Éditorial - On entend souvent dire que la croissance économique des dernières années a laissé les pauvres sur le carreau. Les dernières données sur le revenu des Canadiens, publiées par Statistique Canada, contredisent cette assertion.
Selon ces données, au cours des dix dernières années, le revenu médian après impôt des familles québécoises est passé de 42 500 $ à 47 700 $ (une fois l’inflation prise en compte), une hausse de 12 % Tous les types de ménage ont vu leur situation financière s’améliorer. Par exemple, le revenu médian des familles monoparentales ayant une femme à leur tête a grimpé de 21 900 $ à 30 100 $, une augmentation très significative de 37 %.
La bonne performance économique de la dernière décennie a sorti de la pauvreté 377 000 Québécois. Cette évolution ne résulte pas de programmes gouvernementaux plus généreux mais de la forte création d’emplois. D’ailleurs, le seul groupe de personnes qui n’a pas profité de la croissance est celui des gens restés sans emploi, dont le revenu réel n’a pratiquement pas bougé.
Bien sûr, la prospérité des dernières années n’a pas eu raison de toute la pauvreté. Elle n’a pas non plus éliminé les inégalités : les personnes dont le revenu a le plus augmenté depuis dix ans sont celles du cinquième de la population qui gagnait déjà le plus. Mais ce fait n’a pas empêché la grande majorité des gens de bénéficier d’une amélioration de leurs finances personnelles. Il n’y a là rien de paradoxal. Au contraire, comme l’explique notre collègue Alain Dubuc dans le livre qu’il vient de publier (Éloge de la richesse), " plus il y aura de Québécois à revenus élevés, si cela ne se fait pas au détriment de ceux qui sont à l’autre extrémité de l’échelle, mieux nous nous en porterons collectivement. "

