Ce qui est sûr, c’est que le PQ fait le pari de tenter de mobiliser les milieux d’affaires, mais, qu’il réussisse ou non, l’on peut se questionner sur cette stratégie elle-même.
Tentons tout d’abord de répondre à votre question : il y a, au Québec, le PLQ, parti des gens d’affaires et des Anglais, l’ADQ, parti pro-affaires et populiste, surtout populaire chez les francophones, puis, le PQ.
Ensuite, il y a QS, parti pro-peuple, le PVQ, genre de NPD québécois, car il gruge, au Québec, le vote anglais du PLQ. Enfin, l’on peut ajouter le PI, qui est un parti indépendantiste et plutôt pro-peuple.
Le PQ, donc, fait le pari de gruger les votes de l’ADQ. Il n’est pas impossible que cette stratégie réussisse, car l’ADQ, même si elle séduit en partie les milieux d’affaires, n’est pas très crédible.
En revanche, ce qui est intéressant de constater, en un sens, c’est le double-mouvement : un mouvement vers la droite, assez clair – la dite « modernisation » et l’exaltation de Facal ne doivent pas tromper – puis, ensuite, l’autonomisation de fait du PQ.
Il est possible qu’il s’agisse d’un repli stratégique, un abandon de l’option référendaire pour ouvrir la porte à une voie électorale référendaire, mais le refus de Mme Marois de discuter de stratégie, en un sens, est fort troublant.
Car, si l’on refuse de tenir un référendum le plus vite possible, soit, mais que suggère-t-on, au juste, sinon attendre, et gouverner de manière souverainiste, en respectant la légalité canadienne ?
Il est donc possible que le PQ réussisse à mobiliser les milieux d’affaires, mais à quel prix ? Au prix de l’abandon de son option constitutionnelle ? C’est là une question critique.
Si c’était le cas, deux stratégies sont possibles : 1) Tenter de profiter de la convergence pour rapatrier des pouvoirs d’Ottawa, 2) Construire une alternative indépendantiste au PQ.
Le plus drôle, admettons-le, c’est que ces deux stratégies, en fait, ne sont peut-être pas contradictoires, sur le fond, bien qu’elles le soient, dans la forme. Elles ne peuvent être l’oeuvre d’une même entité politique, mais elles pourraient se chevaucher.
Permettons-nous de poser une question aux indépendantistes sur Vigile :
Croyez-vous qu’une entente est possible entre le PQ et l’ADQ pour rapatrier unilatéralement et complètement les pouvoirs suivants au Québec : langue, culture, famille, immigration et impôts ?
Un tel rapatriement pourrait-il se faire dans le cadre d’une Constitution du Québec entérinée par référendum populaire ? Ou serait-il mieux de procéder à un tel rapatriement suivant la voie du pacte électoral PQ-ADQ suggérée par M. Paquette ?
David Poulin-Litvak
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

