Dans une lutte comme celle que nous menons, il faut nécessairement s’intéresser à l’adversaire. Stéphane Dion ne m’en voudra pas de dévoiler sa stratégie pour devenir premier ministre du Canada. J’espère bien, d’autant plus que je suis loin d’être le seul à y avoir pensé.
Voici le scénario possible.
Dans un avenir à déterminer, les partis d’opposition battent le budget ou battent le gouvernement sur un vote de confiance, peu importe le sujet.
Comme des élections viennent d’avoir lieu, la Gouverneure Générale, trop heureuse de sortir de son insignifiance, demande à l’opposition officielle libérale de former un gouvernement. Le nouveau gouvernement libéral avec son conseil des ministres présente des projets de loi ou un budget approuvés par le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique et comme Stéphane Dion a la majorité en Chambre, il continue de gouverner.
Tel est le plan de Stéphane Dion pour rebondir et devenir premier ministre du Canada. C’est pour réaliser ce plan qu’il est resté chef de l’opposition et chef du Parti libéral.
En régime parlementaire britannique, c’est le nombre de députés qui votent qui décident. S’il y a une majorité libérale, bloquiste, Npd, Dion va gouverner et réaliser son rêve de devenir premier ministre du Canada.
Cette vue prospective ou ce scénario possible permet de comprendre pourquoi certains libéraux veulent l’élection d’un nouveau chef avant le vote sur un budget. Ainsi, Hugo DeGrandpré écrit dans La Presse :
(Ottawa) Des libéraux souhaitent que le prochain chef du parti libéral soit choisi avant la tenue du vote crucial sur le budget à la chambre des communes en février ou en mars.
Ces mêmes libéraux multiplient donc les pressions sur les hautes instances du parti pour modifier le calendrier de la course à la direction du parti libéral ainsi que le mode de sélection du prochain chef.
De toute évidence, ces libéraux ne veulent pas laisser au chef démissionnaire Stéphane Dion le soin de déterminer la manière dont voteront les députés libéraux aux communes lors du vote de confiance sur le budget, qui pourrait être le premier budget déficitaire en une décennie."
Comprenons ce qui se passe. Attendons avant de déclarer Stéphane Dion mort politiquement. Et observons avec intérêt les manoeuvres qui seront effectuées par des Libéraux partisans de Bob Rae (dont le frère John Rae est vice-président exécutif de Power Corporation) ou de Michael Ignatieff ou de Denis Coderre pour empêcher l’auteur de la Clarity Law de réaliser un autre miracle et son rêve de devenir premier ministre du Canada.
Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 23 octobre 2008
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