L’inquiétante répression qui s’abat sur des citoyens, pour le simple fait qu’il portent le carré rouge, témoigne d’un néomaccarthysme à l’œuvre et en développement au Québec, et en particulier de l’influence du gouvernement Charest sur l’État et ses institutions, mais aussi sur la société civile et le monde des entreprises privées, dans cette dérive antidémocratique qui menace les fondements de la modernité sociale et politique.
La théorie de ce néomaccarthysme, c’est le déversement massif de démagogie de la part de Monsieur Charest et de ses ministres, notamment par la diffusion d’une sordide équation, “carré rouge = violence + intimidation”. C’est aussi l’imposition du néolibéralisme, comme variété avariée d’une valeur noble, celle de la Liberté, réduite à la liberté économique des détenteurs de capitaux, et ceci avec son corollaire, la délégitimation de l’intérêt collectif et la criminalisation de l’action politique en faveur du Bien commun.
La Loi 78 est effectivement une loi néomaccarthyste, non seulement dans ses atteintes à la liberté d’expression et de manifestation (sections III et V), mais aussi dans la négation et la criminalisation de la démocratie étudiante et de son action collective (sections II, IV et V), avec l’imposition d’un rôle de délation aux différents acteurs du monde scolaire (directions, cadres, enseignants et leurs syndicats, étudiants et leurs associations), le tout assorti de sanctions pénales telles qu’on peut sérieusement se demander si les auteurs de la loi ne considèrent pas l’action politique moderne, dont la démocratie étudiante, comme des réalités plus “menaçantes” que celles du crime organisé ?
Parmi les automates du PLQ et de la CAQ qui ont voté la loi scélérate, y en a-t-il un seul qui serait à même d’expliquer et de justifier publiquement la notion de crime d’« omission » à laquelle il a souscrit, dans le rôle de délation imposé aux acteurs de l’école, avec les clauses 13 et 14 de la Loi 78 ?
Ce néomaccarthysme est aussi une agression globale contre la démocratie, et contre le syndicalisme dans son ensemble. En effet, si les associations et la démocratie étudiantes ont été en première ligne de la répression planifiée par un pouvoir néolibéral avec l’infâme Loi 78, il faut s’attendre à ce que, comme ailleurs en Amérique du Nord, les nostalgiques de la barbarie des origines du capitalisme (PLQ et CAQ confondus) préparent et mettent en œuvre une attaque frontale contre les travailleurs, et contre leur droit d’association acquis de haute lutte à la fin du XIXe siècle.
N’oublions pas enfin que le néomaccarthysme est aussi une entreprise sociopolitique d’envergure mondiale, initiée d’ailleurs par le lobby ethnofasciste qui supporte la colonie sioniste, une entreprise développée en particulier après septembre 2001, et assumée pleinement par un gouvernement conservateur qui a transformé le Canada en territoire sioniste occupé.
Yves Claudé
