« Permettre une injustice signifie ouvrir le chemin à toutes les autres qui suivront. » Willy Brandt
Aujourd’hui, malheureusement, l’état inachevé de la pleine concentration des mouvements souverainistes au Québec ne donne à aucun groupe la possibilité de répondre seul à l’ensemble de ces exigences. Chacun de ces mouvements se verrait donc amené à s’allier à un autre, à d’autres, afin d’obtenir la crédibilité politique de ses postulats “ idéologiques “ pour faire face aux attentes de leur électorat cible. Ainsi, à tout instant, pour un objectif ponctuel, limité (gagner la prochaine élection en promettant de faire mieux que son adversaire politique sans tenir compte de sa raison d’être, ou pour d’autres, obvier la réalité d’interdépendance qui conditionne les principes socioéconomiques et financiers ; adopter un quelconque subterfuge pour gagner la confiance des électeurs en trahissant les status du parti ; etc.), se constituent des associations étroites entre groupes complémentaires appartenant à plusieurs formations autonomes. Car au Québec ces groupes souverainistes ne font, en principe, que déterminer des liens plus anciens et d’autre nature, faisant que ces alliances matérialisent, ainsi, les proximités existantes entre groupes au sein des ensembles d’intérêts particuliers qui les unissent entre eux, au détriment d’un tout cohérent et crédible pour réussir à réaliser l’indépendance du Québec.
Ensembles d’organisations politico-idéologiques et ensembles d’intérêts particulièrs(1) étroitement liés, les premiers se présentant comme la manifestation la plus évidente de l’existence des seconds
La cohérence du concept d’ensemble politico-idéologique ne serait qu’en partie assurée si l’on s’en tenait aux manifestations des principes statutaires : ensembles des normes approuvées et ratifiées par le Congrès National du parti (et non par le Conseil National comme récemment l’a fait le PQ) ou tout autre type d’accord permettant une meilleure valoration des stratégies d’action socio-politico-économiques. Il faudrait, de la même manière, tenir compte des stratégies coordonnées au niveau de la mainmise par l’État des ressources naturelles et fiscales du Québec(2) pour assurer l’adoption de mesures radicales favorisant l’environnement et un développement socioéconomique durable(3) ( dans cette explosion démographique et des pillages des ressources, principaux problèmes écologiques en cette croissance imparable de la population mondiale ) afin d’augmenter l’IDH des Québécois, ainsi qu’au niveau des rouages concrets par lesquels peuvent passer ces stratégies d’alliances afin de sauvegarder le Québec comme entité nationale(4).
Puisque c’est la mobilité dans l’action politique nationaliste qui sert d’instrument pour arriver à se procurer un haut niveau de pouvoir autonome, comme c’était le cas au Québec pendant la Révolution tranquille, pourquoi un demi siècle après arrivons-nous aujourd’hui à fragmenter et détruire les acquis conquis par ce réveil national d’être maître chez nous ? Si le pouvoir nationaliste doit être une dynamique exponentielle dans l’action pédagogique de ce pouvoir politico-culturel et socio-économique, comment se fait-il que l’élargissement du contrôle des secteurs stratégiques par les Québécois français et le développement de type Québec inc. soient, aujourd’hui, un bilan en régression constante en ces paramètres de pouvoir nationaliste ? Le paradoxe que renferment ces questions se trouve dans le sombre tableau qui révèle la dénationalisation de l’économie du Québec qui continuera à échapper aux intérêts généraux des Québécois, dû aux contradictions politico-économiques de ces organisations nationalistes.
Or, il faut ni plus ni moins, dans cette globalisation économique et financière de néolibéralisme sauvage, que l’indépendance du Québec pour remettre la collectivité québécoise en marche et lui fournir l’occasion d’un nouvel élan en avant, plus considérable encore que celui opéré par la Révolution tranquille à partir des années soixante, et condition sine qua non de l’émancipation véritable des Québécois, aussi bien au plan économico-social qu’au plan politico-culturel.
Un compromis qu’il faut radicalement récupérer
Le patriotisme officiel qui se manifeste présentement au Québec n’est qu’un masque servant à cacher les intérêts de classe des exploiteurs et des pilleurs de ressources fiscales et naturelles. La capitulation après tant de connivences de la bourgeoisie québécoise pro-étapiste et pro-autonomiste devant les représentants du centralisme à Ottawa, nous a apporté une preuve de plus avec le référendum volé en 1995. Cet état de fait ne devrait être appelé à durer encore bien longtemps si le PQ récupérait de manière radicale son idéologie de fondement qui l’avait porté à conquérir le pouvoir en 1976. Cette analyse qui aurait dû être faite depuis longtemps par les militants qui ont, en tout temps, délégué l’action politique qu’englobe ce compromis statutaire de faire du Québec un pays parmi tant d’autres, dans le concert des nations du monde, aurait pu sauvegarder ce principe d’unité idéologique en se débarrassant des éléments perturbateurs qui ont provoqué la débandade de centaines de milliers de membres depuis sa fondation. Ce n’est qu’en optant pour la fuite en avant de ces membres, formant aujourd’hui des groupes souverainistes marginaux et sans rapport entre eux, que l’action politique indépendantiste va atteindre son objectif. Car c’est un fait que la débandade des membres, militants et supporteurs d’une quelconque organisation politique ruine le parti et augmente les difficultés pour régénérer l’action indispensable de sa raison d’être.
L’aspiration à l’indépendance de la majorité des Québécois français et chez les autres peuples colonisés par le centralisme politique pseudofédéral ou par des groupes d’intérêts exogènes, a une grande importance révolutionnaire et démocratique pour faire face à la servitude que la globalización néolibérale veut canaliser et imposer. Mais tout comme l’antiétatisme des monopoles naturels, cette aspiration de contrôle peut aussi être détournée au profit des objectifs impérialistes, véhiculée par les tenants de la mondialisation sauvage et de rapine globale. Un tel abus d’imposition de la part des groupes d’intérêts exclusifs et monopolistes qui opèrent à travers la mondialisation, afin d’implanter un système de servitude aux peuples socialement divisés et politiquement confrontés à la solution de leurs problèmes collectifs, est inévitable s’il reste soumis aux slogans et à la direction de l’establishment. C’est pourquoi les gangsters de l’impérialisme "démocratique" ou théocratique ne s’intéressent qu’à une chose : s’emparer à nouveau de la propriété qui leur a été dépossédée par le nationalisme, lequel est indispensable pour construire les idéaux de la participation civique-démocratique et déterminer le destin national sans interférences externes.
Avec cette description des phénomènes observés depuis le réveil national québécois de la première moitié des années 60, n’a d’égale que l’ignorance fort répandue que notre condition d’aliénation nationale puisse être encore aujourd’hui perçue comme un problème socio-politique solutionné. L’échec de la réalisation de la pleine souveraineté du peuple québécois constaté en ce début du XXIe siècle nous reporte à l’affirmation que Pierre Vallières faisait en 1971 dans son essai intitulé L’urgence de choisir : « Il n’y a aucune conscience politique qui puisse faire abstraction de cette condition fondamentale d’aliénation nationale sans se nier elle-même en tant que “conscience” et en tant que “politique” ».
Si nous nous efforçons de déterminer le moment historique de cette sorte d’aliénation-servitude aux pouvoirs exogènes contrôlant les intérêts de la Nation québécoise, nous ne pouvons perdre de vue, en aucun moment, les possibilités d’évolution auxquelles l’on s’opposait au détriment de celles qui se sont répandues : contre l’évolution de la libération nationale se développe la tenace intervention des groupes dans la classe dominante dans tous les secteurs de la vie québécoise et ça, à partir de l’Acte de Québec de 1774 constituant le moment décisif dans lequel le nationalisme britannique, en se convertissant en impérialiste, s’est adapté en abandonnant l’anticatholicisme ouvert pour mieux contrôler la vie politique, économique et juridique, lesquelles ont abouti, par ces instruments de mainmise, à imposer en 1867 une Constitution colonialiste qui consacre, depuis cette date, une partie importante de ces mécanismes collectifs de développement des Québécois à des étrangers, à un gouvernement centraliste anglo-saxon, un Parlement et une administration publique majoritairement dominés par des gens d’une autre entité sociale, d’un caractère hanséatique voué à soumettre les Québécois français à la condition de peuple assujetti. Car il s’agit, en définitive, de l’une des pires servitudes… d’un contrôle extérieur sur la Nation québécoise dont l’une des dimensions importantes est qu’elle ne jouit même pas juridiquement de l’intégrité de son propre territoire, perdant en plus, dans cette Constitution colonialiste, le contrôle des mouvements démographiques(5) venant de contrées qui n’ont rien à voir avec la idiosyncrasie du peuple Canadien français et qui feraient perdre définitivement le contrôle de son devenir collectif dans un futur immédiat, si l’indépendance du Québec ne se réalise pas avant 2035.
Jean-Louis Pérez (membre du PQ)
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Vive le Québec libre de caciques, de tricheurs de la politique, de traîtres et de pilleurs des ressources fiscales et naturelles
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1. Un cas se rapportant à “la business“ en politique
2. Pour une information d’actualité sur cette ressource, consulter l’article de Michel Girard intitulé La facture fiscale des Québécois : 95 milliards (Lapresseaffaire du 25 avril 2008).
3. Consulter la Chronique de Patrice Boileau
4. Concernant la sauvegarde de cette entité nationale québécoise
5. La croissance incontrôlable de la populación mondiale surpassant aujourd’hui les 6.450 millions de personnes et qui augmente à un rythme de 130 millions par an, constitue le plus grand et grave problème auquel se confronte l’humanité. Les conséquences les plus immédiates de l’explosion démographique sont le réchauffement global de l’atmosphère, la destruction des réserves des ressources organiques, la perte irréversible de sols fertiles, la famine… et surtout la disparition de peuples singuliers qui ont abandonné ou sont en train d’abandonner la foi nationaliste, comme le fait la majorité des Canadiens français, préférant vivre dans l’hédonisme castrant plutôt que de se confronter à la réalité de ce monde de dhimmitude et de fédéralisme d’exclusion, lesquels imposeront la servitude comme fondement de conquête et de domination. Cette seule déclaration de guerre islamique de Houari Boumediene faite à l’ONU en 1974 nous révèle l’intention entreprise par la dynamique de l’explosion démographique du côté musulman contre l’Occident : « Ceci est une guerre, et nous allons la gagner avec les ventres de nos femmes ».
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
