J’ai l’goût de m’en aller quelqu’part
J’voudrais sacrer l’camp
Plus ça va, plus ça devient mort
C’tait plus beau avant
J’aimerais ça être bien chez moi
Sans qu’on m’mange le dos
Laisse-moi donc tranquille à soir
Brailler comme il faut.
Octobre
Le député de Rousseau, M. François Legault, s’en va. Il souffre d’un déficit de la motivation. Il rejette la faute sur la population qui, dit-il, se montre cynique envers la politique. Il quitte la politique qui a elle-même quitté le PQ il y a belle lurette.
Au Parti québécois, on ne comprend pas que le cynisme de la population vient de la mièvrerie du parti, un ralliement de référendistes inclusifs qui, depuis 1995, se sont mis dans la tête d’aller courtiser les fédéralistes au mépris de leurs électeurs et de notre avenir collectif.
Ce « voyez comme nous sommes gentils » qui découle d’une mauvaise interprétation de « l’argent et du vote ethnique » de M. Parizeau, est devenu le leitmotiv des péquistes et des bloquistes, un mea culpa qui a le dos large. C’est ce qui les a rendus insipides, improductifs et inintéressants. C’est ce qui explique que les gens préfèrent ne pas aller voter et qu’ils s’accommodent de la clique de Jean Charest car nos pires ennemis ne sont pas nos ennemis mais les traitres. Un parti politique indépendantiste qui se respecte défend les intérêts de l’État qu’il représente, ce qui englobe la protection de son territoire, de sa langue, de ses lois, de sa culture, de ses réalisations, de son argent. Il n’a pas à prendre parti pour une minorité factice qui a tout le Canada avec elle. Ce sont les Québécois qui sont ostracisés. Ce sont eux qui rapetissent. Eux qui disparaissent.
Les péquistes et autres souverainistes du dimanche, ont changé leur fusil d’épaule. Ils ont changé de camp. Certains d’entre eux ne le réalisent même pas. Ils se battent contre nous, convaincus d’être encore dans le coup.
Les discours se sont affadis, tout le reste a suivi. C’est Jacques Parizeau qui a parti le bal en démissionnant. Il était le chef de l’État. Il aurait dû agir en tant que tel. C’était à lui de déclarer l’indépendance ou, à tout le moins, d’exiger une enquête internationale sur les fraudes dont il avait eu vent. Il n’avait pas à reconnaître des résultats qu’il savait faussés. Il nous a laissés tomber. Depuis lors, Bouchard et Landry ont fait de même. Marois n’avait plus non plus le cœur à la politique quand Boisclair lui a été préféré. Sa courte retraite ne lui a malheureusement pas permis de réfléchir sur la corrélation entre la dépolarisation du vote et la dépolitisation de son parti. Au contraire, elle semble croire qu’il lui faut le dépolitiser davantage, en faire un cercle politique qui tourne en rond.
Tout s’est joué un soir d’octobre alors que le peuple québécois avait accepté de prendre en main son destin et qu’un homme a refusé de lutter avec lui jusqu’au bout pour que triomphe la justice.
Où trouverons-nous, M. Legault, la motivation pour reprendre ce qui nous appartient et que les péquistes ont laissé filer. Ce n’était qu’un train, on sautera dans le prochain. Et ça fait 14 ans qu’on attend.
Plus ça va, plus ça devient mort.

