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La place du français à Montréal
Nos politiciens doivent donner l’exemple
Claude Bachand
Tribune libre de Vigile
mardi 22 septembre 2009      239 visites      4 messages


Pourquoi nos politiciens québécois sont-ils à ce point mal à l’aise de dévoiler qu’ils ne parlent pas l’anglais couramment ? Est-ce une honte d’être unilingue français ou de ne pas être parfaitement bilingue ? Être unilingue me semble la normalité dans la plupart des pays, entre autres au Canada et aux États-Unis, pourquoi ici, est-ce une tare ?

Le maire d’Ottawa, ville dans laquelle habitent de nombreux francophones, est unilingue anglais. En a-t-il honte ? Le lui reproche-t-on ? En fait-on les grands titres des journaux ? Participe-t-il à des débats en français ? Je suis sûr que ça ne viendrait même pas à l’esprit des francophones d’Ottawa de l’inviter à participer à un débat en français : ils savent qu’en Ontario, tout se passe en anglais même si Ottawa est la capitale d’un pays qui se dit bilingue… Il faut de la même façon imposer le français à Montréal. Si c’est normal à Ottawa, pourquoi ne serait-ce pas normal à Montréal ?

Il faut que nous cessions d’avoir peur d’imposer notre langue à Montréal ? Pourquoi ne pas utiliser le français et seulement le français quand on est maire de Montréal ou quand on se présente à la mairie ? Montréal n’est-elle pas la métropole du Québec dont la seule langue officielle est le français ? Nos élites politiques devraient se tenir debout et donner l’exemple. Comment nos politiciens peuvent-ils demander aux citoyens d’insister pour se faire servir en français dans les commerces de Montréal, si eux-mêmes n’imposent pas leur langue dans les débats auxquels ils participent ?

Madame Louise Harel et madame Pauline Marois, le jour où vous prendrez la décision de n’utiliser que le français dans toutes vos activités officielles, vous n’aurez fait que prendre votre place, vous poserez un geste normal d’affirmation, vous serez beaucoup plus à l’aise et vous aurez fait avancer la cause du français à Montréal. Et c’est à Montréal que se joue l’avenir du français au Québec.

Claude Bachand

Laval




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Vos commentaires:
  • La place du français à Montréal
    22 septembre 2009, par Jean-François-le-Québécois

    On peut être bien d’accord, que le français devrait, oui, être imposé à Montréal. Mais dans le contexte, ou plutôt dans le cadre (canadien) actuel, je crains que légalement, nous ne puissions pas le faire...

    C’est que Pierre Elliot Trudeau, flamboyant personnage (mais de peu de substance), nous a enfoncé dans la gorge, une constitution qu’aucun premier ministre québécois (pas même Charest !) n’a accepté de signer depuis ; mais le dit document, demeure la constitution du pays duquel le Québec, vu qu’on nous a volé le référendum de 1995, fait toujours partie.

    Or, cette constitution-là, dit qu’il y a bien deux langues officielles, au Canada : l’anglais et le français (et ce n’est sans doute pas par pur hasard que l’anglais est écrit en premier)...

    Ainsi, les anglophones, comme ceux des allophones qui adoptent de manière exclusive l’anglais, ont le beau jeu : si nous tentions de leur imposer le français, comme langue unique, ils pourraient immédiatement se tourner vers la Cour suprême du Canada, pour pouvoir continuer à vivre en anglais !

    Donc, que faire ?


  • La place du français à Montréal
    22 septembre 2009, par Gilles Bousquet

    Jean-François-le-Québécois écrit plus haut : « Donc, que faire ? »

    Promouvoir la langue française à la place de condamner la langue anglaise vu que, comme vous le soulignez, la Province de Québec ne le peut pas tant qu’il est sous l’autorité du Canada fédéral actuel.

    Fait que, vaudrait changer la nature du Québec de province à état souverain avec ou sans liens avec le ROC. Avec si on veut former une vraie confédération d’États souverains ou sans si on veut être un État séparé.


  • La place du français à Montréal
    24 septembre 2009, par André Gignac

    Monsieur Bachand,

    Excellent texte ! Comme vous le dites :" Être unilingue semble la normalité dans la plupart des pays", alors qu’attendons-nous pour normaliser notre situation en créant notre propre pays ? Nous sortirions de cette confusion identitaire qui nous mène vers une assimilation irréversible si nous ne faisons rien pour renverser la tendance. Tant que nous ne sortirons pas de cette tour de Babel qu’est le Canada, nous serons toujours pognés avec ce bilinguisme assimilateur. Nous pensions que la loi 101 était la véritable solution en 1977 lorsqu’elle a été adoptée à l’Assemblée Nationale ; notre gouvernement actuel ne l’applique même plus aujourd’hui. Et avec tous les jugements rendus contre cette loi par la Cour Suprême du Canada-anglais, elle a perdu beaucoup de plumes. Et qu’en je pense à Marois qui veut l’améliorer lorsqu’elle prendra le pouvoir, c’est rire des Québécois. Pour que le français devienne la seule langue officielle et publique, il faut que le Québec devienne un pays indépendant, il me semble que c’est clair ! Sans l’indépendance, tout ce que le gouvernement à Québec pourra faire, c’est du colmatage "patchage" en langage populaire. André Gignac 24-9-09


  • La place du français à Montréal
    24 septembre 2009, par Réjean Labrie

    Aux assemblées de l’ONU, la majorité des représentants des diverses nations procèdent par l’entremise de traducteurs. Il suffirait que le maire ou le premier ministre soit accompagné d’un interprète dans ses fonctions officielles à domicile ou à l’étranger, comme cela se fait couramment ailleurs.

    Le message sous-entendu et pernicieux est de laisser entendre que "vous voyez, vous ne deviendrez jamais quelqu’un d’important à moins de vous angliciser".



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