Vigile-2009 06 19-Daniel Sénéchal-Parizeau, le PQ et les autres
M. Daniel SÉNÉCHAL
Merci pour cet exposé de vos analyses. Il participe fort bien à l’exercice auquel nous conviait M. Parizeau le 6 juin dernier.
Vérité et mensonge
Merci infiniment aussi d’avoir déposé la transcription du discours du 6 juin 2009 de M. Parizeau. Ce discours est d’après moi non seulement plein d’enseignement, mais aussi, il est historique à plusieurs égards. Il l’est déjà pour avoir suscité une dérive médiatique provoquée par un titre du Devoir qui affiche tout le contraire de ce qu’a dit M. Parizeau. Mais il l’était déjà historique ce discours pour une tout autre raison, cette fois plus fondamentale et fondatrice.
Le Discours historique de Jacques Parizeau du 6 juin 2009
J’y étais.
Une raison essentielle et primordiale mérite le qualificatif d’historique. M. Parizeau, l’un des plus grands chefs souverainistes. Un père de la nation toujours vivant, l’un des plus grands chefs d’État du Québec prend le temps à son âge vénérable d’écouter la nation, se déplace et prend le temps d’écouter toutes les interventions de nos élites intellectuelles souverainistes réunies en Colloque par les IPSO, se retire pour réfléchir et pour tenter de nous faire part au mieux de ses observations qui se veulent encourager nos efforts d’expression commune et de congruence.
Questionner tout ce qui nous a engagé et qui nous engage toujours
Il vient ensuite nous dire qu’il nous faut saisir l’occasion qui nous est donnée d’être dans l’opposition pour revisiter, questionner, tout ce qui a été fait pour prendra acte d’un cruel constat d’échec à l’égard des chefs historiques du souverainisme étatique, à l’égard aussi de toutes les personnes réunies ou pas ce jour-là et qui prétendent exprimer la volonté en acte du peuple souverain du Québec ( M. Sauvé ), et qui travaillent de concert ou désunies avec acharnement depuis plus de 40 ans l’an dernier. Ce constat cruel il nous le livre et nous en fait magistralement la démonstration, comme à son illustre habitude, avec des chiffres qu’il analyse finement en spécialiste vulgarisateur scientifique qu’il est toujours.
La VOLONTÉ du peuple souverain du Québec
Les Québécois(es) endossent majoritairement le fait que fonder un État valide et légitime de ses voix est une chose souhaitable. Ils et elles pensent maintenant, contrairement à nos débuts, que nous avons les moyens de le faire. Les Québécois(es) majoritairement pensent que cet État est viable, faisable, mais dans le même temps, pensent qu’il n’adviendra pas.
Il s’agit d’un échec de fait, mais une réussite ontologique. Ontologiquement, les Québécois abondent, pensent maintenant que c’est possible et faisable. Pourquoi donc pensent-ils que ça ne se fera pas ? C’est à cette question qu’il nous faut impérativement répondre. Et, pour cela il ne faut pas hésiter à faire la rigoureuse critique de ce qui a été fait qui a marché, de ce qui a été fait qui n’a pas marché, de ce qui n’a pas été fait et qui aurait pu fonctionner ou pas.
Ontologie : [PHILOSOPHIE] Étude de l’être en tant qu’être, indépendamment de ses déterminations ( Antidote )
Échec et réussite
Émergera, doit émerger de cette réflexion, de cette critique du souverainisme étatique historique un souverainisme ontologique qui sera en phase avec la VONLONTÉ COMMUNE du peuple souverain du Québec, comme le souhaite M. Parizeau. Un souverainisme qui, partant, est fondé sur la souveraineté du peuple seul valide et légitime Autorité suprême, fondatrice sur son territoire national, de l’État valide, légal et légitime du peuple souverain du Québec.
L’État valide : une fin en soi ou un moyen ? Un fin moyen.
Un souverainisme ontologique qui fait l’UNION de la fin et des moyens, comme « fin moyen » d’incarner dans l’État valide, l’autorité suprême du peuple souverain du Québec démocratique, cela en plaçant le peuple souverain du Québec au début, au centre et à la fin du processus menant à telle fondation. Ce n’est pas l’État qui fonde la souveraineté du peuple comme nous l’a laissé croire trop longtemps le souverainisme étatique historique, mais bien son exact contraire, c’est le peuple souverain qui fonde l’État valide et légitime du peuple souverain du Québec. Ce renversement paradigmatique à faire, M. Parizeau nous invite à le faire. Il nous dit, et cela est historique, que lui, défenseur par excellence du souverainisme étatique historique, est prêt à remettre sur le métier son ouvrage, prêt à tout questionner. Et pas que ça, il nous dit que nous ne pourrons pas mieux avancer que si nous prenons le temps de le faire avant de convenir ensemble communément, dans l’UNION de nos forces, ce qu’il convient de faire pour faire des prochains rendez-vous électoraux des élections décisives.
Assemblée de la députation du peuple souverain du Québec
À ce titre, il mentionne que pour la première fois nous détenons une souverainiste majorité dans la députation du peuple souverain du Québec ( Ottawa et Québec ) Majorité 50% + 1 en comptant le député Khadir de QS comme il l’a admis privément par la suite. Il n’a pas mentionné ce dernier, ni donc ce + 1 qui est si crucial par ailleurs, je me l’explique mal autrement que par ce seul reproche que je pourrais lui faire. Il serait question d’un PQ-Bloc-centrisme partisan de mauvais aloi. Ce questionnement doit être le fait de toute la mouvance souverainiste, pas seulement en ne considérant que le PQ et le Bloc. Cette omission est troublante et symptomatique d’une partisanerie qui n’a pas lieu d’être s’il est question de prendre la vraie mesure de la situation actuelle qui est la nôtre, et qui fait, à tort ou à raison, de QS, une force souverainiste qui compte désormais et qui fait que le PQ n’est plus seul en piste. Il faut que nous en prenions acte.
Il ajoute que cette situation n’est pas mise en lumière, ni prise en compte dans ce qu’il nous faut mettre de l’avant. C’est une invitation qui est tout à fait conforme à ce que je propose depuis longtemps. Faire ce que n’a fait que virtuellement Pierre Elliott Trudeau pour prétendre abusivement et fallacieusement que son rapatriement unilatéral imposé d’en haut, de force et d’autorité impériale héritière directe d’une autocratique monarchie de droit divin, que tel coup de force était légitime. Cela pour le faire mentir et dénoncer ce mensonge. Ce qui permet aussi d’afficher ce que nous sommes, nous sommes le peuple souverain du Québec qui répudie sur le territoire national du Québec l’État abusif actuel du Canada jamais nommément soumis à la voix du peuple souverain du Québec, ce, à commencer par la voix de sa députation réunie pour ce faire, pour la première fois de l’histoire. Il s’agit en quelque sorte de la rapatrier au Québec. Il serait question d’en faire un enjeu électoral. Ainsi en élisant un gouvernement de coalition souverainiste doté d’un Programme commun de souveraineté ayant fait de cet engagement à la réunir, pourra la réunir à Québec. Il sera habilité à le faire. Un rapatriement qui deviendra permanent le jour où les Québécois(es) auront été appelé(e)s à répudier tous les États quels qu’ils soient qui ne se seraient pas nommément soumis à ses voix.
Le peuple souverain l’Autorité suprême de l’État démocratique valide
Ce sont des propositions qui permettent de mettre de l’avant le principe ontologique démocratique qui, dans l’État, dans la Loi de l’État valide et légitime, fait du peuple souverain l’Autorité suprême, s’appliquant au début, au centre et à la fin du processus permettant de valider ou d’invalider démocratiquement les États qui gouverne les gouvernements qui nous gouvernent. L’État impérial tutélaire, autocratique dont le Canada est l’abusif et sans rupture direct héritier, nous a un jour, après chaude lutte, celle des patriotes, a daigné, trempant sa plume dans le sang de nos héros libérateurs, signer un édit qui permettait au peuple souverain d’élire une députation capable de former un gouvernement responsable, mais a toujours refusé que le peuple lui-même se prononce sur l’État et sa Constitution qui elle seule permet de gouverner ce gouvernement. Cet état de choses qui est le paradigme autocratique canadian doit être renversé. Et seul un préalable renversement paradigmatique à opérer par la mouvance souverainiste nous permettre de le faire sans assujettir le plein et entier exercice de la souveraineté du peuple à la fondation de l’État souverain du Québec.
18 courts mois décisifs. Pour préparer des élections décisives
M. Parizeau nous dit que c’est le temps d’en discuter. C’est le temps maintenant de le faire. C’est le temps maintenant, car toutes ces questions sont préalables à une action qui tienne compte du constat sévère qu’il étale sans fard devant nos yeux. Car, ce n’est pas dans le feu de l’action que de tels renversements peuvent s’opérer. C’est d’abord dans la réflexion, dans l’exposé des idées, et dans leur discussion que telle chose est possible et ça tombe bien, nous pouvons maintenant le faire parce que nous sommes dans l’opposition et nous n’avons pas à gouverner. Il nous faut donc nous préparer à le faire, et le faire pour gouverner non pas une province, mais gouverner un processus permettant à ce peuple de se gouverner dans un État valide qui émane de ses voix libres et souveraines. ET, M. Parizeau nous dit qu’il est prêt à le faire et que rien ne doit être épargné, chaque pierre doit être soulevée, aucun dogme n’est à l’abri de la discussion. Sauf un, il nous faut un État valide, légal ET légitime qui, sur le territoire national du Québec, émane nommément des voix du peuple souverain du Québec.
« Que cent fleurs s’épanouissent »
Voilà un homme qui est prêt à questionner toutes ces certitudes. Cela est exemplaire, mais ce qui est historique c’est qu’un chef d’État non seulement admette, mais nous encourage à le faire. C’est très rare, voire unique dans un État démocratique. Mao l’a fait dans un contexte de dictature quand à l’aube de la Révolution culturelle a dit « Que cent fleurs s’épanouissent ». Voilà pourquoi monsieur Jacques Parizeau est un père vivant de la nation, voilà pourquoi il est un grand chef d’État. Voilà un chef qui nous dit ne pas savoir maintenant ce qu’il nous faut faire, mais qui nous dit qu’il nous faut questionner ce qu’il a fait, il est prêt à le voir s’étaler devant lui. Il nous invite à le faire avec lui. Accompagné par lui, toujours vivant, alerte et motivé. Il a prononcé ce disant, un discours historique. Celui qui nous permet avec lui d’engager une révision de fond en comble de nos certitudes, de nos dogmes, de nos a priori, de nos habituels entendements.
Dans le rassemblement et l’UNION de nos forces
Mais il fait une mise en garde, cela doit se faire dans le rassemblement. Il nous faut nous méfier de l’éparpillement, de la querelle de mots, de l’affrontement des égos. Aussi il nous faut mettre en place des forums. Les États généraux pourraient en être un. Mais il nous faut bien le préparer. Pour ce faire, des discussions préalables doivent s’engager à tous les niveaux, sur toutes les plateformes. Au Conseil de la souveraineté, dans Vigile, dans chaque composante de la mouvance souverainiste.
Obligation de résultat
Avec une obligation de résultat cependant, nous n’avons que ±18 mois et à ce terme il nous faudra être parvenus à produire un discours capable de toucher le peuple du Québec, de manière à ce qu’il puisse faire l’union de ses forces souveraines. À nous les souverainistes de faire d’abord l’UNION qu’il nous faut pour que ce peuple puisse inspiré par cet exemple, faire celle qu’il lui faut pour fonder sur son territoire national l’État démocratique valide, légal et légitime qu’il espère fonder depuis le 13 septembre 1759 alors qu’il est né d’un arrachement à son amère patrie en tant que peuple distinct du peuple de France, en tant que peuple sans Souverain ayant abdiqué se devoir premier de protéger son peuple et chaque partie de son peuple de l’envahisseur, en tant que peuple souverain donc, il y a 250 ans cette année le 13 septembre 2009.
Il va de soi que votre excellente contribution est à verser au Dossier spécial de la Tribune libre - Stratégies de convergence
Une contribution qui me semble partie de la discussion à faire pour qu’en émerge un Programme commun de souveraineté endossé par toutes les composantes politique, institutionnelles et citoyennes de la mouvance souverainiste.
Voir le titre : Ouhgo-2009 06 15
Stratégies de convergence - Programme commun de souveraineté
Un peuple uni jamais ne sera vaincu !
Cela commence par un rassemblement citoyen souverainiste
Pourquoi pas à travers un RIN² dont est annoncée la résurgence par M. Michel Laurence, inspirateur doué.



