Puisque le Québec n’a pas élu suffisamment de députés conservateurs et puisque, de toutes manières, le Québec est encore trop québécois, coupons-lui davantage les vivres. Investissons plutôt dans la désuète industrie nord-américaine de l’automobile afin de faire rouler l’économie ontarienne. Offrons aux Canadiens un budget canadien.
Quand il ne fait pas l’objet d’une sanction, le Québec se voit ridiculiser. On fait ainsi du 400ème anniversaire de sa capitale celui du Canada qui est anglais et de la défaite de 1759, un spectacle ! Et tandis que l’on essaie de faire passer cette démonstration de force pour une simple attraction éducative, la bataille de Montréal est reléguée aux oubliettes. Pourtant cette bataille, qui est celle de langue et qui se joue tous les jours, n’est plus depuis un bon moment, à notre avantage. Entendre, en effet, parler français à Montréal relève du fantasme.
Comment contrer ce phénomène si nos élites et les Québécois hors-Montréal nient la réalité ? A-t-on abandonné la ville à son sort anglais ? Comment le Parti québécois, et sa chef, en sont-ils venus à proposer des cours d’histoire, de mathématiques et de géographie en anglais au lieu de l’inverse ? Pourquoi avoir reculé dans le dossier des CPE en français ? Pourquoi ne pas exiger les cégeps français pour tous ? Pourquoi avoir donné son aval pour la construction d’un méga-centre hospitalier de langue anglaise ? Pourquoi vouloir à tout prix faire de nous des Canadiens ?
La bataille du Québec se livre maintenant et sous nos yeux. Avec les cours d’anglais dispensés aux nouveaux arrivants aux frais de l’État, l’attrait des institutions d’enseignement de langue anglaise sur la population, l’anglicisation des Québécois, elle n’est pas gagnée. Si rien n’est bientôt entrepris, le Québec sera au nombre des provinces bilingues, c’est-à-dire anglaises. Est-ce là ce que nous souhaitons ?
Montréal n’est pas un problème montréalais. C’est un problème québécois. Il concerne tout le monde. Il y a des limites à se contreficher d’une question aussi cruciale que celle de notre avenir. Alors ?
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