Un chroniqueur bien connu dans les milieux pro-sionistes, Monsieur David Ouellette, ajoute sa voix à celle de Monsieur Joël Lion (« Consul général d’Israël » à Montréal), pour mettre en question le point de vue de VLB sur la politique des USA en Palestine, telle que présentée récemment dans une lettre au Devoir.
L’argumentaire de Monsieur David Ouellette se démarque mal des habituelles stratégies de démonisation qui sont typiques du néo-maccarthysme ambiant : il ne s’agit pas de faire valoir en quoi la politique extérieure des USA serait juste et équitable, mais de discréditer l’écrivain québécois dans sa personnalité morale, en alléguant notamment qu’il « répand les plus anciens clichés antisémites ».
Voilà, le terme transcendant tous les discours est lâché, celui d’« antisémitisme » …, ce qui met fin à toute discussion puisque l’individu ainsi stigmatisé est cerné et relégué dans l’Empire du Mal ! De fait, ce procédé moyen-âgeux de chasse aux sorcières commence à épuiser sérieusement ses effets : il se retourne de plus en plus contre ses auteurs. C’est d’ailleurs ce à quoi je m’emploie dans ma réponse à Monsieur David Ouellette, sur le site du Devoir (« L’arroseur arrosé … ») :
Avant de critiquer les propos de VLB, Monsieur David Ouellette serait bien avisé de faire un examen critique du type de contenu politique et polémique qu’il diffuse lui-même, notamment sur internet. Sa crédibilité en serait passablement améliorée.
Je n’apprécie pas le fait que, lorsque, en tant que sociologue, je documente et analyse le discours et les pratiques de l’extrême droite sioniste (le réseau kahaniste, entre autres), Monsieur David Ouellette publie sur son blogue une pathétique réplique à mon travail de chercheur scientifique, qui à défaut d’arguments, met en doute ma santé mentale (« il délire » : sur : http://davidouellette.wordpress.com/).
Par ailleurs, selon les informations disponibles sur le site de l’ICRJ (Institut canadien de recherches sur le Judaïsme), Monsieur David Ouellette est membre du Conseil Éditorial de cet organisme. Or l’ICRJ reproduit sur son site un texte m’associant (ainsi que d’autres sociologues) aux « intellectuels occidentaux [qui] déclarent que la saison de la chasse aux juifs est bel et bien ouverte », le tout sur une page web qui prétend dénoncer les « antisémites » (http://www.amitiesquebec-israel.org/textes/isranet.htm). Alors que mon engagement contre le racisme et le néonazisme est connu, ce type de propagande est plutôt contreproductif. J’ai déjà demandé, sans succès, le retrait de ce texte qui affecte la crédibilité de l’ICRJ.
En conclusion, j’invite Monsieur David Ouellette et les membres de l’ICRJ à la prudence dans leurs propos, surtout lorsque les arguments sont dirigés vers des personnes, cela permettrait peut-être d’entreprendre un nécessaire et authentique dialogue, à la fois sur les questions de politique internationale, et sur celles qui concernent l’avenir du Québec.
Yves Claudé

