Dans la chicane de torchons et de guenilles opposant Madame Courchesne et Madame Marois, cette dernière invitait les athlètes québécois à réclamer de leur gouvernement qu’il fasse pression pour que leur drapeau puisse avoir accès aux jeux de Pékin.
Une fois de plus la chef d’un parti, qui se satisfait depuis 40 ans de faire la promotion de la souveraineté-association du Québec, s’avère incapable de voir les choses autrement qu’en provincialiste. Pourquoi n’est-il pas venu à l’esprit de Madame Marois de faire valoir qu’un Québec indépendant donnerait aux athlètes, et à leurs supporteurs, la légitimité et la fierté de déployer leur drapeau ! Qu’il leur serait de même possible d’accéder à des programmes québécois d’entraînement sportif ! De récolter des médailles pour leur pays ! De vaincre le Canada 12-0 lors d’une compétition de water-polo ! D’entendre chanter leur hymne national !
Et la chef du PQ prétendra que les Québécois ne sont pas prêts à faire l’indépendance ! L’idée, selon elle, ne suscite pas suffisamment d’effervescence. Avec le genre de discours que tient le parti de l’après-référendum de 95, il ne risque pas d’en provoquer.
Pourtant, si l’on offrait aux Québécois la possibilité que des athlètes québécois les représentent lors de compétitions internationales, en éprouveraient-ils de la déception ? Existe-t-il un domaine dans lequel le Québec n’excelle pas ? A-t-il besoin d’Ottawa pour décider, en son nom, des choix qui lui convient de faire ?
La vérité est que le PQ ne propose qu’un changement de costumes pour une même représentation. Il fait croire à des gens d’exception, tels Pierre Curzi et Maka Kotto, qu’il se bat pour l’indépendance et le Québec français. Il achète l’adhésion de militants. Il les endort. L’argent et le vote péquiste ! Et l’on s’étonnera qu’aucun journal « indépendantiste-indépendant » n’ait consacré un article de fond sur le P.I., ce parti considéré « trop indépendantiste » » « trop pro-français » au goût de ceux qui préfèrent les illusions à l’action, le confort aux efforts, les critiques aux solutions.
Cette génération Gratton qui se félicite de l’anglicisation du Québec et qui se refuse à le projeter, dès à présent, sur la scène internationale, n’est pas au bout de ses chaînes.

