Quand le Parti Québécois subit une cinglante défaite comme celle du 26 mars 2007, c’est tout le mouvement souverainiste/indépendantiste qui est affecté et inévitablement beaucoup de militantes et de militants se découragent et abandonnent la lutte. C’est pourquoil, il est important de bien expliquer de façon simple ce qui s’est passé pour bien comprendre ce qui va suivre.
En juin 2005, à la suite de la "Saison des idées" lancée par Bernard Landry pour donner un programme dynamique au Parti Québecois, les participantes et participants du XVè Congrès ont mis la souveraineté au coeur du programme du parti et ont exigé qu’un "projet de pays concret et emballant" soit l’enjeu de l’élection du 26 mars 2007 et qu’il soit présenté à la population dans le "cadre financier d’un Québec souverain". Le Parti Québecois avait l’obligation également de poser des gestes concrets pendant toute la période précédant l’élection, dont, entre autres, l’adoption de politiques nationales pour le "pays", d’études sur la souveraineté, d’une constitution initiale et d’un document de transition vers la souveraineté. Tout cela apparaît noir sur blanc dans le chapitre 1 du programme intitulé : "Programme de pays".
Au Parti Québécois, le Congrès est l’instance suprême et il a le mandat spécifique, entre autres, de définir les options fondamentales du parti et de déterminer les priorités d’action [paragraphe 93 a) et d) des Statuts du Parti Québecois], tandis que le Conseil National, de son côté, a, entre autres, le mandat de préparer la "plate-forme" électorale du parti avant les élections [paragraphe 106 c)].
À cause des directives très précises du XVè Congrès - instance suprême du parti - le Conseil National avait donc l’obligation très stricte d’inclure dans la "plate-forme" électorale du parti, le "projet de pays" et de le présenter à la population dans un "cadre financier d’un Québec souverain".
OR CELA N’A PAS ÉTÉ FAIT. Non seulement les obligations relatives à la préparation du projet de souveraineté n’ont pas été remplies, mais le "projet de pays" a été carrément mis aux poubelles par le Conseil National du parti dirigé par André Boisclair, au profit d’une "feuille de route" strictement "provinciale" avec un cadre financier exclusivement "provincial". Seule a été conservée la promesse de tenir une "consultation populaire", après une élection victorieuse, dans une tentative désespérée pour récupérer le vote souverainiste désabusé et dispersé. Mais cette promesse ne dégageait nullement le Parti québécois de son obligation de faire du "projet de pays" l’enjeu de l’élection en l’intégrant dans un cadre financier d’un Québec souverain.
Pour écarter les directives du XVè Congrès, il aurait fallu que les nouveaux dirigeants du parti convoquent un Congrès extraordinaire ou un autre Congrès, ce qui évidemment n’a pas été le cas. La décision du Conseil National de mettre aux poubelles le projet de pays qui devait être présenté à la population lors de l’élection dans le cadre financier d’un Québec est donc illégitime sur le plan démoctratique et illégale en vertu des Statuts du parti.
Voilà comment le PQ d’André Boisclair a violé les Statuts du Parti québécois, a vidé le programme de sa substance et de son âme et s’est moqué de l’instance suprême du parti, des militantes et des militants, de la démocratie et de l’éthique.
André Boiclair et ses partisans ont vendu l’âme du Parti québécois pour un plat de lentilles provinciales et lui ont fait le plus grand tort. Il y a eu détournement de parti et démission collective des nouveaux dirigeants. Le chef, André Boisclair, est le premier responsable et il doit tirer sa référence. Et le plus tôt sera le mieux. Sinon le Parti Québec se dirige tout droit vers la marginalisation et l’insignifiance.
Pierre Cloutier


