman Guay et Diane Lamoureux, sous la pr&#233;sidence de Marc Bri&#232;re&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://video.google.fr/videoplay?docid=3896670185655089952&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://video.google.fr/videoplay?do...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Colloque du MDS : La souverainet&#233; a-t-elle encore un avenir ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2- Les Politiciens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;embed style=&quot;width:400px; height:326px;&quot; id=&quot;VideoPlayback&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; src=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=618554965114443491&amp;hl=fr&quot; flashvars=&quot;&quot;&gt; &lt;/embed&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me s&#233;ance : Qu'en pensent les politiques ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;avec Fran&#231;oise David, Daniel Turp, Beno&#238;t Pelletier,
sous la pr&#233;sidence de Marc Bri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://video.google.fr/videoplay?docid=618554965114443491&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://video.google.fr/videoplay?do...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Vous avez dit... &quot;d&#233;nationalisation&quot; ? </title>
		<link>http://www.vigile.net/Vous-avez-dit-denationalisation</link>
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		<dc:date>2007-10-19T12:39:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Th&#233;r&#232;se-Isabelle Saulnier - Chronique de Th&#233;r&#232;se-Isabelle Saulnier</dc:creator>
		


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		<description>Oh ! Voici que, cherchant un autre mets &#224; croquer, je vois qu'on apporte sur la table un nouveau plat, c&#244;t&#233; desserts : un superbe g&#226;teau en forme de livre ! C'est celui de Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, &quot;La d&#233;nationalisation tranquille&quot;. Quel beau titre ! Et si juste, si vrai ! &quot;La (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oh ! Voici que, cherchant un autre mets &#224; croquer, je vois qu'on apporte sur la table un nouveau plat, c&#244;t&#233; desserts : un superbe g&#226;teau en forme de livre ! C'est celui de Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, &lt;a href=&quot;http://vigile.net/-Denationalisation-tranquille-&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&quot;La d&#233;nationalisation tranquille&quot;&lt;/a&gt;. Quel beau titre ! Et si juste, si vrai !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1090 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:182px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://vigile.net/-Denationalisation-tranquille-&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;img src='http://vigile.net/IMG/png/19-mbc.png' width=&quot;182&quot; height=&quot;283&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Cette d&#233;nationalisation, Bock-C&#244;t&#233; l'analyse en trois &#233;tapes : 1) la question linguistique et la d&#233;nonciation, par des souverainistes m&#234;mes, du &quot;nationalisme linguistique&quot; ( !!!), 2) l'abandon bloquiste de la notion des deux peuples fondateurs ( !!!), et 3) l'affaire Michaud. Quant &#224; moi, c'est la derni&#232;re que j'ai pleinement v&#233;cue et dont je me suis surtout aper&#231;u : fin de l'an 2000, ce bl&#226;me unanime &#224; l'Assembl&#233;e nationale - &lt;a href=&quot;http://www.geocities.com/Athens/Atlantis/5719/michaud.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la premi&#232;re grande cause que j'ai d&#233;fendue&lt;/a&gt; - avec l'apparition subs&#233;quente de la notion de &quot;nationalisme civique&quot;. C'est &#224; peu pr&#232;s &#224; ce moment-l&#224; que, comme tant d'autres, j'ai baiss&#233; les bras, que je me suis laiss&#233;e endormir par ce soi-disant &quot;discours d'ouverture&quot; et &quot;discours d'inclusion&quot;, et que, dans un tel contexte, o&#249; il ne peut plus et ne doit plus &#234;tre question de notre peuple et de notre histoire (pour ne pas &#234;tre une ou un vulgaire et m&#233;prisant &quot;ethnique&quot;, n'est-ce pas ?), mes ailes de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec ont fondu comme celles d'Icare s'approchant trop pr&#232;s du soleil. Car &#224; quoi bon l'ind&#233;pendance, si on oublie, si on s'oublie et se renie ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premier r&#233;veil : le 24 juillet 2007, jour du 40e anniversaire du c&#233;l&#232;bre &quot;VIVE LE QU&#201;BEC LIIIIBRE !&quot; de Charles de Gaulle, qui a presque &#233;t&#233; pass&#233; sous silence et ce, surtout par celui qui devrait &#234;tre le plus int&#233;ress&#233;, &#224; savoir le Parti Qu&#233;b&#233;cois, le parti souverainiste du Qu&#233;bec. Un silence quasi impardonnable, une erreur, un autre flagrant manque de courage de la part de ce parti. J'ai souvent r&#233;entendu ce discours dans son int&#233;gralit&#233; et, chaque fois, des larmes coulent sur mes joues, des larmes de bonheur, de joie intense et, surtout, de fiert&#233; ! Comme celle que j'ai &#233;prouv&#233;e le 24 juillet 1967, alors que j'&#233;tais en France, dans un terrain de camping, et que j'ai &#233;cout&#233; le discours du g&#233;n&#233;ral de Gaulle &#224; la radio : je jubilais ! Enfin, d&#233;sormais, quand je disais &quot;Je suis Qu&#233;b&#233;coise&quot;, on comprenait o&#249; j'habitais et je n'avais plus besoin de pr&#233;ciser &quot;Canadienne fran&#231;aise&quot; pour me faire situer dans le monde. - La devise du Qu&#233;bec &#233;tant : &quot;Je me souviens&quot; - ou, plut&#244;t : &quot;Je ne me souviens plus !&quot; - &lt;a href=&quot;http://archives.cbc.ca/IDC-0-17-209-1048-21/inoubliables/politique_economie/gaulle_quebec_libre&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la vid&#233;o de ce discours&lt;/a&gt; devrait &#234;tre diffus&#233;e tous les 24 juillet, ou le 24 de chaque mois, me suis-je dit. Car, le progr&#232;s &#233;tant ce qu'il est, maintenant, allez dire ailleurs que vous &#234;tes du Qu&#233;bec... On vous r&#233;pond : &quot;Ah ! du Canada !&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me r&#233;veil (apr&#232;s un doute s&#233;rieux pr&#233;c&#233;dant le premier r&#233;veil) : la saga des accommodements d&#233;raisonnables et celle d'H&#233;rouxville (&lt;a href=&quot;http://www.geocities.com/philovicto/herouxville-analyse.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;deuxi&#232;me grande cause que j'ai d&#233;fendue&lt;/a&gt;), trait&#233;e aujourd'hui par la Commission B-T &#224; laquelle je m'int&#233;resse de tr&#232;s pr&#232;s, qui m'a rappel&#233;e &#224; mon identit&#233; premi&#232;re et &#224; ce NOUS dont je fais partie. Un nous soi-disant interdit de prononcer ? - &lt;a href=&quot;http://vigile.net/A-bas-le-terrorisme-verbal&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;A bas le terrorisme verbal&lt;/a&gt;, ai-je dit ! J'ai, moi aussi, le droit de dire nous !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Phase finale, le r&#233;veil complet, je suis &#224; nouveau debout : depuis quelques semaines, plus pr&#233;cis&#233;ment depuis le d&#233;but des travaux de la Commission B-T, je me rends compte que le discours change, se nuance et, voire, se transforme assez radicalement. Nous renaissons ! Nous parlons ! Nous nous souvenons ! Nous retrouvons qui nous sommes ! Par le fait m&#234;me, on nous reconna&#238;t et nous tassons tranquillement cette notion de nationalisme &quot;civique&quot; (oppos&#233; b&#234;tement au nationalisme &quot;ethnique&quot;), cette notion de &quot;nationalisme civique&quot; vide de sens, de substance, d'&#201;PAISSEUR, dit Bock-C&#244;t&#233;, et qu'on essaye de remplir par une opposition droite (Canada) / gauche (Qu&#233;bec) - (je suis morte de rire), ou de fonder sur une simple Charte qu&#233;b&#233;coise des droits qui serait &quot;porteuse d'un projet de soci&#233;t&#233;&quot; - (rien de moins !), ou de proclamer un ensemble de valeurs dites sp&#233;cifiquement qu&#233;b&#233;coises, mais aux &#233;tranges allures de valeurs universellement reconnues... (Encore, et encore plus morte de rire !)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;- De quoi fouetter nos ardeurs souverainistes, n'est-ce pas ! - La nature a horreur du vide, et moi aussi, d'ailleurs, et je vais donc voir ailleurs o&#249; je suis, - autour de cette table-buffet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Revenons donc &#224; ce superbe g&#226;teau - du moins d'apparence, comme vous le verrez bient&#244;t. Bock-C&#244;t&#233; parle - ou reparle - du nationalisme historique, celui qui retrouve sa m&#233;moire et son identit&#233; de peuple fondateur de ce pays, un nationalisme et une aspiration &#224; la souverainet&#233; enracin&#233;s dans notre histoire et dans notre culture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notion rafra&#238;chissante s'il en est, eau d&#233;salt&#233;rante suite &#224; la travers&#233;e du d&#233;sert qui fut n&#244;tre, et suite &#224; la gourde &#224; sec depuis des heures et des heures ! Merci, merci, mille fois merci, grand cuisinier-p&#226;tissier B-C ! Votre g&#226;teau est tr&#232;s nourrissant, - quoique fort indigeste, doit-on avouer. Vous, pourtant, qui nous avez habitu&#233;s &#224; une p&#226;te l&#233;g&#232;re tout en &#233;tant ferme, vous en avez utilis&#233; deux, pour ce livre, car il s'agit, en fait, d'un g&#226;teau marbr&#233; (&#224; deux p&#226;tes) : l'une de votre cru, excellente et fort digestive, et l'autre venant de vos historiens-historiographes et sociologues de r&#233;f&#233;rence. C'est quand m&#234;me inou&#239; de constater que sur 165,5 pages de texte, on trouve 392 citations dont les r&#233;f&#233;rences, plac&#233;es &#224; la fin, sont souvent suivies d'un plus ou moins long commentaire, et qui couvrent pas moins de 32,5 pages !!! La partie indigeste de votre p&#226;te &#224; g&#226;teau est pr&#233;cis&#233;ment cette derni&#232;re, mais je me plais &#224; croire que vous le f&#238;tes expr&#232;s, les choses laides se formulant, bien souvent, de laide fa&#231;on, d'autant plus que l'indigestibilit&#233; de votre g&#226;teau vient du syle obscur et ampoul&#233; de tous ces intellectuels travailleurs &#224; notre d&#233;nationalisation, donc &#224; la n&#233;gation de nous-m&#234;mes, que vous citez trop abondamment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'y reconnais votre humour subtil, votre clin d'oeil qui nous ram&#232;ne, au dernier chapitre et dans la conclusion, aux vrais historiens, ceux qui sont proches de l'&#226;me de notre peuple et qui la font vibrer. Et mon clin d'oeil &#224; moi, c'est que... le commissaire G&#233;rard Bouchard fait partie de ces &quot;historiographes d&#233;nationalisants&quot;, lui qui nous a dit qu'il fallait &quot;jeter nos souches aux feux de la Saint-Jean&quot;, ce m&#234;me G&#233;rard Bouchard qui est &#224; la t&#234;te de la Commission B-T ! J'y serai, le 23 octobre, au forum et aux audiences de Trois-Rivi&#232;res. On verra bien qui pr&#233;juge, qui a des pr&#233;jug&#233;s - car ils sont toujours du c&#244;t&#233; de la salle, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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