La réélection de Tremblay, à Montréal, apparait comme un mauvais remake du référendum de 95 : fixation et crispation de l’électorat anglo, répercutées en moindre mesure chez l’électorat allophone. S’y est appuyé une partie minime de l’électorat franco, de souche, intéressée, celle-là dressée contre tout ce qui a seulement l’apparence d’être québécois.
Quoi qu’on en dise, Louise Harel, malgré toute sa bonne volonté, c’était « la péquisse » dans le radar.
Comme en 95 aussi, une intervention massive du gouvernement « supérieur », ici le provincial, effrontément liberal, qui a distrait le peuple montréalais, et jusqu’au peuple indépendantiste lui-même : la brochette de ministres venus distraire, qui avec l’éthique, qui avec un énoncé économique, qui avec l’Hydro Québec au Nouveau Brunswick, qui avec la pan-dé-mie, qui d’autres, enfin, jusqu’aux vaccins. Name it ! Tout était bon pour distraire (et diviser) du plus formidable alignement des planètes depuis 95, favorable à un changement à Montréal et au Québec.
Dimanche, à Montréal, la gauche et la droite se sont serré la main.
Et c’est Tremblay lui-même, sérieux comme un pape, au soir de son élection, qui est venu assurer que les montréalais l’avaient élu parce qu’ils voulaient du changement. Et c’est Bergeron, tout fier d’être troisième, qui rassurait qu’il sera là en 2013.Sans doute aussi en 2017.Et Mme Harel, habituée, satisfaite d’ajouter une victoire morale à sa collection.
On niera ensuite que le Québec est bloqué.
