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Une bataille pour la prise "définitive" de Québec
Gaston Boivin
Tribune libre de Vigile
dimanche 25 janvier 2009      268 visites      1 message


Depuis quelques années, le fédéral est en guerre contre l’idée d’un Québec, qui assume entièrement son état-nation et qui valorise, à tous points de vue et à l’égard tant des Québécois eux-mêmes qu’à celui des autres peuples et nations de ce monde, l’affirmation politique de sa nation, tout comme il l’est contre ceux qui préconisent cette idée. Tous savent bien comment s’est comporté le gouvernement fédéral lors du reférendum de 1995 et depuis lors. Tous ont appris ces dites dernières années comment les officines de l’état fédéral sont à ce propos en mission commandée de canadianiser entièrement les Québécois. Qui dit mission commandée en ce sens dit notamment commandites et autres manières d’oriention vers un objectif de canadianisation à outrance de tous les Québécois.

Ces dernières années, notamment depuis la frousse qu’il a vécu lors du reférendum de 1995, l’état fédéral s’acharne sur la mémoire acquise qu’ont les Québécois de leur différence et qui, de génération en génération,se transmet à travers leur héritage culturel et historique. C’est là, à ce niveau même, que l’assault et l’attaque du fédéral se sont dirigées : Les évènements historiques sont ainsi transfigurés par l’autorité fédérale pour que la perception qu’en ont les Québécois n’en soit plus une québécoise mais canadienne et ce, en utilsant au moins 4 façons d’agir :

I) Lors de la commémoration des évènements historiques les concernant, substituer à la perception québécoise la perception canadienne. À cette fin, ne permettre "officiellement" dans toute cérémonie publique les célébrant que l’expression de la vision canadienne, le but étant, à travers la commémoration de tels évènements, de remplacer chez les Québécois leur mémoire acquise de ce qu’ils sont dans leur différence par une mémoire canadienne à ainsi construire chez eux avec le temps.

2) Toujours dans la commémoration des évènements historiques les concernant, favoriser toute décision qui tend à canadienniser l’évènement plutôt qu’à le québéciser,...donc qui tend à affaiblir l’idendité québécoise et son rayonnement tant au Québec qu’à l’étranger.

3) Décider de l’opportunité de commémorer certains évènements, lors même que ce soit à l’encontre de la volonté des Québécois qui, dans certains cas, préfèrent, nonobstant la mémoire qu’ils en ont, ne pas célébrer des évènements qui les ont meurtris et qui ont assombri leur avenir sur ce continent, car, pour le fédéral, en autant que la commémoration d’un évènement puisse favoriser l’élaboration d’une identité canadienne à construire chez les québécois, tout va pour le mieux, d’autant plus que, dans le cas plus précis de la commémoration du 250ième de la bataille des plaines d’Abraham, l’endroit et l’évènement y est présenté comme le berceau et la naissance du Canada. Il faut donc faire plaisir aux Canadiens, fusse-ce au détriment des Québécois : Politique et unité obligent !

4) Donner à tout évènement historique concernant les Québécois, lors même qu’il soit antérieur à la Conquête anglaise, une interprétation propre à le rattacher, par n’ importe lequel subterfuge, au Canada d’après-Conquête, de manière à lui donner une image canadienne qui viendra, espère-t-il, avec le temps, à opérer cette transfiguration qu’il désire effectuer chez eux en substituant à leur mémoire acquise de leur différence une seule mémoire canadienne à construire chez eux.

À cette fin, le fédéral s’est donc résolument mis à l’assault de la prise définitive du Québec, plus particulièrement, à travers la commémoration de 2 évènements historiques qui ont marqué l’histoire de la Nouvelle-France et du Québec, à savoir : 1) La fondation de Québec et 2) La bataille des plaines d’Abraham. Or il s’avère que ces 2 évènements historiques, très importants dans l’histoire du Québec et de sa nation, se sont déroulés dans la capitale nationale des Québécois, savoir à Québec et dans ses environs. D’ou cette "Nouvelle bataille de Québec" entreprise par ce gouvernement fédéral issu de la Conquête anglaise et de la volonté majoritaire de ses descendants, qui prend toutes les allures de cette "Bataille pour la prise définitive du Québec" !

Concernant la commémoration de ces deux évènements, dès le départ, le fédéral a manifesté son intention d’orienter sur le terrain le sens à leur donner, en procédant à la nomination "d’un Commissaire fédéral des fêtes du 400ième", qui fut annoncée le 21 mai 2004 par la ministre de "Patrimoine Canada" de l’époque, madame Hélène Scherrer, le choix s’étant porté sur la personne d’André Juneau, le même André Juneau qui préside la Commission des champs de bataille, organisme fédéral, qui, à Québec, gère la mémoire canadienne de l’occupation anglaise de la Nouvelle-France : Déjà tout était en place pour que ces évènements soient commémorés à la canadienne. Soulignons, par ailleurs, qu’un an après sa nomination, savoir en mai 2005, le commissaire André Juneau démissionna de ce poste, invoquant qu’il voulait éviter d’éventuels conflits d’intérêts, après, selon ce qui en a été rapporté, avoir vécu certains tiraillements avec des dirigeants de la Société du 400ièeme anniversaire d’alors. Il a également été rapporté qu’à l’èpoque, par l’intermédiaire de sa personne, le gouvernement fédéral aurait fait savoir qu’il avait des rétisences à la construction d’une allée de sculptures qui aurait été localisée sur l’allée Wolfe-Montcalm menant aux plaines d’Abraham, projet possible annoncé par la France, en décembre 2004, comme cadeau de celle-ci à l’occasion de la commémoration du 400ième anniversaire de la fondation de Québec, semble-t-il, à la suggestion de la ville de Québec. Faut-il le préciser, ce projet n’a jamais vu le jour, ayant été abandonné à la demande du gouvernement Charest.

Un autre élément qu’il est bon de souligner comme étant un indicateur de cette bataille de la mémoire et de l’idendité, c’est celui de l’existence du "Médaillon des fêtes du 400ième, qui fut confectionné en 100 exemplaires, dont l’une des faces représente Champlain et l’autre une feuille d’érable entourée des fameux rubans de ces fêtes, rubans qui ont, pour ainsi dire servi de drapeau à ces fêtes et qui ont été créés, semble-t-il, pour ne pas politiser la célébration selon la version officielle, mais qui l’ont plutôt été dans les faits pour masquer la fleur de lys ou de l’iris, qui, en vertu de l’histoire aurait dû y avoir seule préséance et valeur de symbole. Autre indicateur, la liste des récipiendaires de ce médaillon, à quelques exceptions près.

Tout cela pour dire qu’il faut mettre en perspective la commémoration du 400ième anniversaire de la fondation de Québec et celle du 250ième anniversaire de la bataille des plaines d’Abraham, et la manière dont celles-ci ont été pensées pour y découvrir l’assault évident du fédéral pour gagner la "Bataille de la prise définitive du Québec", qui se joue encore maintenant sur les champs de l’idendité et de la transmission de la mémoire.

À ce propos, je réfère les lecteurs aux documents suivants :

1) Le "legs" de la France et la société du 400ième : heurs et malheurs. (un article très instuctif, en date du 5 décembre 2008, de monsieur André Lavallée, paru sur le site de "Québec en Amériques" : CF : http://quebec.blog.lemonde.fr/2008/...

2) Le médaillon commémoratif du 400ième anniversaire de Québec, texte et photos que l’on retrouve sur le site de la Société du 400ième, monquebec2008 : CF :

http://monquebec2008.sympatico.msn....

3) Avis de la Gazette du Canada, vol. 138, no 11, en date du 2 juin 2004, du règlement no 204-10 portant sur une affectation spéciale, celle de monsieur André Juneau au poste de "Commissaire fédéral aux fêtes du 400ième" et qui l’exempte, en vertu de l’article 41(1) de la Loi sur l’emploi dans la fonction publique, des applications de cette Loi, à l’exception des articles 32-33 et 34:CF : http://gazetteducanada.gc.ca/partII...

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • Une bataille pour la prise "définitive" de Québec
    26 janvier 2009, par Gébé Tremblay

    Pas de doute que Vigile fait un excellent boulot de pédagogie sur ce fait historique, mais n’est-ce pas ce que le PQ déclarait était sa raison de ne pas s’opposer à ce spectacle ?

    Elle est où leur pédagogie appliquée au peuple grâce à l’opportunité de cette reconstitution ?

    http://www3.pq.org/



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