Mais non ! Cette chronique ne porte pas sur le sysème d’éducation québécois ! - Sauf que, ayant été prof de philo pendant un bon 30 ans, il est bien difficile que je ne pense pas, tout à coup et ces temps-ci, à ce mot.
Situation concrète : vous avez affaire avec une classe d’ "indisciplinés", une gang de "grosses têtes" (très intelligentes) qui veulent avoir la vôtre - ou, soyons gentils ou naïfs, qui veulent tout simplement la tester, ... - Genre : on vient de passer un règlement interdisant de fumer dans les classes. V’là-ti-pas qu’une ’tite gang de potteux, qui ont fumé leur joint avant d’arriver, se mettent à allumer leurs cigarettes, toutes fenêtres fermées... La prof voit tout à coup la boucane envahir le local, elle qui est plongée corps et âme dans sa matière à transmettre...- Quoi dire ? - "Pourrions-nous, s’il-vous-plaît, ouvrir les fenêtres ?"
Morte de rire suis-je aujourd’hui, et pourtant, je vous le jure, chers lecteurs et lectrices, ça s’est réellement passé dans une de mes classes, et c’est tout ce que j’ai trouvé à dire ! - N’empêche qu’on ne m’a plus jamais refait ce coup-là !
Tout ce préambule pour vous dire que je me demande, depuis quelques semaines, comment revenir à l’analyse du rapport Bouchard-Taylor (ce grand oublié et ce grand délaissé, mais faisant tout de même l’objet d’un dossier de l’édition se septembre de L’Action nationale). L’affaire, c’est que, pour qui tient une chronique, il faut pourtant suivre l’actualité, et la mienne est celle de Vigile.
J’ai mis sur la table, voilà déjà trois semaines, la question : c’est quoi, finalement, les raisons de faire l’indépendance ? J’ai demandé à chacun et chacune d’entre nous de faire ce que j’ai pompeusement, peut-être, appelé "un examen de conscience". mais voilà que je dois me rendre à l’évidence : la majorité ne veut rien savoir de la consigne que je leur donne ! Alors, on n’avance pas vite sur la question. Il me faudrait faire une synthèse et une épuration des messages reçus et relancer la discussion, puisque celle-ci bifurque bel et bien vers des questions connexes aux raisons comme telles. Cela fait, je pourrais alors revenir enfin au rapport Bouchard-Taylor en en faisant, suite à certaines raisons mentionnées, ... l’ennemi à combattre et à abattre, au même titre que le gouvernement fédéral !
Mais d’ici à ce que je trouve le temps de faire cette synthèse et la voie vers le rapport B-T, parlant de consignes, j’ai été bien attristée de lire le texte de Francine Allard, "Tiens toé ! - ou les malheurs d’une chroniqueure vaincue", vaincue par les insultes reçues. D’où la question de la discipline qui revient par le biais du contrôle des messages et commentaires des lecteurs et lectrices. Madame Allard suggère que l’anonymat et les pseudonymes ne soient pas tolérés, ce que moi-même j’ai déjà soumis à Vigile il y a quelques semaines, ce à quoi il m’a répondu que "certains ont plus à perdre que d’autres à étaler leurs opinions politiques publiquement. Ceux qui fonctionnent avec un pseudonyme sont invités à soumettre une courte biographie à Vigile, question qu’on en sache un peu plus sur eux sans nécessairement dévoiler l’identité." Voilà un argument de poids, effectivement, mais la question porte surtout sur le contenu des messages reçus.
Il y a une sélection opérée par la ou les personnes administrant le site Vigile. Depuis longtemps sinon toujours, des messages ne sont pas publiés et il m’est arrivé de recevoir des messages privés me parlant de censure existant sur Vigile. La question est de savoir selon quels critères ils sont acceptés ou refusés.
Il y a environ un mois ou deux, Vigile a rédigé des consignes pour l’envoi d’un texte à la Tribune libre ou d’un commentaire à un article. Les voici, en rappel pour ceux et celles qui les connaissent (mais ne les respectent pas toujours), et comme information pour les autres.
Pour l’envoi d’un message :
Pour assurer la publication de votre commentaire, évitez :
réponses à un autre commentaire (ceci n’est pas un forum de discussion)
fautes de français (elles ne seront pas corrigées, révisez, utilisez un dictionnaire)
excès typographiques (gras, majuscules, ponctuation)
attaques personnelles, propos injurieux ou discriminatoires
commentaires multiples ou redondants
commentaires trop longs (soumettez plutôt à la Tribune libre ou envoyez un message privé à l’auteur)
changements de nom ou de pseudonyme (votre adresse IP nous est visible)
omission de votre adresse courriel (pas publiée sur le site, mais l’auteur de l’article peut la recevoir).
Pour l’envoi d’un texte à la Tribune libre :
Pour que votre texte soit publié sur Vigile, évitez :
Excès typographiques (gras, majuscules, ponctuation, ...)
Texte trop court (moins de deux paragraphes, faire un commentaire)
Contributions excessives ou redondantes
Si ce sont là les véritables critères de sélection (acceptation ou refus), force nous est de reconnaître, en lisant les réponses à des articles, qu’ils ne semblent pas être appliqués. Des commentaires trop longs, des réponses à d’autres commentaires (des "dialogues" entre deux commentateurs) ou des réflexions souvent sans lien avec le sujet du texte sont très fréquents. Par ailleurs, j’ai pu constater, puisque j’ai maintenant accès à la gestion de mes chroniques, que des messages ont été supprimés (ils y sont toujours, on peut les laisser supprimés ou les valider) alors qu’ils me semblent pertinents, et que d’autres ont été validés alors qu’ils ne correspondent pas aux critères de publication... Il y a là comme un problème, non ?
Luc Archambeault a écrit à Francine Allard : "J’ai vécu pareil sort ! La différence entre vous et moi... c’est que j’étais administrateur du site Internet et pouvais intervenir pour faire la discipline... exiger d’agir à visage découvert, exiger la politesse et le vouvoiement... et le débat d’idée contre les attaques disgracieuses personnelles... J’ai été surpris de constater qu’une fois ces exigences... exigées, le ton a changé, sans que j’aie à sévir." - Moi aussi j’ai toujours cru en l’auto-régulation, sans qu’on soit obligé d’intervenir pour juger si on accepte ou non un message, mais voilà, la discipline dont parle Archambeault n’est pas toujours présente, tant s’en faut. Ni de la part des lecteurs-commentateurs, ni de la part des "valideurs", - ni de la part des indépendantistes dans l’ensemble...
Il serait peut-être temps de s’auto-discipliner réellement et de parfaire les critères déjà sur la table, en y ajoutant ceux d’Archambeault et, me dis-je depuis un certain temps, en fonction de la philosophie et de la raison d’être de Vigile. Allez, Monsieur Frappier, il serait temps pour un nouvel éditorial, maintenant, pour remplacer ou actualiser celui de 1996 !

