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MIKI THEODORAKIS ET YVES MICHAUD
Une leçon de Grecs pour notre Assemblée nationale
Guy Bouthillier
Tribune libre de Vigile
samedi 13 décembre 2003      114 visites


Je n’étais pas d’accord avec les propos qui ont déclenché « l’affaire Michaud » Le moins qu’on puisse en dire, en effet, c’est que ce n’est pas ainsi qu’on s’y prend si on cherche à se faire de nouveaux amis et à répandre les idées républicaines d’égalité et de fraternité parmi nos diverses populations.

Mais je n’étais pas d’accord non plus avec la manière dont se sont comportés nos élus - tous non élus ! - dans cette affaire : un Parlement, une Assemblée nationale, ne doit jamais se tranformer en tribunal d’Inquisition. Ceux qui en douteraient encore pourront se rapporter à l’affaire suivante, qui vient de se produire en Grèce, et dont je donne ici les grands traits, tirés du Monde du 14 novembre dernier.

Miki Theodorakis, le grand, le célèbre, a tenu, sur les Juifs, des propos à faire dresser les cheveux : « Nous sommes, dit notamment le chanteur, deux peuples pas comme les autres, nous et les juifs. Mais eux, ils ont le fanatisme et réussissent à s’imposer. (...) Aujourd’hui, nous pouvons dire que ce petit peuple est à la racine du mal, et non du bien ».

La réaction ne se fit pas attendre. À Jérusalem, le directeur du mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem exprima sa plus vive indignation. À Athènes, les représentants de la communauté juive dénoncèrent les propos du compositeur : « Il est incompréhensible que M.Theodorakis, qui a tant offert à la démocratie, ait pu tenir pareils propos racistes » Le Gouvernement grec, par la voie de son porte-parole, en fit autant.

Mais le Parlement grec ne se prononça pas. Personne ne demanda qu’il le fasse, ni même ne s’attendit à ce qu’il le fît.

Une leçon de Grecs pour notre Assemblée nationale.

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