« Chiffre surprenant : selon le sondage Repère, 49 % des Québécois voterait (sic) « Oui » lors d’un référendum sur la souveraineté assortie d’une offre de partenariat économique et politique avec le reste du Canada. » (Canoë, 26-07-2012)
Surprenant, vraiment ? C’est, à une décimale près, le même résultat qu’au referendum de 1995. Cela signifie : a) que nous en sommes au même point ; b) que le résultat serait inférieur si la question portait sur l’indépendance véritable et non sur cette pelure de banane que constitue le partenariat économique et politique. Conclusion : une majorité de Québécois ignore encore ce que signifie l’indépendance réelle ou bien en a peur.
Voilà où nous ont menés nos tergiversations depuis 1980. En 1980, on a voulu rassurer les électeurs en leur présentant une proposition qui, en clair, signifiait une confédération. Dans le climat et la réalité du Québec de l’époque, cette précaution était compréhensible et peut-être justifiable sur le coup, mais n’importe quel esprit renseigné sait aujourd’hui qu’une confédération est absolument impossible au Canada, qui n’est même plus, s’il l’a jamais été, une fédération mais un État unitaire.
Cependant, toutes choses égales par ailleurs, aucun parti politique n’est à même de convaincre les Québécois de faire l’indépendance maintenant, d’autant plus que le seul parti qui avait les moyens de le faire s’en est abstenu. Tout ce que nous pouvons espérer des prochaines élections, c’est empêcher les Libéraux de nuire plus longtemps, ce qui est d’ailleurs une nécessité absolue. Et le seul moyen d’y parvenir, je l’écris la mort dans l’âme, c’est d’élire le seul parti qui puisse raisonnablement y prétendre électoralement parlant, même s’il a oublié sa raison d’être.
Il ne s’agit pas d’une question de principe mais d’une exigence de survie, plutôt que de perdre nos moyens. C’est certainement décevant, triste, scandaleux et tout ce qu’on voudra, mais la réalité ne fait pas de cadeaux. Un Québec davantage affaibli et dépecé par les Libéraux pendant quatre ou cinq autres années n’aurait plus aucune possibilité de songer ensuite à l’indépendance dans des conditions normales.
Une fois de plus, nous contenter de sauver les meubles ? Dans l’urgence, on fait avec ce dont on dispose concrètement. Nous avons eu presque neuf ans pour faire autrement, mais nous avons préféré nous tirer mutuellement dans les pattes au nom de la virginité doctrinale, et nous semblons persister malgré tout. Peut-être en aurons-nous retenu quelque chose d’ici quatre ou cinq ans...


