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Le château de banlieue
France Bonneau
Tribune libre de Vigile
mercredi 19 octobre 2011      460 visites      1 message


LE CHÂTEAU DE BANLIEUE, roman de Caroline Moreno

Personnages :

Thierry Labrosse ; prendre une bosse : se soûler

Clémence Pino : pino : cépage répandu, notamment en Bourgogne et Champagne

Edgar Bourbon de l’Étoile ; bourbon : alcool de grains à base de maïs, genre wisky consommé surtout aux États-Unis

Eugène Dufort ; fort : boisson très alcoolisée

Laurette Chardonnet ; chardonnay : raisin blanc, variété de pinot

Avez-vous le goût de boire un bon coup ? De vous empiffrer de mets recherchés ? Tout ça au frais de l’état ou encore de vos hôtes ? Eh bien c’est ce qu’ils ont fait tout l’hiver cette bande de sans-abris réfugiés dans un château de banlieue. Pour une fois et sans doute depuis longtemps, la Noël aura été généreuse. À boire et manger jusqu’à plus soif, jusqu’à plus faim ! Et leur cadeau suprême comme le mentionne Eugène : « C’est de passer l’hiver au chaud, le ventre plein ». Leur hiver cette année-là, contrairement à son habitude, aura été trop court.

Nos personnages évoluent ainsi dans une ambiance de fête mais aussi et surtout de solidarité et de complicité. Ce qui fera dire à Laurette : « J’avais oublié les rêves, j’avais oublié l’amour. »

C’est au milieu de toutes ces fêtes, que viendront les confidences et que chaque personnage révélera l’envers du décor. Le drame qui l’habite, le passé qui le rattrape et cogne à sa porte. Mais c’est d’abord la vie le héros de ce roman, tellement la Vie ! que le passé finira par perdre son pouvoir et sa dominance. Et je cite cette fois-ci Clémence disant à Laurette : « T’en fais pas ma fille, y’a des choses qu’y vaut mieux laisser derrière soi ». Et Laurette d’acquiescer : « C’est vrai, t’as raison Clémence. Il vaut parfois mieux laisser certaines choses derrière soi. »

Cet épilogue convoque l’avenir car au fil du temps, nos amis découvriront la force logée en chacun d’entre eux. Ils s’éblouiront eux-mêmes de la portée de leurs talents. Cuisine, musique, peinture, écriture, l’art les a mués en jeunes héros et en franchissant une dernière fois la porte de ce château, c’est la mort qu’ils laisseront derrière, (particulièrement Laurette, la narratrice) comme l’emprise de la tristesse sur leur vie. Ils croiront désormais et surtout en la force de l’amour

« Bien sûr l’amour
Cela renaît
Même éraflé
À contre-jour
Même lourd
Espérer. »

Le roman de Caroline Moreno, ne tisse pas de moral, riches contre pauvres, pauvres contre riches. Il se hasarde simplement à nous faire basculer dans une sorte de paradis à bulles de champagne. La petite bière de toute évidence, ça viendra bien assez vite ! Peu importe ce qu’il adviendra de chacun de ces personnages, là n’est pas le propos de l’auteure. À chacun de nous d’imaginer la suite. Mais Squatter le temps, squatter la vie, n’y rêvons-nous pas tous ?

Ton roman Caroline m’est apparu comme une sorte d’allégorie, un conte, une fiction posée là sur l’embrun des jours de pluie, sur la morosité ambiante, comme une halte sur le chemin de nos errances.

Ce roman contraste avec le Brigadier de Gosley et les autres d’avant. J’ai reconnu là ton côté fantaisiste, fanfaron même et j’ajoute sans me tromper, cet aspect rebelle de ta personnalité.

Merci Caroline cette part d’humanité que tu nous as offerte.

Bravo ! Longue vie à ton Château de Banlieue !!

France Bonneau




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