J’avais jamais lu Richler. Vraiment pas envie de lire cette ordure. Faut dire que notre seule rencontre m’avait laissé un fort mauvais souvenir.
C’était il y a une vingtaine d’années, à la sortie du Concorde, en face des Plaines. La BBC faisait un documentaire sur lui. Je l’avais croisé par hasard, dans la porte de l’hôtel, et lui avais dit, en anglais of course, que mes aïeules n’étaient pas des truits, comme je venais de lire dans le journal du matin, mais des héroines qui avaient eu 12 enfants. « Dommage, le résultat en aurait été meilleur », m’avait-il lancé en plein visage. L’âge avancé du bonhomme, et le gars de la BBC, m’avaient empêché de lui casser la gueule.
Je viens de me taper les 610 pages de son Gursky. Côté littérature, vraiment rien pour écrire à sa mère. Je ne sais pas d’où sort son titre de plus grand écrivain du Québec (cette ordure n’était certainement pas québécois). Certainement pas de quelqu’un qui a lu les 610 pages !
Un romancier c’est d’abord un style ; Céline, Camus, Ducharme, Joyce, Houellebecq, Garcia Marquez, Tom Wolfe, Voltaire, VLB. On aime un romancier pour le génie de sa langue, puis, pour ses qualités de conteur. Richler n’a ni l’un ni l’autre.
Gursky, c’est la saga d’une grande famille juive au Canada. Une saga inspirée des Bronfman, qui s’étire sur un siècle et demi, de Yellowknife à Restigouche. On sent, ne serait-ce que par la géographie, qu’il a voulu canadianiser à l’extrême cette famille juive, histoire de faire des juifs, des Canadiens à part entière, des pure-wolf(e).
Bien qu’une bonne moitié de l’action se déroule au Québec, il n’y a aucun personnage québécois, sauf des Canadiens français qui apparaissent ici et là occasionnellement, l’espace de quelques lignes, le temps de bien chier dessus.
Car, à chaque fois, et c’est pour ça qu’il faut parler de littérature haineuse, à chaque fois c’est pour vomir sur les Canadiens français.
Imaginez un roman québécois où, à chaque fois qu’on parle des juifs, on cracherait dessus. C’est bien ce qu’a pondu Richler.
Pour vous permettre de juger, je reproduis tous les passages où il est question des Canadiens français. Je préviens les coeur sensibles : c’est édifiant. C’est de la haine totale.
Page 192 « Des Canadiens français arrogants voudraient que les enfants des anglophones qui les avaient battus sur les Plaines d’Abraham parlent leur langage, un patois qui faisait dresser les cheveux sur la tête des vrais Français »
Page 193 « Si vous vendez cinq meubles à trois cents cinquante dollars à un Canadien français, expédiez-lui en seulement quatre, et encore dépareillés et de qualité inférieure, il ne se plaindra pas, il est probable que c’est la première fois de sa vie qu’il va dans une vraie boutique et puis en achetant chez un Juif il s’attend à se faire rouler »
Page 253 « Les Français ? Plus ils prennent un air supérieur, plus ils se parfument, et plus il y a de risques que leur arrière-grand-mère ait été une fille du roi, une de ces prostituées exilées par ordre du roi pour qu’elles épousent un soldat et fassent vingt-cinq gosses avant la quarantaine. Encore aujourd’hui, vous savez ce que les Canadiens français offrent à leurs filles de seize ans en guise de cadeau de mariage ? Accrochez-vous. Ils les envoient chez le dentiste se faier arracher toutes les dents pour qu’il leur en mette des fausses, parce qu’ils trouvent que ça fait plus joli. »
Page 334 « Moffat évoqua le bon vieux temps, celui où l’Administration était encore de leur côté. Et non pas mal géré par des Canadiens français lavés et essorés par la LSE ou la Harvard Business School. »
Page 421 « Il s’agissait d’un éditorial du Devoir. « Le boutiquier juif du boulevard du Saint-Laurent ne fait rien pour augmenter nos richesses naturelles ». Puis il tendit la copie d’une pétition présentée au parlement par Wilfred lacroix, député du parti libéral. Cette pétition, signée par plus de cent vingt mille membres de la société Saint-Jean-Baptiste, s’opposait à « toute immigration et surtout à l’immigration juive » au Québec »
Page 441 "le Canada est moins un pays qu’un réservoir plein de la progéniture aigrie de peuples vaincus. Canadiens français qui se détruisent à trop s’apitoyer sur eux-mêmes »
Page 518 « Jean-Jacques Martineau, sans doute le peintre le plus prodigieusement doué qui émergea jamais du Canada français mais dont le talent ne fut reconnu, hélas, que des années après que l’artiste, couvert de dettes, se fut suicidé à Grandy en 1948. Cet événement inspira le seul ouvrage de références sur cet artiste signé par un métaphysicien du Parti québécois, Qui a tué Martineau ? dans lequel il était clairement dit que le peintre avait été assassiné par l’indifférence des anglophones, qui serait le lot de tous les artistes québécois, ces nègres blancs d’Amérique du Nord, tant qu’ils ne seraient pas libres de peindre dans leur propre langue »
Je vais me battre de toutes mes énergies pourqu’on empêche que pareil déchet québécophobe ne soit jamais honoré chez nous.

