Éric Tremblay a raison : « L’instrumentalisation de la cause indépendantiste pour la recherche du pouvoir va se poursuivre sous l’ère Marois. » Le Parti québécois, sous Marois, parasite encore et toujours l’aspiration nationale des Québécois au lieu de l’incarner dans des actions politiques conséquentes et de la canaliser vers l’indépendance. Espérer quelque chose de l’arrivée de Mme Marois à la tête du PQ, c’est attendre après l’attentisme !
Quant à la trouvaille « courageuse » de la nouvelle chef voulant qu’il faille désormais faire prévaloir le pourquoi de l’indépendance sur le comment, c’est de la poudre aux yeux. Le pourquoi de l’indépendance, on le sait. On veut l’indépendance parce qu’on est dépendant et qu’on veut sortir de cette dépendance. Ras le bol de se faire dire d’aller convaincre son beau-frère et sa voisine que la liberté est une bonne chose (le pourquoi de l’indépendance). Le beauf et la voisine, ils le savent que la liberté est une bonne chose.
C’est l’équipe censée en diriger le combat qui les fait tiquer, et la stratégie mise en oeuvre (le comment). Ils ne vont pas sauter dans la danse avec des faiseux comme câlleurs. Ils savent bien, comme n’importe quel peuple, qu’avec des branleux à la direction, des pas convaincus, des hypocrites qui leur renvoient toujours la faute (« le peuple n’est pas prêt »), la lutte est perdue d’avance.
Non. Ce qu’il faut, c’est des chefs qui croient assez à l’indépendance pour la proposer à la population dans dans un plan d’action concret et dans un parti solide capable de faire face aux adversaires.
Les Québécois se sont donné un parti indépendantiste pour faire l’indépendance, pas pour se faire demander s’ils la veulent.
Richard Gervais, 6 juillet 2007


