L’homme est un animal étrange. Un animal qui pense et qui rêve. De tout temps, il a aspiré à une plus grande liberté. Poètes, musiciens et scientifiques en ont fait le moteur de leurs créations. C’est parce que Léonard de Vinci rêvait de liberté qu’il a conçu une machine volante. C’est autour de cette même passion que s’est construite toute l’œuvre de Jules Verne. Seul un esprit épris de liberté pouvait imaginer tous ces voyages vers la lune, les profondeurs de l’océan et les entrailles de la Terre. Ceux qu’il a inspirés ont compris que c’était bel et bien le rêve qui conduisait à la liberté.
On dit souvent que la nécessité est la mère de toutes les inventions, mais les plus grandes œuvres et découvertes n’ont pourtant rien à voir avec les besoins quotidiens. Sans ce souffle de liberté qui l’habitait, Beethoven n’aurait probablement jamais composé sa neuvième symphonie. Lorsque Einstein a jeté les bases de sa théorie de la relativité, ce n’était certainement pas la nécessité qui l’animait, mais plutôt la liberté. Il voulait repousser les limites de la connaissance.
Si l’homme veut être libre, ce n’est pas seulement pour se défaire des chaînes qui l’attachent au quotidien de la vie, mais bien pour bâtir un monde meilleur où le rêve et l’imaginaire ont leur place. C’est parce que la liberté nous élève et nous éloigne de la médiocrité qu’elle nous affranchit. Paradoxalement, si elle est la source des sentiments les plus nobles, elle est aussi à l’origine des révolutions les plus sanglantes, des guerres les plus meurtrières, des plus grands sacrifices humains. Comment ne pas dès lors conclure qu’il s’agit d’un bien précieux qu’on ne peut chérir sans courage ? La liberté n’a pas de prix, elle ne s’achète pas, elle se mérite.
Si les révolutions françaises et américaines n’avaient été que des histoires de pains et de taxes et qu’il n’y avait pas eu ce si fort désir de justice et d’affranchissement chez ceux qui ont défendu ces idéaux au péril de leurs vies, nous ne parlerions pas de la démocratie de la même façon aujourd’hui. Sans soulèvement populaire, l’idée de République serait probablement demeurée un vestige de l’Antiquité.
Nous le voyons bien, la liberté n’est pas qu’affaire de nécessité, elle est avant tout rêve et passion et ses fruits sont l’invention et la création. Sans cet ardent désir de liberté, l’homme n’aurait jamais inventé l’imprimerie et diffusé toutes ces audacieuses idées et fabuleuses histoires qui ont favorisé l’émergence des entreprises les plus folles et les plus risquées et contribué à l’avancement de l’humanité.
Tant qu’on présentera l’indépendance du Québec uniquement comme une simple nécessité de la vie quotidienne, elle ne sera pas. Sans rêve, il ne peut y avoir de grandes œuvres, de grandes découvertes, de voyages vers la lune. Sans passion, il n’y aura pas de libération et nous continuerons de sombrer dans la médiocrité, à défaut de nous élever de notre fatale aliénation. Sans hommes et femmes épris de liberté, il ne peut y avoir de liberté. Sans courage, l’indépendance du Québec ne se fera pas !

