L’objectif central du Bloc, martelé régulièrement au cours de la campagne électorale aura donc été atteint. Victoire ! Le gouvernement conservateur ne sera pas majoritaire. Pour ce qui est de l’indépendance du Québec, c’est essentiellement un autre rendez-vous manqué. Car la plate-forme électorale n’aura servi nullement à faire progresser en largeur et en profondeur l’indépendance dans l’opinion publique. L’indépendance, le programme indépendantiste, cette grande cause était encore une fois l’absente des préoccupations et des discours politiciens. Il suffirait pour s’en convaincre, si aucun exemple ne vous vient à l’esprit, de revoir le débat des chefs en anglais. Totale intégration du Québec dans la dynamique pan-canadienne personnifiée par le chef du BQ.
Qu’à cela ne tienne, me répondra-t-on, le BQ n’a jamais prétendu être indépendantiste. C’est exact, faudrait-il répondre. Tout le déroulement était donc prévisible. Et il était effectivement prévu ici et là par certains. En refusant ainsi de s’assumer politiquement, la nation québécoise creuse sa tombe.
Comme aime le répéter M. Duceppe : "La politique du pire est la pire des politiques". Le pire étant un gouvernement Harper majoritaire et son contraire, le mieux, un gouvernement Harper minoritaire. Nous en sommes là. C’est la grande leçon de la dernière élection. Nous avons gagné. Réjouissons-nous !
Gilles Verrier

