Le Devoir du 23 avril 2009 nous apprend qu’Environnement Canada a constaté une augmentation des émissions de gaz à effet de serre de 4% au Canada et de 3.8% au Québec. Le Québec a augmenté (plutôt que réduit en vertu du respect du protocole de Kyoto) ses émissions de gaz à effet de serre de 3.8% soit 3.3 million de tonnes de 2006 à 2007. Une des causes, c’est la centrale au gaz de Bécancour ayant produit 1.2 million de tonnes de GES et le reste vient des transports. En 2004, le Bureau d’Audience Publique sur l’Environnement (BAPE) avait rejeté le projet Bécancour (même type que le projet du Suroit abandonné suite aux pressions populaires) sauf qu’Hydro-Québec et le gouvernement allaient de l’avant quand même pour, disaient-ils, combler les besoins du Québec en 2006. La mobilisation citoyenne peut obtenir la fermeture de cette centrale qui équivaut à la pollution d’au moins 300,000 voitures affectant notre capital naturel, précisément la qualité de l’air. Avec 428MW de puissance, ce n’est même pas 2% de la puissance totale installée d’Hydro-Québec.
Pour le Québec, l’objectif pro-Kyoto est de 81.2 millions de tonne, 6% inférieur au volume de 1990, alors que de 2006 à 2007 on est passé de 82.6 à 85.7 millions de tonne. On a reculé et la ministre responsable du développement « durable » Mme Line Beauchamp ne prévoit atteindre l’objectif que pour la seule année 2012.
Le gouvernement Charest a augmenté substantiellement le financement pour la fabrication de nouveaux matériels de transport en commun ( autobus, wagons de métro, trains de banlieue) MAIS, en même temps, il encourage la croissance des flux de voitures à Montréal avec les projets de l’autoroute 25, de l’échangeur Turcot et de la rue Notre-Dame (mi-autoroute urbaine en tranchées-mi-boulevard urbain).
Il y a un manque de volonté politique pour privilégier vraiment le transport en commun et le vélo en milieu urbain au Québec car on défait d’une main ce qu’on fait de l’autre en la matière. Les investissements de Québec sont aussi une forme de rattrapage d’au moins 20 ans (pensez aux tramways et trains de banlieux à Toronto ou en Europe) alors qu’il faut une vision d’avenir et doubler, au moins, les sommes déjà prévues.
Plusieurs objectifs se recoupent : qualité et quantité du service de transport en commun, réduction du smog et des gaz à effet de serre, économie globale par réduction des embouteillages, économie des coûts en santé et assurance car moins d’accidents, création de milliers d’emplois dans la transformation des ressources, la fabrication des pièces et l’assemblage des véhicules plus le nouveau personnel pour leur conduite et leur entretien.,etc.
Le prolongement du métro à Laval est une réussite telle qu’il manque des rames pour un meilleur service. En fait, on a ici encore une démonstration d’incohérence de n’avoir pas prévu la construction de nouvelles rames (pas avant 2012 ! selon l’appel d’offres fait par la Société de Transport de Montréal) en même temps que le prolongement. La mobilisation citoyenne a arraché la mise en service permanente du train de banlieue Montréal-Blainville et donc, elle demeure toujours incontournable pour modifier les politiques des pouvoirs publics vers l’avenir. Réclamez la fermeture de la centrale au gaz de Bécancour doit être une priorité des environnementalistes et écologistes. Le respect du protocole de Kyoto n’est qu’un stricte minimum alors que la planète ne peut capter que 4 milliards de tonnes de GES (3 + 1 soit les océans et les forêts) sur le 7 émis donc 3 milliards de GES qui s’accumulent chaque année selon l’Institut World Watch.
André Rousseau
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
