Je me demande à quel jeu jouent exactement certaines personnes qui sont censées être dans notre camp avec leurs condamnations de VLB. Ont-elles besoin de se refaire une vertu ? VLB ne serait-il rien d’autre qu’une tête de Turc pratique ? Lui tiendrait-on encore rancune de nous avoir lâchés pendant la glorieuse époque d’André Boisclair ?
Est-ce que ça va cesser, à la fin, cette manie de crucifier les militants indépendantistes au moindre écart de langage ? Écrivains, chroniqueurs, simples citoyens et politiciens sentent une envie irrépressible de se dissocier de VLB, de Falardeau et d’autres hommes sincères et courageux dont les péchés sont bien minimes comparativement aux sombres desseins des fossoyeurs de nation. Pour faire changement, un instant, il ne serait pas mauvais que tous ces moralisateurs nous rassurent un peu sur leurs intentions politiques en dénonçant les vrais ennemis de la nation québécoise.
Pourquoi est-ce si compliqué de dire que Michaëlle Jean agit en ennemie de la nation québécoise ? Est-elle tombée sur son trône par hasard comme Obélix dans la marmite de potion ? Elle ne pouvait pas y échapper et a été nommée à son corps défendant ?
Michaëlle Jean a pris une décision en toute connaissance de cause. Elle a pris le parti de l’oppresseur contre l’opprimé. Elle a accepté d’être un instrument du système fédéral. Non contente de faire la potiche et de couper des rubans entourée d’un luxe scandaleux pour quelqu’un qui ose se dire solidaire des descendants d’esclaves croupissant dans la misère encore aujourd’hui, elle s’est même mise à faire de la politique avec des discours rédigés par le cabinet de M. Harper.
Michaëlle Jean est une arriviste récompensée pour sa servilité et chargée de mettre au pas des colonisés. Michaëlle Jean mérite qu’on l’attaque personnellement, comme Stephen Harper et Jean Charest méritent qu’on les attaque, eux, et non leur fonction de premier ministre. Bien entendu, quand je dis « personnellement », je veux dire que les attaques doivent porter sur les décisions et les gestes de la personne elle-même, et non sur ses attributs.
Qu’est-ce donc que cette idée qui consiste à vouloir l’abolition d’une fonction, mais à laisser entendre que son titulaire n’est pas responsable de ses choix et ses agissements ? La fonction de gouverneur général est loin d’être simplement un vestige de la monarchie. C’est une arme redoutable dont le système fédéral se sert très bien, comme en témoigne la popularité de Michaëlle Jean en France. Le système fédéral va se servir de toutes les armes dont il dispose. Ça vous surprend que le poste de gouverneur général n’ait pas été aboli encore ? Pas moi. Si j’étais fédéraliste, je trouverais ce poste très utile.
Qu’est-ce donc aussi que cette autre idée, raciste celle-là, voulant que, lorsqu’on s’attaque à un Noir, on s’attaque à tous les Noirs ? Il faut être carrément paranoïaque pour penser qu’en s’attaquant à Michaëlle Jean, on s’attaque à toute la communauté haïtienne. C’est du délire pur et simple. C’est justement le contraire qui est vrai. Lorsqu’on n’est pas raciste et qu’on a le courage de ses convictions, on n’a pas peur de dénoncer un roi nègre, quelles que soient son origine et la couleur de sa peau.
Personne n’a jamais reproché à Michaëlle Jean ses origines ou sa race. C’est ce qu’elle fait et ce qu’elle dit qui sont dénoncés. Elle agit en roi nègre. Elle est la reine des nègres blancs d’Amérique. Et c’est d’autant plus pitoyable qu’étant d’origine haïtienne, elle devrait comprendre viscéralement ce qu’est un roi nègre en songeant à ses ancêtres et à ceux qui, encore aujourd’hui, tyrannisent leurs semblables au profit de leurs maitres à Washington ou à Londres, par exemple.
Pourquoi est-ce si compliqué également de condamner la désinformation, les lynchages médiatiques et les mensonges des journaleux à Desmarais ? Certains politiciens auraient-ils peur de perdre des votes ? N’ayez crainte, mesdames et messieurs les élus, les gens qui croient ce que dit Pratte et qui applaudissent la gouvernante royale en la regardant déféquer sur la nation québécoise, assise sur son trône, ne voteront jamais ni pour le PQ, ni pour le BQ. Pas aujourd’hui, pas l’année prochaine et pas même dans cent ans.
Comprend-on seulement ce qui se passe ? Les condamnations publiques contre les pourfendeurs de Michaëlle Jean sont récupérées comme toutes les autres par les vautours des organes médiatiques du système fédéral, qui barbouillent leurs pages notamment avec les inepties du malade mental Dubourg. Il serait jaune, blanc ou carreauté que je dirais la même chose : c’est un malade mental de fasciste.
Pourquoi est-ce si compliqué de viser l’ennemi au lieu de faire le tire-au-flanc ? Y en marre de coller des affiches pour le PQ et le BQ et de se faire dire à mots couverts par des frères d’armes qu’on est des racistes, des xénophobes ou des déséquilibrés. La solidarité et la fidélité, ça marche dans les deux sens.
En tout cas, nos ennemis, eux, ont compris qu’il n’y avait plus de débat d’idées depuis longtemps. Ils savent qu’ils les ont tous perdus et sont morts de rire quand même. Les manifestes et les conversations nationales du PQ, ils vont en faire leur affaire dans leurs médias. Ils jouent dans un autre registre : le registre de la guerre de l’information. Ils veulent semer la pagaille dans nos troupes et y arrivent parfaitement.
La prochaine fois que des propos comme ceux de VLB, de Pierre Falardeau et aussi de Pierre Foglia à propos de Michaëlle Jean seront tenus, je suggère à tous les indépendantistes de jouer plutôt la carte du tir groupé et de tourner leurs canons vers nos ennemis. Quand on va tous faire feu dans la même direction, je vous garantis que nos ennemis vont être mis en déroute, eux qui sont tellement habitués à provoquer chez nous le réflexe pavlovien de la rectitude.


