Je suis rassurée et soulagée que vous alliez au rendez-vous rue Bleury, le 10 novembre. Nous avons si peu d’informations que j’ai l’impression qu’il n’y a presque jamais personne à ces rendez-vous du RRQ. J’y serais si j’habitais près de la ville.
Cette visite royale est d’une insolence hautaine comme a toujours été le comportement des Britanniques vis-à-vis notre peuple. Il est normal qu’un Harper fasse des courbettes : il est soumis à la Couronne. Mais comment nos dirigeants du PQ et du Bloc peuvent-ils prendre ça avec nonchalance d’un côté et désinvolture de l’autre ? Je serai très curieuse d’apprendre qui parmi les ministres et députés seront dans le rang des contestataires. Qui parmi les Bloquistes.
Y aura-t-il foule ? J’ai bien peur que ce ne soit que des pets dans l’eau. Pourquoi ? Parce que la tête n’est pas là.
Que fait la tête ? Elle pense, elle s’ingénie à trouver la bonne stratégie qui lui donnera le Pouvoir. Ne rien brusquer pour enfin partager les graines de la mangeoire avec le Fédéral. Que fait la mésange devant le vorace pique-bois dans l’assiette aux graines ? Elle se branche, remuant sans arrêt de la tête, attendant de grignoter ce qui restera, après que l’autre se sera empiffré. C’est, dit-on, la loi de la nature. Et les mésanges du PQ cuasent, causent et se réunissent et pépient à qui mieux mieux !
Qu’entend le travailleur devant sa télé quand, malencontreusement, son pouce colle sur la "période de question" ou sur de chiches informations concernant la loi "101 à 104" ? Que voit-il ? Deux clans qui s’envoient des vannes ou s’accusent l’un et l’autre de ne pas servir la population. (Une farce, meilleure que les parlementeries, sauf que les comédiens sont moins sympathiques). Clic, clic ! vite, vite, ailleurs ! "Drôle de monde", tiens ! C’est comique, au moins !
Vous croyez que Léon, le travailleur, est un cave ? (Je reviens toujours à lui, que voulez-vous, c’est mon prototype au figuré.) Il a saisi que c’est au plus fort la poche. Il a compris, instinctivement, que son bien-être et son bonheur ne sont pas l’enjeu, qu’il doit travailler, payer et fermer sa gueule et laisser les chefs se dévorer –le mot est trop fort – disons, se grafigner, car ils sont de mèche. Son instinct lui dit, bien qu’il n’ait jamais lu le livre de SUN TZU que les « Faiseux de la politique » se font « la guerre totale du mensonge » et qu’il est celui qui va payer les pots cassés.
Quand Léon pourra-t-il réagir, lever les poings et briser cette monumentale duperie ? Quand il verra Pauline en « shoe-claque » faire les cent pas avec TOUS dans la RUE, armée de la volonté indestructible de faire l’Indépendance. Au diable le maquillage ! Quand elle ne tergiversera plus et n’acceptera plus qu’on gruge nos lois. Quand elle parlera au peuple. Quand elle parlera haut et fort et sensément avec une force de Combattante. Quand, appuyée de son Parti et de tous ceux qui veulent l’Indépendance, elle cessera de niaiser, de faire la gueule fine et la girouette ; elle s’avancera comme une Patriote, le drapeau du pays en main. Quand chaque citoyen et citoyenne saura de quoi elle parle, quand enfin, toute la population saura pourquoi il nous faut faire l’Indépendance et ce que veut dire « être maîtres chez nous », alors, Léon sentira que c’est vrai, et il défendra sa peau, ses enfants, sa langue, sa Patrie. Fièrement. Les Québécois ne sont pas des lâches. Quand ils ne connaissent pas le pour et le contre, ils sont méfiants. C’est pourquoi ils semblent lents à démarrer.
Je vois le petit sourire railleur de Léon si je lui lisais cela ? Pauline en Jeanne d’Arc ?