Les gens ont le droit d’écrire comme bon leur semble et loin de moi l’idée de les en empêcher. Mais puis-je humblement exprimer toute mon exaspération devant notre insupportable manie d’encombrer le vocabulaire politique de néologismes tous plus insignifiants les uns que les autres ?
Je parle en particulier de ces néologismes que nous forgeons joyeusement à partir des acronymes de nos partis ou autres groupes politiques : felquistes, péquistes, adéquistes. Tant qu’à y être, pourquoi ne rebaptiserions-nous pas pelquistes les membres du PLQ, pécistes ceux du PC (Parti conservateur) et… fétéquistes ceux de la FTQ ! Aussi m’abstiendrai-je de rappeler le problème que posa jadis, sur la scène fédérale, le Parti nationaliste (PN)…
En tant que sympathisant du Parti indépendantiste, je refuse catégoriquement qu’on m’appelle péiste, ce nouveau terme dont on a déjà commencé à user et abuser. Je suis un indépendantiste, point à la ligne.
Sauf erreur, ailleurs dans le monde, s’affrontent sur la scène politique les conservateurs, les libéraux, les démocrates, les républicains, les socialistes, les communistes, les sociaux-démocrates, les travaillistes, la droite, la gauche, les écologistes ou verts, les créditistes, etc. Autant de noms qui ne sont plus, bien souvent, que des étiquettes plus ou moins interchangeables, mais qui n’en ont toujours pas moins un sens assez précis et relativement universel.
Je suis fier de notre culture et de tout ce qui nous caractérise comme nation. Mais il y a quand même une limite à vouloir toujours être original à tout prix dans quelque domaine que ce soit. Je veux bien que les étrangers aient un effort à faire pour comprendre nos débats politiques, tout comme nous devons en fournir un pour comprendre les leurs. Mais est-il bien nécessaire que même les noms dont s’affublent nos familles politiques soient vides de sens et laissent pantois le reste de l’univers ?
Luc Potvin
Verdun
