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Les déclarations de Pierre Curzi sont “rafraîchissantes” mais ne suffisent pas
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
lundi 25 mai 2009      411 visites      4 messages


Occupée complètement à faire la promotion des projets hydroélectriques du chef du Parti libéral du Québec, Radio-Canada, la télévision, sauf erreur, n’a pas jugé bon de couvrir la magnifique marche pour l’indépendance dont il faut féliciter les jeunes organisateur(e)s. En tant que canadian tax payer, j’aurais bien aimé que la télévision d’Etat si chère au coeur de Bernard Derome me montre de belles images de cette manifestation qui, après celle du RRQ, est très prometteuse. Au lieu de cet événement “oublié”, nous avons vu Jean Charest être proclamé “grand bâtisseur” par son parti qui en veut pour son argent. (Un investissement de 75,000 $ par année depuis 1998 versé en bonus à Jean Charest, somme d’argent qui en étant restée cachée pendant dix ans ressemble étrangement aux enveloppes pleines de billets de mille données à Brian Mulroney. En passant, ce 75,000 $ a été considéré pendant dix ans comme une affaire privée. Deux questions : avez-vous la preuve qu’il ne s’agit que de 75,000 $ ? Est-ce que Jean Charest a payé ses impôts chaque année ou y a-t-il eu l’équivalent d’une entente-Mulroney quand la somme de 750,000 $ a été connue du public ? Ne serait-il pas temps que les journalistes fassent leur job et fouillent cette question. Est-ce que le journalisme d’investigation existe encore au Québec ?)

Lors de ce “happening libéral”, Jean Charest a dit : “Je suis l’héritier, moi, de Godbout, Lesage et Bourassa”. Lesage ? Moi qui croyais que c’était René Lévesque (aidé de Jacques Parizeau) qui était le père de la nationalisation des compagnies privées (et anglaises) d’électricité ; moi qui croyais que sans cette nationalisation, tous les développements ultérieurs dont se gargarisent les libéraux ne serait jamais advenus ! Comme au 400è de Québec, les fédéralistes trafiquent l’histoire au gré de leurs intérêts partisans. C’en est devenu pathétique comme quand la perfide et mesquine Lysiane Gagnon est intervenue dans un colloque sur René Lévesque où elle disait avec un culot gescaien que René Lévesque n’avait rien fait pour le Québec. Il fallait écouter le réponse cinglante du toujours civilisé Louis Bernard qui n’apparaît malheureusement pas dans le livre : René Lévesque : mythes et réalités (Alexandre Stefanescu).

Cette marche, c’est un autre de ses mérites, aura donné l’occasion à Pierre Curzi de faire les déclarations suivantes lues dans un article de Marco Bélair-Cirino dans Le Devoir du 25 mai 2009 et je cite :

“Ravie, la porte-parole du collectif, Catherine Dorion, s’est dite à la fois étonnée de la grande diversité des personnes présentes et de la grande proportion de gens qui prenaient part pour la première fois à une manifestation indépendantiste. « Toute la société est représentée. C’est un super mélange », a-t-elle lancé.

Selon le député péquiste de Borduas, Pierre Curzi, le PQ « a besoin d’être alimenté, propulsé, régénéré par des gens [comme ceux présents à la manifestation d’hier et] qui ont la ferme volonté de réussir la souveraineté rapidement ».

La question nationale « sera au coeur de la prochaine plate-forme électorale, c’est sûr », a-t-il promis. « C’est vraiment l’indépendance l’objectif [du PQ]. Ça le demeure », a ajouté le président et vice-président de la commission politique du PQ, Daniel Turp. D’ailleurs, la chef du PQ, Pauline Marois, profitera de la Conférence nationale des présidentes et présidents du parti, à la mi-juin à Drummondville, pour prononcer un discours « clair » sur le projet de souveraineté du Québec du PQ, a indiqué au Devoir Pierre Curzi.”

Le Parti québécois veut “rafaîchir” la sociale démocratie et “rafraîchir” le projet souverainiste. J’ai lu très attentivement les remarques faites par André Ferretti sur certains propos de Pierre Curzi entendus à la radio de Radio-Canada et je dois dire que je penche du côté de la mercuriale exprimée par Luc Archambault, Gaëtan Dostie et Raymond Poulin.

Sauf que j’en profite pour ajouter mon grain de sel. Nous avons pris bonne note des propos de Pierre Curzi mais si ce texte que vous lisez actuellement tombe sous les yeux des “leaders” du Parti québécois, considérez ceci. Par exemple, mon député Bernard Drainville et Pauline Marois font des discours où ils critiquent avec justesse le gouvernement libéral ou le systéme fédéral en place. Bien. Puis, avec éloquence, en haussant le ton pour affirmer une conviction et l’authentifier, ils terminent en disant que la solution aux problèmes soulevés, comme le dit Pierre Curzi : “C’est vraiment l’indépendance” qui est l’objectif du PQ

Sauf que ces professions de foi ne suffisent pas. Il faut dire comment vous allez vous y prendre pour atteindre cet “objectif”. C’est bien beau de remettre un congrès à plus tard.

Mais il va falloir répondre à la question : comment ? Chers “leaders” du Parti québécois, commencez par lire ce qui a été écrit sur le sujet sur le site Vigile.net. Vous aurez là un beau dossier à lire avant de vous brancher. C’est bien beau d’admettre comme le fait Pierre Curzi que “le Parti québécois a besoin d’être alimenté, propulsé, régénéré par des gens [comme ceux présents à la manifestation d’hier et] qui ont la ferme volonté de réussir la souveraineté rapidement ». Mais il va falloir vous brancher.

J’aimerais pouvoir dire à des militants qui ont de fameuses bonnes raisons d’être déçus : “les sceptiques seront confondus”. Je vais me faire pédagogique pour le bénéfice de jeunes lecteurs. Supposons quelqu’un qui dit vouloir aller en France. Quel beau pays ! C’est un objectif louable de vouloir y aller. Mais si vous n’achetez pas de billet d’avion et que vous ne songez pas d’y aller en bateau, ou à la nage, on pourra dire de vous que vous n’avez pas vraiment la volonté d’aller en France puisque vous ne prenez pas les moyens.

On nous dira : il faut d’abord prendre le pouvoir. OUI, MAIS VOUS ALLEZ EN FAIRE QUOI ? (lire Josée Legault) Excusez les majuscules, ce n’est pas dans mes habitudes de crier. Si j’oublie ma modestie proverbiale, je suggérerais de lire mes articles publiés ici sur l’étapisme. Il faut quand même avoir compris ce qui s’est passé à partir de 1973. Je conseille le livre de Pierre Dubuc : L’autre histoire de l’indépendance : la droite de Claude Morin à Paul Desmarais.(Editions Trois-Pistoles) J’ai déjà publié avec Pierre Drouilly un livre dont le titre dit tout : “Les Illusions du pouvoir.” et le sous-tire aussi : les erreurs stratégiques du gouvernement Lévesque. C’était en 1981.

Je dis sans crier à Pauline Marois, Bernard Drainville, Pierre Curzi, André Turp et les autres : les professions de foi souverainistes ou indépendantistes ne suffisent pas.

P.S. A Andrée Ferretti : Curzi est d’origine italienne comme moi ; son nom s’écrit CURZI et non CURZY.

Robert Barberis-Gervais, 25 mai 2009




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Vos commentaires:
  • Les déclarations de Pierre Curzi sont “rafraîchissantes” mais ne suffisent pas
    26 mai 2009, par Luc Archambault
    On est bien d’accord. Nous sommes sur la bonne voie Le Programme du Congrès de 2005 est à nouveau disponible sur le site Internet du PQ. Nos demandes exprimées entre autre par la voix de M. Pierre Cloutier ont été entendues ; Madame Marois a annoncé 17 mois consacrés à la rédaction d’un projet de pays, non plus réduit à une rédaction ultérieure tel que le spécifiait ce programme ; M. Curzi et d’autres au PQ parlent (...)

    Lire ce commentaire

    On est bien d’accord.

    Nous sommes sur la bonne voie

    - Le Programme du Congrès de 2005 est à nouveau disponible sur le site Internet du PQ. Nos demandes exprimées entre autre par la voix de M. Pierre Cloutier ont été entendues ;

    - Madame Marois a annoncé 17 mois consacrés à la rédaction d’un projet de pays, non plus réduit à une rédaction ultérieure tel que le spécifiait ce programme ;
    - M. Curzi et d’autres au PQ parlent d’indépendance. Pour ça aussi on nous a entendu. L’énergie circule enfin ;

    - Nous ne sommes pas bousculé par des élections au Québec et ne nous laisserons pas distraire par les élections à venir à Ottawa.

    Mais cela ne devra pas en rester là.

    Tout cela ne doit être qu’affiche annonciatrice d’une véritable incarnation de cette claire volonté d’indépendance, dans un Programme complet et congruent de pays auquel toute la mouvance souverainiste pourrait adhérer dans un solidaire enthousiasme.

    Il y a obligation de résultats

    Les résultats doivent suivre cette affiche.

    UNION souverainiste

    Cela me semble devoir aussi s’inscrire dans le cadre d’un Programme commun de souveraineté endossé par toutes les formations politiques souverainistes capable d’emporter l’adhésion de tout un peuple et par toutes les composantes de la mouvance souverainiste.

    Nous sommes responsables du résultat

    Nous sommes tous chacun et chacune responsables du résultat que nous espérons voir se concrétiser à travers toutes les instances et composantes souverainistes. Nous devons maintenant exprimer ce qui chacun chacune nous paraît être le bon contenu de tel Programme et projet de pays. Pour que chacun puisse en prendre connaissance, en discuter, pour nous mettre d’accord ensuite sur ce qui doit ou pas être retenu des ces propositions.

    Les avis sont nombreux et certains sont divergents. Il faut exposer nos vues en toute liberté et les discuter au mérite de bonne foi et en toute intelligence.

    C’est parti. À vos plumes, crayons ou claviers, dans et hors le PQ.

    Si possible les deux.

    - Demandez aux organisations péquistes de votre comté et nationale quand se tiendra la prochaine réunion à cet égard pour y assister en tant que membre ou qu’observateur.

    - Soutenez l’initiative de Michel Laurence, transmettez votre appui au RIN-2 qui se donnera bientôt comme mandat de favoriser la réunion de toutes les composantes de la mouvance souverainiste pour que s’opère là et ailleurs la constitution de tel Programme commun de souveraineté.

    JPG - 33 ko

  • Les déclarations de Pierre Curzi sont “rafraîchissantes” mais ne suffisent pas
    26 mai 2009, par Gébé Tremblay
    M. Gervais, le PQ a déjà dit ce qu’il a à dire sur la "souveraineté" et celà n’a rien à voir avec l’indépendance du peuple canadien français, dit québécois. Tout est ici sur le site du PQ : http://www.pq.org/parti/vision-pour...,81 Vous pouvez y lire la liste de ses réalisations qui vous donneront une bonne idée de c’elles qui suiveront. Voilà le genre de gestes que fera le PQ. Pour ce qui est d’un discours (...)

    Lire ce commentaire

    M. Gervais,

    le PQ a déjà dit ce qu’il a à dire sur la "souveraineté" et celà n’a rien à voir avec l’indépendance du peuple canadien français, dit québécois.

    Tout est ici sur le site du PQ :

    http://www.pq.org/parti/vision-pour...,81

    Vous pouvez y lire la liste de ses réalisations qui vous donneront une bonne idée de c’elles qui suiveront. Voilà le genre de gestes que fera le PQ.

    Pour ce qui est d’un discours vous pouvez consulter son Manifeste de la Souveraineté :

    http://www.pq.org/parti/souverainet...

    L’introduction donne la mesure :

    "Alors que de nouveaux pays naissent régulièrement dans le monde, nous croyons que le Québec doit écrire lui aussi son nom dans le grand livre de l’histoire des peuples. L’aventure du Québec est celle d’une nation qui développe une relation d’égal à égal avec les Premières Nations et la nation inuite, où la communauté anglophone a toute sa place et où est valorisé l’apport des Québécoises et des Québécois issus de l’immigration. Nous avons rendez-vous avec la liberté et avec le pays que portent depuis si longtemps nos espoirs."

    On ne peut pas être plus clair que : "où la communauté anglophone a toute sa place".

    Cette toute petite phrase est capitale pour comprendre la "souveraineté" du PQ. Elle ne s’adresse pas aux Canadiens français, mais à l’establishment fédéral anglais de Montréal. C’est une formule pour rassurer que rien ne changera.

    M. Gervais, un Québec dans lequel la minorité anglaise a "toute sa place" nous avons depuis 1769.

    Votre analogie à un voyage en France est fausse. Nous n’allons nulle part. Nous travaillons à reprendre plein pouvoir de notre Québec ici-même. Nous ne nous séparons pas du Canada, nous mettons fin à la dictature du système fédéral entretenu par les institutions de cette minorité anglaise au Québec.

    La révolution tranquille nous a mené à la presque parité socio-économique avec cette minorité entretenue par Ottawa, mais depuis 1996 le PQ a abandonné le combat se refusant d’achever le travail en françisant toutes les institutions québécoises. Le "statut particulier" accordé à cette minorité en fait le véritable peuple au pouvoir et qui peut prendre "toute sa place" (le recul du français à Montréal). Les Canadiens français ne se voient aucun statut particulier reconnu par le PQ.

    Il est ici le dernier maillon de l’indépendance, pas à Ottawa. C’est ici que nous devons prendre "toute notre place" et c’elle-ci est le Québec entier.

    Montréal inclu.


  • Les grands imposteurs éditorial d’André Pratte du 26 mai 2009 par Robert Barberis-Gervais
    26 mai 2009
    En complément à mes remarques, voici un éditorial d’André Pratte intitulé "Les grands imposteurs" "On a beau être partisan, il y a des limites à la malhonnêteté intellectuelle", écrit-il. Voici un large extrait de cet éditorial. "Le conseil général du Parti libéral du Québec s’est tenu en fin de semaine sous le thème du développement énergétique du Québec. Le premier ministre Jean Charest y a présenté sa vision du Québec de (...)

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    En complément à mes remarques, voici un éditorial d’André Pratte intitulé "Les grands imposteurs" "On a beau être partisan, il y a des limites à la malhonnêteté intellectuelle", écrit-il. Voici un large extrait de cet éditorial.

    "Le conseil général du Parti libéral du Québec s’est tenu en fin de semaine sous le thème du développement énergétique du Québec. Le premier ministre Jean Charest y a présenté sa vision du Québec de l’avenir, un Québec qui serait « la première puissance mondiale d’énergies propres et renouvelables ». C’est un projet mobilisateur que nous applaudissons. Il est déplorable que les libéraux aient choisi d’en faire une affaire partisane.

    Une vidéo présentée aux militants dimanche retraçait l’histoire de l’hydroélectricité au Québec. Le PLQ a réussi le tour de force d’y raconter la nationalisation de l’électricité sans dire un mot de René Lévesque. Ministre libéral des Ressources naturelles au début des années 60, M. Lévesque a mené pendant des mois une campagne publique en faveur de la nationalisation. C’est cette campagne qui a convaincu les Québécois, puis le premier ministre Lesage de prendre cet audacieux pari. On a beau être partisan, il y a des limites à la malhonnêteté intellectuelle.

    Jean Charest s’est bien gardé de pavoiser après que les organisateurs du conseil général, affiches et vidéo à l’appui, l’eurent sacré « grand bâtisseur » aux côtés de Godbout, Lesage et Bourassa. Il ne s’est pas moins présenté comme le père de la relance de la construction des grandes centrales hydroélectriques et du développement de l’énergie éolienne dans la province. Or, c’est faux. Le premier ministre qui a initié ces deux virages, c’est Bernard Landry.

    Il est vrai que le gouvernement de Jacques Parizeau avait mis un frein aux grands projets de production électrique. Il n’avait pas le choix : l’échec de Grande-Baleine avait montré que la résistance des populations autochtones ne pouvait être vaincue ou contournée.

    Il a fallu que M. Landry conclue la Paix des Braves avec les Cris pour que le plus grand projet depuis celui de la baie James, la dérivation de la rivière Rupert, puisse aller de l’avant. Voici ce que déclarait M. Landry, alors premier ministre, il y a sept ans presque jour pour jour : « Le Québec est à l’aube d’une autre grande période de développement de projets énergétiques. Les initiatives que mon gouvernement a annoncées au cours de la dernière année et celles que nous mettrons en place au cours des prochains mois permettront au Québec de connaître la plus importante vague de développement de projets énergétiques depuis les travaux de la baie James. » Et le chef péquiste de « confirmer la ferme volonté de mon gouvernement d’accélérer le développement de l’énergie éolienne au Québec ».

    Bernard Landry mérite donc, au moins autant que son successeur, le titre de « grand bâtisseur » de l’énergie. Dans ce dossier, le chef libéral a seulement pris la balle au bond." (...)

    Qu’André Pratte traite les faiseurs d’images du Parti libéral de "grands imposteurs", c’est un événement qu’il valait la peine de souligner. Selon André Pratte, ce faiseurs d’images ont fait preuve de malhonnêteté intellectuelle. Je suis bien d’accord avec lui : "il y a des limites à la malhonnêteté intellectuelle." Il faut savoir que monsieur Pratte s’y connaît quand on parle d’honnêteté intellectuelle. Ses éditoriaux, les textes des chroniqueurs comme Alain Dubuc à qui il a fallu faire un dessin pour qu’il comprenne l’importance économique de Vidéotron et de l’empire de Pierre-Karl Péladeau (malgré ce qui se passe au Journal de Montréal qui ressemble étrangement à ce qui s’est passé au Journal de Québec), tout ce qui est publié sous la plume de Lysiane Gagnon, toute cette prose porte la marque, comme chacun sait, d’une grande honnêteté intellectuelle.

    Robert Barberis-Gervais, 26 mai 2009


  • « Les grands imposteurs » : éditoriale imposture d’André Pratte du 26 mai 2009
    27 mai 2009, par Luc Archambault
    M. Barberis-Gervais, Cet éditorial nous apparait marquant au regard de la partisannerie habituelle de GESCA dans ses pages éditoriales, d’opinions et de nouvelles. Mais cela est tout à fait conforme au programme prévu de fabrication du consentement des Québécois par la démaraicratie canadianisatrice du Québec. Cela permet de rendre efficace au moment opportun tel parti-pris canadianisateur : une apparence d’équilibre (...)

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    M. Barberis-Gervais,

    Cet éditorial nous apparait marquant au regard de la partisannerie habituelle de GESCA dans ses pages éditoriales, d’opinions et de nouvelles. Mais cela est tout à fait conforme au programme prévu de fabrication du consentement des Québécois par la démaraicratie canadianisatrice du Québec.

    Cela permet de rendre efficace au moment opportun tel parti-pris canadianisateur : une apparence d’équilibre généralement affichée fait en sorte que CESCA n’est pas perçu ici comme la Pravda était perçue par les citoyens de l’ex-URSS. Là, plus personne n’accordait de crédit à tel organe du pouvoir. Il s’est effondré. On a compris la leçon. Si jamais GESCA ne parvenait pas à se distinguer de la Pravda, c’en serait fini de leur influence sur l’opinion publique du peuple souverain du Québec.

    Aussi, la stratégie est la suivante. Suffit de paraître le plus généralement au mieux et à la limite la plus extrême qui pourrait faire basculer l’opinion publique dans le sens contraire, de manière à être tenu pour relativement équilibré, au moins dans les pages journalistiques.

    Il est normal que GESCA maintenant s’en prenne de manière aussi virulente, aux canadianisateurs. Sauf que cette virulence n’est ni symétrique, ni réciproque, ni équilibré quand les échéances sont proches. Se prévalant de l’apparence de logique équilibrée supposée habituelle, leur suffit de doser habilement les sophismes les plus débridés dans les circonstances les plus cruciales. Impossible de réagir à temps, d’autant que toute réaction sera à la merci de l’interprétation falsificatrice absolutiste qui contrôle les médias.

    - Aux dernières élections fédérales GESCA a prit fait et cause pour les Conservateurs pour éjecter Stéphane Dion chef intérimaire conscrit pour laver le PLC des souillures commanditaires comme on a conscrit jadis Claude Ryan pour faire semblable cure au PLQ. Cela, a permis l’intronisation sans contestation de Michael Ignatieff qu’impose le PrattiGescagnatiévisme. Depuis, il n’y a pas une journée où il ne fait pas la manchette. ( Même principe pour le maire Labeaume ). Cela pour enfoncer le Bloc à terme ;

    - Aux dernières élections provinciales, on a justifié la précipitation des élections pour masquer la déroute de la CDPQ de manière à ce qu’elle ne serve pas plus tard à faire élire le PQ trop tôt avant que soit intronisé Ignatieff ;

    - Ainsi ils ont encore quatre années pour voir venir sachant qu’à ce terme l’alternance ne pourra que donner le pouvoir au PQ. Si l’on ne peut éviter cela, bien qu’on fera tout pour l’éviter, pas de problème puisqu’on prend déjà et qu’on ne cessera de prendre fait et cause pour Michael Ignatieff ;

    - À la limite on n’a pas de problème à enfoncer Jean Charest, il n’est qu’un chef en sursis, pas étonnant qu’il tente le tout pour le tout pour construire son supposé legs de « Grand bâtisseur »… de fin de régime.

    - On va même jusqu’à tancer M. Ignatieff. Cela ne compte pas puisque ne servant qu’à accréditer une apparence de distance dont on se prévaudra le moment voulu pour mousser de toutes ses forces l’absence de distance contre le Bloc le moment venu ;

    Morale. Ce qui nous apparaîtra un temps abonder dans notre sens, dans le sens d’un supposé équilibre journalistique n’est que parade pour accréditer ce qui permettra le moment venu de fabriquer ce qu’il faut pour obtenir le consentement de nos élites à ce qu’il désire nous voir consentir. C’est ce qu’a démontré Noam Chomsky. C’est ce qu’on a fait pour entrer en guerre avec l’Irak. Peu importe qu’on ait pendant une courte période menti. Le résultat est là. C’est ce qu’on a fait en 1995. Et le résultat est là.

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