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Le Gursky de Mordecai Richler : de la littérature haineuse
Jacques Noël
Tribune libre de Vigile
samedi 18 décembre 2010      795 visites      14 messages


J’avais jamais lu Richler. Vraiment pas envie de lire cette ordure. Faut dire que notre seule rencontre m’avait laissé un fort mauvais souvenir.

C’était il y a une vingtaine d’années, à la sortie du Concorde, en face des Plaines. La BBC faisait un documentaire sur lui. Je l’avais croisé par hasard, dans la porte de l’hôtel, et lui avais dit, en anglais of course, que mes aïeules n’étaient pas des truits, comme je venais de lire dans le journal du matin, mais des héroines qui avaient eu 12 enfants. « Dommage, le résultat en aurait été meilleur », m’avait-il lancé en plein visage. L’âge avancé du bonhomme, et le gars de la BBC, m’avaient empêché de lui casser la gueule.

Je viens de me taper les 610 pages de son Gursky. Côté littérature, vraiment rien pour écrire à sa mère. Je ne sais pas d’où sort son titre de plus grand écrivain du Québec (cette ordure n’était certainement pas québécois). Certainement pas de quelqu’un qui a lu les 610 pages !

Un romancier c’est d’abord un style ; Céline, Camus, Ducharme, Joyce, Houellebecq, Garcia Marquez, Tom Wolfe, Voltaire, VLB. On aime un romancier pour le génie de sa langue, puis, pour ses qualités de conteur. Richler n’a ni l’un ni l’autre.

Gursky, c’est la saga d’une grande famille juive au Canada. Une saga inspirée des Bronfman, qui s’étire sur un siècle et demi, de Yellowknife à Restigouche. On sent, ne serait-ce que par la géographie, qu’il a voulu canadianiser à l’extrême cette famille juive, histoire de faire des juifs, des Canadiens à part entière, des pure-wolf(e).

Bien qu’une bonne moitié de l’action se déroule au Québec, il n’y a aucun personnage québécois, sauf des Canadiens français qui apparaissent ici et là occasionnellement, l’espace de quelques lignes, le temps de bien chier dessus.

Car, à chaque fois, et c’est pour ça qu’il faut parler de littérature haineuse, à chaque fois c’est pour vomir sur les Canadiens français.

Imaginez un roman québécois où, à chaque fois qu’on parle des juifs, on cracherait dessus. C’est bien ce qu’a pondu Richler.

Pour vous permettre de juger, je reproduis tous les passages où il est question des Canadiens français. Je préviens les coeur sensibles : c’est édifiant. C’est de la haine totale.

Page 192 « Des Canadiens français arrogants voudraient que les enfants des anglophones qui les avaient battus sur les Plaines d’Abraham parlent leur langage, un patois qui faisait dresser les cheveux sur la tête des vrais Français »

Page 193 « Si vous vendez cinq meubles à trois cents cinquante dollars à un Canadien français, expédiez-lui en seulement quatre, et encore dépareillés et de qualité inférieure, il ne se plaindra pas, il est probable que c’est la première fois de sa vie qu’il va dans une vraie boutique et puis en achetant chez un Juif il s’attend à se faire rouler »

Page 253 « Les Français ? Plus ils prennent un air supérieur, plus ils se parfument, et plus il y a de risques que leur arrière-grand-mère ait été une fille du roi, une de ces prostituées exilées par ordre du roi pour qu’elles épousent un soldat et fassent vingt-cinq gosses avant la quarantaine. Encore aujourd’hui, vous savez ce que les Canadiens français offrent à leurs filles de seize ans en guise de cadeau de mariage ? Accrochez-vous. Ils les envoient chez le dentiste se faier arracher toutes les dents pour qu’il leur en mette des fausses, parce qu’ils trouvent que ça fait plus joli. »

Page 334 « Moffat évoqua le bon vieux temps, celui où l’Administration était encore de leur côté. Et non pas mal géré par des Canadiens français lavés et essorés par la LSE ou la Harvard Business School. »

Page 421 « Il s’agissait d’un éditorial du Devoir. « Le boutiquier juif du boulevard du Saint-Laurent ne fait rien pour augmenter nos richesses naturelles ». Puis il tendit la copie d’une pétition présentée au parlement par Wilfred lacroix, député du parti libéral. Cette pétition, signée par plus de cent vingt mille membres de la société Saint-Jean-Baptiste, s’opposait à « toute immigration et surtout à l’immigration juive » au Québec »

Page 441 "le Canada est moins un pays qu’un réservoir plein de la progéniture aigrie de peuples vaincus. Canadiens français qui se détruisent à trop s’apitoyer sur eux-mêmes »

Page 518 « Jean-Jacques Martineau, sans doute le peintre le plus prodigieusement doué qui émergea jamais du Canada français mais dont le talent ne fut reconnu, hélas, que des années après que l’artiste, couvert de dettes, se fut suicidé à Grandy en 1948. Cet événement inspira le seul ouvrage de références sur cet artiste signé par un métaphysicien du Parti québécois, Qui a tué Martineau ? dans lequel il était clairement dit que le peintre avait été assassiné par l’indifférence des anglophones, qui serait le lot de tous les artistes québécois, ces nègres blancs d’Amérique du Nord, tant qu’ils ne seraient pas libres de peindre dans leur propre langue »

Je vais me battre de toutes mes énergies pourqu’on empêche que pareil déchet québécophobe ne soit jamais honoré chez nous.




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Vos commentaires:
  • Le Gursky de Mordecai Richler : de la littérature haineuse
    18 décembre 2010, par Gilles

    Si vous voulez vous battre, commencez par envoyer ça au jovialiste de l’Actualité, notre compatriote Lisée, qui dans un geste de grande magnanimité serait prêt semble-t-il à soutenir que le nom de ce raciste puant, Richler, soit apposé sur un édifice public.

    Des fois qu’il aurait un sursaut de bon sens...!


  • @Lisée
    18 décembre 2010, par jacques noel

    J’aime beaucoup Lisée, je suis d’accord avec lui 9 fois sur 10 mais effectivement, sur Richler, je ne partage pas du tout son point de vue. Je viens d’ailleurs de lui écrire.


  • Une mauvaise critique
    18 décembre 2010, par Samuel

    Je trouve l’invective que Richler vous a adressée particulièrement réussie. D’autant plus que vous l’accusiez d’une fausseté à la base. Cela n’a rien d’étonnant si l’on s’attarde à la lecture absolument malhonnête que vous faites de Solomon Gursky Was Here. Avouez-le, votre compréhension de ce roman est assez limitée.


  • Richler : parangon de québécitude
    18 décembre 2010

    M. Noël, il faut tout de même admettre que Richler ne s’en prend pas aux Québécois, puisque ceux qu’il conchie avec tant d’application (pardonnez l’expression) sont les Canadiens-Français. Or, combien sont-ils à faire de même, ici sur Vigile ? Pas vous bien sûr, mais assurément beaucoup qui sont devenus Québécois précisément parce qu’ils haïssaient leur nationalité canadienne-française, qu’ils en avaient honte, beaucoup qui noircissent et déforment tout autant le passé pour mieux justifier leur reniement identitaire. En ce sens, ne comprenez-vous pas que certains puissent vouloir honorer la mémoire de Richler ? Il est en quelque sorte un maître, voire un père de la québécitude.

    RCdB


  • Le Gursky de Mordecai Richler : de la littérature haineuse
    18 décembre 2010, par Gaston Boivin

    En parlant du jovialiste de l’Actualité, dont la chronique du 25 novembre 2010 était intitulé ’’ Dans trois ans : une place(ou un carré) Pierre Bourgault !’’, mais dont le vrai titre aurait dû plutôt être ’’Faut-il renommer un coin du Mile-End du nom d’un de ses habitants les plus éblouissants : Mordecai Richler ?’’, je vous joins ici le commentaire que j’ai fait parvenir, en rapport avec cet article, à ce grand démocrate, commentaire qui, ce jour, est toujours en attente d’approbation ( C’est de cette manière démocratique, en s’accommodant ainsi de cette liberté d’expression si chère à l’auteur de ce blogue, qu’on censure à l’Actualité !) :

    - ’’Si on tient vraiment à l’honorer pour ce qu’il est, pourquoi ne pas l’honorer pour ce qu’il a été à notre égard et, à ce titre, comme quelqu’un l’a ailleurs suggéré, pourquoi ne pas donner son nom à l’un de nos dépotoirs : Un dépotoir de n’importe quelle ville ou région du Québec francophone ou du Canada francophone pourrait très bien faire l’affaire.

    Vous comprendrez donc que, par cette boutade, je m’oppose à ce que son nom soit donné à quelqu’endroit, lieu ou édifice : On n’honore pas qui a été déshonorable !

    Vous invoquez la liberté d’expression et le fait qu’il ait été un grand écrivain pour justifier une telle dénomination d’un lieu, endroit ou édifice. Est-ce qu’en Allemagne, sous prétexte de la liberté d’expression et du fait qu’il ait aussi été peintre et qu’il n’ait eu à ce titre quelque qualité, l’on a nommé une rue ’’Adolphe Hitler’’ ?! Bien-sûr monsieur Ritchler n’a violenté ou tué personne, il n’a que craché, de par le monde, son venin sur notre peuple ! C’est si peu de choses à lire votre discours !

    C’est ça, honorons donc de tels saligauds et encourageons ainsi leur prolifération, n’est-ce pas la moindre des choses ?! Je vous rappelle qu’il a été jusqu’à laisser entendre que nos mères et les mères de nos mères étaient des truies.

    Parfois, face à certains discours, je me dis que, même si bien des nôtres ont abandonné la religion catholique, ils n’en sont pas moins demeurés, à bien des égards, comme bien des Québécois et des Canadiens issus de La Nouvelle-France’’, plus catholiques que le pape.’’-


  • Une mauvaise critique par Samuel
    19 décembre 2010, par HolaDL

    Samuel, pourriez-vous élaborer SVP ?
    Je connais très peu Richler mais il a dit des choses épouvantables et fausses sur le Québec. On dirait de l’antisémitisme à l’envers, de l’anti-Québec primaire ? À ma connaissance, il ne s’est jamais excusé et n’a jamais reconnu ses fautes. Apparemment, un seul personnage positif (une nationaliste québécoise) est apparu dans un de ses derniers livres. Mais il a tellement fait mal paraître le Québec par le passé que cela n’est pas suffisant pour le réhabiliter dans mon esprit.
    Pour finir, j’ai beaucoup d’autres choses à lire et Richler est dans le bas de ma liste.
    Je ne demande qu’à être contredit si j’ai tout faux.


  • @Samuel
    19 décembre 2010, par jacques noel

    l’histoire des truies était dans tous les médias à l’époque
    Allez écouter l’entrevue de Madeleine Poulin avec la face à clacs, une entrevue tout à fait remarquable de la grande Madeleine qu’on a tassée à Radio-Cane, au sommet de sa carrière, pour faire place à la p’tite Michaelle (fallait colorer Radio-Cane)
    Elle lui souligne qu’il n’y a pas de personnages québécois dans ses romans. Elle lui souligne qu’il ne parle pas français. Le baveux lui demande si elle parle hébreu !! Un esti de baveux.

    http://archives.radio-canada.ca/art...


  • Truies
    19 décembre 2010, par Samuel

    @jacques noel Bien que cette histoire ait en effet été reprise à de multiples reprises par les médias, elle n’en est pas moins fausse. Le passage en question est tiré d’Oh Canada ! Oh Quebec ! et décrit la pensée de Lionel Groulx, pas celle de Richler.


  • @HolaDL
    19 décembre 2010, par Samuel

    Vous avez tout faux. Il n’y a pas qu’un personnage francophone dans l’oeuvre de Richler. En fait, je trouve étrange votre manière de juger une oeuvre littéraire. Devrait-on éviter de lire L’Avalée des Avalées parce que Ducharme met en scène des Juifs ? Est-ce que tout roman québécois devrait nécessairement dépeindre des francophones ?

    En plus, si vous lisez Barney’s Version (une nouvelle traduction vient d’ailleurs de sortir), vous constaterez assez rapidement que personne n’est épargné par le fiel de Barney. Autant les Juifs que les Canadiens, les lesbiennes ou les Québécois en prennent pour leur comptent.

    Même chose pour Gursky, les quelques passages cités dans l’article ne sont pas vraiment analysés ici mais, dans ce roman aussi, les Juifs et surtout le nationalisme canadien sont attaqués.

    Richler était bel et bien un anti-nationaliste. Il fondait sa pensée sur un individualisme radical qui était sans doute intenable. Ça faisait souvent des essais à la réflexion peu nuancée, bourrés d’anecdotes amusantes, mais sans grande substance. Par contre, quand on en arrive aux romans, la subtilité de l’écrivain laisse place à une vision beaucoup plus nuancée, beaucoup plus humaine qui mérite qu’on s’y attarde.


  • @samuel
    19 décembre 2010, par jacques noel

    1) J’ai cité TOUS les extraits du roman où il est question des Canadiens français. Tous ces extraits sont négatifs. Tous. Ce n’est pas un hasard : c’est simplement le fruit de qu’il pensait de nous. Il nous haissait alors il a produit un roman haineux.

    Trouvez-moi UN roman où un auteur québécois aligne une telle série de remarques négatives à l’égard des Juifs.

    2) Le Chamoine Groulx n’a jamais traité nos grands-mères de truies. C’est la vision de Richler de notre histoire.


  • Le Gursky de Mordecai Richler : de la littérature haineuse
    19 décembre 2010, par HolaDL

    Son attitude vis à vis le Québec et les nationalistes québécois était déplorable. Si la communauté juive et/ou canadienne anglaise ont passé l’éponge, c’est leur choix. Pour moi, il ne mérite aucune éloge officielle ; il a véhiculé une image non seulement négative mais fausse du Québec. Je ne me reconnais pas dans cet individu, fut-il un écrivain de génie. Que les cercles littéraires se chargent cette éloge s’ il le mérite d’un point de vue purement littéraire et qu’on nous l’explique clairement.


  • Le Gursky de Mordecai Richler : de la littérature haineuse
    20 décembre 2010, par Roger Warren

    Ce matin,M.Noel au 98,5 c’est Éric Duhaime qui remplace le libéral Lapierre.
    Paul Arcand recrute maintenant dans la radio-poubelle de Québec !

    Ca va ben !


  • Le Gursky de Mordecai Richler : de la littérature haineuse
    21 décembre 2010, par Djo et Norbert Thilges-Lanners

    Monsieur Noël,
    Vous n’avez pas lu Mordecai Richler.Vous n’avez pas lu Voltaire non plus. Les Mordecai Richler et les Voltaire il faut les mériter !
    Je vous propose la lecture de quelques essais de Mordecai Richler dans "Un certain sens du ridicule". Ces essais témoignenet (en effet) d’une "ironie mordante- que (Richler) ne craint pas, au besoin, de retourner contre lui-même. Derrière cet humour décapant se font cependant jour une tendresse et une compassion que l’on s’étonne de découvrir sous la plume de Richler (...)Merci à Nadine Bismuth et Dominique Fortier.

    Djo Thilges-Lanners


  • Le Gursky de Mordecai Richler : de la littérature haineuse
    21 décembre 2010, par Gaston Boivin

    - ’’...Les Mordecai Richler et les Voltaire il faut les mériter.’’

    C’est certains que ni les descendants de la Nouvelle-France, ni leur cher Canada ne méritaient les diatribes de tels prétentieux omnibulés dans leur quête de faire valoir leur petite personne, l’un médisant sur eux et l’autre sur leur Canada.









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