À la suite du décès de Michael Jackson, un journaliste du Monde écrit : « Plus il était devenu une pop star planétaire, plus Michael Jackson avait semblé s’éloigner de ses "racines". »
Ainsi, du noir il était passé au blanc. Il s’était sculpté un visage de porcelaine qu’il avait maquillé. Il s’était lissé les cheveux. Dans l’esprit de Jackson, être noir, immensément talentueux, riche et connu de toute la planète, n’était pas suffisant. Il lui fallait accéder au statut d’homme blanc. C’est triste. Pathétique. Même ses enfants, il les a voulus blancs.
On ne peut s’apitoyer sur le sort de ce petit garçon de 50 ans sans établir de liens avec les Québécois qui voient dans les Anglais une race supérieure à la leur et qu’ils singent pour étaler leur grandeur. Renier leurs semblables, renier leur langue, s’éloigner de leurs racines leur procure le sentiment de s’élever. Ils ont réussi. Ils sont quelqu’un même si c’est quelqu’un d’autre…
Les Québécois pourtant n’ont rien à envier aux Anglais. Ils ont du talent à revendre et beaucoup n’hésitent d’ailleurs pas à se vendre. Passer de Québécois à Canadien, c’est se hisser en haut d’une échelle. Étonnement, ce qui devrait les rendre fiers, leur fait honte. Ils vivent comme une tare le fait d’être différents. À l’opposé de Jackson, ils sont plus d’un. Ils forment un peuple.
C’est triste. C’est pathétique. Même leurs enfants, ils les voudront Anglais.

