Dans son article : "Quelle table pour le Québec ?" paru dans Le Soleil du premier mars, Alain Dubuc affirme avoir perdu son temps à écrire ce papier où il ridiculise la place qu’occuperait un Québec souverain sur la scène mondiale. Il me faut avouer que j’ai aussi perdu le mien en le lisant. Probablement que je gaspille de précieuses minutes en y réagissant. Enfin.
La moindre petite ouverture dans une porte internationale vaudrait sans doute encore mieux que cette table peau de chagrin que le Canada nous offre depuis si longtemps. Je ne parlerai pas du passé de peur d’être soupçonné de m’adonner au misérabilisme. Il y aurait pourtant tant à dire, mais abstenons-nous. Non, parlons plutôt d’avenir. Et l’avenir pour le Québec dans le Canada, c’est une bien petite table. Il n’y a rien à y faire, c’est mathématique. Notre proportion diminue constamment et notre influence en même temps. De plus, l’horizon constitutionnel est complètement obstrué. Nous allons donc rester une province à la parole rétrécie, un territoire régi, entre autres, par un amendement constitutionnel qu’on n’a pas signé. Voilà l’emballant banquet où nous sommes conviés.
Effectivement, un Québec indépendant ne deviendrait pas un leader incontesté dans les instances internationales. Même le Canada ne l’est pas vraiment avec ses trente et quelque millions d’habitants. Non, le Québec ne serait pas au G 20 et encore moins au G 8 où, selon Alain Dubuc, s’ébauche la nouvelle gouvernance mondiale. Il faut se demander si ce n’est pas plus rassurant qu’inquiétant quand on voit les tristes résultats où nous ont menés ces instances récemment. Un Québec libre ne pourrait-il pas joindre sa voix aux nombreux pays de sa taille et qui se tirent bien d’affaire ? On pense, bien sûr, aux pays scandinaves mais il y en a d’autres de notre taille qui tirent bien leur épingle du jeu. On pourrait, avec tous ces pays, montrer qu’il y a peut-être d’autres avenues que cette mondialisation spoliatrice et porteuse d’inéquité, d’autres chemins que cette création de richesses qui répand la pauvreté et détruit la planète.
Vous avez raison, M. Dubuc, notre voix serait bien frêle mais elle exprimerait nos priorités et elle donnerait tout de même sur le monde alors que rester une province, c’est accepter que l’écho de nos paroles aboutissent directement dans le sous-sol canadien. Quel beau projet d’avenir !

