Quatre mois après le décès de son fondateur, Bernard Frappier, Vigile est parvenu à se maintenir. Le défi demeure énorme. Notre ami Bernard en menait large sous des apparences très discrètes. Surtout, Bernard consacrait tout son temps à Vigile, 24h par jour, 7 jours par semaine, et 12 mois par année. Il ne faisait rien d’autre. Vivant en ermite en compagnie de ses chats et se contentant de peu, il en était graduellement venu à ne faire qu’un avec son site.
Cette symbiose totale n’est pas facilement reproductible car elle reposait entièrement sur la situation personnelle de Bernard, ses traits particuliers de caractère, et sa formation en philosophie qui lui permettait de situer les événements dans leur contexte le plus large, de les mettre en perspective, de faire ressortir leurs interrelations, d’en dégager le sens, et de voir au delà.
Vous le devinez aisément, le remplacer n’était pas chose facile. C’était même impossible. D’abord, rares sont les personnes qui sont dans une situation qui leur permet le même degré d’abnégation en temps et en argent dont Bernard a fait preuve. Ensuite, pour animer un site comme Vigile, il faut une expérience de la vie et une connaissance de l’histoire, et plus particulièrement la nôtre, qu’on ne retrouve pas nécessairement chez tout le monde.
Pendant les quatre derniers mois, j’ai tenté tant bien que mal de tenir le fort. Mais je ne dispose pas du temps de Bernard et j’ai d’autres obligations. De plus, je crois que je peux être plus utile à écrire, et ma présence sur le site s’est ressentie du travail que j’ai fait en coulisse, sans compter que j’ai un nouveau livre en chantier que je dois livrer à mon éditeur le 1er mars.
Fort heureusement, la Société des Amis de Vigile a pu recruter ces dernières semaines des nouveaux collaborateurs d’expérience qui vont pouvoir contribuer à enrichir le contenu de Vigile. Leur présence se fera graduellement sentir au fil des prochaines semaines.
Au cours des prochains mois, il faudra également procéder à une modernisation du site (logiciel de soutien et aspect visuel), de façon à rendre l’expérience de consultation plus agréable.
Tout ceci a évidemment un coût, et vous aurez sans doute remarqué que notre objectif de financement pour l’année a été fixé à 60 000 $. C’est le prix à payer pour avoir accès à une information entièrement libre axée sur notre combat en faveur de l’indépendance. Par ailleurs, vous comprendrez que la présence de Vigile sur la scène médiatique n’est pas du goût de nos adversaires qui cherchent à nous mettre des bâtons dans les roues, ce qui a une incidence sur nos coûts d’opération. C’est en effet de cette façon qu’il faut interpréter les procédures judiciaires en cours contre Vigile, selon la technique bien connue de la poursuite-bâillon.
Depuis le décès de Bernard Frappier, certains habitués de Vigile nous ont fait part de leurs idées pour améliorer le fonctionnement du site. Le fait qu’elles n’aient pas encore été mises en oeuvre ne doit pas être interprété comme un rejet de celles-ci. Notre première priorité était d’assurer la continuité, et cette tâche s’est révélée à l’expérience beaucoup plus lourde que nous l’avions anticipé, sur tous les plans. Lorsque nous aurons atteint notre vitesse de croisière, nous serons en mesure d’accorder à ces suggestions toute l’attention qu’elles méritent.
En attendant, l’avenir de Vigile est entre vos mains. Vigile ne peut pas fonctionner sans vos contributions, et il en a un urgent besoin.
Richard Le Hir
Secrétaire-trésorier de la Société des Amis de Vigile


