Le Honduras… avez-vous déjà entendu parler du Honduras ?
Oui, un peu, pas beaucoup.
Bien sûr ce n’est pas l’Iran. En Iran le moindre pet de travers est rapporté.
Le Honduras c’est autre chose.
Ça fait 3 mois, 90 longs jours que la population fait plus que péter de travers. Elle manifeste au risque de sa vie contre une dictature qui se fait appeler poliment par nos médias, « gouvernement de facto ».
Ces médias qui aiment pourtant bien utiliser le terme « régime », utilisent, dans le cas de la dictature hondurienne, le terme « gouvernement ».
J’aimerais bien comprendre pourquoi ?
Le Honduras vit sous LA DICTATURE depuis le 28 juin dernier.
Notre journaliste expert de la question latino américaine, Jean-Michel Leprince, a fait une brève apparition dans cette région, il y a une bonne semaine. Il s’est contenté d’aller nous faire deux reportages pas trop dérangeants, comme s’il avait été en panne d’inspiration pour poser des questions pertinentes et pour nous faire ressortir ce qui se passe vraiment sur place. Il nous a dit que le président Zelaya était "déchu" et que le « gouvernement "de facto" » ainsi que le Président "déchu" étaient intraitable et ne voulaient pas négocier.
Disons, que nous n’avons pas appris grand-chose.
On a bien vu quelques gauchistes avec des banderoles du Che déambuler librement dans les rues et prêts à faire du grabuge que le « gouvernement "de facto" doit, que voulez-vous, réprimer pour éviter qu’ils ne saccagent tout.
On dit qu’ils ont incendié des autos et saccagé des commerces.
De vrais sauvages que le Président bien mis de facto doit tenter de contrôler de son mieux pour sauvegarder la civilité de son pays.
Voilà finalement, le survol complet de la situation fait par nos médias et entre autres par notre Radio-Canada.
J’ai une connaissance au Honduras (un Québécois faisant de l’aide humanitaire sur place depuis le passage de Mitch, il y a dix ans) qui m’écrit et qui ne veut pas que je révèle son nom parce qu’il craint vraiment pour sa vie. Vous pouvez toujours dire que je l’invente et je ne pourrai pas vous contredire, mais peu importe, voilà ce qu’il m’écrit hier :
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« Depuis lundi dernier, je peux suivre par Radio Globo quoique mercredi ils les ont coupé un bout de temps en direct des milliers de témoignages de ce qui se passe au Honduras, plus spécifiquement a Tegucigalpa, ou règne un chaos total. Il y a des milliers des militaires qui ont evacues les alentours de l´ambassade besilienne pour que les medias ne voient pas ce qui se passe. Il y a quelques jours, les militaires sont arrives avec une machine gigantsque dans une boite de camion, qui emettait des ultras-sons, a quelques pieds de l´ambassade ou est Mel.
Dans les dernieres heures, on a reussis a jeter un gaz a l´interieur de l´ambassade bresilienne. En plus, un camion citerne, identifie , a eu le droit de passer au travers du barrage militaire pour aller arroser a son tour le devant de l´ambassade.
Il y a quelques minutes, c´est un helicopter volant tres bas qui arrosait le dessus de l´ambassade.
Mel a parle en direct pour decrire les effets mais on voudrait identifier de quel type est ce gaz.
Ca va exploser, ca ne peut faire autrement .
Le personnel de l´ambassade a des problèmes d’ouie. La nourriture et l´eau ne peuvent entrer dans l´ambassade depuis quelques jours.
A Radio Globo, je realise que la grande majorite du pays est prtes a se sacrifier si n´interviennent pas les forces exterieures. Les policiers, de faible education, tirent sur toutes sortes de personnes desarmees, ils violent les femmes, volent des cellulaire a leur gout.
Le peuple a surtout peur que Micheletti et ses militaires, agissent d´une facon qui serait dramatique, en entrant de force, comme ils le menacent depuis lundi dernier. Et eliminer Mel avant que qelqu´un agisse. Les prochaines heures seront cruciales, je le sens.
Lundi j´ai ete attrappe quelques heures dans mon vehicule en plein milieu des debuts de la manifestation pres de l´Ambassade bresilienne, et c´etait pelein de personnes avec des drapeaux, des foulards du Che, de toutes les classes, criant de joie le retour de Mel, le seul president a leurs yeux. Dans moins d´une heure, il y avait des centaines de personnes bolquant les rues. Le lendemain, les militaires sont entres en force pour degager les alentours de l´ambassade. On parle de plus de 20 morts dans le pays, et des centaines de blesses.
Hier, un regroupement d´eveques donnait son appui. Un regroupement de deputes anciennement avec Micheletti. Ce matin, on dit qu’on va divulguer une fraude de la part de Micheletti et d´anciens collaborateurs.
Il faut vraiment que la communaute internationale, sion ils vont tout faire pour eliminer le President. Il y a moins d´une heure. l´epouse de Mel etait sur un mur et des militaires ont charges leurs armes en la visant . Elle se dit prete a mourir.
Hasta luego, paz o muerte,
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C’est ce qu’il me dit du Honduras. Doit-on le croire ?
Je lui ai demandé s’il voulait que je donne ses coordonnées à Jean-Michel Leprince. J’attends sa réponse. Il n’a pas internet chez lui et il m’écrit en changeant constamment d’adresse courriel, car il a peur d’être épié. Nous sommes comme en vrai roman d’espionnage.
Ses messages sont empreints de craintes et souvent il ne sait pas trop ce qui se passe à quelques rues de chez lui. Il n’ose pas trop sortir.
Le Honduras… vous connaissez ?
Si la dictature au Honduras n’avait pas ce côté néolibéral, je sens qu’on la connaîtrait beaucoup mieux. Si la dictature n’était pas au service des amis de propriétaires de médias, je sens qu’on ne l’appellerait pas « "gouvernement" de facto » mais plutôt « DICTATURE MICHELETTI ».
Radio-Canada semble attendre d’être invitée aux funérailles du Président ÉLU, légitime et reconnu par 191 pays (Israël s’est désisté après qu’on ait découvert de l’équipement de brouillage identifié "made in Israël").
On attend bien sagement dans nos médias que la dictature élimine le Président Zelaya. On ne dénonce pas ce siège de l’ambassade brésilienne où l’on ne respecte pas les droits les plus élémentaires de cette résidence diplomatique et où l’on met en péril la vie de 62 personnes qui résistent à la dictature.
Imaginez le même scénario en Iran !
On constate, une fois de plus la « terrible coloration idéologique des médias ».
J’ai honte de ces professionnels qui taisent ces odieux manquements à la démocratie et ces menaces réelles contre la vie de dirigeants politiques élus et en cours de mandat.
Où est Radio-Canada ?
Où est donc la belle morale de Radio-Canada qui aime tant défendre la démocratie et dénoncer haut et fort les injustices du monde entier ?
Serge Charbonneau
Québec

