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De la pesanteur illusoire de la chaise vide sous tous fallacieux prétextes
Dans son texte « « Voter en bloc pour le Bloc ou voter pour bloquer le Bloc ? », M. Bruno Deshaies donne de bons arguments aux canadianisateurs pour nous faire léger dans leur balance partisane sous prétexte que d’aucuns pensent qu’un fort contingent de député(e)s du Bloc québécois à Ottawa permettait de nous faire pesant pour influencer le cours des décisions politiques d’un Canada par là, plus unitaire que jamais. Sous prétexte aussi que le Bloc ne parle pas suffisamment de souveraineté ou d’indépendance.
Or, la députation forte du Bloc québécois n’a pas pour but de nous faire « pesants » ! Pesant au sens où on le suppose en certaines écoles de pensée souverainiste ou autre.
Être pesant oui. Mais pesant en tant que représentant, incarnant le vote souverainiste dans la représentation démocratique de la députation du peuple souverain du Québec. Oui, assurément, nous sommes un peuple souverain en dépit des apparences, en dépit de ce qu’affirme M. Deshaies.
Le peuple démocratique et souverain du Québec
Nous le sommes par définition, peu importe l’état actuel des choses, peu importe que cela s’incarne ou pas, ou mal, ou indirectement, effectivement dans l’État du Canada, ( et cela d’évidence ne s’incarne pas dans l’Acte qui le fonde, le constitue et le gouverne puisqu’il n’émane pas du peuple mais qu’il n’est qu’avatar d’un Empire monarchique de droit divin à Reine nègre ), cela, puisque nous sommes un peuple démocratique. Cela si tant est que le Canada soit démocratique. Si tant est que nous le soyons ou voulons l’être. Et... nous le voulons. L’un de va pas sans l’autre. Le souverainisme dénonce en soi le fait que cette donne ne s’incarne pas dans l’État. Les partis souverainistes le dénoncent, en soi. Sans même en faire quelque promotion que ce soit. Cette dénonciation s’incarne à chaque fois qu’un représentant du peuple souverain du Québec est élu par les souverainistes. Et, elle n’est pas dénoncée, quand des fédéralistes parviennent à élire des député(e)s représentant l’exact contraire de cette dénonciation.
M. Deshaies, nous propose, sincèrement, de nous abstenir de dénoncer l’invalidité de l’état actuel des choses de l’État du Canada. Il invoque de très bons arguments cependant. « Tous ces souverainistes orthodoxes devraient comprendre qu’ils ne seraient pas moins minoritaires à Ottawa même s’ils représentaient une majorité de Québécois. » ... « ... la campagne d’idées pour promouvoir l’indépendance du Québec est totalement évacuée. » de cette campagne électorale fédérale. « Malheureusement, l’union des forces indépendantistes est à bâtir. Elle ne doit pas se limiter à entreprendre des combats électoraux à répétition. Elle doit transcender les partis politiques et elle doit promouvoir sur toutes les tribunes l’essence même de l’indépendance auprès de la population et dans la société québécoise. »
Renvoyer dos à dos « Voter en bloc pour le Bloc » et celles et ceux qui dénoncent de supposés opportunistes pour qui « L’indépendance, ( serait ) de surcroît un luxe ! » sous prétexte « qu’ils vivent bien du régime et qu’ils en sont satisfaits… avec des bémols ! », me semble valider la division des forces souverainiste dont pourtant M. Deshaies se désole, en appelant plutôt à l’unité et au rassemblement. Il faut plutôt, me semble-t-il, appuyer les uns et dénoncer les autres.
L’unité souverainiste = une députation du peuple souverain du Québec majoritairement souverainiste.
Vous avez raison M. Deshaies, « Voter en bloc pour le Bloc ne rapportera pas plus à long terme que ce que ce qui s’est passé auparavant dans notre histoire. » Et, ce n’est pas pour nous « rapporter plus » dans un ordre constitutionnel unilatéral du Canada qui n’émane pas du peuple souverain du Québec, qu’il faut que les souverainistes votent en bloc pour le Bloc québécois. Voter en bloc pour le Bloc québécois a pour but de dénoncer l’ordre constitutionnel actuel qui n’accorde pas au peuple souverain du Québec le droit d’être le seul valide fondateur de l’État qu’il désire, quelqu’il soit, Canada ou Québec souverain. Le Bloc québécois le dénonce cet ordre politique par le seul fait d’être un parti voué à la souveraineté du Québec. Il l’est dans ses statuts. Cela suffit.
S’abstenir de le faire, sous prétexte de rassemblement de nos forces ne peut que nous vouer tout entier au bon vouloir majoritaire de notre députation du Québec. Trudeau nous l’a prouvé en réunissant virtuellement cette députation en une même Chambre virtuelle, celle où serait réunie toute notre députation, notre représentation démocratique de peuple souverain, que nous les élisions à Québec ou Ottawa. Ne pas voter en Bloc pour le Bloc fait l’apologie de la chaise vide qui ne peut que nous faire minoritaires dans notre propre Assemblée de notre députation. Cela est inacceptable. Nous n’avons pas le droit de priver le peuple souverain de représentation démocratique dans les Chambres qui sont les siennes.
Occuper nos sièges pour ne pas être assiégés dans notre Citadelle Québec
Le rassemblement dont vous parlez doit se faire là aussi. Nous devons occuper tous nos territoires y compris celui-là. Ne serait-ce que par principe. Ne serait-ce parce que le fait de ne pas y avoir été présent, a été utilisé contre nous, contre le peuple souverain du Québec, contre les souverainistes, pour valider l’actuel état de fait de l’État du Canada aux yeux des autres nations. Au contraire, non sans nous être assuré que les souverainistes y soient majoritaires, si telle Assemblée était réunie, comme nous pourrions demander au peuple souverain du Québec de la réunir, si réunie, elle votait contre l’actuel état de fait constitutionnel de l’État du Canada actuel, volerait en éclat le seul argument permettant de validé démocratiquement l’état du Canada actuel et partant, à défaut d’invalider sa légalité, en invaliderait la légitimité. Une telle réunion, un tel vote de telle Assemblée, institutionnaliserait telle invalidité. Ce qui n’empêche pas même si elle n’est pas réunie, de manifester la validité de cette invalidité. Ce qui est radicalement autre chose que d’être pesant, pour trouver dans l’unité canadienne, de quoi en assurer la pérennité, comme vous le dites.
Le Bloc québécois, est tout autre chose qu’un instrument assurant l’unité du Canada. Voter en bloc pour le Bloc est toute autre chose que ce que vous affirmez. Et même si ce que vous dites est vrai, même si vos arguments peuvent s’inscrire dans une certaine réalité, vous ne pouvez pas pour autant écarter la possibilité qu’une représentation souverainiste forte à travers un fort contingent de député(e)s du Bloc québécois peut être aussi, cette manifestation forte de l’invalidité de l’État du Canada actuel. On ne peut exclure cette manifestation sans trahir le peuple souverain du Québec. Sans le priver d’une représentation démocratique. Sans le vouer au vide de l’Histoire. Sans le priver d’outils utiles, essentiels à son affranchissement, à son rassemblement. Union des souverainistes derrière une totale députation du peuple souverain du Québec, majoritairement souverainiste grâce une présence forte du Bloc Québécois à Ottawa.
Il est essentiel, capital, de cesser de se diviser à cet égard. Capital que les souverainistes, que les indépendantistes cessent de se diviser à cet égard. Nous devons occuper le territoire autour de la citadelle Québec. Nous pouvons le faire à Ottawa. Se réfugier dans la Citadelle ne peut que permettre qu’on nous y assiège. Nous pourrons nous y réfugier seulement le jour où nous déciderons de rapatrier à Québec toute notre députation. Pour l’heure, une partie de la députation du peuple souverain du Québec siège à Ottawa. Assiège Ottawa. Nous ne pouvons abandonner là une partie de notre députation, une partie importante de nos troupes. La seule circonstance qui permette que nous n’y siégions plus, est celle qui permettra au peuple souverain du Québec de voter pour le rapatriement de ces sièges, cela, lorsqu’il fondera l’État souverain du Québec.
Reste... tout le reste...
Comment emporter l’adhésion du peuple souverain du Québec ?
Certainement pas en prônant la politique de la chaise vide.
Certainement pas en faisant des procès d’intention aux souverainistes.
Certainement pas en attaquant sans cesse, sous tout prétexte les souverainistes.
Certainement en complétant pas ailleurs ce qui doit l’être
Si des souverainistes trouvent que les souverainistes ne parlent pas suffisamment de souveraineté, rien ne sert à le répéter ad nauseam. Ne reste qu’à en parler. Parlons-en ! Que les PIistes en parlent ! Que Vigile en parle ! Que nous en parlions toutes et tous !
Point final !
Ne reste à dire... en appui à ce que M. Duceppe a dit au débat des chefs, à ce que Mme Marois a dit de la « souveraineté culturelle » chère à M. Charest, contre ce que M. Art-Peur a dit, contre ce que M. Charest dit, à savoir :
Tout ce qui pourra être ajouté et qui milite en faveur du plein et effectif exercice de la souveraineté du peuple souverain du Québec, à savoir : tout ce que les PIiste pourront dire pour faire la défense et l’illustration de la souveraineté de l’État du Québec.</quote>
À nous les souverainistes de le dire, de le développer, ici dans Vigile, là, ailleurs, dans le PQ, dans QS, dans le PI, dans le PV, voire dans le PLQ, dans l’ADQ, dans les journaux, dans Internet, etc.
Ainsi, l’unité se fera, parce qu’elle sera déjà effective, en appui à tout ce qui s’affiche souverainiste et contre tout ce qui s’affiche fédéraliste. Voilà où se trouve l’unité, le rassemblement des souverainistes. Ce qui ne manquera pas de produire une pression encourageant l’utilisation de tous les arguments ainsi exposés, arguments favorables à la souveraineté. Au lieu de diviser, d’affaiblir et d’exposer à la critique, celles et ceux qui s’affichent souverainistes, donnant des arguments à nos adversaires canadianisateurs, ou à ces indécis, voire ces fédéralistes, de qui l’on espère l’adhésion.
Votons en Bloc pour le Bloc québécois.
Luc A.

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