Parle français, car tes pères parlaient français,
Foulés, écrasés, rabattus, ils se sont levés,
Condamnés, diffamés, calomniés,
Ils ont parlé,
Ils ont parlé une langue,
Qui les unissait par les sons,
Et qui les rendait nation,
Par le sens,
Je te le dis :
Tes pères ont souffert,
Rappelle-t’en, de temps en temps,
Non pour pleurer, mais pour te lever,
Et affronter les vicissitudes du destin,
Avec une force, qui vient de loin,
Je te le dis :
Tes mères ont accouché de mille douleurs,
Mais elles les ont élevées,
Faisant des douleurs des supplices,
Puis, de là, des adultes et des amis,
Elles avaient une beauté, qui se lisait dans les rides,
Je te le dis :
Je parle anglais mieux que toi, ô Québécois,
Mais je suis fier de mon français,
De mon pays, de ma langue, de ma culture,
Je suis fier d’être un fils d’Aquin,
Plus que de n’être un cousin de Jefferson,
Souviens-toi du destin,
Dont le germe est dans leur lutte,
Y vete adelante,
Va de l’avant,
Tu es le fils légitime des Amériques,
Lorsque tu luttes pour ta Liberté.
David Poulin-Litvak
