La semaine dernière, de nombreux chroniqueurs et observateurs de la scène
politique au Québec ont félicité Stephen Harper pour la nomination de Leona
Aglukkaq au poste de ministre fédérale de la Santé. L’accession de la toute
première personne issue du peuple inuit au sein du cabinet fédéral
constitue assurément une bonne nouvelle pour le Canada en général et pour
la nation inuite en particulier. Mais ce moment historique nous offre une
occasion de plus de constater la persistance d’une incongruité pour le
moins exaspérante : l’existence même d’un ministère fédéral de la Santé,
juridiction pourtant exclusive des provinces depuis 1867.
On ne demanderait pas mieux que de se réjouir que nos impôts fédéraux servent à financer nos soins de santé. Les problèmes commencent lorsqu’Ottawa impose ses conditions sur la façon de dépenser cet argent dans des champs qui ne sont même pas de sa compétence et poursuit des objectifs autres que ceux des programmes québécois existants. C’est la même désagréable situation qui se répète depuis des lustres pour les services sociaux, l’éducation, les politiques familiales, le logement, l’infrastructure municipale et tant d’autres.
Le seul fait qu’Ottawa ait les moyens de dépenser autant d’argent sorti de nos poches dans tous ces domaines exclusivement provinciaux est bien la preuve éclatante que le problème du déséquilibre fiscal demeure entier. Québec radote depuis soixante ans ses revendications "traditionnelles" en matière de limitation du pouvoir fédéral de dépenser et de droit de retrait avec compensation. Parions qu’il en sera encore question au cours de la campagne électorale québécoise qui débute à l’instant.
Personnellement, je préfèrerais attendre que le Premier ministre du Canada cède aux provinces la totalité de l’assiette fiscale fédérale consacrée à la Santé avant de le féliciter. Mais puisque je sais pertinemment que le ministère de madame Aglukkaq est là pour rester, je n’ai d’autre choix que de miser sur la fin des impôts fédéraux au Québec et l’interruption définitive de l’application de la constitution canadienne sur le territoire québécois. Cette option porte un nom : la souveraineté du Québec.
Christian Gagnon
Montréal
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

