@ Guillaume Martin
Eh non ! Vigile ne favorise pas la liberté d’expression.
Vigile est un lieu de l’expression souverainiste. Vigile censure ce à quoi on est confronté ailleurs, c’est-à-dire à l’assaut souvent désobligeant, disgracieux, sophistique et partisan des troupes activistes canadianisatrices. Et, c’est tant mieux. Qu’un espace de communication, d’information, de discussion entre souverainistes existe est salutaire et essentiel. Nous pouvons sans perdre temps et énergie échanger, communiquer, exposer la mouvance souverainiste. La censure dans un contexte précis et annoncé permet de disposer d’un contenant capable d’accueillir, recevoir, réunir, documenter, classer et archiver un contenu autrement dispersé ou tout simplement non-exprimé, un tout perdu dans la masse informe intersidérale médiatique, ou tout simplement jamais créé dans ce même vide de sens.
Remarquez, le fait ne nous trouver ensemble, sans pouvoir lire ici nos adversaires, nous fait peut-être nous prendre nous mêmes comme des adversaires, programmés que nous serions par la culture de l’affrontement qui sévit partout ailleurs. Si nous ne parvenons pas à fonder une culture de l’appui, de la complémentarité complice, de la solidarité plurielle, peut-être faudra-t-il songer à ouvrir une section de Vigile, ouverte à nos adversaires. Peut-être que les plus pugnaces y trouverait matière à expulser leur trop plein d’hostilité, voire de rancoeur, et cette fois non pas à l’encontre de leurs compagnons de lutte, mais bien contre nos adversaires. Le pire dans la bataille, ce sont les tirs amis...
La question que pose Gilles Bousquet est pertinente. Jusqu’à quel point dans Vigile la censure des canadianisateurs est-elle étanche ? Le dénigrement constant, l’attaque directe ou indirecte contre la souveraineté par des personnes qui se disent indépendantistes, sous prétexte qu’il affichent leur supposé adhésion souverainiste, n’est-il pas en tout point semblable à celui que nos adversaires ne peuvent pas étaler ici ? Ces attaques ne sont-elles pas la Cinquième colonne, le cheval de Troie canadianisateur, haler en notre citadelle de la cause du peuple souverain du Québec ?
Poser la question ne veut pas pour autant dire qu’il faille accroitre la censure d’office, d’autant que le texte de M. Bousquet n’en fait pas mention, contrairement à ce que certains en disent.
Personnellement, je veux bien croire qu’on puisse être indépendantiste et désirer, un Parti Québécois plus interventionniste, plus prosélyte, plus ceci, plus cela, et j’en suis, mais j’ai du mal à croire que ce désir se fasse activiste au point de systématiquement prendre le parti-pris de l’attaque contre le Parti Québécois, à tous les jours, délibérément, systématiquement. On pourrait facilement y voir des manipulations occultes canadianisatrices. Comment nous en prémunir ?
Il y a là un militantisme suspect. Suspect de partisanerie. Soit celle des canadianisateurs, soit celle pas vraiment plus édifiante, de celles est ceux qui voudrait par là, accroitre l’ascendant, accroitre l’adhésion d’un Parti indépendantiste qui supplanterait le PQ à même le seul processus des vases communicant. À la rigueur on peut l’admettre un temps. Mais pas quand effectivement il s’agit de ne s’en tenir qu’au maraudage politique par d’incessantes querelles, c’est autre chose. Si j’appuie la constitution d’un Parti indépendantiste activiste, cela ne peut se faire qu’en complément, en appui au Parti Québécois toujours appuyé par Jacques Parizeau. Si un jour Jacques Parizeau fait état d’une autre allégeance, je serai probablement l’un des premiers à le suivre, faut voir !
En attendant... Que d’aucuns pensent pouvoir faire mieux, soit ! Qu’ils le fassent et démontrent qu’ils peuvent le faire. Cela en parlant mieux, plus souvent, avec de meilleurs arguments, de meilleurs dossiers, de meilleures démonstrations, capables de mieux faire la défense et l’illustration du bien-fondé, de l’a propos, de la pertinence immédiate ou à court terme de la fondation de l’État souverain du peuple démocratique et souverain du Québec. Laissant à nos communs adversaires le soin d’attaquer le PQ. Mieux, en les attaquant en retour, à chaque fois qu’ils attaquent des souverainistes, le souverainisme, donc à chaque fois que le PQ est attaqué.
Si leur seul objet est de phagocyter le PQ, de puiser à même son électorat son propre électorat, quel est l’apport de telle militance, il est nul. Aussi nul que ne le sont leurs critiques. Je n’ai rien vu du PI qui soit le fait d’une meilleur défense du bien-fondé de la souveraineté. Tout ce que j’ai pu lire ici se résume à systématiquement, abusivement, frénétiquement, insidieusement, ou minutieusement, participer, donner des armes, illustrer la division souverainiste. Vigile est même cité en exemple même de telle division qui serait l’exemple du chaos dans lequel le Québec serait entrainé s’il fallait que ce peuple souverain du Québec choisisse démocratiquement la souveraineté.
La culture de la querelle doit faire place à une culture de l’union
Cela doit cesser. La discussion doit pouvoir se poursuivre hors le clivage et la division. On doit pouvoir trouver le moyen de participer au débat, hors le contraste du tout blanc ou tout noir. Il y a moyen de faire valoir ses préférences, d’exposer ses enthousiasmes, sans pour autant toujours mettre en valeur ce qui les contre. On peut préférer plus d’ardeur, sans être contre la patience. On peut vouloir foncer, sans être contre le fait de se préparer à l’attaque. On peut être impatient, sans pour autant sans faire du PQ la cause d’un certain flottement, alors que le flottement en question en a bien d’autres autrement plus significatives. On peut déplorer que le manque de tonus du PQ soit un effet de ces causes qu’il faille contrer, sans être contre le PQ lui-même.
Être contre le PQ, c’est aussi sûrement qu’être du PLQ, assurer le recul du mouvement souverainiste. Appuyer le PQ en privilégiant plus de vigueur, en l’incarnant dans un discours plus vigoureux autre que vigoureusement attaquer le PQ, c’est tout autre chose. La culture du maraudage doit cesser. Ce n’est pas le syndicat rival qui est la cause des problèmes des travailleurs, c’est l’indifférence des travailleurs, c’est l’anti-syndicalisme, c’est... tout ce qu’on pourra invoquer, pour faire avancer la cause du syndicalisme, de l’union des travailleurs.
La culture de la querelle doit faire place à une culture de l’union dans la diversité des pratiques, la diversité des approches, la multiplicité des enthousiasmes électifs, dans la synergie, dans l’appui, dans la solidarité.
D’autant, en campagne électorale. La dernière fédérale a montré, quand la division a cessé de se montrer activiste, que le résultat est à portée de main. Sue à la division et aux attaques, sue à l’abstentionnisme. Vive la mobilisation, vive la souveraineté libre d’antagonismes personnels ou organisationnels. Vive l’unité souverainiste.
Je propose la censure. Du moins pour les prochaines semaines électorales. Un projet pilote qui bannirait les attaques, tout en privilégiant la libre expression de la diversité souverainiste affichée autrement que dans l’attaque, le dénigrement, l’expression de l’absentéisme électoral. Juste pour voir ! Juste pour voir ce que pourrait donner de pouvoir compter sur un lieu de communication souverainiste ouvert, solidaire et uni. Quitte à conserver ce qui serait censuré dans une section spéciale non publiée. Quitte à y donner accès ultérieurement pour y juger de la pertinence de cette expression destructive.
Le mieux bien sûr serait l’auto-discipline. Mieux, la transformation de l’hostilité en solidarité.
Au fait, le PI, il fait quoi ? Il existe toujours ? Il est prêt pour les élections ? Il y participe ?
Le référendum obligé du dévoilement stratégique
Soit dit en passant, la fondation d’un État émanant du peuple souverain du Québec, par un référendum obligé dans un premier mandat, est tout autre chose que l’heure de tombée d’un journal, comme le décrit le manifeste Sans référendum, pas de souveraineté de Pierre Dubuc et Marc Laviolette. C’est tout autre chose. Il est plutôt question d’Olympiques.
Bien sûr le référendum obligé est la condition essentielle d’un État du peuple fondé par et pour le peuple démocratique et souverain. Mais est-ce bien l’annonce de sa date qui doit engager le processus menant à telle échéance ? Une réussie et victorieuse participation aux olympiques ne se résume pas à se doter d’un passeport ni ne se résume aux démarches pour l’obtenir à quelques mois de l’échéance. Pour participer aux olympiques, il faut se préparer de très nombreuses années. Il faut être en forme, il faut chaque matin s’entrainer. On le sait bien... Or, si l’on attend la promesse d’un référendum pour ce faire... on se tire dans le pieds. On ne s’entraîne pas... on ne se met pas en condition. Et, le coach n’y peut rien si les athlètes que nous sommes, si les agents de changements que nous sommes, prennent sans cesse des vacances, se distraient à n’importe quel party de querelles, et ne prennent pas la responsabilité de s’entrainer, de participer à la documentation, à la diffusion de ce qui milite en faveur de la cause du peuple souverain du Québec.
Vous voulez la querelle
Mener bataille dans Cyberpresse et autres blogues Internet canadianisateurs.
Ce, d’autant quand on se laisse entrainer dans toutes diversions que semblent mériter notre attention sous tous prétextes de l’incomplétude de nos organisations et de nos chefs, en lieu et place d’intervenir dans tous les Forum pour occuper la place qui nous revient en ne la laissant pas toute aux activistes canadianisateurs, comme c’est plus ou moins le cas actuellement. Vous vous ennuyer d’un PQ combattif, un tel ennui fond d’office quand on combat soi-même dans les arènes qui ne manquent pas pourtant dans Cyberpresse. Vous voulez vous battre, faites ! La place est libre...
On en reparlera quand ce sera chose faite et que les indépendantistes auront su prouver qu’ils peuvent faire mieux que les autres...