Et voilà ! Ce qui s’imposait comme une évidence dès l’automne dernier vient de nous être confirmé on ne peut plus éloquemment par François Legault lui-même : il prend ses ordres au même endroit que Jean Charest, chez l’Oncle Paul.
Lisez bien ce que dit La Presse :
« (Verchères) Pour la première fois, François Legault a donné un peu de détails ce matin sur les 25% de réductions de dépenses qu’il promet de faire à Hydro-Québec. Il se base sur des études secrètes, la mise à jour d’une autre étude qui recommandait la privatisation de la société d’État et la réduction déjà en cours du coût des grands chantiers.
La réduction annuelle de 600 millions $ s’appuie d’abord sur une étude de Claude Garcia [« un apôtre reconnu de la privatisation d’Hydro-Québec. Selon La Presse] et de l’Institut économique de Montréal [présidé par Hélène Desmarais]. Cette étude estimait à 1,2 milliard les compressions réalisables à la société d’État. Elle proposait aussi de la privatiser (voir compte-rendu et l’étude complète ). »
La Presse rajoute que Legault n’a voulu ni fournir de précisions, ni rendre publiques les autres études. On se doute bien pourquoi. Ses visées seraient apparues trop clairement.
En réduisant les dépenses d’Hydro-Québec, on fait le ménage pour les futurs acheteurs, on la rend plus attrayante pour eux, et a fortiori si l’on ne s’est pas donné une politique de l’eau qui impose des redevances sur les utilisations industrielles de l’eau basées sur la valeur de la ressource, et non pas sur ce que les entreprises sont prêtes à payer.
Legault, comme Charest avant lui, est prêt à privatiser Hydro-Québec, en pièces détachées s’il le faut. Car il faut comprendre que cette privatisation est déjà commencée depuis quelques années.
Il ne faut pas interpréter autrement tous les gestes posés par Hydro-Québec pour se départir de certains actifs comme la technologie du moteur-roue, des piles au lithium, ou encore, de façon bien plus spectaculaire, de ses positions dans Gaz-Métro ou de ses cadeaux à Trans-Canada Energy pour ne pas produire l’électricité qu’elle s’était engagée à acheter .
Et que dire de la cession à des conditions toujours inconnues de ses droits sur les ressources pétrolières d’Anticosti ?
Hydro-Québec, c’est la porte d’entrée de la caverne d’Ali-Baba des Québécois, là où sont cachés tous leurs trésors, et c’est pourquoi elle suscite toutes les convoitises. Il serait temps que les Québécois s’intéressent au moins autant à Hydro-Québec que ne le font ceux qui veulent les déposséder.
Legault = Charest, CAQ = PLQ. Dans les deux cas, c’est l’Oncle Paul qui tire les ficelles


