Les tricheurs et les fraudeurs fédéralistes, par Robert Barberis-Gervais (avec la collaboration de Marcelle Viger)
Vous êtes sans doute au courant que l’organisation électorale du Bloc québécois dans Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup a officiellement porté plainte à la Sûreté du Québec pour des manoeuvres électorales douteuses.
La manoeuvre est un étrange message téléphonique automatisé. Selon la direction régionale du Bloc québécois, ce message donne une mauvaise impression de la candidate bloquiste, Nancy Gagnon. Le message laisserait entendre qu’il provient de la députée bloquiste Christiane Gagnon. Une plainte contre le Parti conservateur a également été déposée auprès du Commissaire aux élections fédérales.
L’un des principaux organisateurs du Bloc québécois dans la circonscription, Hughes Belzile, s’est insurgé contre de tels procédés : « Je dénonce cette chose-là, on n’a jamais fait ça. Ça fait peut-être 15 élections que je fais [...], on ne s’est jamais fait passer pour un autre candidat. En plus, prendre le numéro de fax de Mme Gagnon comme garantie de retour d’appel, c’est dégueulasse. »
Je vous apporte un témoignage concret. Le jour des élections, ma femme Marcelle Viger est partie de Longueuil pour se rendre à Montréal rue Crémazie au quartier général du Bloc. Elle a fait plusieurs dizaines de téléphones avec une équipe pendant toute la journée pour inviter des gens ayant été pointés sympathisants bloquistes à aller voter pour Nancy Gagnon. C’est une démarche parfaitement légitime pour “faire sortir le vote” comme on dit. Quand elle est revenue chez nous, elle était fatiguée et déprimée. Pourquoi ?
Et bien, à plusieurs reprises, elle et les autres téléphonistes se sont fait raccrocher la ligne au nez. Une dame plus futée que les autres de Rivière-du-Loup a informé ma femme qu’elle avait reçu plusieurs téléphones l’invitant à voter pour le Bloc québécois. Elle en avait conclu que c’était une manoeuvre des adversaires pour écoeurer les sympathisants bloquistes. La manoeuvre avait réussi puisque les téléphonistes de Montréal se faisaient couper la ligne au nez. Dégoûtés, plusieurs personnes n’ont pas compris que la manoeuvre était une tactique de l’adversaire et ne sont pas allés voter.
Voilà le genre de procédé qui a mené l’ancien maire de La Pocatière, Bernard Généreux à la victoire au nom du Parti conservateur. A qui a profité le crime ? La victoire du Parti conservateur est entachée. Soit dit en passant, le Bloc québécois n’a jamais utilisé la technologie de message automatique dans le cadre des élections partielles. Seul le Parti conservateur a eu recours à cette stratégie en enregistrant un message du nouveau sénateur conservateur Jacques Demers invitant les électeurs à voter pour le candidat conservateur.
J’ai compris pourquoi ma femme était fatiguée et déprimée. Elle s’en est remis puisque ses convictions et son engagement sont profonds et sont pour moi une source d’admiration. En souvenir de Pierre Falardeau, je n’ai pas de mots assez violents pour qualifier ces trous-de-culs fédéralistes qui corrompent un processus démocratique déjà fragile. Ce sont des fraudeurs et des tricheurs qui, je l’espère, seront épinglés par la police.
Toujours aussi bien connectée aux libéraux, Lysiane Gagnon nous apprend dans son texte : Une victoire significative, que les libéraux provinciaux ont travaillé à la campagne du vainqueur conservateur. Je suggère au Bloc de ne pas exclure les libéraux provinciaux de leur plainte. Quand on est capable d’organiser le vote itinérant au municipal comme on l’a vu à St-Lambert en allant jusqu’à voter à la place de personnes très âgées atteintes de la maladie alzheimer, on pourrait aussi bien être capable d’enregistrer un faux message.
Le père Didace, dans le Survenant, aurait dit : Maudite race de monde.
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 12 novembre 2009

