Bien que ce soit la saison des petits fruits, le supermarché Métro fait la promotion des fraises, des bleuets et des framboises de la Colombie-Britannique et de la Californie. Les fraises du Québec sont dissimulées à l’abri des regards. Même si, selon le gérant du Métro E. Bourdon et fils, les fruits qui voyagent n’ont plus de saveur, les produits de la circulaire doivent avoir la vedette. C’est le bureau chef qui décide. Le slogan « Nous servons le Québec » ne signifie pas « Nous servons du Québec » dans votre assiette. Le gérant précise : « On est dans un quartier pauvre ici. Les gens achètent ce qu’il y a de moins cher. »
En plus de ne pas trop promouvoir ses produits, le Québec fournit. Il fournit son électricité, son bois, son eau, ses minerais, ses politiciens. Il fournit sa main-d’œuvre. Il forme ainsi des médecins qu’il incite à aller pratiquer en Ontario. L’État québécois finance la formation médicale ontarienne et étatsunienne. Pour se donner bonne conscience, il s’offre deux méga-hôpitaux, de plus d’un milliard de dollars chacun, situés à quelques kilomètres l’un de l’autre. Puisqu’il y aura pénurie de personnel médical, les Québécois iront se faire soigner au Canada. Les centres universitaires de santé pourront être convertis en copropriétés. On comprend mieux l’acharnement des politiciens souverainistes qui souhaitent la maîtrise de l’anglais pour les Québécois. Il faut pouvoir se faire examiner, traiter, opérer, dans une langue que l’on connaît.
Les Québécois paient pour s’appauvrir. Ils n’ont pas fini de manger des fruits qui ont le goût de l’eau.

