Comment voulez-vous intéresser les Québécois à la politique quand vous leur dites qu’ils devraient payer plus cher des services publics qu’on devra privatiser pour enrichir quelques investisseurs qui paieront moins d’impôt afin de verser de plus gros dividendes à leurs actionnaires dispersés partout sur la planète ? Je ne connais personne qui est prêt à travailler plus pour moins d’argent en plus de devenir locataire de services dont il fut jadis le propriétaire. Si c’est ça le projet de société qu’on nous propose, comment ne pas être cynique.
Louis Lapointe, « Départ de François Legault – À l’ombre de Michael Jackson » Vigile.net, 30 juin 2009
Ce paragraphe-là est fulgurant. En particulier, la première phrase. Relisez-la, vous verrez : TOUTE la crise actuelle clairement expliquée et résumée en une seule phrase ! Ici, l’esprit de synthèse a quelque chose de génial. C’est aussi extraordinairement pédagogique. Par exemple, cela nous montre bien que les plus puissants ennemis de la cause de l’indépendance (la Galaxie Desmarais) appartiennent en général à la même école de pensée que les responsables de l’actuelle crise économique, l’école dite néolibérale, celle des Hayek et Friedman. Aussi, même si cela ne doit pas porter le mouvement indépendantiste à renoncer à être une coalition, cela lui rappelle qu’il n’a cependant absolument rien à gagner à reprendre à son compte le discours de l’Institut économique de Montréal. Dans la mesure où on le fait, doit-on s’étonner alors de voir l’ignoble bande à Charest s’en tirer aussi bien ?
Je suggère que ce paragraphe de M. Louis Lapointe, véritable morceau d’anthologie, soit reproduit de façon régulière sur Vigile, qu’il y figure quelque part, bien en vue, de façon permanente. De même, il pourrait être diffusé et reproduit ailleurs. Pourquoi pas ? Si bien dite, en si peu de mots, et sans jargonnage, oui, ainsi dite, la vérité peut devenir un puissant instrument de libération !
Luc Potvin
Verdun, 30 juin 2009
