Si nous devons nous décider pour le TGV et si notre position est assez forte pour que cette décision soit la nôtre, devons-nous choisir un TGV Montréal-Toronto-Windsor ou Montréal-New York ?
La réponse géopolitique est définitivement : New York. Nous avons intérêt à renforcer davantage l’axe New York-Buffalo afin d’affaiblir Toronto.
New York est à 500 kilomètres au sud de Montréal, au bord de l’océan Atlantique et nous donne un accès direct à la plaine côtière américaine et de là vers les régions chaudes du sud où nous aimons passer quelque temps en hiver. Le TGV nous en fournira un accès rapide, à une époque où le chemin de fer reprend sa place.
L’axe Toronto-Windsor est une enclave fermée par les lacs dont la distance de Montréal est égale à celle de New York mais qui ne nous offre aucun avantage comparable à New York.
Si nous devons parler anglais, mieux vaut le faire à New York où nous sommes à l’aise. Nous ne serons jamais chez nous à Toronto ni à Windsor.
Construire le TGV Montréal-Toronto-Windsor, c’est nous affaiblir davantage en face de la bourse de Bay Street qui n’attend que ce chemin de fer pour se hisser en position de force absolue contre nous.
Nous avons déjà assez fait son jeu.
Si l’axe de gravité et de rapports de forces Toronto-océan Atlantique passe par Montréal, ce qui nous place en situation permanente de conflit avec Toronto, il n’en est pas de même pour New York, dont l’axe de gravité vers le nord bifurque vers l’ouest à Albany et s’oriente dans la vallée de la Mohawk jusqu’à Syracuse, Oswego et Buffalo.
Buffalo est la tête de pont de New York sur les Grands Lacs et la principale rivale de Toronto. Ceci depuis l’ouverture du canal Érié en 1825, suivi de la construction du chemin de fer Érié-Lackawannah, qui relie New York à Syracuse et à Buffalo.
L’axe de New York vers le nord du lac Champlain a été définitivement abandonné depuis le canal Érié.
Les Britanniques ont alors forcé la construction des canaux et chemins de fer du Saint Laurent pour tenir la région stratégique des basses terres des Grands Lacs, suivant la ligne générale Toronto-Windsor. Ce fut pour eux l’occasion de dégager leur présence hors du Québec pour s’établir en force dans les basses terres des Grands Lacs.
Depuis ce temps, Anglais, Loyalistes et Orangistes nous font la guerre, le mot est loin d’être exagéré, pour inféoder solidement Montréal et le Saint Laurent québécois à leurs intérêts.
C’est dans notre intérêt de favoriser le développement des communication vers le Sud, vers New York et la côte américaine, afin de renforcer notre position géopolitique en face de Toronto et Ottawa. Comme l’axe de New York vers le nord bifurque vers l’ouest et nous évite, nous avons intérêt à contribuer à le renforcir afin d’affaiblir Toronto.
Le pouvoir est complètement dans ses communications. Ce travail fait partie de nos développements nécessaires à l’acquisition de notre indépendance afin de nous soustraire de la domination de Toronto et d’Ottawa et de la servitude qui en résulte.
Ce sera nous qui serons en position de force dans le Saint Laurent. La résistance de Bay Street, notre ennemi à Toronto, sera furieuse, il faut s’y attendre.
En attendant, voyez les arguments fallacieux qui nous seront servis par la propagande officielle pour nous manipuler et faire construire le TGV de Montréal vers Toronto et Windsor. La construction de rails améliorés favorisera davantage le chemin de fer à fret déjà utilisé par Toronto depuis le port de Montréal alors que nous n’en retirons aucun bénéfice.
JRMS

