La caisse est un levier absolument indispensable pour que le Québec réalise ses ambitions, dont la souveraineté ; le Plan O de M. Parizeau en témoigne éloquemment. C’est pourquoi Charest, qui a fait du Québec une succursale d’Ottawa, a entrepris de la neutraliser et la faire passer sous le contrôle de Toronto. Un plan fort probablement signé Paul Desmarais.
Le démembrement en 3 temps :
Premier temps : Changement de la loi régissant la Caisse en 2004 (un bâillon dans la nuit). Trois points importants pour la suite des choses.
a) Changer la mission de la Caisse : Le rendement d’abord, l’investissement au Québec n’étant plus une priorité
b) Le pouvoir de nomination à la direction de la Caisse qui relevait de l’Assemblée a été transféré au bureau de Charest.
Commentaire : Charest va s’en servir systématiquement, avec Madame La sacoche (Une grande dame pour Guy A Lepage), pour chambarder la haute direction. Ce tripotage politique sera lourd de conséquence.
c) Le cadre limitant les placements à risque a été élargi.
Commentaire : Ce changement a permis à la Caisse d’accumuler 9 % de son actif dans des produits dérivés (2005-06-07) qui se sont avérés des produits toxiques (papier commercial : PCAA non-bancaire). Ce qui explique le fait que les pertes ont été de 10 milliards de plus que les fonds comparables en 2008 ; avec incidence négative sur le bilan de 2009. Un rendement de 6 % de moins que les autres fonds comparables, soit 7 milliards de moins. Donc en deux ans la sous performance de la Caisse est de 17 milliards !
Deuxième temps : Vider la Caisse de son expertise. La sous-performance de la Caisse (principalement due aux pertes sur le papier commercial), va servir de prétexte pour réduire l’équipe de gestion. Un mémo, enjoignait le remplaçant de Richard Guay (donc, Sabia), d’éliminer 8 hauts dirigeants. Quand ce document a été coulé aux médias par une source anonyme. Madame la sacoche est venue dire qu’il s’agissait d’un "canular". Elle a menti. Ce mémo s’est avéré exact en tout point :
"Un dirigeant de la Caisse, resté anonyme, y montrait du doigt huit vice-présidents qu’il faudrait limoger ou déplacer. Un an plus tard, ces huit dirigeants ne sont plus employés de la Caisse, ou sont en congé de maladie d’une durée indéterminée".
Troisième temps : Transformer la Caisse en fond « indiciel ». Comme les dirigeants de la Caisse avaient sous performé par rapport à "l’indiciel", pourquoi ne pas en éliminer encore plus ; et, transformer simplement la Caisse en fonds indiciel. C’est ce à quoi s’affaire Sabia auprès des déposants, rendue "groggy" par les pertes subies et incapables de voir la manœuvre :
" Pour la première fois de son histoire, la Caisse de dépôt a offert à ses déposants d’investir dans des portefeuilles indiciels plutôt que de laisser ses gestionnaires professionnels faire fructifier leur argent.
La proposition, qui est actuellement à l’étude dans les comités de placement des différents déposants, est un changement de cap majeur pour la Caisse : depuis sa création, l’institution emploie des dizaines de professionnels dont le mandat est justement de faire mieux que les indices boursiers."
En privant la Caisse de son expertise qu’elle a mis 40 ans à bâtir, on en fait une coquille vide et on lui fait perdre son centre de gravité au Québec. Ce qui la rend plus facilement manipulable par de puissants intérêts privés, étrangers, pour ne pas dire ennemis, de notre intérêt national.
Qui est véritablement derrière le plan mené par Charest : Le Seigneur de Sagard lui-même Paul Desmarais et une clique de Bay Street, qui ont fait du Québec une succursale d’Ottawa. Ils visent à neutraliser et contrôler notre bas de laine de 140 milliards ; devenu un « fond indiciel », il serait géré de Toronto. Un vieux fantasme. Les Lesage, Lévesque, Parizeau avaient compris l’importance de ne pas faire de la Caisse un fonds privé exactement pour cette raison.
Cette manœuvre du démembrement aurait commencé avec H. P. Rousseau, se serait poursuivi avec Richard Guay (s’il n’avait pas été éjecté) et se poursuit maintenant avec Michael Sabia. Tous les trois en lien avec Paul Desmarais.
Henri Paul Rousseau : Dès son arrivée a démantelé le réseau international très performant que la Caisse avait mis des décennies à bâtir. Sauf le réseau en Chine, à la demande express de Paul Desmarais (Rapporté dans le livre : La Caisse dans tous ses états). Il a aussi tenté de convaincre M. P.-K. Péladeau de céder Vidéotron à Roger ; une manœuvre qui aurait servi les intérêts de... Gesca-La Presse. Avant de quitter et de passer chez son véritable patron, Power Corp., il aurait fortement recommandé son « dauphin » Richard Guay à la direction. Histoire de garder un lien privilégié entre la Caisse et mononcle Paul.
Richard Guay fut imposé par le bureau de Charest, contre l’avis du C.A. de la Caisse qui en souhaitait un autre. Avec raison, il était le gestionnaire de risque qui a mené au désastre du papier commercial. Pour le faire taire durant l’élection, on lui a mis un papier de médecin dans la bouche... et ensuite un million dans les poches comme prime de départ. Il ne sera pas le seul administrateur à finir avec un papier de médecin dans la bouche et une forte prime de départ. Le silence a un prix !
Michael Sabia : Lui est arrivé avec un ordre du jour qui venait directement de Charest. Sa première rencontre avec le Québec Inc. (ou faudrait-il dire le Québec Sinks ?) a eu lieu dans les bureaux de Power Corp. Elle devait demeurer secrète mais fut révélée par la vigilance d’un journaliste de Québecor média. Le message était clair : Le Québec Inc. se limite pour lui au pré-carré de mononcle Paul.
Quel plan Paul Desmarais poursuit-il ? M. Pierre Dubuc a publié le meilleur texte sur la Caisse selon M. Parizeau. Je conclus sur cet extrait :
« Constatant les liens serrés entre la Caisse et Power Corporation – où a été repêché Henri-Paul Rousseau – Mario Pelletier se demande « s’il n’y a pas là un prélude à un éventuel démantèlement, au profit du secteur privé, et notamment des filiales tentaculaires de la Financière Power » car « il n’y a plus d’obstacle à ce que les fonds de retraite de la collectivité québécoise aboutissent entre les mains des gestionnaires de puissants intérêts privés ».
http://www.vigile.net/Caisse-de-depot-On-veut-de-vraies
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Loi 78 : Loi modifiant la Loi sur la Caisse de dépôt et placement du Québec.
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=5&file=2004C33F.PDF
