La coïncidence est frappante. Ce 4 novembre, le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, quitte la vie politique, la veille du jour où Jean Charest déclenche des élections. Or, il y a 27 ans jour pour jour, dans la nuit du 4 au 5 novembre 1981, le gouvernement Trudeau et neuf provinces se réunissaient à l’insu de la délégation québécoise et s’entendaient sur une réforme constitutionnelle qui diminuera sans son consentement les pouvoirs de l’Assemblée nationale du Québec, notamment en matière de langue et d’éducation.
C’est essentiellement le gâchis politique qui s’en est suivi qui a tenu occupés le ministre Pelletier et tous ses prédécesseurs depuis un quart de siècle. Après avoir défini ce qui est toujours le programme actuel du PLQ en matière de revendications constitutionnelles, Benoît Pelletier a passé tout son dernier mandat à répéter que « le fruit n’est pas mûr » pour engager des discussions sérieuses à ce sujet avec le « Rest of Canada ».
En tirant sa révérence maintenant, il nous lance le signal clair qu’il ne prévoit pas que le fruit mûrisse au cours des quatre ou cinq prochaines années. Voilà qui rend d’autant plus sombre ce 27e anniversaire de la tristement célèbre Nuit des longs couteaux.
Christian Gagnon
Montréal
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