
Combien d’entre vous sont conscients de l’intensité des manoeuvres en cours pour déstabiliser le gouvernement Marois et provoquer sa chute de manière à étouffer de façon définitive toute velléité d’indépendance au Québec ?
Il ne s’agit pas uniquement de manoeuvres partisanes pour permettre à un autre parti, le PLQ ou la CAQ, de prendre le pouvoir. Il s’agit de manoeuvres de sape délibérément orchestrées par un groupe de personnes convaincues de la supériorité de leur option qui sont prêtes à utiliser tous les moyens et toutes les tactiques, aussi déloyales soient-elles, pour parvenir à leurs fins.
Il faut se souvenir que ce sont les mêmes personnes qui ont contribué à l’organisation du fameux love-in de la Place du Canada à quelques jours du référendum en 1995, qui ont participé aux manoeuvres douteuses du Conseil de l’unité canadienne ou d’Option-Canada, ou applaudi au programme des commandites.
Ce sont des gens qui se considèrent « en guerre », pour reprendre les mots du fonctionnaire Chuck Guité, ou de l’ancien chef de cabinet de Jean Chrétien et ancien maire de Québec, Jean Pelletier . Et leur guerre est une guerre de tous les instants, elle est constante, sans répit.
Ainsi, la semaine dernière, quelques heures à peine après la mise en ligne d’un article sur la volonté du Québec de bloquer l’accès au pétrole albertain au nom du principe « Maîtres chez nous » , La Presse mettait en ligne les résultats d’un « sondage » bidon sur son site Internet, sans aucune donnée sur la méthodologie employée, pour faire croire que les Québécois ne veulent non seulement rien savoir de l’indépendance, mais qu’ils ont en plus une soif inattendue du pétrole des sables bitumineux.
Vigile notait alors « Coïncidence, c’est justement l’agenda de l’Oncle Paul ! Comme le hasard fait bien les choses ! », en soulignant au passage que même le généralement peu scrupuleux Denis Lessard à qui échoit d’habitude ce genre de besogne n’avait pas voulu signer cet article. En fait, les carences méthodologiques de ce sondage étaient tellement criantes que La Presse n’a pas osé reprendre son article dans sa version papier le lendemain.
Ces carences n’avaient pourtant pas empêché l’auteur de l’article d’attribuer à Alain Giguère, le président de CROP, les propos suivants : « C’est quand même fascinant d’observer qu’une population qui a élu un gouvernement péquiste est de moins en moins favorable à la souveraineté », pour rajouter ensuite que, entre le début et la fin de la dernière campagne électorale, les intentions de vote pour la souveraineté dans un éventuel référendum avaient chuté de quelques points, passant de 36 % à 28 %, revenir à Giguère avec cet autre commentaire « C’est frappant de voir que l’appui au PQ s’est maintenu durant la campagne, alors que celui à la souveraineté n’a fait que diminuer. », et terminer sur cette conclusion massue : « Si les Québécois étaient appelés à se prononcer dans un troisième référendum, le « NON » l’emporterait de façon écrasante, à 61 % contre 32 % ».
Lorsqu’on sait que ce sondage a été commandité par « L’Idée fédérale » et effectué avec « un échantillon non probabiliste », ça prenait un « front de beû » pour tirer des conclusions pareilles, et ça donne une bonne idée du degré de putasserie auquel en est désormais réduite CROP, une maison de sondages autrefois très respectable.
Pour l’édification de ceux d’entre vous qui ne seraient pas familiers avec « L’Idée fédérale », il s’agit d’une officine de propagande fédéraliste qui regroupe tous ceux qui ont été associés de près ou de loin depuis la première élection du PQ au combat contre les méchants « séparatisses » qui en veulent tant à « nos Rocheuses ».
Je vous suggère fortement une visite du site à cette adresse. Il est toujours bon de découvrir le visage de l’ennemi, ce que vous pourrez faire à la rubrique « À propos de l’IF ». Jetez un coup d’oeil aux faces de carême (autrefois on les aurait qualifiés de « Sépulcres blanchis ») qui en sont les Gouverneurs ou qui siègent à son Conseil d’administration , et ça vous permettra déjà de comprendre un certain nombre de choses.
Ainsi, n’est-il pas très intéressant de découvrir que siège au Conseil des Gouverneurs L’honorable Jim Prentice, Premier vice-président à la direction et vice-président du conseil de la banque CIBC, celle dont le président du Conseil est un certain Charles Sirois, co-fondateur de la CAQ de François Legault ? Ou que André Pratte est le président de l’Idée fédérale (on s’en serait douté à lire régulièrement ses éditoriaux dans La Presse).
Et que dire de la présence d’un certain François Vaqué sur le CA sans aucune précision sur qui il est ? Et bien figurez-vous qu’il s’agit d’un « associé du bureau de Lucien Bouchard », comme on peut l’apprendre sur le site Argent dans un article daté du 8 avril 2011.
Quant à Richard Vigneault, c’est un ancien de Radio-Canada qui ne répugne pas à naviguer en eaux troubles comme l’a révélé sa présence dans l’équipe d’Option Canada et du Conseil de l’Unité canadienne au moment où ces organismes effectuaient des dépenses illégales pendant la période référendaire en 1995.
Et pour rajouter un peu de piquant à tout ça, figurez-vous que Richard Vigneault et Lucien Bouchard ont en commun un client qui s’appelle Olymel, le géant de l’industrie porcine au Québec. Faut-il en conclure qu’ils sont « copains comme cochons » ?
Ce que ces informations nous révèlent, c’est la composition du réseau de personnes et d’intérêts qui s’opposent à l’indépendance du Québec, et les ramifications qu’il devient possible de deviner à partir de là. Le jour où les indépendantistes disposeront d’un réseau aussi fort, ils seront dans la course.
Aujourd’hui, la Cinquième colonne fédéraliste s’en prend à Daniel Breton, le ministre qui a relancé le slogan de la Révolution Tranquille à laquelle le Québec et les Québécois doivent tant, « Maîtres chez nous. »
En 1995 pendant la campagne référendaire, c’était à moi parce que j’avais la responsabilité des études référendaires. Aujourd’hui comme en 1995, son relai à l’Assemblée Nationale est l’ineffable Jean-Marc Fournier, le chef du PLQ par intérim et champion toutes catégories de la mauvaise foi partisane.
Loco-Locass au secours, « Libérez-nous des Libéraux ! ».

