Lors d’un colloque, il y a quelques années, le Conference Board du Canada ciblait trois raisons, trois facteurs limitant la productivité des entreprises : 1- le manque d’investissements des entreprises en Recherche et Développement 2- le manque d’investissements des entreprises en capital (dans de nouveaux équipements à la fine pointe technologique_) 3- le manque de financement par les entreprises dans la formation continue de la main-d’œuvre.
Donc, les entreprises sont les premières responsables de leur manque de productivité. Concernant le Québec, consultez le site d’Investissements –Québec et vous verrez que nous sommes plus compétitifs que l’Allemagne, le Japon, les États-Unis au niveau des coûts de main-d’œuvre, des prix de l’énergie, etc. Par contre, les entreprises qui basaient leurs bénéfices sur les bas tarifs d’électricité retardaient la modernisation de leurs usines, entre autres les alumineries et l’industrie des pâtes et papier. Cet atout devient un frein à l’innovation technologique dans cette stratégie d’entreprise.
Les professeurs invités au conseil national du PQ ne font que répéter le nouveau crédo : les lois du marché avant toute chose, modeler la politique économique selon les intérêts supérieurs du secteur privé. Baisser les impôts des entreprises et augmenter les tarifs domestiques n’a rien à voir avec la productivité. On va aggraver le financement de nos services publics et de nos programmes sociaux. Les intellectuels et économistes de droite, de l’Institut économique de Montréal (IEDM), de l’Institut Fraser, de la Fondation Héritage et du Conseil du Patronat ont tous le même discours en faveur de l’État minimal, la soi-disant modernisation au profit du secteur privé.
Surfer avec de telles propositions et alors… le PQ va alimenter le discours et la popularité de l’ADQ et le PQ va se planter à la prochaine élection, si la tendance se maintient !, comme en 2007. L’ancien chef du PQ, André Boisclair, avait choisi comme conseiller Daniel Audet , membre du conseil d’administration de l’IEDM et vice–président du Conseil du Patronat du Québec, etc.
Madame Hélène Desmarais est présidente du conseil d’administration de l’IEDM, membre du c.a. du CHUM. L’IEDM a ses antennes au Parti Libéral du Québec, à l’ADQ et aussi des contacts au Parti Québécois en plus d’être invitée dans les grands médias comme experts supposés, surtout promoteurs inqualifiables de la privatisation et du démantèlement de nos sociétés d’État, de nos services publics, de nos programmes sociaux, projet plus ou moins camouflé, dissimulé derrière des baisses d’impôts et des hausses de tarifs.
Une fois les recettes fiscales réduites, bien sûr ils vont nous présenter le privé comme le complémentaire et même le substitut de l’État au niveau des sociétés d’État, des services publics et des programmes sociaux remplacés par des assurances privées ! Rien sur les paradis fiscaux, rien sur l’auto-régulation du marché et ses conséquences actuelles, rien sur les fruits de la croissance monopolisés par les plus riches.
Dernière proposition de l’IEDM de Léon Courville, membre du c.a. ancien directeur de la Banque nationale qui trouve la Caisse de dépôt trop grosse, qu’on doit la scinder en trois entités pour établir une saine concurrence au niveau du rendement financier comme un holding, et d’autres encore cabalent pour sa pure privatisation. Pourtant, le Fonds souverain de Norvège va très bien avec 300MM$ d’actifs !
Il faut défendre nos acquis collectifs contre cet assaut néolibéral. Il faut miser sur les énergies renouvelables, les économies d’énergie, les technologies écologiques, les transports collectifs et verts, l’économie sociale et coopérative, la construction de logements sociaux, la rénovation écologique, le commerce équitable, la consommation responsable, écologique et solidaire. Il faut abandonner l’idée que nous allons relancer et retrouver une croissance économique comme avant sur le même modèle économique de gaspillage et de pillage de l’environnement social et naturel.
Démasquer le réseau de l’IEDM, ses économistes de droite et leurs influences dans plusieurs médias et partis politiques est essentiel, mais il faut aussi avancer et défendre notre alternative et se présenter sur le plan idéologique comme des mousquetaires avec la même devise, un pour tous et tous pour un, face à ce réseau néolibéral, qui est aussi largement opposé à la souveraineté du Québec, à l’indépendance des peuples !
André Rousseau
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
