Il semble que le soussigné ne soit pas le seul à penser que le plus beau pays du monde a des affinités avec feu l’Union soviétique. Le site du Globe and Mail nous apprend ce matin qu’un avocat de...la section de la Législation du ministère de la Justice fait présentement les frais de la culture institutionnelle pernicieuse, pour demeurer poli, du ministère. Ce dernier vient en effet de suspendre sans solde un de ses avocats, Edgar Schmidt, qui le poursuit en Cour fédérale pour manquement à son devoir d’informer le Parlement des cas où un projet de loi est susceptible de contrevenir à la Charte.
Le juge Simon Noël n’aurait apparemment pas goûté l’odeur soviétique de la réaction du ministère : « We see that in different countries and we don’t like it...Canada is still a democracy. » Il y a des gens qui en doutent, monsieur le juge. (Judge Raps Justice Officials for Treatment of Whistle-Blower, Globe, 16-01-13).
Le ministère a réagi de la même façon lorsque le soussigné a fait appel de son congédiement devant la Commission de la Fonction publique. On se retrouve donc alors devant à un cas où un individu doit, sans ressources, supporter d’importants frais judiciaires face à un opposant dont les coûts sont assumés par la population. Et, le plus ironique, c’est que le dénonciateur se retrouve dans cette situation justement parce qu’il a voulu protéger l’intérêt public.
Fausses déclarations
À l’époque de son propre congédiement, le soussigné refusait de déclarer faussement que les francophones de la section de la Législation étaient sur un pied d’égalité avec les anglophones. Il avait en outre déposé une plainte au Commissariat aux langues officielles concernant les divergences entre la version française et la version anglaise des lois fédérales. Le gouvernement Mulroney a alors menacé le Commissaire aux langues, D’Iberville Fortier, de ne pas donner suite au projet de loi sur les langues officielles (C-72), advenant le cas où le Commissariat s’aviserait de valider la plainte du soussigné. On retrouvera cette menace en première page du Devoir du 8 ou du 10 mars 1988, sous la signature du journaliste Michel Vastel.
Aujourd’hui, les provinces anglaises refusent d’approuver la version française des textes constitutionnels canadiens unilingues anglais, de crainte que celle-ci ne soit pas conforme en tous points avec la version anglaise. Hier, en page A-3 du Devoir, on apprenait que la candidature de Martin Cauchon à la chefferie du Parti libéral du Canada avait été retardée en raison d’une divergence entre les deux versions de la constitution du parti. (Devoir, 15-01-13,p., A-3)
À Ottawa, la militante pour les droits des dénonciateurs Joanna Gualtieri estime que le cas de Me Schmidt est le plus important qu’elle ait jamais vu. Jetez un petit coup d’oeil du côté du mien, Mme Gualtieri : congé sans solde, congédiement, appels téléphoniques anonymes, entrées par effraction, interception de courrier, filature dans la rue, manoeuvres pour obtenir un diagnostic de déséquilibre mental ...Et, ça, c’est ce que je sais, Mme Gualtieri. Qu’ont-ils dit aux employeurs qui demandaient des références à mon sujet ? Ce serait intéressant de faire la lumière là-dessus.
Au Québec, pour que les gros médias s’occupent de mon cas, il aurait fallu que je sois...joueur de hockey. Comme j’aime le répéter, mieux vaut en rire qu’en brailler...
