On s’entend sur un point. Le Plan-Marois tel qu’ébauché, est... une ébauche. Nous reste 18 mois pour en faire une oeuvre.
Quand on demande aux partisans du NON ce qu’ils ont à proposer, ou bien comme M. Cloutier on n’obtient que du silence, ou bien comme M. Yvan Parent on obtient... rien !
« Luc Archambault me demande ce que j’ai à proposer. Dans l’immédiat, rien... »
Yvan Parent au titre
A tous les lecteurs et lectrices de VIGILE
Nestor Turcotte - 9 juin 2009
RIEN !
« Et ce rien, je vous le laisse » comme disait Léo Ferré.
C’est la vieille stratégie qui consiste à fédérer les opposants en se gardant bien d’émettre ses propositions qui elles aussi ne ferait pas d’emblée l’UNION souverainiste qu’il nous faut pour vaincre l’UNION canadianisatrice. C’est la stratégie du NON ! Avec rien devant, rien dans ses poches trouées, rien derrière. On fait beaucoup de millage avec ça. Pour rien...
Et nous, les partisans du OUI, on pense qu’on pourra faire la rupture d’avec la culture du NON en utilisant la même tactique ? Vraiment !?
On est d’accord, nous n’avons encore pas mis au point la stratégie nous permettant de briser le statu quo de blocage qui fait comme l’a si bien observé M. Parizeau au Colloque des IPSO, comme l’a si bien résumé Josée Legault Un jugement sévère que :
Les Québécois(e)s veulent un État valide et légitime émanant nommément des voix du peuple souverain du Québec, ce que n’est pas le Canada actuel de l’unilatéral statu quo de blocage, ils et elles « sont persuadés que c’est possible, mais ils pensent que ça ne se fera pas »
« On a besoin d’un examen de conscience »
« Qu’est-ce qu’on doit changer dans notre façon de faire ? ».
M. Parent ajoute pour justifier son silence, son « R.A.S. », son « Rien à signaler », son ras-le-bol,
« quand je lis certains articles sur Vigile qui confortent les immobilistes et envoient aux enfers ceux qui font tinter la sonnette d’alarme, je vois difficilement une solution à l’arrêt de notre dégradation humaine et politique. »
Quand on ne voit pas de solution, est-on obligé donc de s’enfermer dans le NON ? N’est-ce pas justifier ce que nous combattons, la culture du NON ?
De un ; Il n’est pas question de conforter l’immobilisme. Au contraire, il est question de bouger de changer la culture du NON.
De deux ; Bizarre cette réaction qui consiste à se plaindre d’être contré et critiqué de la part de celles et ceux qui expédient Pauline Marois et son plan aux enfers !
De trois ; Il n’est pas question d’excommunication, ni de pas entendre les sonnettes d’alarme. Il est question de rompre avec l’attentisme, l’immobilisme. Pour cela, il nous faut exposer nos solutions, puis d’en discuter et d’exposer une contre-proposition.
Nous devons répondre à la question de M. Parizeau :
« Qu’est-ce qu’on doit changer dans notre façon de faire ? ».
Tout est sur la table. Y compris changer la culture du NON. Notre culture du NON. La changer pour la transformer en culture du OUI. La culture de la voie ouverte contre l’impasse.
M. Pierre Cloutier nous dit qu’il faut faire comme Jean-Paul II. Dénoncer pour ensuite négocier.
La question est de savoir de quel Jean-Paul II s’agit-il ? De celui qui n’avait pas l’intention de négocier avec l’ex-URSS et qui dénonçait pour abattre le régime. Ou celui qui faisant semblant de vouloir négocier, toujours pour abattre le régime et non contribuer à son avancement ?
D’un côté on a celui qui fait mine de vouloir participer au débat et de l’autre celui qui quoiqu’il arrive n’a pas l’intention de négocier quoique ce soit d’autre que la fin du régime.
Cette affiche de négociation est un leurre ou pas ?
Toute la question est là !
Et, tout est dans négocier ou pas !
Que veut-on négocier au juste ?
La souveraineté, son principe, ou la façon de la mettre en place, de l’incarner dans le réel ?
Quant au principe il n’y a rien à négocier.
Du reste la solution est là. Mon OUI va pour ça ! Ce OUI à un État qui émane nommément des voix du peuple démocratique et souverain du Québec engage un réciproque respect des mêmes règles. Ce qui n’est pas le cas dans l’état actuel du débat.
Le Canada se soustrait à une règle que nous endossons sans nous retourner pour l’appliquer à l’État actuel du Canada. Pire, par sa loi sur la clarté, le Canada l’impose à l’État éventuel du Québec souverain, mais refuse de s’y soumettre. Cette asymétrie doit être dénoncée et non négociée. La souveraineté du peuple est non-négociable.
Ce qui doit changer dans le souverainisme étatique historique c’est ça : foncer dans un combat où la règle n’est appliquée qu’à l’un des combattants.
Le mariage forcé au Canada doit être invalidé par les voix libres du peuple souverain du Québec. On nous dit qu’il est question de divorce... Il n’en est rien. On ne peut divorcer que d’un mariage où on a dit OUI. Pour ce qui est du mariage forcé, avant de se remarier au monde il faut dénoncer sans négocier. Il faut annuler le mariage. La mariée doit d’abord dénoncer l’abus et l’abuseur. En démocratie, une seule voie possible, les voix du peuple souverain.
Voilà mon OUI !
Quel est le vôtre ?
Il nous faut rompre avec la culture du NON.

