@ Gébé Tremblay
J’ai dit : Madame Marois a raison, les députés du PQ doivent désormais l’informer avant d’endosser un texte, ou prendre position. Si cela avait été déjà une règle, elle aurait été informé de la teneur du message transmis à Sir Paul et ce, directement, et non pas par le truchement de tierces personnes via les médias ou Internet.(Luc Archambault)
Vous dites : Il est évident que Messieurs Curzi, Turp et autres ne bénéficiaient toujours pas, en 2008, d’une telle logistique de communication au sein du PQ qui leur aurait permis de faire part de votre initiative à Mme Marois, instantanément.
De son côté, Mme Marois qui n’a rien fait, depuis qu’elle est en poste, pour corriger ce terrible handicap, n’avait non-plus aucun moyen de prendre connaissance de votre communiqué avant de se prononcer comme elle l’a fait en se désistant par ignorance et présomption. Pourtant, le courriel est bien québécois !
Je réponds : Je ne sais pas si MM Curzi, Lemay et Turp ont informé ou non leur cheffe, Madame Marois. Elle était en vacances. Personne n’a prévu que ce mot de bienvenue serait la proie d’une telle dérive médiatique qui en a fait en quelques heures, contre toute attente, un mouvement d’opposition à la venue de Sir Paul. À la faveur d’Internet, tout s’est passé très vite entre le 16 juillet et le 17 juillet. Le 16, le lendemain de la transmission de mon texte aux médias, Stéphane Laporte publiait dans La Presse une chronique à l’intention des « opposants » à la venue de Sir Paul. Cela accréditait la thèse qu’un « mouvement d’opposition » était bel et bien actif. Il ne nommait cependant personne. Cependant le même jour, un article du Journal de Montréal, nommait pêle-mêle MM Pierre Falardeau, Normand Brathwaite, Pierre Curzi et un obscur artiste de Québec initiateur d’une pétition contre la venue de Sir Paul.
L’amalgame est ici évident... en nommant Pierre Falardeau, extrémiste officiel de la presse fédéraliste, on pouvait s’attendre à ce qu’il s’oppose à la venue de Sir Paul... ( Or, à ce jour, je ne sais toujours pas s’il y était opposé ou pas ) M. Brathwaite a fait une déclaration relayée dans les médias affirmant ne jamais y avoir été opposé, et tançant ceux qui l’étaient, dont... nous... qui n’y avons jamais été opposé... Comme quoi, la communication déficiente dont je parle n’affligeait pas seulement le PQ... mais bien l’ensemble des ténors souverainistes... Dans ce contexte, madame Marois et le PQ, n’est pas à blâmer... De fait, l’heure n’est pas aux blâmes...
Il importe d’abord de comprendre dans le détail ce qui s’est passé. Nous avons toutes et tous été emportés par une dérive médiatique sans précédent. Sans précédent parce que cette fois, elle a fait le tour du monde, en moins de 48 heures. 170 millions de personnes dans le monde de Londres à Beijing en passant par Paris, on été en contact avec la nouvelle qui parlait à tort d’un mouvement d’opposition.
Pour répliquer, à temps, avant que la machine s’emballe, il aurait fallu beaucoup plus que de la communication. Oui, il y a eu récupération, mais pas que cela. Je travaille à temps perdu à colliger toutes les informations utiles à la documentation du phénomène afin d’être en mesure d’en tirer les leçons. Avant de distribuer les blâmes, si tant est que cela soit approprié, il faut d’abord analyser dans le détail, ce qui s’est réellement passé pour que nous arrivions là... à vue de nez il me semble que si vos observations ne sont pas à rejeter, elles ne me semblent pas en mesure d’expliquer toutes les causes qui ont provoqué cette dérive médiatique, démocratique et politique sans précédent. Il me semble important de faire un post-mortem rigoureux afin que plus jamais nous soyons à nouveau incapable de nous prémunir à temps contre de tels errements.
Vous dites : Le parti, seul, se réserve les initiatives, en vase clos.
Je réponds : Le PQ et sa direction bien sûr, doivent aussi se pencher sur la question et en tirer les leçons utiles. Madame Marois n’est à mon humble avis pas seulement la cheffe du PQ, elle est aussi la cheffe des souverainistes. À ce titre elle me semble devoir jouer un rôle central dans la coordination de toutes les forces en présence, notamment, celles qui oeuvrent comme vous et moi, en dehors du Parti Québécois. Beaucoup de travail reste à faire à tous égards. Le pire des moyens pour y parvenir me semble être, l’hostilité, la distribution des blâmes. La solidarité, la synergie, la communication, le partage, dans la rigueur et le respect me semblent être les meilleurs atouts.
Au plaisir, Luc A.