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« Il y a au Canada un seul problème : l’autonomie des Québécois. La réalité de l’autonomie empoigne toute la vie politique. L’état d’esprit des Canadiens français est celui d’une minorité qui veut cesser de l’être. La colère est si grande qu’ils ont maintenant la volonté d’être autre chose que des hommes en colère. » André Malraux, 1963
             
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Nation, cow-boy, taloche
Vincent Marissal
La Presse
samedi 5 juillet 2008


Le premier ministre français François Fillon et son entourage ont dû réprimer un petit sourire, hier, à Québec, en entendant Jean Charest dire que les Québécois doivent se décoincer un peu quand ils parlent du célèbre « Vive le Québec libre ! » de Charles de Gaulle.

C’est que « décoincer », en langage populaire, a une connotation sexuelle, comme la vieille expression « déniaiser ».

Il est vrai que M. Fillon s’est lui-même montré un peu olé-olé en parlant jeudi du « pays » du Québec à plusieurs reprises dans son discours et qu’il a voulu, hier encore, réaffirmer l’histoire d’amour entre la France et le Québec.

Il parlait toutefois d’amour fraternel, sans plus. Un amour, qui plus est, toujours chaperonné par le gouvernement du Canada.

Les allusions de M. Fillon n’ont pas plu à Ottawa. Le premier ministre de Nicolas Sarkozy, visiblement, le savait, et il s’est empressé de corriger ce qu’il a qualifié lui-même d’écart de langage. Le mot « nation » aurait été plus approprié, a-t-il admis. « Le mot pays a plusieurs sens, a-t-il dit. Chez moi, un pays est un endroit où il y a des paysans. » Ah bon. Merci bien, monsieur le premier ministre.

À sa décharge, François Fillon n’est pas le premier politicien français à se prendre les pieds dans les lys du tapis des relations France-Canada-Québec.

Cela dit, sur le fond des choses, Jean Charest a bien raison de dire que nous devrions nous « décoincer » par rapport à la visite historique du général. La relation entre la France et le Québec a toujours été et continuera d’être particulière et complexe. Cela est évident (sans vilain jeu de mots, mon général) comme le nez au milieu du visage.

Et puis cette petite bourde diplomatique de François Fillon n’est pas pour déplaire à Jean Charest. D’abord, dans l’immédiat, elle corrige l’impression largement répandue que le fédéral a pris, dans ces fêtes du 400e anniversaire de Québec, beaucoup plus de place que le gouvernement du Québec.

Et puis, cela met un peu de baume sur les sentiments des Québécois qui voient le nouveau régime Sarkozy tourner le dos au Québec pour se rapprocher d’Ottawa.

On verra bien, en octobre, lorsque le président Sarkozy nous rendra visite, quels mots (ah ! les mots, quelle importance ils ont dans ce triangle diplomatique !) il choisira pour définir les liens entre Paris, Québec et Ottawa.

En attendant, à force de parler de de Gaulle, on est passé hier à côté d’un dossier beaucoup plus chaud : l’environnement.

En vantant la politique mise de l’avant par le gouvernement du Québec, tout en ajoutant que la France veut faire pression, à l’automne, sur les pays d’Amérique du Nord pour qu’ils s’engagent plus énergiquement dans la lutte contre les changements climatiques, il est venu à un cheveu de critiquer directement le gouvernement de Stephen Harper.

François Fillon vient-il de mettre la table pour la visite de Sarkozy en octobre ?

(...)

Suite de l’article


Le samedi 05 juillet 2008

Nicolas Sarkozy défendrait la position d’un Canada uni

La Presse Canadienne

Montréal

Le président français Nicolas Sarkozy défendrait la position d’un Canada uni lorsqu’il viendra au Québec cet automne.

C’est ce que semblent révèler des documents sur les relations Québec-France émanant du ministère canadien des Affaires étrangères, dont le Journal de Montréal a obtenu copie en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Le président Sarkozy entend profiter de son passage au Québec, en octobre, pour dévoiler la politique française à l’égard du Québec et du Canada. Selon le quotidien, cette position sera clairement plus pro-canadienne et pourrait même écorcher au passage le mouvement souverainiste. Dans les documents, on peut lire que le président Nicolas Sarkozy, délaissant la politique traditionnelle de non-ingérence et de non-indifférence vis-à-vis du Québec et du mouvement souverainiste, présenterait une vision reflétant davantage son intérêt personnel pour le Canada tout entier.

Ces nouvelles informations paraissent au moment ou le premier ministre français, François Fillon, a du se défendre d’avoir utilisé le mot « pays » en parlant du Québec, lors d’une déclaration dans le cadre des Fêtes du 400e de Québec, jeudi.

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