Un vieil ami désenchanté par le virage du PQ vers ce qu’il nomme « néolibéralisme » me disait qu’il voterait Vert. C’est son droit. On ne peut pas lui en vouloir ; On comprendra qu’après avoir subi deux défaites référendaires, qu’après avoir enduré « le conservatisme Bouchard » et souffert l’écrasement d’une supposée « relève » le goût de voter « en Vert et contre tout » lui est venu. Je le cite :
[J’étais péquiste, j’ai voté oui aux deux référendums, j’avais mes pancarte du oui en 95 ! Puis, il y a eu Bouchard qui a tout scrapé au nom du conservatisme et les autres qui se sont écrasés. Ils ont fait les fusions municipales parce que plus c’est gros meilleurs c’est, alors abandonnons les provinces et faisons le canada si plus c’est gros mieux c’est ! Pis encore plus gros fusionnons aux states... Ils m’ont complètement perdu avec Bouchard. Au congrès de Montréal centre, il ne s’était même pas présenté ! Et tous ceux qui l’ont suivit n’ont jamais rien désavoué. Pour fusionner les villes on a dit qu’elles étaient une création de la province selon la constitution. Me semble que le PQ la reconnaissait pas la constitution. Puis pour faire affaire avec les states ont nous dit qu’il faut être bilingue, mais on refuse le bilinguisme canadien ! Écoute, je me suis fais dire plus d’une fois que mon anglais n’était pas assez bon même pour des emplois dans la fonction publique. Je suis un produit de notre système d’éducation. J’ai vu une conférence donné par un VP d’Hydro Québec, dans le temps du gouvernement Bouchard Landry, en anglais seulement à Montréal alors que les gens du fédéral passaient de l’anglais au français et vice versa. C’est dans ce temps là que j’ai déchiré ma carte du PQ et leur ai retourné,(...)]
Suite à sa réponse, je me suis dit qu’au fond je le comprends et je ne le comprends pas. Sur les grandes lignes on est d’accord. On est des enfants de René Lévesque. Des vieux de la vieille liberté. Des péquistes dans l’âme. Pourquoi foutre aux poubelles ce qui fit autrefois notre force ? On me fera pas accroire qu’on est devenu des reliques de musé ou des enfants gâteux. Enfin de compte je me dis que ne sont pas les Bouchard, Landry, Boisclair – et autres qui se sont écrasés – qui ont eu la peau de mon ami mais les embrouilles de notre ennemi commun. Sauf qu’ici, si tout le monde s’écrase à l’interne on peut dire Adieu veaux vaches cochons ! Adieu pays, patriotes et popote roulante.. !
Pourquoi enterrer le drapeau ? Avec Lévesque « voir Duplessis » on vient à peine de le dessiner ! En déchirant notre belle unité c’est notre cœur qu’on déchire et celui d’un pays à venir. Les cartes de Parti et les Parti eux-mêmes on s’en fout ; Comme on se fout des nonos, des vendus et de leurs imbécilités. Mais on ne déchire pas un rêve et encore moins une partie de soi. On ne déchire pas un lieu de naissance. Parfois, ça me fait rire ; tous ceux qui veulent l’indépendance ou la souveraineté espère dur comme fer que celle-ci se réalisera de leur vivants : sinon on baisse les bras et le drapeau, on abandonne, on se déchire la carte de la surface d’la terre...
Avoir l’impatience du « rêve » c’est remettre à demain sa réalité ou compromettre sa réalisation.
Si les enfants de la patrie se divisent ou se chicanent entre eux je peux-tu vous dire qu’il n’y en aura pas de pays au dessert. Mais je vous vois venir, vous vous dites : comme si le combat pour l’obtention d’un pays ne se résumait qu’à un simple carré de « suc à crème ». Hélas ! Vous avez raisons. C’est beaucoup plus. Pourquoi, alors, ne pilons-nous pas sur notre propre orgueil ? Pourquoi ne faisons-nous pas abstraction de tout ce qui peut nuire à la cause d’un Québec souverain ?
Donnons plutôt l’exemple aux générations futures : soyons patients objectifs et surtout unis. Le Québec Libre ne se réalisera pas de notre vivant mais rien, entre temps, ne nous empêche de faire front commun autour d’un même feu : peu importe lequel mais, crucifix, choisissons-en un. À moins que nous n’ayons déjà déclaré forfait, que notre véritable ennemi ait réussi l’incroyable tour de force : nous diviser pour mieux régner.
Soyons objectifs et congruents. Accéder à la souveraineté c’est promouvoir l’unité avant même de pouvoir parler de souveraineté. Puisque sans unité pas de souveraineté ou d’indépendance possible.
Crucifiez-moi si vous le voulez mais la souveraineté ou l’indépendance du Québec ne se réalisera qu’à partir de cette toute petite chose (ce tout petit carré de suc à crème) une indéfectible unité ; Arrêtons de nous faire des procès d’intentions et ayons confiance en nos enfants, notre future voir nos futurs dirigeants. L’Histoire du Québec et des québécois prévaudra.
Lutter contre des « géants » ou des super puissances n’est pas chose simple. Ça ne le sera jamais. Mais si un jour on se rencontre et qu’on porte fièrement le même drapeau et qu’on défend le même pays ce sera assurément plus facile et plus heureux…
Dans l’adversité
Vive l’unité !
Vive la liberté !
Nicodème. C
23 nov. 08
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